Les meilleurs commentaires seront publiés dans le journal !

vendredi, juillet, 2010

A chacun ses congés d’été


Jacky qui rit, Phiphi qui pleure. Oh, on caricature à peine. Ce n’est pas notre genre. N’empêche que dans le package de la rénovation socialiste qui vient d’être adopté, l’info est un peu passée inaperçue. Pour laisser place à la grande primaire à gauche que nous promet le PS, le parti ne tiendra pas de congrès ordinaire l’an prochain, contrairement à ce qui était prévu au départ.

Le calendrier se calque désormais sur la présidentielle : un congrès à l’automne 2012 et le suivant, trois ans après, à mi-quinquennat. Au passage, la première secrétaire mais également les « premiers fédéraux » comme Jacky Darne et tous les secrétaires de section récupèrent ainsi un an de rab. Ce sera toujours une occasion de moins de se chicaner en au sein de la famille socialiste.

Si tant est que son avenir puisse causer du soucis au patron du PS du Rhône, il va pouvoir partir en vacances tranquille.

Pas de répit par contre pour son alter ego de l’UMP Philippe Cochet. Le président de la fédération du Rhône doit repasser devant les militants à l’automne. Pas sûr pourtant qu’il passe son été à bûcher vu le suspens qu’il y a.

A l’UMP, l’élection des délégués de circonscription qui va suivre sera plus intéressante. On se tire déjà la bourre ici où là, notamment dans le Beaujolais où à la Croix-Rousse. Des rivalités qui ne vont peut-être pas favoriser la cohésion en vue des cantonales de l’an prochain, quand  certaines plaies risquent de ne pas être totalement cicatrisées. Le parti présidentiel sera toutefois en ordre de bataille pour préparer la mère de toutes les élections et les législatives qui vont suivre. Afin « d’assurer le coup », les postulants pour (re)partir à l’Assemblée ont ainsi tout intérêt à être dans les petits papiers du délégué de circonscription, à défaut de l’être eux-mêmes.

Même si ce changement de pied concernant le congrès fait partie du package rénovation au PS, pas sûr que celle-ci gagne aux changes. Dans la perspective des législatives, il est évident que des premiers fédéraux parfois mal élus dans les tangages du congrès de Reims, en fin de mandat et de légitimité, vont avoir du mal à imposer la rénovation dans les candidatures à leurs troupes. Les barons locaux ne manqueront pas de tirer, une nouvelle fois, les marrons du feu. Une perspective « prometteuse » vu l’âge moyen (65 ans passés) des députés socialistes du Rhône. De quoi méditer durant la trêve estivale.

Alexandre Buisine

 

A la lumière de ces perspectives (réjouissantes ?), Les Potins ont décidé de faire un break pour les méditer. Ils seront de retour en kiosques le 9 septembre. Bonnes vacances à tous.



jeudi, juillet, 2010

Pince-cuisse de poulet

"Voir le nombril d’la femme d’un flic n’est certainement pas un spectacle qui du point d’vue de l’esthétique puisse vous porter au pinacle ». On n’était pas venu pour ça, mais quitte à fredonner une chanson de Brassens en arrivant, mieux vaut celle-là que Le marché de Brive-la-Gaillarde. On allait prendre l’apéro chez la Rousse. D’habitude elle vous invite plutôt à passer à table. Ce mercredi le commissariat du 1 et du 4 était officiellement inauguré.

Tout le gratin au garde-à-vous devant le parvis : le préfet Gérault, le maire Collomb, le directeur départemental de la sécurité Signourel, en grande tenue d’apparat. Et le gratin mijotait à feu doux, car la clim’ était en panne. Ce qui n’a pas empêché le préfet de faire visiter les aquariums où l’on garde généralement les clients au frais.

Lumière naturelle, à travers le verre dépoli, banquettes en béton garnies de matelas anémiques et serrures à y casser des clefs. Du trois étoiles de chez Képi. Plus loin le studio photo pour le bertillonnage, avec ses striures sur les murs pour mesurer la taille du client pendant qu’on le numérote et qu’on le numérise. Un local destiné aux consultations de toubib, un autre aux entretiens avec un baveux. C’est propret, tout neuf, ça sent la peinture. Dans un bureau d’inspecteur, on repère un morceau de chaîne fixé au sol pour les pincettes. Il doit servir à accrocher le client pendant qu’on beurre le marmot. Tout le monde se retrouve dans la cour, entre deux rangées de fonctionnaires, des bleus et des bourgeois, sans compter les ceinturons, du bricard au commanche, sous l’œil fier du taulier. Des pékins et journaleux s’y mêlaient en désordre, au risque de se faire détroncher, on n’est jamais à l’abri d’avoir déjà eu affaire les uns aux autres. Ça met un peu de piment dans le cocktail.

Collomb se souvient du commissariat de la place Sathonay, un taudis indigne, les douches étaient en face, il fallait traverser la rue. Aux Potins, on n’a jamais envisagé de prendre une douche avec un inspecteur de police, on l’ignorait. Ce nouveau commissariat donne une « meilleure visibilité à l’action de la police ». La vidéosurveillance « n’est qu’un des éléments de la sécurité », prêche Collomb. Pas impossible d’ailleurs qu’il y ait un « effet plumeau » et que la délinquance se déplace à l’abri des caméras. Voilà donc le secret de la politique sécuritaire du maire, il s’inspire de ce slogan célèbre : va donc chez Plumeau. Le préfet se montre plus disert. Voilà le seul commissariat qui fasse partie du plan de relance du gouvernement. La relance version Royco, il fallait y penser. Nonobstant, le nouveau bâtiment respecte les normes européennes, comme le camembert et le calibrage des thons. Une grande réussite.

Depuis qu’il est là, les faits délictueux ont baissé de 35% dans le quartier, si c’est un effet plumeau, on est aux Folies Bergères. Les fonctionnaires de police boivent du petit lait, du pire les attend en matière de breuvage. En haut des toits hors de portée, des moineaux des rues les narguent avec des « piou-piou » insolents. « On a beaucoup de choses à faire, conclut le préfet, il faut se retrousser les manches ». Commençons donc par le buffet. On l’a voulu réglementaire et rudimentaire. Quelques canapés de saucisson, des jus de fruits et des eaux minérales, c’est tout, signez-là, circulez. Il y avait bien un pauvre mousseux qui promettait comme un air de fête. Fausse alerte ! Sa seule raison d’être semble de lutter sévèrement contre l’alcoolisme sur le lieu de travail. Et en effet, la punition est sévère !

Timéo Danaos

 

Glossaire : La Rousse : la police ; Aquarium : cellule de garde à vue ; Bertillonnage : mesures et photos anthropométriques ; Pincettes : menottes ; Bleus : flics en uniforme ; Bourgeois : flics en civil ; Ceinturons : gradés ; Bricard : brigadier ; Commanche : commandant ; Pékin : particulier ; Se faire détroncher : se faire repérer ; Beurrer le marmot : faire avouer.



L’octopus vous en dit plus

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mercredi, juillet, 2010

Les Potins sont sortis


Au sommaire du nouveau numéro des Potins:
- De Décines à Perrache, le Saint-Paul Stadium a déjà son apôtre
- Confluence: c'est la soupe à la grimace
- L'AMF donne une rouste à Rousset
- La politique par le petit bout de l'assiette
- Une partie de campagne pour préparer celle des législatives
- A chacun ses congés d'été
- Spécial vacances: à jouer, à boire et à manger

La suite ici



La Lettre de Ferney 229-230



Buffet pâtissier

Pourquoi cette réception au Musée des Tissus ? Gabriel Paillasson est pâtissier, pas tisseur. Il est même le créateur de la Coupe du monde de la pâtisserie, une manifestation qui a réuni depuis 20 ans 35 nations et plus de 600 finalistes.

Dans la cour de l’hôtel de Villeroy, des tables garnies de coupes attendent les convives. Et sur les marches du palais, l’hôte attend son ministre, en retard comme il se doit. Hervé Novelli préside aux destinées du commerce, de l’artisanat, du tourisme et de deux-trois bricoles. Il finit par faire son entrée, la mèche en bataille. Le vent tourne vite pour certains membres du gouvernement. Il file directement vers le pupitre,  dans la Salle des Tapis, où l’attendent quelques centaines d’invités, à l’ombre mais au chaud.

Vibrant hommage à l’artisanat pâtissier, cet art de « toucher malaxer, façonner, une brioche, un croissant ». Alors que la boulangerie doit s’employer à tâter des miches et des flûtes.

Le parterre est des plus hétéroclites, il faut de tout pour faire un appareil à tarte. Des représentants consulaires, Mauduy et Mathiolon presque côte à côte... comme deux ronds de flan. Des élus de droite et de gauche. André Gerin, le pourfendeur de burqas, Marie-Odile Fondeur, la déesse des Halles. Denis Broliquier et Albéric de Lavernée, qui ne lâchent pas un cm² du 2e. Et puis bien sûr, un beau rassemblement de cols tricolores, avec médaille d’or, des MOF venus de toute la région.

Le ministre s’emporte. Il retrace le parcours de Gabriel Paillasson, l’itinéraire d’un enfant gâteau. Bientôt 50 ans de métier et le produit est toujours frais. Meilleur Ouvrier de France à la fois en pâtisserie et en glace. Plus décoré qu’un gâteau d’anniversaire : Mérite agricole, Palmes académiques, Légion d’honneur, chevalerie du Mérite national et aujourd’hui « en vertu des pouvoirs qui nous sont conférés, nous vous  faisons Commandeur dans l’Ordre national du Mérite ». La Grande Cravate ! ça fait rire Gabriel : « décorer un Paillasson dans la Salle des Tapis !... ». Il profite de son statut de commandeur pour remercier tout le monde, égrène les noms un par un comme s’il recomptait des framboises. Tout le monde ? Non. Car il a beau se placer juste devant lui, écarquiller les yeux, remettre et enlever ses lunettes, Emmanuel Hamelin n’arrive pas à attirer l’attention, il finira zappé. VDM* !

Gabriel Paillasson s’est lancé dans une longue histoire de soie, ce qui est une façon de ne pas parler de lui. Dès le XVe siècle à Lyon et jusqu’à son père, agriculteur mais aussi... ouvrier tisseur. De la soie des carrés Hermès au velours des desserts. Un ténor sonore peut conclure par le chant des compagnons tisseurs « Car nous voulons tisser la chaîne / Qui doit servir à lier tous les cœurs ».

On lâche enfin le public dans la cour, où il fait plus doux. Il est d’usage, lors des remises de décoration, que le récipiendaire offre un buffet même s’il n’est pas marchand de meubles. Avec Gabriel Paillasson, on en profite pour vérifier la solidité de sa réputation. Tout est Maison, père et fils, fait de saveurs délicates, artistiquement mêlées, salé comme sucré, arrosé de petites bulles. Le temps d’immortaliser l’évènement sur les marches, où se mêlent MOF et meufs. Les compagnons tisseurs-ferrandiniers sont bardés d’une écharpe de soie rouge. Incursion surprise de Marc Fraysse, à qui le retour du gaullisme doit laisser quelque temps libre. Il doit y avoir de la fraternité dans l’air. Le ministre est déjà reparti vers d’autres cieux. Ou plutôt : d’autres rails. Il n’a plus droit qu’au TGV pour les parcours de moins de trois heures. La République est à la diète. Mais les MOF savent encore recevoir.

Timéo Danaos

 

*VDM : « Vie De Merde », un site où les internautes racontent des malheurs de ce type et concluent VDM !

 



Libérez Liliane Bettencourt !

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jeudi, juillet, 2010

Les Potins sont sortis

Au sommaire du nouveau numéro des Potins:
- Les 7 millions de déficit qui pourraient sceller l'avenir de Gouffé à la tête d'Erai
- HCL: la Chambre régionale des comptes ne connaît pas les urgences
- Dans l'antichambre du Musée des Confluences
- Expulsion: le silence des agneaux
- Face aux socialistes, l'UMP dégaine ses inconnus
- Mathiolon se crashe en plein vol à Saint-Exupéry
- Écrêtement: petits et gros cadeaux entre amis

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La Lettre de Ferney 228



jeudi, juillet, 2010

Speak Easy à l’A KGB

Sur le flyer ça a l’air bien. On trouve un passeport donnant le droit de parler toutes les langues et une carte d’embarquement marquée : invitation.

L’A KGB se lance dans l’After Work tous les jeudis soirs. « Apéritif », ça fait ringard, has been, obsolète et old school. Mais After Work, rien à voir. Ça consiste à venir prendre un verre, décontracté, entre amis, à la sortie du boulot et avant d’aller dîner. Le top du must, du hype et du cool, dans une ambiance in-ter-na-tio-nale. D’où le passeport et la carte d’embarquement. On n’est pas n’importe où.

D’ailleurs au téléphone, la cheffe de cabine vous remet tout de suite à votre place « on ne fait pas dans le lyonno-lyonnais, de ces cocktails où l’on rencontre toujours les mêmes gens et où tout le monde se connaît... ». Bref, ce qui fait le champagne quotidien d’un chroniqueur condamné par un sort funeste à se nourrir exclusivement au sein de Jean-Paul Pignol ou de Serge Magnier. Non-non. « ... Lyon est devenue une ville ouverte, internationale, une ville de brassage ». Ah on va en bouffer de l’italien, du portugais, du british, du chinois, du néerlandais et de l’ouzbek. Au moins autant que pour les fêtes consulaires qui ne sont pas ringardes non plus. De l’Onu en plus petit. De L’Auberge Espagnole en plus grand. Du G20 en version 20 de messe. D’ailleurs ça s’appelle « Happy Nation », presque un gospel.

A l’accueil, les « invitations » se transforment mystérieusement en rien du tout. On est juste invité à devenir client. On reçoit une étiquette à coller sur sa veste, indiquant la langue dans laquelle on souhaite être interpellé. La file d’attente au bar est digne de l’agence pour l’emploi des intermittents du spectacle. Pour le prix d’un plat du jour on finit par se faire servir un verre de vin. Mais pas de ces petits grignotages de fromage qui semblent réservés aux habitués. Car le Happy Nation a beau être une première, la terrasse est pleine d’habitués.

Autre surprise : ou bien on s’est mis subitement à comprendre parfaitement l’étranger, ou bien tout le monde parle français. Tiens, la monnaie. Voilà qu’on nous rend un billet et deux pièces qui ont dû côtoyer de près le Mojito, au moins le sucre avec lequel il est brassé, ça colle de partout, on en a plein les doigts.

Voilà comment un journaliste, une fois de retour chez lui, va se retrouver à pratiquer une activité qui n’a rien à voir avec son métier : nettoyer de l’argent sale (ce qui marche le mieux c’est de passer l’éponge. On comprend maintenant comment tant de scandales disparaissent).

Les serveurs sont folklorisés. Certains portent des chapeaux melon, d’autres des chapeaux texans ou tyroliens. Un photographe maison insiste pour shooter tous les convives afin d’alimenter le bestiaire maison, sur internet. Ce sera non merci. Ou no thanks, si vous voulez. Il y a là toute la clientèle itinérante des soirées hype lyonnaises, de cette jeunesse dorée sur tranche qui n’a rien d’autre à faire que de l’être, qu’on croise partout, sourire impeccable, en carrelage blanc, éternel bronzage de surfeur des bars. Ils se connaissent entre eux, s’embrassent, renouvellent régulièrement leur bouteille de rosé dans le seau à glace.

Que ce soit Happy Nation, soirée mousse, T-shirt mouillé, ou inauguration d’une concession BMW, ils viennent. En guise d’international, il ne doit guère y avoir que ces deux amis chinois venus ici pour apprendre le français et qui ont l’air bien perdus. L’idée de départ était bonne : on se retrouve entre amis, on fait semblant de ne pas se connaître et on se parle anglais. S’expatrier entre soi, c’est y pas typiquement lyonno-lyonnais ?

Timéo Danaos



Sarko blues

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mercredi, juillet, 2010

Les Potins sont sortis

Au sommaire du nouveau numéro des Potins:
- Les dessous de la garde à vue de Mathiolon
- Cantonales : la droite s'emplâtre sur le Plateau
- Collomb offre deux conseillers généraux aux millonistes
- Mercier tel Alphonse Allais
- Les collectivités au banc d'essai de la rigueur sarkozyste
-Villeurbanne : la lune de miel finit en règlement de comptes

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La lettre de Ferney 227



vendredi, juillet, 2010

L’aprème du 18 Juin

On prête au général De Gaulle un humour de corps de garde. Il n’aurait jamais accepté, dit-on, des timbres à son effigie, car il n’aurait pas supporté « qu’on lui lèche le c.. avant de lui mettre une grande claque dans la g..... ! ». Aujourd’hui les timbres sont autocollants et les ministres aussi. Impossible de s’en dépêtrer.
A l’appel du 18 juin, de leur devoir, ou simplement de leur envie de mettre leurs petits pieds dans ses grands pas, toutes les huiles plus ou moins vierges de la politique lyonnaise, s’étaient donné rendez-vous sur l’esplanade Charles De Gaulle, à la Part Dieu, devant la Croix de Lorraine. Il y avait là le préfet Gérault, Michel Mercier, Nora Berra, Gérard Collomb, Dominique Perben, Michel Havard et sans doute quelques autres. Il y avait aussi ceux qui résistent à tout sauf à la tentation, tant les sirènes du pouvoir sont douces à leurs oreilles.
Comment l’esprit de résistance pourrait-il souffler sur tous ces notables ? Il y avait tout de même sur des chaises 150 petit vieux ratatinés, que le souvenir tenait encore droits. La plus belle collection de sonotones de toute la région, des vieux modèles, pas encore équipés de filtres à conneries, mais tout de même d’un bouton On / Off qui permet de couper le son quand la rumeur du monde se fait trop gonflante.
Certains portent des calots d’époque, d’autres sont bardés de décorations qu’on serait bien en peine d’identifier. Ils se lèvent à chaque sonnerie militaire.
Quelques uns tremblent un peu quand retentit le Chant des Partisans « Ami si tu tombes / Un ami sort de l’ombre / A ta place ». Eux y étaient.
Deux jeunes filles lisent le texte historique de Charles De Gaulle, celui que presque personne n’a écouté, mais que tout le monde a entendu, telle qu’on a réécrit l’Histoire.
Michel Mercier, ministre-qui-passait-par-là, entreprend la lecture d’un message d’Hubert Falco, secrétaire d’Etat aux Anciens combattants, un quasi inconnu qui intervient trois fois par an, le 8 mai, le 11 novembre et le 18 juin, à peine plus que le Père Noël. Un chef d’œuvre de littérature xyloglotte. Il y est question des valeurs de la République, de liberté, d’égalité et de fraternité, qu’il ne faut pas que ce soit des mots vides de sens, ah ben non, mais des valeurs vivantes, voire assommantes. Mercier s’ennuie ferme et ça se voit.
On annonce un dépôt de gerbes par les « autorités ». Collomb doit bicher. Pour une fois, personne ne la lui reproche, son « autorité ». Il en profite pour livrer une composition florale montée sur tréteaux, très meublante. Sonnerie aux morts. Puis Marseillaise. Tout le monde au garde à vous. Dans le ciel, les lourds nuages noirs viennent de laisser place à un rayon de soleil. C’est peut-être bien le seul message de la journée.
Et pendant que les « autorités » vont saluer un par un les porte-drapeaux de moins en moins survivants, la fanfare militaire se donne un peu de plaisir « En passant par la Lorraine ». Ça c’est pour la Croix. « Les Gaulois sont dans la plaine ». Ça c’est pour... prendra qui veut. On attendait « Tiens voilà du boudin », mais c’est toujours imprudent quand il y a des dames.
Clémenceau disait : « la musique militaire est à la musique ce que la justice militaire est à la justice ». Et le coup de l’étrier ? On taraude à sec, militaire ! Mais non. Pas de vin d’honneur, pas de Madelon qui va servir à boire.
Chacun se sépare comme ça, sans cérémonie, on s’en va et puis c’est tout. Comme disent les pêcheurs, 18 juin ou pas, « on plie les gaules ».
Timéo Danaos



Equipe de France : le foot d’egos lasse

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mercredi, juin, 2010

Les Potins sont sortis

Au sommaire du nouveau numéro des Potins:
- Exposition universelle: à Shanghai le budget d'Erai déraille
- Halles: le dossier s'est réglé à l'anniversaire de Collomb
- La Chambre des métiers fait des envieux
- Très haut débit: de la fibre et du flou
- L'arbre Bret qui cache une verte forêt de désaccords
- Grôlée: Carbonnières digère mal la cuisine des Docks lyonnais
- PS: le vaudeville vaudais se poursuit

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La Lettre de Ferney 226



jeudi, juin, 2010

OnlyLyon, des trophées et des truffes

On était venu admirer les avions qui ne volent pas, un Falcon d’un côté, un coucou de l’autre. Ainsi que les politiques qui n’arrivent pas à décoller. Les ambassadeurs d’OnlyLyon tenaient leur jamboree annuelle dans le Hall 8 de l’aéroport de Lyon devenu pour un temps le Docks 40 des pince-fesses aériens, avant d’être rendu à la navigation.

Hangar de Bron, ça vaut bien Hangar du Nord ou Hangar de Perrache, mais ce n’est pas desservi par les trains. Sur 4 500 ambassadeurs, 1 600 privilégiés cheminaient donc à pied, le long des parkings P1, P2, P3, P4, P5, pendant un bon kilomètre, réduisant un peu leur empreinte carbone, en creusant leur empreinte poussière.

Ouverture de la cérémonie par Mademoiselle Claire, nouvelle mannequeen de Lyon depuis qu’elle a posé pour la pub d’OnlyLyon, en robe de soie rouge Max Chaoul, négligemment accoudée sur un pont sur la Saône qui n’existe pas, une rose à la main. Incarnant le charme, « l’âme » de la ville, son côté « glamour » (d’après Jean-Michel Daclin). Et son authenticité entièrement recomposée d’après l’original.

En Monsieur Loyal, Jacques de Chilly. Il parle sans note avec micro cravate. Tout dans la tête ou dans l’oreillette. Il appelle sous les projecteurs le « premier ambassadeur de la ville » Gérard Collomb soi-même. Celui-ci ne le lui fait pas dire. Il revient à l’instant de Suède et d’Allemagne et repart sur le champ dans la Silicon valley étudier, non pas les implants mammaires, mais les green tech et les plantes grasses. La force de Lyon ? Les liens qui se tissent entre la ville et ses habitants. L’éternel coup du bistanclac.

Pas de concélébration sans concélébrés. OnlyLyon remet cinq awards de meilleur ambassadeur : Doméo, CTILyon, Euronews, Pollutec et une chercheuse qui a fini par se trouver, Nancy Wilkomm. Les trophées arrivent par les moyens les plus extravagants. Un Vélo’v remonte la travée centrale au milieu de la foule, puis un coursier en costume d’aviateur tombé du ciel, un cyclopousse conduit par un faucheur de marguerites. D’énormes gerbes de roses sont distribuées aux récipiendaires et un peu partout. Collomb les destinait peut-être à Ségolène Royal... et puis on change.

On note les apparitions sur scène de Jean-Claude Lassalle, le Kojak de la presse lyonnaise, bondissant comme un tirage exceptionnel. De Grégory Cuilleron, vainqueur l’émission d’ M6 Un Dîner presque Parfait, presque aussi souriant et facétieux  que Michael Peters, le dg d’Euronews. Annie Guillemot, maire de Bron, qui ne rate jamais une occasion de ré-inaugurer ce hangar. Benoît Soury, de La Vie Claire, qui représente de plus en plus souvent la CCI au point qu’on se demande s’il ne va pas finir par la représenter complètement.

On croise de tout dans les cocktails. Il y a toujours un militaire, on ne sait pas pourquoi. Il manque un évêque, mais leur royaume céleste n’est pas de ce monde. Des femmes en robe de soirée avec escarpins à pointe fine, très élégants, mais du genre pas pratique du tout pour crapahuter jusqu’au parking dans les graviers. Des rézotteurs professionnels venus remettre à jour leurs fiches : Olivier Luisetti, Alain Favre. Et quelques verres de rosé plus tard, ce pauvre groupe lyonnais PM’S Better continue de jouer de la pop rock à l’autre bout du hangar, là où il n’y a personne. Il ne se sera jamais produit devant une salle aussi vide où il y a autant de monde. Tous sont près du buffet, et dehors sur le tarmac. Quelques grignotages sur budget de crise. Heureusement, pour réveiller les ardeurs des ambassadeurs, les fameux chocolats en forme de rocher, sans lesquels aucune  « réception » ne saurait être réussie. On a les rochers qu’on peut, on n’est pas à Monaco.

Timéo Danaos



Le retour de la revanche du Nanard

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mercredi, juin, 2010

Les Potins sont sortis

Au sommaire du nouveau numéro des Potins:
- Nouveau Code de la rue au 1er juillet: Lyon... à la rue
- Grand stade: en attendant Sarko...
- Halte fluviale: la passerelle manque d'air
- Cantonales: les radicaux prêts à vendre du Huguet fleuri
- Tribunal administratif: Rivalta pourrait à nouveau banquer
- Hôtellerie: Bernard chambre Daclin
- Le PS privilégie toujours une alliance avec le Modem

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