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mercredi, décembre, 2011

Les Potins sont sortis

Au sommaire du nouveau numéro des Potins:
- Lutte de marque: c’est (Cap) Canal contre Canal (Plus)
- Voyages des élus: Queyranne veut mettre un coup de frein
- Les 8 décembre à la lumière des peintres lyonnais
- 11e circonscription: Joassard tente de passer en force
- Places à prendre à la pelle
- CCI : Grillot s’engage à ramener les comptes à l’équilibre

 

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La Lettre de Ferney 290



Lou y es-tu ?

On n’était pas tellement attendu ce samedi 19 novembre rue d’Oradour-sur-Glane. Les Potins à l’ouverture d’un stade de rugby ! Pourtant les mêlées, les placages, les essais et les transformations, dans la vie politique, on connaît. Barrages à l’entrée du stade. Un quart d’heure après sept heures on était déjà contrôlé trois fois, c’est dire si on se sentait en sécurité. Il faudra parlementer, discuter, insister, pour se faire admettre sous le chapiteau où était inauguré le Matmut Stadium. On aura eu le temps d’apercevoir les nouveaux aménagements, les gradins, la boutique, tout ce qui a transformé ce qui n’était qu’un terrain de foot en véritable stade de 8 000 places. Dans la salle quelque cinq cents convives, tous intéressés par le rugby, notamment la troisième mi-temps, surtout si elle a lieu avant les deux premières. Sur écran on voit les avancées du chantier, jour après jour. Puis un diaporama de l’équipe du Lou. De demis de mêlée de 80 à 120 kg ce qui fait beaucoup pour un demi.

Au micro, le président Yvan Patet se félicite. Il a fallu trois mois seulement pour construire ici ces équipements entièrement démontables : « quand on dit qu’en France les projets n’avancent pas vite ! », ironise-t-il. Heureusement que Michel Mercier n’était pas là, il aurait pu prendre ça pour lui.

Michèle Picard lui succède. Elle est maire PCF de Vénissieux et se lance dans un discours digne d’une Fête de l’Huma. Elle se donne du mal. « Il faut se féliciter des synergies et des convergences », tente-t-elle. Non ? Pas un applaudissement ? Elle se met à détailler le nouveau plan de circulation élaboré autour du stade. Mais manifestement tout le monde s’en cogne. Il faut dire que les fourchettes ont commencé à s’attaquer aux assiettes, les problèmes de parking on verra plus tard. Le brouhaha remonte doucement jusqu’aux premiers rangs. « Excusez-moi ! Si vous pouviez faire un peu de silence ! », éclate la maire. « Un peu », d’accord, mais pas plus. Elle ne lâche rien, se lance dans le « projet de développement, de Laurent Bonnevay à la route de Vienne, car assure-t-elle, nous tenons à mettre en œuvre des perspectives transversales ».

Peu importe. On vient de faire la connaissance d’une petite terrine au saumon. Car, pour se venger d’un accueil pour le moins filtrant, on a fini par s’installer sur une table boudée par des invités qui ne viendront pas, bref on tape l’incruste. Michèle Picard termine son discours. Les gens applaudissent. Ils n’ont rien écouté, mais ils sont contents quand même.

C’est au tour de Gérard Collomb. Lui connaît bien la loi des estrades, il ne se risque pas dans un discours. Il parle sans notes. « C’est un vrai bonheur d’être avec vous ». Applaudissements. Le bonheur, ça s’applaudit toujours. Les « perspectives transversales », plus rarement. « Les collectivités locales ont été totalement impliquées depuis le début, parce que le Lou le mérite ! ». Le Lou ? Mais bien sûr, on est venu pour ça. Applaudissements nourris. C’est facile, finalement. Il salue Guy Mathiolon et Olivier Ginon « ces grands entrepreneurs », et le rugby « un sport formidable », car on y a le sens de l’amitié « des valeurs que nous partageons ». Peut-être pas avec Philippe Meirieu et Nathalie Perrin-Gilbert, mais quand même.

Entre-temps est arrivé un filet de bœuf accompagné de son gratin dauphinois qui fondent sous la dent. Accompagné d’un côtes du rhône bien charpenté. Le rugby adoucit les mœurs. Il ne reste plus qu’à faire applaudir debout la naissance de ce Matmut Stadium, la première opération de naming réussie. De quoi faire rêver Jean-Michel Aulas qui voudrait vendre le nom du futur Stade des Lumières pour qu’il puisse s’appeler « Fleury-Michon » ou « Couches Pampers ».

Timéo Danaos



Le pays où la vie est plus chère

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mercredi, novembre, 2011

Les Potins sont sortis

 

Au sommaire du nouveau numéro des Potins:
- Péniches du Rhône : les trop bonnes affaires de l’hôtelier d’eau douce
- Prêts toxiques: bien plus répandus qu’on ne le pense
- Avec Truphémus, Lafay de la bel ouvrage
- Législatives: le PS étale toute sa diversité
- Muet investi sans discussion
- Sécheresse électorale pour Meirieu

 

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La lettre de Ferney 289



mercredi, novembre, 2011

Les Potins sont sortis

Au sommaire du nouveau numéro des Potins:
- Darne de plus en plus chahuté à la tête du Parti socialiste
- Entretiens Jacques-Cartier: Bideau n’est pas le Harry Potter espéré
- Grèce: Mérieux mis à l’amende
- Biodiviersité: prenez-en de la graine au CRBA
- La voie Royal pour Geoffroy
- Législatives : ça se positionne à droite
- Vaulx-en-Velin : l’élue quitte l’exécutif en réglant ses comptes

 

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La lettre de Ferney 288



dimanche, novembre, 2011

Mercier s’adonne à la maçonnerie

L'invitation paraissait pourtant anodine, nul soupçon d’activité occulte, le carton portait les armes de la République. Mais arrivé au 14 avenue Berthelot, un parfum d’étrangeté commence à flotter. La cour est déserte, l’obscurité y règne. Sur un perron à peine éclairé, deux gardiens confirment d’un air entendu : « C’est ici ».

On entre. La salle est immense, peut-être un ancien temple. Un plafond perché à sept mètres de hauteur, des fenêtres voûtées, et du plâtre à cru partout sur les murs. Genre : chantier interdit au public. Dans un coin un groupe de hauts dignitaires s’est rassemblé près de planches mystérieuses et de plans. Ils entourent le Grand Architecte Raphaël Pistilli. Ils lui posent des questions qu’on n’entend pas. Et lui répond à travers un micro qu’on entend très bien. Donc on ne comprend à peu près rien. Il y a là Gilles Pollet, directeur de l’IEP, Michel Mercier, au titre d’un de ses titres et Jean-Jack Queyranne.

Au milieu de la salle, un petit mur berchu. On dirait qu’il lui manque une dent. Un organisateur invite les participants à « passer de l’autre côté du mur ». Un frisson parcourt l’assistance. Les choses mystérieuses vont commencer. Et soudain, c’est un grand moment de maçonnerie. Mercier se saisit d’une truelle. Il la garnit abondamment de mortier frais. Il en tartine la dent creuse. « Il gâche », souligne Michel Havard venu prendre des notes pour la suite de sa carrière. Puis Queyranne et Mercier se saisissent d’un moellon, ils le portent à deux, s’efforcent d’en garder l’équilibre, mais l’un tirant toujours un peu à gauche et l’autre à droite, on a bien peur qu’ils se le fassent tomber sur le pied. Mais non. Ils le logent dans l’emplacement prévu. Le mur n’est plus berchu. La première pierre vient d’être posée là, au milieu de cette salle, dans un endroit où elle n’a strictement rien à faire, et où il faudra se dépêcher de la détruire dès que les invités seront partis.

Tout l’aréopage se retrouve près de la tribune. Le directeur de l’IEP prend la parole. Ici s’élèvera un amphi de 250 places. Dans cette salle qui porte le nom de « Leclair ». A propos, remarque-t-il, c’est qui, ce « Leclair » ? Avec une orthographe pareille, il n’a jamais dû construire de chars d’assauts, ni d’épicerie géante, et il n’a sans doute pas de sœur prénommée Evelyne. Il s’agirait d’un musicien baroque parti se faire assassiner à Paris. Et dont la musique s’exécute partout.

Ah, que l’IEP est beau, le fut et le sera, et comme il complète bien ce campus Charles Mérieux dont il fait partie ! Sept mois suffiront à achever cet amphi, alors qu’il aura fallu douze ans pour se décider à le commencer. Vive la France ! Et le Département qui est maître d’ouvrage ! Jean-Jack Queyranne ne dira pas autre chose, quelques minutes plus tard. Il dira même exactement la même chose, bon finalement il abrège et passe la parole à Michel Mercier, ancien élève de l’IEP, comme lui.

Le ministre a trouvé un truc infaillible, pour ne pas s’ennuyer pendant les cérémonies officielles : il ne prépare pas ses interventions. Il ne sait jamais à l’avance ce qu’il va dire, il se fait la surprise. « Pourquoi le Département s’investit-il à ce point dans l’enseignement supérieur, alors que ce n’est pas dans ses compétences ? », se demande-t-il. Et quand il aura fini de parler, il n’aura toujours pas répondu à la question. Il aura maintenu le suspense jusqu’au bout et même au-delà.

Le buffet se compose de petits saucissons de nonnes, en forme de chapelets, d’olives noires et vertes, de charcuteries roboratives. Et de l’inévitable crémant de Bourgogne, véritable marque de fabrique du Département. Tout de même, depuis le temps, Mercier aurait bien pu faire étiqueter un champagne à son nom !

Timéo Danaos



Pruneaux à la grecque

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mercredi, novembre, 2011

Les Potins sont sortis

Au sommaire du nouveau numéro des Potins:
- Les 15 socialistes rhônalpins qui se rêvent ministres
- Mercier suspend trois pompiers qui ont confondu leur caserne avec un lupanar
- Shanghai: Lellouche ne chinoise pas pour tacler Queyranne
- Hôpital Debrousse: jackpot pour le "riverain" averti
- Meirieu: un test pour Collomb
- Quand les réunions socialistes mettent le pied en touche
- La Ville de Lyon investit dans la pierre... tombale

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La Lettre de Ferney 287



Une soirée particulière avec Lefebvre

On arrive très en retard, grâce à la nouvelle politique d’amélioration du service prônée par le Sytral. Désormais, les bus n’ont plus d’horaires, mais des fréquences. Ce qui permet au C9 d’être beaucoup plus fréquemment en retard.

Ce soir on doit remettre les diplômes aux 129 élèves de l’Institut Bocuse, en présence du maître et même d’un ministre en service minimum. L’auditorium Maurice Ravel est très plein, on se glisse sur une place libre et on observe. Sur la scène, des danseurs de noir vêtu virevoltent sur une musique de menuet dopée au Red bull. Ils dressent une table de gala, nappe blanche, chandeliers en argent. Puis, sur une musique digne d’un funérarium lors d’une journée portes ouvertes, le directeur Hervé Fleury lance la cérémonie. Le thème du jour : le rêve. « Le rêve éveille les forces de la vision ».

On installe des bancs de bois blanc, les lauréats montent sur scène, tenues blanches de cuisinier, tenues noires de maître d’hôtel. Et Paul Bocuse apparaît, du fond de la scène. Il fend la mer tel Moïse dans Les Dix Commandements. Le public est debout, il applaudit. On s’aperçoit au bout d’un moment que le ministre est là lui aussi, on ne l’avait pas remarqué. Tout le monde s’assied. Michel Guérard est le parrain de la promotion. Il commence son discours sur une musique de relaxation pour institut de beauté pendant un massage aux pierres chaudes. Mais très vite il s’anime, il pétille, il sautille : « Le rêve m’a permis de réaliser les rêves les plus fous ! ». Il convoque une brochette de « rêveurs excentriques : Léonard de Vinci, Montgolfier, Jeanne d’Arc, les frères Lumière, Steve Jobs, Gustave Eiffel ! ». Il ne se connaissaient pas, les voilà réunis pour la première fois. « Ne vivez jamais avec la pensée des autres », conclut-il. Ce qui revient à dire : ne tenez aucun compte de ce que je viens de dire.

Puis, c’est au tour du ministre. Frédéric Lefebvre n’a rien préparé, il fait confiance à son talent naturel. Il parle de son émotion, d’être là ici, lui qui fait partie d’un « gouvernement qui se bat, depuis l’effondrement de la banque Lehmann Brothers ». Les gens commencent à se demander s’ils ne se sont pas trompés de salle. Alors il change de stratégie. Cette journée, c’est vraiment une journée particulière, dit-il, il se sent comme dans le film d’Ettore Scola. Dans le rôle de Gabriele, homosexuel italien piégé par la montée du fascisme ? Ou d’Antonietta ? Bon, il essaie autre chose, une anecdote maintenant. En arrivant ici avec l’escorte de gendarmerie, raconte-t-il, les motards ont participé à l’arrestation de braqueurs. Ouaip ! Mais tout le monde s’en fout, on n’est pas venu pour ça.

Une femme excédée crie quelque chose du fond de la salle, qu’on ne distingue pas précisément mais qu’on devine irrévérencieux. Alors, pour tenter de sauver les meubles, il risque ce truc des artistes de cabaret quand leur numéro tourne au fiasco, il fait applaudir une gloire incontestée : Paul Bocuse. Encore. Ah Paul Bocuse ! Depuis le temps qu’il rêvait de le rencontrer ! Et dire qu’il ne lui est pas venu à l’esprit qu’il aurait pu venir dîner à Collonges, tout simplement.

Le ministre s’efface. Ca y est on distribue les diplômes, un par un. Il y en a 129 et c’est Michel Guérard qui s’y colle. Le roi de la salade folle est d’humeur badine, il sourit, prend la pose pour la photo, fait la bise aux filles, 129 fois, sans rechigner. Il y a là vingt nationalités représentées, une petite planète du goût, une Onu de la fourchette. Et puis c’est un des plus formidables buffets de l’année, préparé et servi par les élèves de l’école. Jamais il n’y aura eu autant de monde derrière les fourneaux et dans la salle. L’espérance de vie d’une épluchure ou d’un verre sale oubliés sur un meuble est de cinq secondes.

Timéo Danaos



Robert Lamoureux : l’enterrement n’aura pas lieu

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mercredi, novembre, 2011

Les Potins sont sortis

Au sommaire du nouveau numéro des Potins:
- A la mairie, ça valse sec du côté des musiques actuelles
- Les croisiéristes veulent mener Lyon en bateau
- Malgré tout, Saint-Ex lorgne encore vers Dubaï
- Eau: la pression monte pour une régie directe
- Berra sur la « plateforme » de lancement
- Verner lance ses appels à la pelle
- Hersant, (dis)Paru-Vendu avec ses impôts

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La lettre de Ferney 286



mardi, novembre, 2011

Le coup de bâton

Donné avec bienveillance et un chronomètre au camarade-maire de Grigny René Balme. On ne reviendra pas sur le fond de l’affaire qui l’oppose au Progrès à propos d’un compte-rendu de conseil municipal houleux puisqu’on n’y était pas non plus. Par contre, il est plutôt cocasse de lire dans la prose du maire que « comme il est de règle » il coupe la parole à son opposition car elle parle au-delà des deux fois deux minutes d’intervention sur chaque point de l’ordre du jour imparties. Si René Balme faisait de même au Grand Lyon avec ses camarades communistes, il est évident que les séances du conseil communautaire seraient sensiblement raccourcies. Le groupe PC étant champion toutes catégories du dépassement horaire.



Najat, de Ségolène à François, en passant par Arnaud

Orpheline de sa candidate Ségolène Royal, Najat Vallaud-Belkacem n’a pas mis longtemps à se ranger derrière le vainqueur de la primaire citoyenne. Jeudi dernier, France Inter annonçait sa nomination au titre de porte-parole de François Hollande, preuve que le futur adversaire de Nicolas Sarkozy sait laisser quelques places de choix à celles et à ceux qui ont soutenu son ex-compagne.

Bien sûr, Najat Vallaud-Belkacem aurait préféré la victoire de sa championne. Certains la voyaient déjà décrocher un maroquin en cas d’installation de Ségolène à l’Elysée. Aujourd’hui, elle ne se fait plus guère d’illusions. Son espoir réside beaucoup plus dans la possibilité de décrocher une bonne circonscription pour les futures législatives. Comme l’ont raconté Les Potins, elle a un moment lorgné sur Villeurbanne où la députée sortante Pascale Crozon était prête à jeter l’éponge. Le maire Jean-Paul Bret s’y est formellement opposé. Pour être sûr de ne pas voir débarquer sur ses terres cette proche de Gérard Collomb, il a même convaincu Pascale Crozon de repartir au combat.

Autre hypothèse un temps caressée par Najat, une candidature dans la circonscription de Jean-Jack Queyranne. Le président du conseil régional sera concerné par les règles du PS sur le non-cumul des mandats. Il va devoir choisir entre la présidence de la Région et son siège de député. Mais, même s’il abandonne le Parlement, la bataille est loin d’être gagnée d’avance pour Najat ; elle devrait d’abord convaincre les militants socialistes de la préférer à Annie Guillemot. La mairesse de Bron l’a officiellement annoncé ; elle se verrait bien elle aussi briguer la succession de Queyranne.

Il existe toujours une possible candidature dans la quatrième circonscription du Rhône. C’est-à-dire dans celle dont Dominique Perben est le député et qui passe pour être ingagnable par la gauche. En 2007, Najat y a déjà tenté sa chance. Malgré ce qui a été alors considéré comme un excellent score, elle avait été largement battue (56,5% contre 43,5%) par l’ancien ministre des Transports.

Selon certaines confidences, Najat regarderait du côté de la Saône-et-Loire. Elle se verrait suppléante d’Arnaud Montebourg, persuadée qu’il fera son entrée au gouvernement en cas de victoire aux présidentielles. Elle y gagnerait son billet pour l’Assemblée nationale.

Un élément plaide en faveur de cette hypothèse : Najat entretient grâce à son mari Boris Vallaud d’excellentes relations avec Montebourg. Celui-ci n’est autre que le directeur général des services du conseil général de Saône-et-Loire que préside Montebourg.

Gérard Angel



dimanche, novembre, 2011

Danse du sacre autour d’Hervieu

Jeudi 19 heures à la Maison de la Danse, le studio Jorg Donn est noir. Non pas qu’il soit plein de monde. Simplement on a recouvert le plancher avec du plastique noir et réglé les éclairages en position « hors gel » ; on n’y voit à peu près rien. L’ambiance est mystérieuse comme une catacombe une veille de sabbat.

Dans un coin, l’invité d’honneur : Olivier Poivre d’Arvor, directeur de France Culture. Au repos, on le croit taciturne, il n’est que réservé. Un physique austère, presque inquiétant, une sorte de cousin éloigné de la famille Addams. On croise aussi des personnages étranges, un homme avec un costume de soie aux carreaux gris clair et blancs. Il porte une cravate conceptuelle, qu’on prend tout d’abord pour une punition mais non, coupée au raz du nœud, et continuée par un store vénitien agrémenté de chevrotines posées délicatement sur les lames. Effet saisissant.

Ca piaille un peu en attendant que la cérémonie commence, car tout le monde ici se connaît. Collomb n’est même pas en retard, le voilà. Dominique Hervieu, c’est lui qui l’a choisie pour succéder à Guy Darmet à la tête de la Maison de la Danse, il la soutient jusqu’au bout du ruban. Il raconte au micro leur rencontre lors de la création du ballet Porgy and Bess, à Chaillot en 2008. « C’est elle », avait dit Guy Darmet. Collomb s’en souvient, il a retenu la formule : « il faut toujours choisir des successeurs différents de soi » (message immédiatement transmis à tous ceux qui lorgnent sur sa place, pour qu’ils s’inquiètent). « Chère Dominique, vous avez conquis le cœur de beaucoup de Lyonnais ».

Puis José Montalvo parle. Il n’a rien préparé. Hommage à trente ans de complicité chorégraphiques avec Dominique Hervieu : « elle m’a appris qu’il ne faut pas rêver une œuvre mais la faire ». Puis s’avance Olivier Poivre d’Arvor. Il vient spécialement de Paris pour remettre cette légion d’honneur. « Pourquoi à Lyon ? commence-t-il. Parce que c’est une rosette ». Après cette plaisanterie charcutière qui l’a mis en jambes, il se lance dans un portrait de Dominique Hervieu, porté à bout de bras dans un grand écart audacieux entre Nadia Comencini et Louise Brooks. Un pas de deux, il brandit la marque Montalvo-Hervieu, au destin aussi indissociable que Mercedes-Benz. Ouf, on a échappé à Jacob & Delafon et à Roux-Combaluzier ! Bref, il brode, il musarde, il badine, il fait des pointes. Dominique Hervieu a renoncé à son poste de directrice du théâtre de Chaillot pour venir prendre les commandes de la Maison de la Danse, « Gérard, merci de l’avoir voulu ». Gérard aime bien qu’on lui dise merci, et puis ça n’arrive pas souvent.

Enfin la formule rituelle « Au nom du Président de la République » etc. Je vous épingle. Oui, « j’ai souhaité que ce soit à Lyon », reprend Dominique Hervieu, toute menue derrière ses lunettes. Elle a retardé sa remise de décoration de deux ans pour qu’elle ait lieu ici « Lyon capitale des Gaules mais aussi de la Résistance ». Au centralisme, à la pensée unique.

Dominique Hervieu parle du projet de Nouvelle Maison de la Danse prévue en 2016 à la Confluence. Puis elle se met à remercier tout le monde. Le personnel, les collaboratrices. José Montalvo, dont elle garde l’éléphant pour toujours. Ses parents, qui ont bien voulu « laisser la danse (l’)envahir ». Son mari. Et puis pour finir « Merci à la danse ! ».

Les invités se répandent vers les buffets, ils se grappent par trois, ils sont détendus, ils parlent, ils rient entre eux, on ne comprend pas tout ce qu’ils disent, mais peu importe, ils ont l’air heureux. Dominique Hervieu est fêtée. Collomb courtisé. Et les buffets vidés proprement, comme il se doit.

A 20 h 30 tout est terminé. Sauf le spectacle qui vient de commencer dans la grande salle : Octopus, de Philippe Decouflé. Car pendant les mondanités, la danse continue.

Timéo Danaos



My beautiful private TV

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