C'était une de ces soirées prestigieuses dont Lyon a le secret. « Secret » bien gardé car, en dehors de la ville, personne n’en entend parler. Les lions du sport 2011 étaient décernés lundi 16 au Transbordeur. L’équivalent de la remise des Césars, nous avait-on assuré, mais pour le sport. Et à Lyon. Ça relativise.
Une foule rectiligne faisait la queue le long des barrières du Transbo, piaffant d’impatience et aussi un peu de froid. A l’intérieur le carré VIP avait été alphabétisé, une lettre pour chaque rang. Une scène inondée d’une lumière verte, façon laser. Disposée comme un plateau TV, car TLM allait retransmettre en direct.
En attendant, Christian d’Aubarède pour Tonic FM et Philippe Montanay pour TLM s’emploient à chauffer la salle, mais à la lyonnaise, c’est à dire pas trop, avec modération, tout en retenue. Il ne manquerait plus qu’on s’amuse !
Puis Marc Feuillet et Thierry Braillard échangent des amabilités : « tu sais ce que je te souhaite... ». Si l’on comprend bien il espère le voir pulvériser Philippe Meirieu au premier tour des législatives de juin, en toute confraternité de gauche.
D’Aubarède a pour tâche de jongler entre les remises de prix et le passage de musiciens invités dont le Lyonnais Mickael Miro avec son fameux Damdamdéo, et une toute nouvelle chanson : La Scandaleuse, qu’il aurait pu oublier de chanter sans qu’on lui en veuille.
Ça y est, la cérémonie des 10es lions du sport va commencer. L’huissier de service Me Di Fazio vient expliquer les règles du scrutin, il est peut-être le seul à y avoir compris quelque chose, mais tant que l’huissier a saisi !
Commençons par les espoirs. Qui succédera à Alexandre Lacazette, Espoir 2010 ? Suspense... ce sera Alexandre Lacazette. Ainsi les espoirs sont comme les promesses électorales, on peut les reconduire, on n’est pas obligé de les tenir.
Puis un trophée d’honneur pour Hacine Cherifi et surtout Fabrice Tiozzo. Apparition du people-surprise : Thierry Roland himself, venu spécialement pour lui faire donner une standing ovation : « le plus grand palmarès de la boxe française ».
Revenons aux lions. On décerne le bronze en premier. Tiens ! Pourquoi les appelle-t-on des lions alors que ça n’y ressemble pas du tout ? En tous cas pas à une tête de lion. Peut-être une patte ? Un bout de queue ? L’objet doit être lourd et peut-être même contondant, il est enveloppé d’un linge protecteur. Le lion de bronze sera ex aequo Corinne Maîtrejean et Eugène N’Zi. Une patte pour deux.
Puis l’argent. Philippe Montanay fait monter sur scène « Angélique Castillo, Miss Rhône-Alpes », annonce-t-il. Euh... pas tout à fait. « C’est Miss Rhône », reprend la demoiselle qui n’a pas envie de se faire régionaliser. Vainqueur : le gymnaste Cyril Tommasone. Il s’entraîne déjà pour les JO. « On votera pour vous à Londres », l’assure Philippe Montanay. Il doit confondre avec l’Eurovision.
Pour le lion d’or, on passe à la vitesse supérieure. Pas moins que Gérard Collomb pour remettre le prix et... le lion est une lionne, Camille Abily, footballeuse de l’OL. On la congratule, on l’embrasse, tout le monde veut être sur la photo. Jean-Michel Aulas, à qui on n’avait rien demandé, monte sur scène d’autorité. Il semble se souvenir tout d’un coup qu’il a plus de succès avec les fenottes qu’avec les gones. Elles font moins d’histoires pour remporter des championnats et des coupes d’Europe. Ah que la victoire est jolie !
Pendant que la foule commence à s’égailler vers les buffets, Christian d’Aubarède fait les moulinets avec les bras : revenez, le concert continue ! Le groupe Boulevard des Airs vient de remonter sur scène pour un dernier morceau : El cielo no puede hacer nada... Le ciel ne peut rien y faire. Tant qu’il ne nous tombe pas sur la tête.
Timéo Danaos
Souvenirs souvenirs
05fév.
Un lion sinon rien
21:09 - Par gérard Lespotinsdangele - Souvenirs souvenirs - aucun commentaire
05fév.
Grande gueule toi-même !
21:00 - Par gérard Lespotinsdangele - Souvenirs souvenirs - aucun commentaire
19janv.
Meilleurs vœux sur fond noir
13:16 - Par gérard Lespotinsdangele - Souvenirs souvenirs - aucun commentaire
Qu’il est beau l’Hôtel de Région, ce paquebot ensablé à la pointe de la Confluence, quand 1 500 personnes se pressent pour y recevoir la bénédiction des vœux en ce vendredi soir. Elles trottinent jusqu’à l’entrée, déposent bagages au vestiaire, descendent en pente douce jusqu’à l’hémicycle et reçoivent là leur première leçon de politique concrète : les pentes sont toujours plus faciles à descendre qu’à remonter, surtout après avoir rincé la dalle.
Mais pour l’heure, sur grand écran, on fait patienter le public avec des extraits de films produits par la Région, y compris ceux qu’on n’a pas vus, qu’on ne verra jamais ou qu’on aurait mieux fait de ne pas voir. La tribune officielle est garnie comme une choucroute, de toutes les personnalités inconnues du grand public qui ont tenu à honorer l’évènement de leur présence.
Queyranne va présenter ses vœux. Le voilà. Il s’avance vers le pupitre et pendant qu’il parle, une traductrice transcrit ses paroles en langage des signes pour les sourds et mal-comprenants. Oui, « 2012 s’ouvre sur une toile de fond très sombre ». Et la traductrice s’empresse de la repeindre. Des échéances électorales s’annoncent. D’ailleurs la traductrice pêche à la ligne. Doit-on se résigner ? Non. Au contraire, « il faut retrouver des chemins d’espoir ». Jusqu’en Hollande si nécessaire ? La traductrice prend des airs de moulins... Tout n’est pas perdu.
Le président de la Région formule deux espoirs et deux vœux. Un espoir pour la Région, qualifiée de « particule élémentaire » de la vie politique, ce qui réduit le maire de Lyon au rang de boson ou de gluon, tout dépend du spin. Un espoir aussi pour l’Europe « grand corps malade », selon Queyranne, mais qu’il préférera toujours au petit corps plein de santé qui préside aux destinées nationales. « Je souhaite que l’Europe redevienne un projet de vie ». Là, il cite Eric-Emmanuel Schmitt. On se penche vers la traductrice pour voir si cela veut dire quelque chose... elle semble ramer, elle aussi.
Et puis deux vœux. Un pour la parité hommes-femmes, au nom de laquelle il renonce à son mandat de député en juin prochain. A moins que ce ne soit au nom du cumul de mandat ou de l’envie de glisser une peau de banane sous le pied d’Annie Guillemot en soutenant sa rivale : Hélène Geoffroy. En tous cas, c’est pour la bonne cause. Une dernière pensée pour la jeunesse, Queyranne souhaite qu’on lui consacre un Grenelle. Si cela se passe aussi bien qu’avec l’environnement, elle finira taxée puis enterrée, la jeunesse. « Acceptez mes vœux chaleureux et solennels », conclut le président rhonalpin. Ainsi soit-il.
Par bonheur, la traductrice ne se croit pas obligée de jouer du pipeau pour accompagner ces paroles. Les buffets de la Région sont toujours régionaux. On y trouve du beaujolais rouge et blanc, du jambon cru de Savoie, du pâté de campagne aux pistaches, des fromages d’un peu partout. Du solide et du roboratif. Servi par les élèves de l’école hôtelière de Thonon. La foule brouhahate gentiment en s’agglutinant autour des tables.
L’avantage des buffets campagnards, surtout avec ce pain aux tranches généreuses, c’est que ça cale vite et permet donc de faire des économies sur la note finale. L’inconvénient, bien sûr, c’est qu’ensuite il faut la remonter, la pente. Mais bon, c’est toujours plus facile qu’un sondage raté.
Timéo Danaos
19janv.
Tout le monde brûle pour Jeanne d’Arc
13:12 - Par gérard Lespotinsdangele - Souvenirs souvenirs - aucun commentaire
03janv.
Collomb éclaire ses lanternes
13:55 - Par gérard Lespotinsdangele - Souvenirs souvenirs - aucun commentaire
Le rendez-vous était presque secret, le jeudi 8 décembre, dans un lieu habituellement désert : le quartier Grôlée. De jour, seuls quelques corbeaux neurasthéniques viennent encore y traîner leur deuil, en souvenir des boutiques pimpantes qui autrefois attiraient le chaland. Toutes fermées.
Les devantures sont recouvertes de rideaux de douche où l’on peut lire « Up In Lyon », pour faire croire qu’il ne va pas tarder à se passer quelque chose. Mais ce soir c’est la fête. Elles servent de vitrine à des animations lumineuses. Ici, on représente la reconstitution d’une scène de crime : qui a tué le Quartier Grôlée ? Là des bambous soufflants sur lesquels tombe une pluie de bulles de savon. Cela veut peut-être dire quelque chose. On ne saura jamais. Peu importe car c’est la fête.
Collomb va venir. Il doit lancer ses chars à l’assaut des Lumières. Des chars venus de Fukimo, énormes, montés sur des châssis de bambous, gros comme des pipe-lines, serrés par des cordes, des armatures de plus de 300 ans qui n’étaient jamais sorties du Japon et sur lesquelles sont bâties des châteaux, des nefs, des pagodes, en baguettes et papier collé. Là-bas elles sortent en mai pour commémorer l’accueil réservé par la ville de Nanto, aux habitants de Fukimo venus se réfugier après l’incendie de leur cité.
Des lanternes géantes. On n’attend plus que Collomb pour allumer les lanternes. Il arrive, fendant la foule déjà compacte. On le revêt d’une tenue autochtone rouge couverte d’inscriptions étranges dont on espère qu’elles sont convenables. C’est le signal. Il tape sur des bambous par trois fois, tous les musiciens et danseurs s’ébranlent au son des tambours. Miracle ! A son appel les chars se sont illuminés et c’est beau. S’il pouvait faire venir la lumière avec autant d’efficacité dans une réunion socialiste... mais bon. Ce soir, c’est la fête, ne disons pas de choses qui fâchent.
Le maire de Lyon et le consul du Japon se sont congratulés mutuellement chacun dans sa langue. On espérait un peu que Collomb dirait quelques mots en japonais, mais il n’était pas d’humeur kamikaze. Tant pis ! On aurait bien aimé immortaliser l’instant. Il a quand même a livré une interview à France 3, secouant les cendres de Fernand Braudel pour en tirer une citation : « Lyon ne rayonne jamais autant que lorsqu’elle est ouverte à l’international ».
Question : peut-on faire la fête en pleine crise ? Au contraire, répond le maire, la lumière est aussi ce qui guide dans la nuit, qui montre le chemin pour sortir du tunnel.
Ouaip ! Il y a aussi des lumières pour avertir de ne surtout pas entrer dans le tunnel. Et il repart, suivi de toute la cour habituelle qui traverse la fête en se disant que, si c’est réussi, autant donner l’impression d’y être pour quelque chose. Richard Brumm, heureux que ça ne lui coûte pas grand chose. Najat Vallaud-Belkacem, car elle est un peu l’allumeuse de ces réverbères. Georges Képénékian, pas trop convaincu qu’il s’agisse de culture, mais dans le doute... Et Nadine Gelas parce que, si elle n’est pas là on s’inquiète pour sa santé.
Quelques rafraîchissements sont prévus dans une boutique morte ressuscitée pour l’occasion. On n’y trouvera pas du vin chaud, comme au coin de la rue, mais du champagne et quelques petits fours de bon aloi. Collomb en profitera pour se faire photographier sous toutes les coutures, on dirait l’inauguration d’un local de campagne. Et Catherine Camus pour affirmer que si, mais si, cette fois-ci, le quartier Grôlée va renaître de sa belle mort, il y a plein de projets en cours. Peut-être.
En tous cas pour quatre jours, à défaut d’avoir rouvert les boutiques pour de vrai, ça aura au moins permis de passer l’aspirateur.
Timéo Danaos
03janv.
Incroyable mais vrai ! La vidéo qui ne prouve rien !
13:49 - Par gérard Lespotinsdangele - Souvenirs souvenirs - aucun commentaire
21déc.
Remise des prix chez les autodidactes
20:53 - Par gérard Lespotinsdangele - Souvenirs souvenirs - aucun commentaire
« Papa, comment on devient autodidacte ? Tais-toi et rame ! ». Mercredi, le palais Saint-Pierre couronnait l’entrepreneur autodidacte de l’année en Rhône-Alpes. En attendant la cérémonie, les nominés devisaient calmement avec la presse, dans le café Les Terrasses de Saint-Pierre, mais à l’intérieur.
Autodidacte, pourquoi ça marche ? « Parce qu’on ne sort pas des écoles, on a moins d’automatismes », propose l’un. « Parce qu’on n’est pas prisonnier de ce qu’on a appris », renchérit l’autre. Et le coup fatal vient du troisième : « parce qu’on n’écoute pas ce que dit la presse ! ». Bon, si ça commence comme ça...
Les Victoires des Autodidactes, c’est un peu comme celles de la musique, mais sans Obispo. Dans l’auditorium du Musée la cérémonie démarre. David Kimelfeld est venu représenter le maire de Lyon, le quatrième arrondissement, l’entreprise et aussi l’autodidaxie à laquelle il a pas biberonné lui aussi. Les hommes sont en costume sombre, cravate à rayures tombantes, épingles de cravate vintage. Les femmes sont... en fait on ne sait pas très bien où sont les femmes, il semble que la victoire soit surtout une boisson d’hommes.
Max Dumoulin, du cabinet Mazars, se félicite que dans ce lieu, un club d’entrepreneurs ait fait l’acquisition et le don de trois tableaux de Pierre Soulage, le maître de l’ultra-noir. S’ils comptent là-dessus pour se remonter le moral !
Il est temps maintenant de féliciter les autres. Denis Florès reçoit le Prix de la Croissance, en pleine récession, il fallait le faire. Son profil décrit ce pdg de GPI comme « marié, des enfants ». On ne sait pas combien, le décompte final est en cours. Le Prix Spécial du Jury revient à Michel Djréranian. Il a repris l’entreprise de son père à qui il doit cette formule : « il faut que tu respectes le pays qui t’as reçu ». Il fait monter sur scène sa mère, qui lui a transmis cet aphorisme : « on ne donne jamais le biberon à un bébé qui ne pleure pas ». « Ca m’a été bien utile avec les fournisseurs », reconnaît-il. Tout le monde trouve l’idée excellente.
Enfin on aurait bien roulé les tambours pour François Berry, le pdg de Top Clean Packaging, le roi de l’emballage médical. THE lauréat Rhône-Alpes-Auvergne, celui qui défendra les couleurs régionales au titre de Miss France des Autodidactes. Un parcours étonnant, au sens strict. Il a fait le tour du monde en moto, 25 pays, avec sa femme et deux enfants dans un side-car. On ne sait pas comment ils se sont débrouillés pour les bagages, peut-être avaient-ils juste une brosse à dents pour quatre. Aujourd’hui, il travaille dans six pays, emploie 250 personnes « et pas de syndicat » ! Le public en a les larmes aux yeux. Photos, congratulations. On lui colle entre les mains un diplôme large comme une carte d’état-major et, si tout va bien il peut s’attendre aussi à un « chèque symbolique ». Du moins : si le bébé pleure.
Au rez-de-chaussée se tient le cocktail, dans l’ancien réfectoire des bénédictines, entre les tableaux de la Cène et de la Multiplication des Pains. Tout le monde se jette sur des petites hallebardes de crevettes et Saint-Jacques, et des coupes à bulles.
On retrouve Carole Dufour en amazone des RP, bustier rehaussé de cuir noir, sac à mains en crocodile des faubourgs. Erick Roux de Bézieux vaque de ci de là, comme s’il passait par hasard. David Kimelfeld se souvient qu’il n’y a pas besoin de servir la soupe pour serrer des louches. Et dans un coin les organisateurs, Oséo, Harvard Business School et Mazars, jouent les trois Grâces : la joie, l’abondance et la splendeur. Mais avec des costumes sombres et des cravates tristes. Il ne faudrait pas donner l’impression qu’on s’amuse.
Timéo Danaos
07déc.
Lou y es-tu ?
12:01 - Par gérard Lespotinsdangele - Souvenirs souvenirs - aucun commentaire
On n’était pas tellement attendu ce samedi 19 novembre rue d’Oradour-sur-Glane. Les Potins à l’ouverture d’un stade de rugby ! Pourtant les mêlées, les placages, les essais et les transformations, dans la vie politique, on connaît. Barrages à l’entrée du stade. Un quart d’heure après sept heures on était déjà contrôlé trois fois, c’est dire si on se sentait en sécurité. Il faudra parlementer, discuter, insister, pour se faire admettre sous le chapiteau où était inauguré le Matmut Stadium. On aura eu le temps d’apercevoir les nouveaux aménagements, les gradins, la boutique, tout ce qui a transformé ce qui n’était qu’un terrain de foot en véritable stade de 8 000 places. Dans la salle quelque cinq cents convives, tous intéressés par le rugby, notamment la troisième mi-temps, surtout si elle a lieu avant les deux premières. Sur écran on voit les avancées du chantier, jour après jour. Puis un diaporama de l’équipe du Lou. De demis de mêlée de 80 à 120 kg ce qui fait beaucoup pour un demi.
Au micro, le président Yvan Patet se félicite. Il a fallu trois mois seulement pour construire ici ces équipements entièrement démontables : « quand on dit qu’en France les projets n’avancent pas vite ! », ironise-t-il. Heureusement que Michel Mercier n’était pas là, il aurait pu prendre ça pour lui.
Michèle Picard lui succède. Elle est maire PCF de Vénissieux et se lance dans un discours digne d’une Fête de l’Huma. Elle se donne du mal. « Il faut se féliciter des synergies et des convergences », tente-t-elle. Non ? Pas un applaudissement ? Elle se met à détailler le nouveau plan de circulation élaboré autour du stade. Mais manifestement tout le monde s’en cogne. Il faut dire que les fourchettes ont commencé à s’attaquer aux assiettes, les problèmes de parking on verra plus tard. Le brouhaha remonte doucement jusqu’aux premiers rangs. « Excusez-moi ! Si vous pouviez faire un peu de silence ! », éclate la maire. « Un peu », d’accord, mais pas plus. Elle ne lâche rien, se lance dans le « projet de développement, de Laurent Bonnevay à la route de Vienne, car assure-t-elle, nous tenons à mettre en œuvre des perspectives transversales ».
Peu importe. On vient de faire la connaissance d’une petite terrine au saumon. Car, pour se venger d’un accueil pour le moins filtrant, on a fini par s’installer sur une table boudée par des invités qui ne viendront pas, bref on tape l’incruste. Michèle Picard termine son discours. Les gens applaudissent. Ils n’ont rien écouté, mais ils sont contents quand même.
C’est au tour de Gérard Collomb. Lui connaît bien la loi des estrades, il ne se risque pas dans un discours. Il parle sans notes. « C’est un vrai bonheur d’être avec vous ». Applaudissements. Le bonheur, ça s’applaudit toujours. Les « perspectives transversales », plus rarement. « Les collectivités locales ont été totalement impliquées depuis le début, parce que le Lou le mérite ! ». Le Lou ? Mais bien sûr, on est venu pour ça. Applaudissements nourris. C’est facile, finalement. Il salue Guy Mathiolon et Olivier Ginon « ces grands entrepreneurs », et le rugby « un sport formidable », car on y a le sens de l’amitié « des valeurs que nous partageons ». Peut-être pas avec Philippe Meirieu et Nathalie Perrin-Gilbert, mais quand même.
Entre-temps est arrivé un filet de bœuf accompagné de son gratin dauphinois qui fondent sous la dent. Accompagné d’un côtes du rhône bien charpenté. Le rugby adoucit les mœurs. Il ne reste plus qu’à faire applaudir debout la naissance de ce Matmut Stadium, la première opération de naming réussie. De quoi faire rêver Jean-Michel Aulas qui voudrait vendre le nom du futur Stade des Lumières pour qu’il puisse s’appeler « Fleury-Michon » ou « Couches Pampers ».
Timéo Danaos
07déc.
Le pays où la vie est plus chère
11:57 - Par gérard Lespotinsdangele - Souvenirs souvenirs - aucun commentaire
20nov.
Mercier s’adonne à la maçonnerie
21:22 - Par gérard Lespotinsdangele - Souvenirs souvenirs - aucun commentaire
L'invitation paraissait pourtant anodine, nul soupçon d’activité occulte, le carton portait les armes de la République. Mais arrivé au 14 avenue Berthelot, un parfum d’étrangeté commence à flotter. La cour est déserte, l’obscurité y règne. Sur un perron à peine éclairé, deux gardiens confirment d’un air entendu : « C’est ici ».
On entre. La salle est immense, peut-être un ancien temple. Un plafond perché à sept mètres de hauteur, des fenêtres voûtées, et du plâtre à cru partout sur les murs. Genre : chantier interdit au public. Dans un coin un groupe de hauts dignitaires s’est rassemblé près de planches mystérieuses et de plans. Ils entourent le Grand Architecte Raphaël Pistilli. Ils lui posent des questions qu’on n’entend pas. Et lui répond à travers un micro qu’on entend très bien. Donc on ne comprend à peu près rien. Il y a là Gilles Pollet, directeur de l’IEP, Michel Mercier, au titre d’un de ses titres et Jean-Jack Queyranne.
Au milieu de la salle, un petit mur berchu. On dirait qu’il lui manque une dent. Un organisateur invite les participants à « passer de l’autre côté du mur ». Un frisson parcourt l’assistance. Les choses mystérieuses vont commencer. Et soudain, c’est un grand moment de maçonnerie. Mercier se saisit d’une truelle. Il la garnit abondamment de mortier frais. Il en tartine la dent creuse. « Il gâche », souligne Michel Havard venu prendre des notes pour la suite de sa carrière. Puis Queyranne et Mercier se saisissent d’un moellon, ils le portent à deux, s’efforcent d’en garder l’équilibre, mais l’un tirant toujours un peu à gauche et l’autre à droite, on a bien peur qu’ils se le fassent tomber sur le pied. Mais non. Ils le logent dans l’emplacement prévu. Le mur n’est plus berchu. La première pierre vient d’être posée là, au milieu de cette salle, dans un endroit où elle n’a strictement rien à faire, et où il faudra se dépêcher de la détruire dès que les invités seront partis.
Tout l’aréopage se retrouve près de la tribune. Le directeur de l’IEP prend la parole. Ici s’élèvera un amphi de 250 places. Dans cette salle qui porte le nom de « Leclair ». A propos, remarque-t-il, c’est qui, ce « Leclair » ? Avec une orthographe pareille, il n’a jamais dû construire de chars d’assauts, ni d’épicerie géante, et il n’a sans doute pas de sœur prénommée Evelyne. Il s’agirait d’un musicien baroque parti se faire assassiner à Paris. Et dont la musique s’exécute partout.
Ah, que l’IEP est beau, le fut et le sera, et comme il complète bien ce campus Charles Mérieux dont il fait partie ! Sept mois suffiront à achever cet amphi, alors qu’il aura fallu douze ans pour se décider à le commencer. Vive la France ! Et le Département qui est maître d’ouvrage ! Jean-Jack Queyranne ne dira pas autre chose, quelques minutes plus tard. Il dira même exactement la même chose, bon finalement il abrège et passe la parole à Michel Mercier, ancien élève de l’IEP, comme lui.
Le ministre a trouvé un truc infaillible, pour ne pas s’ennuyer pendant les cérémonies officielles : il ne prépare pas ses interventions. Il ne sait jamais à l’avance ce qu’il va dire, il se fait la surprise. « Pourquoi le Département s’investit-il à ce point dans l’enseignement supérieur, alors que ce n’est pas dans ses compétences ? », se demande-t-il. Et quand il aura fini de parler, il n’aura toujours pas répondu à la question. Il aura maintenu le suspense jusqu’au bout et même au-delà.
Le buffet se compose de petits saucissons de nonnes, en forme de chapelets, d’olives noires et vertes, de charcuteries roboratives. Et de l’inévitable crémant de Bourgogne, véritable marque de fabrique du Département. Tout de même, depuis le temps, Mercier aurait bien pu faire étiqueter un champagne à son nom !
Timéo Danaos
20nov.
Pruneaux à la grecque
21:20 - Par gérard Lespotinsdangele - Souvenirs souvenirs - aucun commentaire
16nov.
Une soirée particulière avec Lefebvre
14:32 - Par gérard Lespotinsdangele - Souvenirs souvenirs - aucun commentaire
On arrive très en retard, grâce à la nouvelle politique d’amélioration du service prônée par le Sytral. Désormais, les bus n’ont plus d’horaires, mais des fréquences. Ce qui permet au C9 d’être beaucoup plus fréquemment en retard.
Ce soir on doit remettre les diplômes aux 129 élèves de l’Institut Bocuse, en présence du maître et même d’un ministre en service minimum. L’auditorium Maurice Ravel est très plein, on se glisse sur une place libre et on observe. Sur la scène, des danseurs de noir vêtu virevoltent sur une musique de menuet dopée au Red bull. Ils dressent une table de gala, nappe blanche, chandeliers en argent. Puis, sur une musique digne d’un funérarium lors d’une journée portes ouvertes, le directeur Hervé Fleury lance la cérémonie. Le thème du jour : le rêve. « Le rêve éveille les forces de la vision ».
On installe des bancs de bois blanc, les lauréats montent sur scène, tenues blanches de cuisinier, tenues noires de maître d’hôtel. Et Paul Bocuse apparaît, du fond de la scène. Il fend la mer tel Moïse dans Les Dix Commandements. Le public est debout, il applaudit. On s’aperçoit au bout d’un moment que le ministre est là lui aussi, on ne l’avait pas remarqué. Tout le monde s’assied. Michel Guérard est le parrain de la promotion. Il commence son discours sur une musique de relaxation pour institut de beauté pendant un massage aux pierres chaudes. Mais très vite il s’anime, il pétille, il sautille : « Le rêve m’a permis de réaliser les rêves les plus fous ! ». Il convoque une brochette de « rêveurs excentriques : Léonard de Vinci, Montgolfier, Jeanne d’Arc, les frères Lumière, Steve Jobs, Gustave Eiffel ! ». Il ne se connaissaient pas, les voilà réunis pour la première fois. « Ne vivez jamais avec la pensée des autres », conclut-il. Ce qui revient à dire : ne tenez aucun compte de ce que je viens de dire.
Puis, c’est au tour du ministre. Frédéric Lefebvre n’a rien préparé, il fait confiance à son talent naturel. Il parle de son émotion, d’être là ici, lui qui fait partie d’un « gouvernement qui se bat, depuis l’effondrement de la banque Lehmann Brothers ». Les gens commencent à se demander s’ils ne se sont pas trompés de salle. Alors il change de stratégie. Cette journée, c’est vraiment une journée particulière, dit-il, il se sent comme dans le film d’Ettore Scola. Dans le rôle de Gabriele, homosexuel italien piégé par la montée du fascisme ? Ou d’Antonietta ? Bon, il essaie autre chose, une anecdote maintenant. En arrivant ici avec l’escorte de gendarmerie, raconte-t-il, les motards ont participé à l’arrestation de braqueurs. Ouaip ! Mais tout le monde s’en fout, on n’est pas venu pour ça.
Une femme excédée crie quelque chose du fond de la salle, qu’on ne distingue pas précisément mais qu’on devine irrévérencieux. Alors, pour tenter de sauver les meubles, il risque ce truc des artistes de cabaret quand leur numéro tourne au fiasco, il fait applaudir une gloire incontestée : Paul Bocuse. Encore. Ah Paul Bocuse ! Depuis le temps qu’il rêvait de le rencontrer ! Et dire qu’il ne lui est pas venu à l’esprit qu’il aurait pu venir dîner à Collonges, tout simplement.
Le ministre s’efface. Ca y est on distribue les diplômes, un par un. Il y en a 129 et c’est Michel Guérard qui s’y colle. Le roi de la salade folle est d’humeur badine, il sourit, prend la pose pour la photo, fait la bise aux filles, 129 fois, sans rechigner. Il y a là vingt nationalités représentées, une petite planète du goût, une Onu de la fourchette. Et puis c’est un des plus formidables buffets de l’année, préparé et servi par les élèves de l’école. Jamais il n’y aura eu autant de monde derrière les fourneaux et dans la salle. L’espérance de vie d’une épluchure ou d’un verre sale oubliés sur un meuble est de cinq secondes.
Timéo Danaos
16nov.
Robert Lamoureux : l’enterrement n’aura pas lieu
14:28 - Par gérard Lespotinsdangele - Souvenirs souvenirs - aucun commentaire
06nov.
Danse du sacre autour d’Hervieu
17:28 - Par gérard Lespotinsdangele - Souvenirs souvenirs - aucun commentaire
Jeudi 19 heures à la Maison de la Danse, le studio Jorg Donn est noir. Non pas qu’il soit plein de monde. Simplement on a recouvert le plancher avec du plastique noir et réglé les éclairages en position « hors gel » ; on n’y voit à peu près rien. L’ambiance est mystérieuse comme une catacombe une veille de sabbat.
Dans un coin, l’invité d’honneur : Olivier Poivre d’Arvor, directeur de France Culture. Au repos, on le croit taciturne, il n’est que réservé. Un physique austère, presque inquiétant, une sorte de cousin éloigné de la famille Addams. On croise aussi des personnages étranges, un homme avec un costume de soie aux carreaux gris clair et blancs. Il porte une cravate conceptuelle, qu’on prend tout d’abord pour une punition mais non, coupée au raz du nœud, et continuée par un store vénitien agrémenté de chevrotines posées délicatement sur les lames. Effet saisissant.
Ca piaille un peu en attendant que la cérémonie commence, car tout le monde ici se connaît. Collomb n’est même pas en retard, le voilà. Dominique Hervieu, c’est lui qui l’a choisie pour succéder à Guy Darmet à la tête de la Maison de la Danse, il la soutient jusqu’au bout du ruban. Il raconte au micro leur rencontre lors de la création du ballet Porgy and Bess, à Chaillot en 2008. « C’est elle », avait dit Guy Darmet. Collomb s’en souvient, il a retenu la formule : « il faut toujours choisir des successeurs différents de soi » (message immédiatement transmis à tous ceux qui lorgnent sur sa place, pour qu’ils s’inquiètent). « Chère Dominique, vous avez conquis le cœur de beaucoup de Lyonnais ».
Puis José Montalvo parle. Il n’a rien préparé. Hommage à trente ans de complicité chorégraphiques avec Dominique Hervieu : « elle m’a appris qu’il ne faut pas rêver une œuvre mais la faire ». Puis s’avance Olivier Poivre d’Arvor. Il vient spécialement de Paris pour remettre cette légion d’honneur. « Pourquoi à Lyon ? commence-t-il. Parce que c’est une rosette ». Après cette plaisanterie charcutière qui l’a mis en jambes, il se lance dans un portrait de Dominique Hervieu, porté à bout de bras dans un grand écart audacieux entre Nadia Comencini et Louise Brooks. Un pas de deux, il brandit la marque Montalvo-Hervieu, au destin aussi indissociable que Mercedes-Benz. Ouf, on a échappé à Jacob & Delafon et à Roux-Combaluzier ! Bref, il brode, il musarde, il badine, il fait des pointes. Dominique Hervieu a renoncé à son poste de directrice du théâtre de Chaillot pour venir prendre les commandes de la Maison de la Danse, « Gérard, merci de l’avoir voulu ». Gérard aime bien qu’on lui dise merci, et puis ça n’arrive pas souvent.
Enfin la formule rituelle « Au nom du Président de la République » etc. Je vous épingle. Oui, « j’ai souhaité que ce soit à Lyon », reprend Dominique Hervieu, toute menue derrière ses lunettes. Elle a retardé sa remise de décoration de deux ans pour qu’elle ait lieu ici « Lyon capitale des Gaules mais aussi de la Résistance ». Au centralisme, à la pensée unique.
Dominique Hervieu parle du projet de Nouvelle Maison de la Danse prévue en 2016 à la Confluence. Puis elle se met à remercier tout le monde. Le personnel, les collaboratrices. José Montalvo, dont elle garde l’éléphant pour toujours. Ses parents, qui ont bien voulu « laisser la danse (l’)envahir ». Son mari. Et puis pour finir « Merci à la danse ! ».
Les invités se répandent vers les buffets, ils se grappent par trois, ils sont détendus, ils parlent, ils rient entre eux, on ne comprend pas tout ce qu’ils disent, mais peu importe, ils ont l’air heureux. Dominique Hervieu est fêtée. Collomb courtisé. Et les buffets vidés proprement, comme il se doit.
A 20 h 30 tout est terminé. Sauf le spectacle qui vient de commencer dans la grande salle : Octopus, de Philippe Decouflé. Car pendant les mondanités, la danse continue.
Timéo Danaos
06nov.
My beautiful private TV
17:23 - Par gérard Lespotinsdangele - Souvenirs souvenirs - aucun commentaire
27oct.
Un gros camion
13:13 - Par gérard Lespotinsdangele - Souvenirs souvenirs - aucun commentaire
Jeudi midi Gérard Collomb inaugurait un gros camion et réciproquement. Le gros camion, il est dans la cour, place de la Comédie, entre l’Opéra et l’Hôtel-de-Ville, totalement silencieux. D’abord car il est à l’arrêt. Mais surtout parce qu’il est électrique, le plus gros camion électrique de livraison au monde, seize tonnes, dix-huit palettes, deux rétroviseurs, deux essuie-glaces.
Quant à Collomb, il n’est pas silencieux du tout et encore bien moins électrique. On le retrouve dans un salon de l’Hôtel-de-Ville, à la tribune, devant 150 costumes gris « heureux que Lyon soit une ville pilote pour expérimenter le camion électrique ». Il ne s’en est pas fallu de beaucoup pour qu’il soit également heureux qu’elle expérimente la voiture électrique en libre service, il aurait suffi que le maire de Lyon le décide. Mais non. On nous explique que la ville n’est pas très adaptée à la voiture électrique. Et bien la voiture non, mais le camion, oui.
Alors aujourd’hui le camion électrique est venu inaugurer Lyon. Avec une autonomie de 100 km, il récupère de l’énergie pendant les décélérations, permettant de s’arrêter aux feux rouges presque sans freiner. Un navigateur intelligent guide le conducteur vers le trajet le plus dégagé et le plus économe, explique l’inventeur, Pierre-Henri Bigeard, le pdg de IFP Energies Nouvelles. Bon, reconnaît Stefano Chmielewski de Renault Trucks une fois que c’est son tour, « on m’a un peu volé le discours ».
Presque tout a été dit, parlons du reste. Il se prend à rêver d’un monde de camions électriques, effectuant les livraisons la nuit, silencieusement, sans déranger les voisins. Et même le ramassage des ordures ménagères. Et le ramassage scolaire aussi ? Parce que c’est bruyant, les mômes !
Le temps est venu de remettre les clefs du camion à Francis Lemor, le pdg de la société de transports SFE-TFE. Les clefs sont plantées dans un coussin de velours comme une légion d’honneur qui servirait à quelque chose. Francis Lemor s’en empare et prend le micro : « Pourquoi ici à Lyon, alors que ce n’est pas la seule ville qui s’intéresse au développement durable ? ». Collomb doit commencer à se demander s’il a bien fait de l’inviter. Et le modèle lyonnais alors ? Ici on fait campagne pour Hollande et on vote Aubry, quand ce n’est pas le contraire. On est à droite et on vote Collomb. Voilà pourquoi on s’intéresse au camion électrique, CQFD.
SFE-TFE est une belle entreprise fondée sur des valeurs étonnantes : l’enthousiasme, le respect, la rigueur et la performance. Soyons juste, on l’imaginait mal revendiquer : l’amateurisme, l’inefficacité, le j’en-foutisme et le carriérisme. Aucune société ne pourrait tenir. Un parti politique, à la rigueur.
Mais chez SFE-TFE « le développement durable fait partie de notre ADN ». Mazette ! Comme Carrefour dont un directeur dira : « c’est dans nos gènes ». Quand on voit toutes ces entreprises programmées pour la défense de l’environnement, on se demande d’où vient la pollution.
Mais la cérémonie touche à sa fin. Et l’assistance : à sa faim. Il est temps que le buffet ouvre. Les 150 costumes gris qui opinaient gravement pendant le discours de leurs chefs se détendent un peu. Ils picorent des sushis, des bulles de foie gras en brochette, des pincées de jambon cru aux pruneaux, des embrochées de saint-Jacques, arrosées d’un champagne qui fanfaronne aux couleurs de Pignol. Et pendant ce temps là, Stefano Chmielewski est retourné cajoler son camion, il lâche une bombe devant la presse. La crise, le chômage partiel, les salariés en ont abusé, l’absentéisme a bondi de 5 à 12%, ceux qui font ça sont des « voleurs ». Ce qui lui vaudra un communiqué vengeur de la CGT dont toutes les lignes commencent par un méprisant : « ce monsieur ». Et ben ! Si son camion ne fait pas de bruit, lui, il en fait !
Timéo Danaos
27oct.
Dans l’ombre du Stade des Lumières
13:09 - Par gérard Lespotinsdangele - Souvenirs souvenirs - aucun commentaire
20oct.
Les Gérards du cinéma
18:11 - Par gérard Lespotinsdangele - Souvenirs souvenirs - aucun commentaire
Samedi, c’était soirée people à l’Amphithéâtre de la Cité Internationale. Tout ce que Lyon compte de notables qui comptent les uns sur les autres voulait être vu, pour avoir l’impression d’être pour quelque chose dans la remise du prix Lumière à Gérard Depardieu, le Falstaff du cinéma français.
On use de stratagèmes honteux pour se retrouver pas trop mal placé, dans les premiers gradins, de manière à pouvoir surveiller tout ce qui se passe. Les invités de marque arrivent par la porte de droite, leur image est immédiatement retransmise sur écran géant, sauf quand le cadreur ne les connaît pas, notamment quand il s’agit de hautes personnalités lyonnaises dont la notoriété n’a pas dépassé le bout de leurs chaussures, là pas d’images, raté!
Mais Clovis Cornillac est chaleureusement applaudi, Laurent Gerra aussi, Albert Dupontel, Edouard Baer... Sitôt entrés, des confrères se précipitent pour faire semblant de les interviewer. Edouard Baer et Benoît Delepine sont tout heureux de se retrouver, ils font mine de se rouler un patin pour la plus grande joie des photographes.
Depardieu arrive, monumental, coiffé à la d’Artagnan, corpulent comme Porthos, gascon comme Athos et séducteur comme Aramis. Un trois mousquetaires à lui tout seul. Le public se lève et l’acclame debout. Alors lui se met aussi à adresser des petits signes de la main et finit par applaudir le public. Il est accompagné de Fanny Ardant et immédiatement toutes les femmes la détestent. Malgré les années qui ont passé, elle arbore toujours une silhouette impeccable, souple comme une liane, serrés dans une jupe fourreau verte et un bustier noir, une coiffure casque très 60’s revival, un port de reine. Enervante.
Thierry Frémaux lance le film de promotion du festival du film. Puis Depardieu dit quelques mots. Oh, il ne va pas faire de discours « je ne prépare jamais de discours, on me donne des lignes et je les lis » (il y en a d’autres qui les sniffent). Mais là, le texte est de lui, il improvise au fur et à mesure.
Rendez-vous après le grand film : La femme d’à côté, de François Truffaut, où Fanny Ardant fit ses début en 1981 (...) Ca y est, c’est la cérémonie. Tout le beau monde est monté sur scène. Une vingtaine d’artistes et de réalisateurs, plus Gérard Collomb et Jean-Jack Queyranne. Pour une fois, les élus sont tombés sur plus bavards qu’eux, Thierry Frémaux ne lâche pas le micro, les officiels font de la figuration. Bertrand Tavernier rend hommage à Depardieu « des personnages qui écorchent l’écran ». Mais aussi d’autres plus inattendus, plus fragiles, dans lesquels « il se glisse par surprise (...) avec la légèreté d’une dentellière ». Une dentellière qui a un sérieux coup de fourchette.
Public debout. Depardieu est ému, même s’il fait semblant de faire le malin, tant d’hommages « ça sent le sapin », qu’il plaisante. Il remercie. Lyon, le prix, le public « c’est extraordinaire, le métier que vous faites en regardant les films ». Alors Collomb veut dire quelque chose.
Depuis que les deux Gérard sont côte à côte, on n’arrête pas de penser à Astérix et Obélix. Le petit malin prend donc la parole. « J’ai vu que dans votre jeunesse vous aimiez Eddy Cochran »... Et lui aussi. A quoi pense-t-il à la veille du premier tour des primaires socialistes ? C’mon everybody ? Ou alors Nervous Breakdown ?
Timéo Danaos
20oct.
Tribune de Lyon et Terrasses de Saint-Pierre
18:06 - Par gérard Lespotinsdangele - Souvenirs souvenirs - aucun commentaire
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