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Souvenirs souvenirs

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22juil.

Pince-cuisse de poulet

"Voir le nombril d’la femme d’un flic n’est certainement pas un spectacle qui du point d’vue de l’esthétique puisse vous porter au pinacle ». On n’était pas venu pour ça, mais quitte à fredonner une chanson de Brassens en arrivant, mieux vaut celle-là que Le marché de Brive-la-Gaillarde. On allait prendre l’apéro chez la Rousse. D’habitude elle vous invite plutôt à passer à table. Ce mercredi le commissariat du 1 et du 4 était officiellement inauguré.

Tout le gratin au garde-à-vous devant le parvis : le préfet Gérault, le maire Collomb, le directeur départemental de la sécurité Signourel, en grande tenue d’apparat. Et le gratin mijotait à feu doux, car la clim’ était en panne. Ce qui n’a pas empêché le préfet de faire visiter les aquariums où l’on garde généralement les clients au frais.

Lumière naturelle, à travers le verre dépoli, banquettes en béton garnies de matelas anémiques et serrures à y casser des clefs. Du trois étoiles de chez Képi. Plus loin le studio photo pour le bertillonnage, avec ses striures sur les murs pour mesurer la taille du client pendant qu’on le numérote et qu’on le numérise. Un local destiné aux consultations de toubib, un autre aux entretiens avec un baveux. C’est propret, tout neuf, ça sent la peinture. Dans un bureau d’inspecteur, on repère un morceau de chaîne fixé au sol pour les pincettes. Il doit servir à accrocher le client pendant qu’on beurre le marmot. Tout le monde se retrouve dans la cour, entre deux rangées de fonctionnaires, des bleus et des bourgeois, sans compter les ceinturons, du bricard au commanche, sous l’œil fier du taulier. Des pékins et journaleux s’y mêlaient en désordre, au risque de se faire détroncher, on n’est jamais à l’abri d’avoir déjà eu affaire les uns aux autres. Ça met un peu de piment dans le cocktail.

Collomb se souvient du commissariat de la place Sathonay, un taudis indigne, les douches étaient en face, il fallait traverser la rue. Aux Potins, on n’a jamais envisagé de prendre une douche avec un inspecteur de police, on l’ignorait. Ce nouveau commissariat donne une « meilleure visibilité à l’action de la police ». La vidéosurveillance « n’est qu’un des éléments de la sécurité », prêche Collomb. Pas impossible d’ailleurs qu’il y ait un « effet plumeau » et que la délinquance se déplace à l’abri des caméras. Voilà donc le secret de la politique sécuritaire du maire, il s’inspire de ce slogan célèbre : va donc chez Plumeau. Le préfet se montre plus disert. Voilà le seul commissariat qui fasse partie du plan de relance du gouvernement. La relance version Royco, il fallait y penser. Nonobstant, le nouveau bâtiment respecte les normes européennes, comme le camembert et le calibrage des thons. Une grande réussite.

Depuis qu’il est là, les faits délictueux ont baissé de 35% dans le quartier, si c’est un effet plumeau, on est aux Folies Bergères. Les fonctionnaires de police boivent du petit lait, du pire les attend en matière de breuvage. En haut des toits hors de portée, des moineaux des rues les narguent avec des « piou-piou » insolents. « On a beaucoup de choses à faire, conclut le préfet, il faut se retrousser les manches ». Commençons donc par le buffet. On l’a voulu réglementaire et rudimentaire. Quelques canapés de saucisson, des jus de fruits et des eaux minérales, c’est tout, signez-là, circulez. Il y avait bien un pauvre mousseux qui promettait comme un air de fête. Fausse alerte ! Sa seule raison d’être semble de lutter sévèrement contre l’alcoolisme sur le lieu de travail. Et en effet, la punition est sévère !

Timéo Danaos

 

Glossaire : La Rousse : la police ; Aquarium : cellule de garde à vue ; Bertillonnage : mesures et photos anthropométriques ; Pincettes : menottes ; Bleus : flics en uniforme ; Bourgeois : flics en civil ; Ceinturons : gradés ; Bricard : brigadier ; Commanche : commandant ; Pékin : particulier ; Se faire détroncher : se faire repérer ; Beurrer le marmot : faire avouer.

22juil.

L’octopus vous en dit plus

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21juil.

Buffet pâtissier

Pourquoi cette réception au Musée des Tissus ? Gabriel Paillasson est pâtissier, pas tisseur. Il est même le créateur de la Coupe du monde de la pâtisserie, une manifestation qui a réuni depuis 20 ans 35 nations et plus de 600 finalistes.

Dans la cour de l’hôtel de Villeroy, des tables garnies de coupes attendent les convives. Et sur les marches du palais, l’hôte attend son ministre, en retard comme il se doit. Hervé Novelli préside aux destinées du commerce, de l’artisanat, du tourisme et de deux-trois bricoles. Il finit par faire son entrée, la mèche en bataille. Le vent tourne vite pour certains membres du gouvernement. Il file directement vers le pupitre,  dans la Salle des Tapis, où l’attendent quelques centaines d’invités, à l’ombre mais au chaud.

Vibrant hommage à l’artisanat pâtissier, cet art de « toucher malaxer, façonner, une brioche, un croissant ». Alors que la boulangerie doit s’employer à tâter des miches et des flûtes.

Le parterre est des plus hétéroclites, il faut de tout pour faire un appareil à tarte. Des représentants consulaires, Mauduy et Mathiolon presque côte à côte... comme deux ronds de flan. Des élus de droite et de gauche. André Gerin, le pourfendeur de burqas, Marie-Odile Fondeur, la déesse des Halles. Denis Broliquier et Albéric de Lavernée, qui ne lâchent pas un cm² du 2e. Et puis bien sûr, un beau rassemblement de cols tricolores, avec médaille d’or, des MOF venus de toute la région.

Le ministre s’emporte. Il retrace le parcours de Gabriel Paillasson, l’itinéraire d’un enfant gâteau. Bientôt 50 ans de métier et le produit est toujours frais. Meilleur Ouvrier de France à la fois en pâtisserie et en glace. Plus décoré qu’un gâteau d’anniversaire : Mérite agricole, Palmes académiques, Légion d’honneur, chevalerie du Mérite national et aujourd’hui « en vertu des pouvoirs qui nous sont conférés, nous vous  faisons Commandeur dans l’Ordre national du Mérite ». La Grande Cravate ! ça fait rire Gabriel : « décorer un Paillasson dans la Salle des Tapis !... ». Il profite de son statut de commandeur pour remercier tout le monde, égrène les noms un par un comme s’il recomptait des framboises. Tout le monde ? Non. Car il a beau se placer juste devant lui, écarquiller les yeux, remettre et enlever ses lunettes, Emmanuel Hamelin n’arrive pas à attirer l’attention, il finira zappé. VDM* !

Gabriel Paillasson s’est lancé dans une longue histoire de soie, ce qui est une façon de ne pas parler de lui. Dès le XVe siècle à Lyon et jusqu’à son père, agriculteur mais aussi... ouvrier tisseur. De la soie des carrés Hermès au velours des desserts. Un ténor sonore peut conclure par le chant des compagnons tisseurs « Car nous voulons tisser la chaîne / Qui doit servir à lier tous les cœurs ».

On lâche enfin le public dans la cour, où il fait plus doux. Il est d’usage, lors des remises de décoration, que le récipiendaire offre un buffet même s’il n’est pas marchand de meubles. Avec Gabriel Paillasson, on en profite pour vérifier la solidité de sa réputation. Tout est Maison, père et fils, fait de saveurs délicates, artistiquement mêlées, salé comme sucré, arrosé de petites bulles. Le temps d’immortaliser l’évènement sur les marches, où se mêlent MOF et meufs. Les compagnons tisseurs-ferrandiniers sont bardés d’une écharpe de soie rouge. Incursion surprise de Marc Fraysse, à qui le retour du gaullisme doit laisser quelque temps libre. Il doit y avoir de la fraternité dans l’air. Le ministre est déjà reparti vers d’autres cieux. Ou plutôt : d’autres rails. Il n’a plus droit qu’au TGV pour les parcours de moins de trois heures. La République est à la diète. Mais les MOF savent encore recevoir.

Timéo Danaos

 

*VDM : « Vie De Merde », un site où les internautes racontent des malheurs de ce type et concluent VDM !

 

21juil.

Libérez Liliane Bettencourt !

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08juil.

Speak Easy à l’A KGB

Sur le flyer ça a l’air bien. On trouve un passeport donnant le droit de parler toutes les langues et une carte d’embarquement marquée : invitation.

L’A KGB se lance dans l’After Work tous les jeudis soirs. « Apéritif », ça fait ringard, has been, obsolète et old school. Mais After Work, rien à voir. Ça consiste à venir prendre un verre, décontracté, entre amis, à la sortie du boulot et avant d’aller dîner. Le top du must, du hype et du cool, dans une ambiance in-ter-na-tio-nale. D’où le passeport et la carte d’embarquement. On n’est pas n’importe où.

D’ailleurs au téléphone, la cheffe de cabine vous remet tout de suite à votre place « on ne fait pas dans le lyonno-lyonnais, de ces cocktails où l’on rencontre toujours les mêmes gens et où tout le monde se connaît... ». Bref, ce qui fait le champagne quotidien d’un chroniqueur condamné par un sort funeste à se nourrir exclusivement au sein de Jean-Paul Pignol ou de Serge Magnier. Non-non. « ... Lyon est devenue une ville ouverte, internationale, une ville de brassage ». Ah on va en bouffer de l’italien, du portugais, du british, du chinois, du néerlandais et de l’ouzbek. Au moins autant que pour les fêtes consulaires qui ne sont pas ringardes non plus. De l’Onu en plus petit. De L’Auberge Espagnole en plus grand. Du G20 en version 20 de messe. D’ailleurs ça s’appelle « Happy Nation », presque un gospel.

A l’accueil, les « invitations » se transforment mystérieusement en rien du tout. On est juste invité à devenir client. On reçoit une étiquette à coller sur sa veste, indiquant la langue dans laquelle on souhaite être interpellé. La file d’attente au bar est digne de l’agence pour l’emploi des intermittents du spectacle. Pour le prix d’un plat du jour on finit par se faire servir un verre de vin. Mais pas de ces petits grignotages de fromage qui semblent réservés aux habitués. Car le Happy Nation a beau être une première, la terrasse est pleine d’habitués.

Autre surprise : ou bien on s’est mis subitement à comprendre parfaitement l’étranger, ou bien tout le monde parle français. Tiens, la monnaie. Voilà qu’on nous rend un billet et deux pièces qui ont dû côtoyer de près le Mojito, au moins le sucre avec lequel il est brassé, ça colle de partout, on en a plein les doigts.

Voilà comment un journaliste, une fois de retour chez lui, va se retrouver à pratiquer une activité qui n’a rien à voir avec son métier : nettoyer de l’argent sale (ce qui marche le mieux c’est de passer l’éponge. On comprend maintenant comment tant de scandales disparaissent).

Les serveurs sont folklorisés. Certains portent des chapeaux melon, d’autres des chapeaux texans ou tyroliens. Un photographe maison insiste pour shooter tous les convives afin d’alimenter le bestiaire maison, sur internet. Ce sera non merci. Ou no thanks, si vous voulez. Il y a là toute la clientèle itinérante des soirées hype lyonnaises, de cette jeunesse dorée sur tranche qui n’a rien d’autre à faire que de l’être, qu’on croise partout, sourire impeccable, en carrelage blanc, éternel bronzage de surfeur des bars. Ils se connaissent entre eux, s’embrassent, renouvellent régulièrement leur bouteille de rosé dans le seau à glace.

Que ce soit Happy Nation, soirée mousse, T-shirt mouillé, ou inauguration d’une concession BMW, ils viennent. En guise d’international, il ne doit guère y avoir que ces deux amis chinois venus ici pour apprendre le français et qui ont l’air bien perdus. L’idée de départ était bonne : on se retrouve entre amis, on fait semblant de ne pas se connaître et on se parle anglais. S’expatrier entre soi, c’est y pas typiquement lyonno-lyonnais ?

Timéo Danaos

08juil.

Sarko blues

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02juil.

L’aprème du 18 Juin

On prête au général De Gaulle un humour de corps de garde. Il n’aurait jamais accepté, dit-on, des timbres à son effigie, car il n’aurait pas supporté « qu’on lui lèche le c.. avant de lui mettre une grande claque dans la g..... ! ». Aujourd’hui les timbres sont autocollants et les ministres aussi. Impossible de s’en dépêtrer.
A l’appel du 18 juin, de leur devoir, ou simplement de leur envie de mettre leurs petits pieds dans ses grands pas, toutes les huiles plus ou moins vierges de la politique lyonnaise, s’étaient donné rendez-vous sur l’esplanade Charles De Gaulle, à la Part Dieu, devant la Croix de Lorraine. Il y avait là le préfet Gérault, Michel Mercier, Nora Berra, Gérard Collomb, Dominique Perben, Michel Havard et sans doute quelques autres. Il y avait aussi ceux qui résistent à tout sauf à la tentation, tant les sirènes du pouvoir sont douces à leurs oreilles.
Comment l’esprit de résistance pourrait-il souffler sur tous ces notables ? Il y avait tout de même sur des chaises 150 petit vieux ratatinés, que le souvenir tenait encore droits. La plus belle collection de sonotones de toute la région, des vieux modèles, pas encore équipés de filtres à conneries, mais tout de même d’un bouton On / Off qui permet de couper le son quand la rumeur du monde se fait trop gonflante.
Certains portent des calots d’époque, d’autres sont bardés de décorations qu’on serait bien en peine d’identifier. Ils se lèvent à chaque sonnerie militaire.
Quelques uns tremblent un peu quand retentit le Chant des Partisans « Ami si tu tombes / Un ami sort de l’ombre / A ta place ». Eux y étaient.
Deux jeunes filles lisent le texte historique de Charles De Gaulle, celui que presque personne n’a écouté, mais que tout le monde a entendu, telle qu’on a réécrit l’Histoire.
Michel Mercier, ministre-qui-passait-par-là, entreprend la lecture d’un message d’Hubert Falco, secrétaire d’Etat aux Anciens combattants, un quasi inconnu qui intervient trois fois par an, le 8 mai, le 11 novembre et le 18 juin, à peine plus que le Père Noël. Un chef d’œuvre de littérature xyloglotte. Il y est question des valeurs de la République, de liberté, d’égalité et de fraternité, qu’il ne faut pas que ce soit des mots vides de sens, ah ben non, mais des valeurs vivantes, voire assommantes. Mercier s’ennuie ferme et ça se voit.
On annonce un dépôt de gerbes par les « autorités ». Collomb doit bicher. Pour une fois, personne ne la lui reproche, son « autorité ». Il en profite pour livrer une composition florale montée sur tréteaux, très meublante. Sonnerie aux morts. Puis Marseillaise. Tout le monde au garde à vous. Dans le ciel, les lourds nuages noirs viennent de laisser place à un rayon de soleil. C’est peut-être bien le seul message de la journée.
Et pendant que les « autorités » vont saluer un par un les porte-drapeaux de moins en moins survivants, la fanfare militaire se donne un peu de plaisir « En passant par la Lorraine ». Ça c’est pour la Croix. « Les Gaulois sont dans la plaine ». Ça c’est pour... prendra qui veut. On attendait « Tiens voilà du boudin », mais c’est toujours imprudent quand il y a des dames.
Clémenceau disait : « la musique militaire est à la musique ce que la justice militaire est à la justice ». Et le coup de l’étrier ? On taraude à sec, militaire ! Mais non. Pas de vin d’honneur, pas de Madelon qui va servir à boire.
Chacun se sépare comme ça, sans cérémonie, on s’en va et puis c’est tout. Comme disent les pêcheurs, 18 juin ou pas, « on plie les gaules ».
Timéo Danaos

02juil.

Equipe de France : le foot d’egos lasse

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24juin

OnlyLyon, des trophées et des truffes

On était venu admirer les avions qui ne volent pas, un Falcon d’un côté, un coucou de l’autre. Ainsi que les politiques qui n’arrivent pas à décoller. Les ambassadeurs d’OnlyLyon tenaient leur jamboree annuelle dans le Hall 8 de l’aéroport de Lyon devenu pour un temps le Docks 40 des pince-fesses aériens, avant d’être rendu à la navigation.

Hangar de Bron, ça vaut bien Hangar du Nord ou Hangar de Perrache, mais ce n’est pas desservi par les trains. Sur 4 500 ambassadeurs, 1 600 privilégiés cheminaient donc à pied, le long des parkings P1, P2, P3, P4, P5, pendant un bon kilomètre, réduisant un peu leur empreinte carbone, en creusant leur empreinte poussière.

Ouverture de la cérémonie par Mademoiselle Claire, nouvelle mannequeen de Lyon depuis qu’elle a posé pour la pub d’OnlyLyon, en robe de soie rouge Max Chaoul, négligemment accoudée sur un pont sur la Saône qui n’existe pas, une rose à la main. Incarnant le charme, « l’âme » de la ville, son côté « glamour » (d’après Jean-Michel Daclin). Et son authenticité entièrement recomposée d’après l’original.

En Monsieur Loyal, Jacques de Chilly. Il parle sans note avec micro cravate. Tout dans la tête ou dans l’oreillette. Il appelle sous les projecteurs le « premier ambassadeur de la ville » Gérard Collomb soi-même. Celui-ci ne le lui fait pas dire. Il revient à l’instant de Suède et d’Allemagne et repart sur le champ dans la Silicon valley étudier, non pas les implants mammaires, mais les green tech et les plantes grasses. La force de Lyon ? Les liens qui se tissent entre la ville et ses habitants. L’éternel coup du bistanclac.

Pas de concélébration sans concélébrés. OnlyLyon remet cinq awards de meilleur ambassadeur : Doméo, CTILyon, Euronews, Pollutec et une chercheuse qui a fini par se trouver, Nancy Wilkomm. Les trophées arrivent par les moyens les plus extravagants. Un Vélo’v remonte la travée centrale au milieu de la foule, puis un coursier en costume d’aviateur tombé du ciel, un cyclopousse conduit par un faucheur de marguerites. D’énormes gerbes de roses sont distribuées aux récipiendaires et un peu partout. Collomb les destinait peut-être à Ségolène Royal... et puis on change.

On note les apparitions sur scène de Jean-Claude Lassalle, le Kojak de la presse lyonnaise, bondissant comme un tirage exceptionnel. De Grégory Cuilleron, vainqueur l’émission d’ M6 Un Dîner presque Parfait, presque aussi souriant et facétieux  que Michael Peters, le dg d’Euronews. Annie Guillemot, maire de Bron, qui ne rate jamais une occasion de ré-inaugurer ce hangar. Benoît Soury, de La Vie Claire, qui représente de plus en plus souvent la CCI au point qu’on se demande s’il ne va pas finir par la représenter complètement.

On croise de tout dans les cocktails. Il y a toujours un militaire, on ne sait pas pourquoi. Il manque un évêque, mais leur royaume céleste n’est pas de ce monde. Des femmes en robe de soirée avec escarpins à pointe fine, très élégants, mais du genre pas pratique du tout pour crapahuter jusqu’au parking dans les graviers. Des rézotteurs professionnels venus remettre à jour leurs fiches : Olivier Luisetti, Alain Favre. Et quelques verres de rosé plus tard, ce pauvre groupe lyonnais PM’S Better continue de jouer de la pop rock à l’autre bout du hangar, là où il n’y a personne. Il ne se sera jamais produit devant une salle aussi vide où il y a autant de monde. Tous sont près du buffet, et dehors sur le tarmac. Quelques grignotages sur budget de crise. Heureusement, pour réveiller les ardeurs des ambassadeurs, les fameux chocolats en forme de rocher, sans lesquels aucune  « réception » ne saurait être réussie. On a les rochers qu’on peut, on n’est pas à Monaco.

Timéo Danaos

24juin

Le retour de la revanche du Nanard

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17juin

Lundi, c’était la chanson de Roland

On a failli rincer le linge. La météo, qui fut joueuse pendant tout le mois de mai, avait promis d’arroser avec nous la Légion d’honneur de Roland Bernard, lundi soir au Dock 40. Mais finalement, grand chamboule tout entre les cumulo-nimbus, les stratus, et les cubitus. Ou les radius. Bref, tous les bras cassés de nuages qui dérèglent le temps. Aucun ne se met d’accord pour savoir qui y va et qui n’y va pas, et le ciel reste bleu.

Tant mieux pour nous. Car il y avait du beau linge. Quelque 700 invités qui se profilèrent sagement un à un devant des hôtesses aux blanches robes, pour décliner leur identité et leur titre de séjour temporaire au pince fesse. Queyranne, Mauduy, Collomb, Daclin, Soulier, Brumm, une bonne partie du conseil municipal. La profession, incarnée par Laurent Duc. Alain Eck représentant l’éternité de France 3. Jean-Pierre Vacher la perpétuelle résurrection de TLM. Et Jacques Haffner, Dieu sait quoi. Tous accueillis par un solide mojito. Il faut toujours reprendre des forces avant les discours.

Gabriel Paillasson ouvre le bal. Il est double-MOF en pâtisserie et glace, un vrai papa gâteau.  Il se charge de la pièce montée pour retracer l’histoire de la Légion d’honneur de 1802 à nos jours, avec toutes ses strates, ses galons, ses rubans, ses rosettes. Gérard Collomb célèbre 30 ans d’amitié avec l’honoré. En 1977, lui embrassait la carrière politique en devenant conseiller municipal, Roland embrassait Marie-Claude et l’épousait. Puis vient Nora Berra, secrétaire d’Etat à Toutuntadchoses. Elle retrace la carrière de l’impétrant, des championnats d’athlétisme au Paris-Dakar, des peintures industrielles à sa reconversion dans l’hôtellerie-restauration : Axotel, Charlemagne, Grand Hôtel des Terreaux, le Chalut.

Roland Bernard fut le premier des Perrachois à croire à la Confluence, alors qu’elle n’était encore qu’une queue de lézard oubliée derrière les voûtes. Mais c’est au titre de ses engagements dans la solidarité et la diversité, que : « au nom du Président de la République », voilà Roland transformé en brochette au revers de son veston. Il est ému. Il prend la parole. Avec ses cheveux frisés et son sourire à la Pierre Perret, on croit toujours qu’il va chanter une chanson, Les jolies colonies de vacances ou pire encore. Pas le genre. Pas de chanson de Roland.

Il se lance dans la philosophie, évoque les valeurs du sport : loyauté, humilité. Cite un proverbe africain : « si tu veux marcher vite, marche tout seul, si tu veux marcher loin, marche avec les autres ». Il insiste « à plusieurs, tout devient possible ». Collomb fait semblant de ne pas avoir entendu. Il évoque Marie-Claude, et juste à cet instant un énorme bouquet de roses atterrit comme par magie dans les bras de la dame. Tout le monde se lève, applaudit.

Bruno Gignoux doit avoir des projets pour sa fin de soirée. Il repart avec une étiquette « RESERVE » dans le dos, qu’il a dû arracher par mégarde au dossier de sa chaise. Roland Bernard n’en finit pas d’être congratulé. Nora Berra est aussi la reine de la fête. Véritable Miss Lyon, dans sa robe et souliers mauves, tout le monde veut se faire prendre en photo avec elle. Même Michel Dulac, le fleuriste, abandonne ses velléités de Spartacus, plus attiré par les glaïeuls que par les gladiateurs.

La fête continue jusqu’à ce que la nuit tombe. Rosé-blanc-rouge. Petits fours et canapés emberlificotés. Jambon à l’os de chez Gast. Fromages de MOF. On rentre par le tramway. On rencontre de plus en plus d’élus dans les transports publics ça permet de bavarder. Et puis c’est le seul endroit où on est sûr de ne pas croiser Rivalta.

Timéo Danaos

17juin

Gay Pride en kit pour journaliste débutant

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10juin

Le mâchon nouveau est arrivé

Les armoiries du Cercle du Mâchon de Lyon valent bien le Bouclier de Brennus. Mais pour les mériter, nul besoin de se rouler dans la boue dans de viriles étreintes avec une bande de brutes en short. Il suffit de se réunir une fois par mois entre commensaux distingués pour « mâchonner dans un bouchon ». Activité incompréhensible pour qui n’est pas Lyonnais et donc : ne saute pas. Tradition que les jeunes gens, garçons et filles, sont en train de réveiller à bons coups de fourchette.
Ce samedi matin, entre 9 h 30 et 11 heures, ils étaient 80, dévoyés par Raphaël Eyglunent, et tenaient table à carreaux dans le hall d’entrée de l’Hôtel-de-Ville de Lyon. Première opération hors les murs destinée à rencontrer des élus lyonnais. Seuls Najat Vallaud-Belkacem, Denis Broliquier et François Royer, avaient accepté de se mettre à table. Les autres préférant sans doute beurrer du miel sur leurs tartines. Car le banquet était solide : cochonnaille, saucisson à l’ail, saucisson chaud, gratons, andouillette, gratin dauphinois. Le tout arrosé d’un bon vin de soif, du genre beaujolais. Flanqué de quelques bouteilles d’eau minérale, pour rincer le verre. Les canuts qui ont lancé cette tradition du mâchon carburaient déjà aux produits de l’agriculture, et s’ils n’avaient pas de pétrole, ça n’empêchait pas de chauffer le moteur.
Puis vint le jeu des discours, dans la plus pure tradition des carabins. Jean-Baptiste Garnier, présenté comme le roi des facebouquinistes, se lança dans une envolée flamboyante, célébrant la France qui n’hésite pas à se lever tôt, pour boire un coup et casser la croûte. Sa voix se réverbérait sous les voûtes, donnant une résonnance de cathédrale à une liturgie bien plus dyonisiaque que grégorienne.
Au tour de Mathieu de Chapasse. Il s’essaie à la profession d’avocat. Il préféra déclamer sans micro, ce qui, de fait, ne changeait pas grand chose. On lui doit cette confidence répétée par l’écho « un jour peut-être, le gratin lyonnais, ce sera nous ». S’il veut parler du gratin dauphinois, certes on y trouve de la crème, mais il est surtout constitué de patates. C’est du moins ce que l’expérience journalistique permet de conclure.
Pas de table de banquet sans chansons. Les mâchonneux s’étaient donnés du mal. Enervés sans doute que l’hymne national porte le nom de Marseille, ils ont tenté une version plus lyonnaise, au refrain de « Mâchon, mâchon, qu’un vin très pur... » Aucune armée n’a jamais gagné une guerre avec un chant pareil, mais ça permet toujours de fêter les victoires et de noyer les défaites.
Inévitable, la ritournelle qui passe de table en table « Ami (XX), lève ton verre... il est des nôÔtres » Auquel osa se mêler une voix dissidente qui risqua un sulfureux : « Allez Mathieu montre-nous ton... ». Ton quoi ? Le reste de la phrase s’est perdu dans les méandres et les résonnances des voûtes.  « ... ton Q.I. » peut-être ? Ou l’un des deux ? Peu importe, l’orateur continua, imperturbable, son discours. Imperturbables aussi, les politiques qui poursuivaient leurs conversations de table dans une ambiance potache et aussi studieuse que possible. Et tellement plus revigorante que les réunions politiques auxquelles ils sont habitués.
Timéo Danaos

10juin

Plateforme de sondage en perdition

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03juin

Apéricube géant aux Docks

Un cube orange croqué comme une pomme en deux coups de dents géants. Une façade métallique fine et dentelée comme une crêpe bretonne, c’est l’architecture la plus audacieuse du nouveau quartier des Docks, à la Confluence, inauguré jeudi soir. Le siège du groupe Cardinal. Qualifié de « kitsch et sans beaucoup de sens », par la directrice de la Maison de l’Architecture Rhône-Alpes, Valérie Disdier, qui ne se sent pas obligée d’encourager le talent.

La fête était prévue jusqu’à deux heures du mat’. On se pointe à l’accueil vers 22 heures : « Je suis journaliste... ». « On s’en fout », répond une charmante hôtesse avec un large sourire. Je suis le bienvenu quand même.

Evités les discours d’inauguration interminables, qui auraient vu Gérard Collomb et Jean-Christophe Larose (groupe Cardinal) se lancer quelques piques à fleurets mouchetés. Disons plutôt : quelques brochettes. Le thème de la soirée est : barbecue géant.

Evitée aussi de peu la prestation de la troupe de Mozart, la comédie musicale de Dove Attia et Albert Cohen, en show case exceptionnel. Mozart s’en remettra, depuis le temps qu’on l’assassine. Deux mille invités. La plus grande et « la plus belle fête de l’année », s’enthousiasme Erick Roux de Bézieux, qui ne touche pas terre. La foule est compacte. De beaux messieurs en costume et cravate de soie, cadres sup’, entrepreneurs. Des élus. Et toute cette pseudo jet set lyonnaise, ce bling bling de province, des commerçants du centre ville, décoration, arts de la table, restaurants, bars, boutiques de mode, de Pasherchik à Moshecher. Et vous, vous faites quoi dans la vie ? « Je vends des skis et des snowboards cours Vitton ». Il ne reste plus qu’à trouver celui qui vend de la neige.

Finalement, les écolos se sont affolés pour rien. Lors du dernier conseil municipal, ils s’inquiétaient de la disparition des blaireaux. Tant qu’il y aura des cocktails, l’espèce ne sera pas du tout menacée. Nicolas Le Bec s’est donné du mal. C’est lui qui a orchestré les ripailles. Il pose pour des photos-souvenir avec la gentillesse d’un Mickey à Disneyland. On lui doit les : paellas, sushis, moules marinières, assiettes de charcuteries et fromages, viandes grillées, ris de veau en brochettes. Et même un stand de bière et frites, pour donner un petit côté « port d’Amsterdam », auquel il ne manquerait que les marins qui  se comportent de manière très disgracieuse avec « les femmes infidèles ».

Et voilà qu’au détour d’un groupe de minets en maraude, on découvre le plus inattendu des étals : un banc d’huîtres. Ouvertes par deux écaillers, au fur et à mesure qu’on les déguste, les huîtres. Des marennes Oléron. Rien que pour cela on veut bien inaugurer n’importe quoi : une caserne de pompiers, un presbytère, voire même un siège du Modem. Comme un tabouret Ikea, par exemple.

La musique techno bat la sarabande, quand une voix de DJ girl impérieuse appelle tout le monde à se rassembler sur l’esplanade pour le feu d’artifices. Il sera tiré d’une barge, de l’autre côté de la Saône. Une pétarade fort honorable, bonne séance de rattrapage pour les Lyonnais qui ont été privés de gerbes de feu l’an dernier.

Enfin, on a le droit de toucher aux coupes de champagne servies discrètement pendant le tumulte. Le Dock 40 rouvre alors en format discothèque. Les minets se ruent sur le dancefloor, il leur reste deux heures pour pécho. Il est temps de rentrer par le dernier tramway. Trois filles blacks à jupe courte l’attrapent de justesse. Elles s’interpellent en riant dans une langue inconnue. Elles ne peuvent s’empêcher de brancher encore quelques passagers, mais juste pour jouer, leur journée est finie. Le tramway file dans la nuit, avec des fêtards aux yeux pleins d’étincelles, des étudiants désœuvrés, un clodo bien amoché, et trois filles de rue à qui leur « protecteur » n’a pas laissé de quoi se payer un taxi.

Timéo Danaos

03juin

Cinq règles d’or pour réussir son clash

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27mai

Le développement durable, c’est long, surtout vers la fin

On allait porter en triomphe les héros du développement durable, nus sur un bouclier en rotin, vêtus d’une simple feuille de vigne non sulfatée, couverts de pétales de tournesol qui se dressent délicatement vers la lumière. Les premiers « Trophées » ouvraient à la Cité internationale, patronnés par Le Progrès et le Barreau de Lyon, qui n’y connaît rien non plus.

La réalité fut plus austère. On arrive à 17 heures dans l’atelier 3 « se déplacer en ville ». Le vert est plus qu’à moitié vide : 30 personnes éparpillées dans une salle de 300. Josiane Beaud, de la SNCF, a sa tête des mauvais jours. Elle porte un costume couleur mayonnaise, qui n’arrive même pas à égayer la salade. Le directeur des services départementaux se lance dans un joyeux plaidoyer pour le covoiturage « qui ne coûte presque rien aux finances publiques ».

Seul Bernard Rivalta se montre d’humeur guillerette. Il n’arrête pas de plaisanter aux dépens (si l’on ose dire) de Queyranne : « quand je dis qu’il me doit des sous, il me doit des sous ». On imagine une petite fée du Sytral qui lui glisserait à l’oreille : « Et toi, mes 161 000 euros, quand est-ce que tu me les rends ? ». Mais ce n’est pas le moment de la ramener. Bernard l’Artiche n’est pas tendre avec la profession « contrairement à ce qu’ont expliqué certains journalistes imbéciles, on n’est pas dans le mur ». On n’est pas dans la dentelle non plus. Et voilà qu’un quidam fait remarquer que sur les invitations à cette « journée du développement durable », on mentionnait bien les deux parkings P1 et P2, mais nullement les trois lignes de bus. Personne ne semblait s’en être aperçu, donc tout le monde est venu en voiture. CQFD.

La grande cérémonie des trophées était annoncée à 19 h 30, retransmise « en direct sur TLM ». Elle démarre vers 20 h 15. Les téléspectateurs se sont-ils tapés des écrans de pubs pour patienter ? Ils ont dû en manger, de la salle de bains Yves Perdosa !

Coté cour un salon, fait de fauteuils en rotin (ah, quand même !). Coté jardin, un bar décoré de feuillages en nylon et de faux palmiers en plastique. Une jeune hôtesse joue les utilités, habillée en feuille. Artificielle, bien sûr. Sandrine Audin (TLM) et François Guttin-Lombard (Le Progrès) présentent les lauréats un par un. Ou plutôt un parrain. Une entreprise couve de son aile chaque trophée, ce qui lui permet de diffuser un film à sa gloire sur les antennes de Tout-Lyon-tout-le-temps. Puis elle se soumet aux questions incisives des deux journalistes : « Etes-vous concerné par le développement durable ? » ou « Est-ce que vous pensez que votre entreprise doit montrer l’exemple ? ».

Le buffet devait sonner comme une délivrance. Erreur. On a voulu bien faire les choses. Contre un mur, un étal de marché propose des choux-fleurs, des poireaux, des carottes, des poivrons. Ce sera tout pour les grosses légumes. Collomb a ouvert la séance ce matin, il parait qu’il y avait un peu de monde. Mais la moitié du public est partie avec lui. Même Rivalta a dû se tirer avec les radis.

Il règne une ambiance aussi joyeuse que lors du premier enterrement de Grand-Mère, dans ce hangar à cocktail. On a fait dans le naturel pourtant. Des jus de fruits d’agriculture raisonnée, des brochettes d’ananas. Au milieu des eaux minérales avec et sans bulles, trône une monstrueuse bouteille de Coca Cola, insolente, hérétique, mais fermée. On se rabat sur le beaujolais bio. On a failli le confondre avec un verre de jus de groseille, mais l’instinct du cocktailophile veillait. Finalement, on s’amuse plus chez les écolos. Mais là, il n’y en avait pas.

Timéo Danaos

27mai

Pas vu à la TV, les bandes annonces

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20mai

Un petit air d’Aderly

Entre 12 et 14 heures, il n’y a pas de temps à perdre chez les professionnels. Jeudi dernier, l’Aderly convoquait une conférence de presse pour présenter son bilan, en rouge et en noir, mais tout de même en demi-teinte. Rendez-vous au Palais du Commerce, dans la salle dite : des agents de change. Mais comme il n’y en a plus, ce sont les journalistes qui rendent la monnaie.
On arrive à la bourre. Collomb vient de parler. Pour une fois on a réussi à arriver plus en retard que lui. C’est au tour de Bernard Fontanel, le président du Medef. Morose, à cause de la crise : « on est en train de perdre des emplois industriels ! ». Mathiolon hoche la tête. Il risque de perdre le sien aussi. Comme président de la CCI. Daclin reprend : heureusement, il y a la marque OnlyLyon, qui s’affiche en ce moment dans les aéroports d’Europe. Ça doit distraire les voyageurs immobiles, bloqués par le nuage de l’Eyjafjöll. OnlyLyon se vend bien, c’est devenu une référence. Avant il n’y avait que l’OL pour porter les couleurs de la ville. Or le foot et le business sont deux choses différentes (faudrait quand même en parler à Aulas). Une vingtaine de journalistes écoutent studieusement. Ils prennent des notes avec le stylo OnlyLyon qu’on vient de leur offrir, design sobre et élégant, tout en lignes courbes et profilées, une carrosserie genre Carla Bruni, à tête rétractable.
Et vient le temps des questions. Il faut aller vite, à 14 heures le travail reprend. Une consoeur tire la première salve. Est-ce son tailleur vert qui lui déteint dessus ? « Monsieur le maire, avec tous ces déplacements en avion votre bilan carbone doit être désastreux... ». « J’ai pris des mesures, plaisante Collomb. J’ai interdit à tous mes partenaires écologistes de circuler autrement qu’en TGV, ça compense ». Puis il doit se souvenir de la mésaventure de Gordon Brown la veille, et de la carrière que peut faire une simple phrase malheureuse, pourvu qu’un journaliste indélicat s’amuse à la répéter. Non-non, rectifie-t-il, mais en fait je ne peux pas faire autrement, on ne va quand même pas tout arrêter et s’isoler dans son coin. Et puis les constructeurs d’avions vont bien finir par trouver le moyen de consommer moins de carburant, les green technologies, tout-ça tout-ça. La dame est à moitié convaincue et son tailleur est toujours vert.
Rendez-vous au premier étage pour le buffet dit « déjeûnatoire » (on n’est pas à l’Académie Française). Aux murs du salon, les portraits de tous les ex-présidents de la CCI. Pas des rigolos. On a l’impression que ça les ennuie profondément de gagner de l’argent. C’est un peu comme le devoir conjugal, il ne faut pas avoir l’air d’y prendre du plaisir.
On sert un breuvage nommé Pommery et qui n’a rien d’un cidre. Du coup on se laisse aller à fêter ce qu’on veut, les pas-trop-mauvais résultats de l’année, la future sortie de crise, un jour, on verra bien, et le printemps qui nous rend visite pour la journée. Mathiolon ne quitte pas son air sombre, Fontanel affiche le sourire confiant du patron qui ne sait pas où il va. Et Jacques de Chilly garde un pied dans chaque chaussure, d’un côté l’Aderly, de l’autre OnlyLyon.
On décide de prendre le buffet à rebrousse-poêle, de commencer par le fromage et de remonter tout doucement jusqu’aux entrées. On croise au passage un riz aux Saint-Jacques, sans corail (encore une grève de la SNCF !) et on termine sur du saumon et du flétan fumés, accompagnés d’un hareng de plus basse extraction. Ici ou là, des canapés à une demi-place sur lesquels on ne s’étend pas, crevette par-ci, microtomate confite par là. Le Mâcon final est le bienvenu.
Collomb papillonne un peu et puis s’en va faire oublier son bilan carbone. 13 h 30, tout est bouclé. A propos, un journaliste qui fume, ça produit combien de CO2 par an ?
Timéo Danaos

20mai

Sarkozy à pied par la Chine

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