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Souvenirs souvenirs

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04mar.

Les vieux font chanter Collomb

« Il est en retard ». « Ben oui, comme d’hab ». Jeanine Moreau s’impatiente, il est déjà 15 h 30. Jeanine, pas Jeanne, d’abord elle ressemble davantage à Simone Signoret qu’à Mahaut d’Artois. Ici, tout le monde ressemble à quelqu’un. Il y a une Jessica Fletcher (d’Arabesque) très réussie, une Yvette Horner aux cheveux flamboyants comme un incendie de broussaille, une Patachou adoucie, un Gérard Jugnot assagi, une Muriel Robin grisonnée, tous en version « retraité ». 180 seniors rassemblés pour un goûter offert comme chaque année par le Sofitel. Et le maire qui n’arrive pas.

Tous les autres élus sont là, les vieux on les bichonne. Véronique Bauguil, en bichon N°1, Nadine Gelas en bichon N°2, sans sa moitié d’Haguenauer. Puis Albéric de Lavernée en bichon « conseil général » à moins que ce ne soit le bichon « vintage », la nostalgie des années 90 lorsqu’il était maire du 2e. Denis Broliquier, le bichon d’arrondissement, un gamin de 48 ans. Et Michel Havard, véritable bambino, à peine en âge d’être enfant de chœur à l’Assemblée nationale. Et Collomb qui n’arrive toujours pas !

Les vieux regardent les brioches et le brownies posés sur leurs tables avec des yeux de plus en plus grands. Si le maire les fait encore attendre, ça va se terminer en pugilat pâtissier, on ne pourra plus rien retenir. Ah, le voilà. Il entreprend une tournée de serrage de louches précautionneuse, en essayant de rattraper Broliquier qui a trois tables d’avance sur lui. Les vieux ne font pas la différence. Un maire, c’est un maire. « Mais il est socialiste ! ». « Ne dites pas de bêtises... ».

On ne touche pas aux plats. On ne touche pas non plus à la bouteille d’Evian qui trône au milieu de la table, source de jeunesse peut-être, mais un litre pour dix, ça ne va pas vous rajeunir de beaucoup.

Les discours maintenant. Tout le monde a son mot à dire. Le président Cognard remercie tout le monde, il a sa liste. Broliquier remercie Jeanine. Après 42 ans de bénévolat comme secrétaire de l’association d’entraide aux personnes âgées du 2e, elle passe la main. Il lui remet une médaille de la mairie d’arrondissement. Jeanine est toute rouge et elle pleure. Ce n’est pas fini pour elle. Collomb lui remettra une carré de soie (ça l’obsède, c’est pas possible !) et un bouquet de fleurs. Jeanine ne sait plus quoi dire, du coup elle ne le dit pas.

Collomb est très bien. Il ne leur épargne rien. Avant les viennoiseries, il n’oublie pas de placer sa salade : « On me reproche souvent de n’en faire que pour derrière les voûtes, mais pas du tout ». Il égrène tous les projets qui vont embellir le 2e arrondissement. Broliquier ne pourra pas dire que c’est grâce à lui. Les vieux s’en fichent, ils ont appris la patience. On va bientôt servir le chocolat chaud. Ils ne se sont pas arrachés à Derrick pour s’assoupir au milieu des belles paroles.

Ca y est, on se jette sur le goûter. Monsieur Garcia rejoint le podium avec son accordéon. « Boirrre un petit coup c’est agrrréable », entonne Jeanine, en montagnes russes sur tous les tons, un peu comme si elle revenait vraiment de vendanges. L’accordéon essaie bien de la rattraper au vol, mais elle surfe trop vite, Jeanine, elle ne se laisse pas intimider par le solfège !

Il a fallu un peu le pousser. Mais finalement, le maire de Lyon monte sur scène. Il a prévenu, il ne connaît plus trop les paroles « Domino, Domino, j’ai besoin de t’aimer Dominique, Domino, Domino, j’ai le cœur comme une boîte à musique ». Et puis c’est à peu près tout. Des restes d’André Claveau. Qu’importe ! Ce n’est pas donné à tout le monde de faire chanter Collomb.

Timéo Danaos

04mar.

Sur la piste de Jojo le mérou

http://www.lepost.fr/perso/timeo-danaos/

25fév.

Pince-fesse: vernissage de campagne à l’UMP

L'enseigne ressemble à une vieille chanson d’Alain Barrière : Mavi. Un gros « tube » à l’époque, un bon tuyau aujourd’hui. Un magasin de sapes en faillite récupéré pour l’occasion. Du prêt-à-porter, parfait pour faire de la politique. « La mode à petit prix », ça tombe bien, il n’est pas question d’augmenter les impôts. La devanture est rose, un peu comme si les socialistes avaient savonné la planche.
Inauguration prévue samedi vers midi. Gling ! Nora Berra pousse la porte, elle embrasse tout le monde, Françoise Grossetête sourit, tout se passe bien on arrive des Halles de Lyon, ça met en appétit. L’ambiance est classe, on est loin de l’élégance approximative des socialistes. Gros défilé de manteaux de prix, il ne fait pas chaud. Du pied de poule, du pied de coq... du pied de grue aussi, dans un coin, accoudé au comptoir, Philippe Cochet veille au grain. Les femmes portent la coupe au carré, blonde si possible, et des écharpes aux mille couleurs chamarrées. Sauf Fabienne Lévy qui s’enguirlande elle-même d’une superbe écharpe vert-sapin. Les hommes ont des coiffures plus sages, accommodés avec les restes, plus ou moins broussailleux selon le degré de calvitie qui rationne les ressources capillaires.
On ne s’entasse pas ici comme dans le métro. On reste dans une mondanité convenable, on se voussoie, on se papote. Ca ressemble moins à une réunion politique qu’à un vernissage. Rendez-vous le 21 mars pour savoir qui aura été verni. Tout d’un coup Françoise Grossetête rassemble ses troupes : « nous n’avons pas de micro », avertit-elle. Et pas beaucoup de chauffage non plus, les convecteurs ont l’air en RTT. Il y aura pourtant deux pannes d’électricité en dix minutes, deux pétages de plombs, dans une réunion aussi bien élevée !
« C’est parti, tout le monde est dans les starting blocks », clame Françoise Grossetête. Car, elle en est sûre, la dynamique du premier tour entraînera la victoire du second. Voire du troisième ou du prochain.
Philippe Meunier fustige Jean-Jack Queyranne, qui a « laissé partir l’EPR », cette nouvelle génération de centrale nucléaire. Tout doux, ce n’est quand même pas lui qui est responsable des deux pannes de courant. « Sabre au clair (..) nous allons remettre cette région sur les rails », insiste Meunier qui a une conception un peu hussarde des transports ferroviaires. « Ne regardons pas le passé mais l’avenir, battons-nous ». Sinon ce seront nos adversaires qui le feront. Nora Berra n’est pas moins enthousiaste : « Des talents, on n’en manque pas, on n’a pas eu besoin de people ». Ca, c’est pour Gwendal Peizerat. Maintenant que les liste sont faites, il n’est plus temps de rouler des patins. Buffet. Quand on s’appelle « populaire » on fait dans les produits du terroir : charcuterie, jambon de poulet, Brouilly, Côteaux du Lyonnais, Chignin. Les tables de pique-nique  sont vite nettoyées.
Dans un coin, une curiosité rarement vue dans une permanence électorale : des cabines d’essayage. Françoise Grossetête avait pourtant indiqué que son programme était « reconnu comme étant un très bon projet pour la région Rhône-Alpes », on ne pensait tout de même pas qu’on puisse l’essayer sur place. Espérons seulement que les candidats n’ont pas été sélectionnés de la même manière. Décidément l’équipe de campagne a su profiter de tous les équipements du magasin de vêtements. Les vestes ont été accrochées sur des cintres à des porte-manteaux. Les candidats n’auront pas besoin de se baisser pour les ramasser.
Timéo Danaos

18fév.

Pince fesse: Mardi Gras aux Pennons

Juste avant les vacances, P’tit Tim, avec sa grand-mère Dona Ferentes, a rendu sa dernière copie.

Chère Maîtresse,

Voici ma dernière rédaction avant les vacances de février. Jeudi, il y avait mardi gras chez Grand Mère. Je ne sais pas pourquoi les vieux font ça le jeudi. Sans doute parce que le mardi il y a Docteur House et qu’ils préfèrent regarder la TV. Ça leur donne des idées de maladies qu’ils n’ont pas encore. Donc jeudi soir, vers 19 heures, Grand Mère s’est rendue chez le maire, pendant que ma mère était chez son père et mon père chez le masseur. Toutes ses copines  étaient déjà livrées, avec des déguisements qu’on n’y croit pas, elles ont dû les prendre dans les vieilles malles qu’on n’a pas le droit d’y aller parce que c’est plein de poussière. A propos de vieille malle... non, plus tard.

Il y avait là des fées de grenier, avec leurs robes longues, des retraitées comme Grand Mère, mais sans leur baguette et il vaut mieux, la plupart y voyaient très mal avec leurs lunettes, c’était pas le moment de s’amuser à jeter des sorts à tout ce monde. Il y avait aussi des belles dames en dentelles, comme celles qui montent en haut des châteaux forts avec Sœur Anne pour voir si on ne voit rien venir. Comme dans les vieux films avec Jean Marais, cet acteur en noir et blanc que Grand Mère aime bien et qui parle comme son coiffeur « Touchez ma bosse, Monseigneur ».

Grand Mère m’a montré des confréries. Celle de la pomme. Un monsieur qui parlait tout le temps s’était habillé avec une cape jaune et un bonnet vert. On aurait dit Flash Golden. Grand Mère m’a dit : ne parle pas avec lui c’est un vieux trognon. Une brochette de Don Camillos, mais en couleur, peut-être la confrérie de l’aubergine. J’ai vite repéré les « tastevins » avec leurs tarbouifs de garde champêtre.

Nous avons croisé  deux moyenâgeux, presque les plus jeunes de la troupe. L’un portait un chapeau en forme de coussin de sieste, l’autre une grande épée de croisade, toute ébréchée à force de taper sur les crânes des sarrasins. Il y avait aussi quelques vieux ménestrels, mais heureusement ils n’ont pas chanté, je ne crois pas que j’aurais aimé ça.

Quelques-uns portaient des culottes bouffantes. Quelle drôle d’idée. Moi je ne ferais jamais une chose pareille, surtout qu’on ne sait pas ce qu’elles bouffent ! Justement Grand Mère avait faim.

On s’est approché des tables. Quelqu’un avait construit une espèce de montagne en carton et avait collé dessus des tranches de saucisson avec du beurre. Je croyais qu’il ne fallait pas jouer avec la nourriture ! On nous a passé un grand plateau plein de légumes crus, des carottes, des radis, Grand Mère m’a dit : c’est le buffet. On a donc brouté le buffet. Pas longtemps. On n’arrêtait pas de se faire bousculer par des messieurs qui venaient remplir leur verre dans des brocs de beaujolais, d’où la vieille malle de tout à l’heure et le tarbouif.

J’étais très impressionné par une dame avec une robe en paillettes de toutes les couleurs. D’autres étaient habillés en chinois ou en africains, un portait un turban autour de la tête, magnifiques, on aurait dit des vrais. « Tais-toi », m’a dit Grand Mère, « C’est des vrais, des consuls ».

Un peu partout de drôles de personnages traînaient une grande cape en velours bleu en rouspétant que ça leur tenait chaud. Quand je fais ça avec ses rideaux, Grand Mère n’est pas contente du tout. Il parait que ce sont des « pennons ».

Je ne sais pas ce que veut dire pennon, maîtresse. J’ai cherché dans le dictionnaire. J’ai trouvé « penne : longue plume de l’aile ou de la queue ». Ça m’étonne un peu quand même. En tous cas, si ceux-là s’envolent un jour, il faudra me prévenir.


02juil.

Quand Nora Berra vivait dans le 8e sans gaz ni électricité

Qui l’eut cru ? Notre toute nouvelle secrétaire d’Etat Nora Berra mérite au moins une médaille. Celle de l’élue la plus écolo de la Région. Et peut-être de France. Vous en connaissez beaucoup, vous, des élus autant attachés à la protection de notre planète ? Vous en connaissez beaucoup qui, par souci de leur bilan carbone, vont jusqu’à vivre sans gaz et sans électricité ?
Eh bien ! Tel est le cas de Nora Berra. Pendant six long mois, de juillet à décembre 2007, elle a donc vécu dans le noir et le froid au 23 rue des Jasmins, dans le 8e arrondissement. Jamais elle ne s’est plainte. Nora Berra n’est pas seulement écolo ; elle est également fort discrète. A sa place, certains auraient mis en avant cette qualité. Ils se seraient fait mousser auprès des médias. Avec elle, rien de tel. Jamais elle n’a dit un mot sur son calvaire résidentiel. Il a fallu l’intervention de l’un de ses colistiers pour qu’on découvre enfin son abnégation.
Jean-Pierre Neyret connaît bien Nora Berra. Aux dernières municipales, il figurait en sixième position sur la liste qu’elle menait dans le 8e arrondissement. Dès lors, il a suivi de près l’installation de sa chef de file à Lyon, dans une maison de la rue des Jasmins. A l’entendre, Nora Berra, qui réside à La Tour de Salvagny, n’a jamais habité sur place. Cette adresse lyonnaise serait fictive et lui a tout simplement permis de s’inscrire sur les listes électorales et de se présenter à Lyon.
Avec un peu plus d’un an de retard, Jean-Pierre Neyret a été pris de scrupules. Du coup, il a déposé un recours contre l’élection de Nora Berra au Parlement européen (1). Le motif ? Une inscription fraudu
leuse sur les listes électorales qui n’a été possible que grâce à un bail anti-daté. Et d’insister sur le fait que ce n’est que le 1er décembre que Nora Berra a souscrit un abonnement EDF pour sa maison.
Voilà effectivement un méchant coup de pied de l’âne. Il n’y a bien que Jean-Pierre Neyret pour refuser l’évidence : pendant six mois, Nora Berra s’est éclairée à la bougie. En cherchant bien, sûr qu’on pourrait même retrouver quelques factures qui le prouvent. E. Clère

1) Le recours déposé contre l’élection de Nora Berra au Parlement européen n’a plus lieu d’être. On voit mal comment le Conseil d’Etat pourrait se pencher sur ce dossier après sa nomination surprise au gouvernement et son abandon du mandat européen.

Les Potins n°180 (2/07/09)

02avr.

Pour sauter sur l’aéroport, Guyon récupère un joli parachute

Au moment où les parachutes dorés font scandale, ça commence sérieusement à grogner dans les allées de la Chambre de commerce de Lyon. En cause, la confortable prime de départ que la CCI s’apprête à octroyer à son directeur général Yves Guyon ; lequel doit quitter ses fonctions le 1er septembre prochain (voir ci-contre le mail interne du président Guy Mathiolon).
Sans être démesurée, la prime versée à cette occasion est loin d’être négligeable : 280 000 euros.
En fait, c’est beaucoup moins le montant que l’opportunité de cette prime qui est mise en cause.
Rassurons-nous pour lui, Yves Guyon n’est pas dans la situation des dizaines de milliers de salariés qui perdent chaque mois leur emploi et prennent la direction de l’ANPE. Il ne perd rien dans l’affaire.
Il va désormais se consacrer totalement à ses fonctions de président du directoire de la société anonyme des aéroports de Lyon. Celle qui, l’espace d’une polémique (voir nos précédentes éditions), a été rebaptisée Lyon Airports. Dans ce nouveau poste, il conserve exactement le même salaire qui était le sien à la Chambre.
Voilà tout juste deux ans qu’Yves Guyon cumule les deux fonctions de directeur général de la CCI et président du directoire de la société des aéroports de Lyon.
D’où une question toute simple : pourquoi cette évolution soudaine ? En fait, il existe une incompatibilité juridique entre les deux fonctions. On ne peut être à la fois directeur général d’un établissement public comme la Chambre de commerce et président du directoire d’une société anonyme de droit privé. Une dérogation avait été accordée lors de la création de la société aéroportuaire. C’est le ministre des Transports de l’époque - en l’occurrence Dominique Perben - qui avait avalisé cette situation. Aujourd’hui, l’Etat considère qu’il est opportun de sortir de cette situation anormale. D’où le départ d’Yves Guyon de la direction générale de la CCI.
Du coup, certains s’interrogent sur l’opportunité de verser une prime de départ à quelqu’un qui ne perd rien dans l’affaire. Le statut du personnel des chambres de commerces prévoit effectivement le versement d’une indemnité conséquente en cas de licenciement ou de départ à la retraite. La somme varie en fonction de l’ancienneté de l’intéressé. Pour sa part, Yves Guyon qui a rejoint la Chambre de commerce voici une douzaine d’années en a été nommé directeur général en 2005.
Son départ de la CCI n’est motivé ni par une mise à la retraite - il a tout juste 60 ans - ni bien sûr par un licenciement.
On ne peut oublier que la CCI est, après l’Etat, le principal actionnaire de la société des Aéroports de Lyon.

D. Prime
Les Potins n°168 (2/04/09)

19mar.

Saint-Ex : un logo qui décolle à fond

A l’aéroport Saint-Exupéry, il n’y a pas que les avions qui s’envolent. Tel est également le cas de certaines factures. Et là, point de souci. Ça décolle à fond. Les Potins (n°162) avaient évoqué le contrat passé avec une agence de communication pour trouver le nom de la nouvelle société : Lyon Airports. Laquelle sert de « société ombrelle » aux deux sites que sont Saint-Exupéry et Bron. Et de nous interroger sur le coût de cette opération dont l’impérieuse nécessité ne saute pas aux yeux.
Visiblement, le montant de la facture a été classé confidentiel défense. Le président de la Chambre de commerce Guy Mathiolon semble avoir été lui-même incapable d’obtenir un chiffrage précis de cette opération. Selon nos renseignements, le contrat passé avec l’agence de publicité se monte à 500 000 euros. Pour ce prix là, la société des aéroports de Lyon (pardon, Lyon Airports) a bien évidemment eu droit à son nom et à son nouveau logo. Cette somme comprend également le coût des nouveaux documents (papier à lettres, etc) qu’il a fallu imprimer.
Mauvaise nouvelle, ce n’est probablement pas terminé. Il faudra encore repeindre tous les véhicules des aéroports aux couleurs de la nouvelle société. Pour ne parler que des camions de pompiers, il y en a déjà pour une jolie petite fortune.

O. Laugau
Les Potins n°166 (19/03/09)

11déc.

A cause de VNF, le feu d’artifice du 8 décembre tombe à l’eau

Déçus ! Les très nombreux enfants qui s’étaient déplacés lundi soir du côté de la passerelle Masaryk n’ont finalement pas eu droit au feu d’artifice promis.
Jusqu’au dernier moment, le maire du 9e Alain Giordano s’est pourtant démené comme un beau diable pour tenter de sauver cette animation.
Face à lui, les responsables de VNF (Voies navigables de France) n’ont rien voulu entendre. « Lyon est actuellement sous plan Orsec (sic !) ; aucun feu d’artifice n’est possible sur la Saône », a lâché un fonctionnaire visiblement grand adepte du parapluie. A en croire VNF, ce feu d’artifice aurait pu « constituer un danger pour les péniches susceptibles de passer à ce moment-là ». On croit rêver ! L’excuse ne tient pas la route (pardon le fleuve) : à chaque fois qu’un feu d’artifice est tiré, la navigation est arrêtée. Lundi soir, les vedettes de la police fluviale étaient d’ailleurs présentes pour permettre de bloquer les péniches.
« Vous dites que l’on ne peut pas tirer de feu d’artifice dans Lyon. C’est faux ! Il y en a bien eu un jeudi soir sur l’île Barbe », a répliqué Giordano. L’argument ne manque effectivement pas de pertinence. Au point que VNF s’est emmêlé les pinceaux en expliquant que « l’île Barbe n’est pas sur le territoire de la commune de Lyon ».
Voilà une révélation qui n’aurait pas manqué de faire sourire Félix Benoît, grand défenseur en son temps de la République libre de l’île Barbe.

Les Potins n°153 (11/12/08)

26sept.

Dati joue (déjà) les mères-poules

Voilà qui ne manquera pas d’amuser Dominique Perben et les élus UMP lyonnais. Que ce soit pendant la campagne électorale ou aujourd’hui encore, ceux-ci ont fait du manque de place dans les crèches lyonnaises l’un de leur chevaux de bataille. A les entendre, Gérard Collomb a tout faux sur ce sujet. Il aurait même tendance à faire la sourde oreille aux justes demandes des 2e et 6e arrondissements qui manquent cruellement de places en crèche.
Visiblement, tout le monde ne partage pas leur avis. Notamment au gouvernement. Rachida Dati peut effectivement témoigner qu’il suffit d’un petit coup de fil pour obtenir une place de crèche dans le 6e arrondissement.
Il y a quelques semaines, la Garde des Sceaux a appelé directement le maire de Lyon. L’affaire était de la plus haute importance. Rien à voir avec les projets de Serge Dorny à Corbas (voir les échos ci-contre). Il s’agissait de trouver une place de crèche pour le dernier-né de sa sœur qui travaille à la Cité internationale.
Qu’importe les listes d’attente dénoncées par les élus UMP. Rachida Dati a trop le sens de la famille pour laisser sa malheureuse sœurette dans la gêne. Et qu’importe que celle-ci n’habite même pas Lyon. On serait curieux de voir si le maire du 6e arrondissement aura à cœur de dénoncer ce scandaleux passe-droit lors du prochain conseil municipal.

Les Potins n°142 (25/09/08)

26juin

Lyon : des dérives financières (déjà) inquiétantes à la Ville

Près de six millions d’euros ! A la mairie de Lyon, il est des chiffres qui ne font pas plaisir. C’est le cas de la forte dérive qu’enregistrent actuellement les dépenses de personnel depuis le début de l’année. D’autant que le chiffre augmente à chaque fois qu’il est évoqué. Pour l’instant, l’information est encore restée relativement confidentielle. Ça ne devrait toutefois pas durer. La situation est d’ailleurs suffisamment inquiétante pour que des mesures d’économies aient d’ores et déjà été mises en place.
Il est vrai que six millions d’euros de dérive, cela représente un peu plus de 2% de la totalité de la masse salariale de la ville. Ces 2% sont à rapprocher des 3,5% d’augmentation qui avaient déjà été prévus au budget primitif 2008. Au rythme actuel, cela signifie que les dépenses de personnel risquent de s’envoler de 5,5% cette année. Soit nettement plus que les quelque 4% enregistrés l’année dernière.
En 2007 déjà, les dépenses de fonctionnement (+2,9%) ont progressé plus vite que les recettes (+2,6%). Si rien n’est fait pour redresser la barre, l’écart va se creuser très fortement au cours de cet exercice. Et des suivants. Résultat, la capacité d’investissement de la ville risque de s’en ressentir douloureusement.
S’il veut respecter ses engagements, Gérard Collomb n’aura donc d’autre choix que d’augmenter fortement les impôts. Nettement plus que les 4% pour toute la durée du mandat qu’il a évoqués pendant la campagne. Ou les 5% appliqués lors du premier mandat. A moins qu’il ne fasse en sorte de faire peser certaines charges sur la communauté urbaine et sur sa fiscalité (voir ci-contre).
Reste à comprendre les raisons de ce dérapage. Quand on évoque ce sujet, le directeur général des services Jean-Baptiste Fauroux se retranche derrière « les mesures nationales » qui seraient à l’origine de cette dérive des dépenses de personnel. Et de citer pêle-mêle diverses décisions prises ces derniers mois par le gouvernement, qu’il s’agisse de l’augmentation de 25% du coût des heures supplémentaires, de la possibilité de racheter ses RTT ou de la « revalorisation du point d’indice » des fonctionnaires. Ces mesures nationales existent bel et bien. Nul ne peut nier qu’elles entraînent une charge financière supplémentaire pour les collectivités. N’étaient-elles toutefois pas chiffrables au moment de l’élaboration du budget ?
Quoi qu’il en soit, elles représentent au total un coût supplémentaire que Jean-Baptiste Fauroux chiffre à 3,3 millions d’euros. Le gouvernement n’est donc pas « responsable » de la totalité de ce dérapage, loin s’en faut.
D’ailleurs, tous les spécialistes vous le diront. Un tel écart entre le prévu et le réalisé ne peut trouver son origine que dans des décisions strictement locales, soit une augmentation des rémunérations plus forte que prévu, soit une augmentation des effectifs. Soit pour les deux raisons à la fois.
Certains murmurent dans les couloirs de l’Hôtel-de-Ville de Lyon que pour éviter toute tension sociale au cours du premier trimestre - c’est-à-dire à l’approche des élections municipales - on a peut-être un peu trop laissé filer les choses. On aurait notamment procéder à de nombreux recrutements.
« Faux » s’insurge Fauroux qui insiste au contraire sur la rigueur de la gestion avec seulement 23 créations nettes de postes.
Il affirme au passage que des décisions ont d’ores et déjà été prises pour compenser l’envol des dépenses ; elles devraient permettre d’économiser 2,5 millions d’euros.
Reste qu’à la fin de l’année, on risque bel et bien d’avoir des dépenses de personnel qui auront progressé nettement plus que prévu.
Voilà qui tombera particulièrement mal au moment où Gérard Collomb devra justifier une augmentation de la fiscalité.
Passe encore s’il s’agit de financer des réalisations futures. Mais attention. Si les Lyonnais ont le sentiment que leurs impôts servent essentiellement à couvrir les dérives d’une gestion trop laxiste, ils risquent de ne pas apprécier.
Un premier élément de réponse pourrait intervenir dès la rentrée avec la présentation du plan de mandat en septembre.
Soit celui-ci sera détaillé avec un chiffrage précis pour chaque mesure envisagée, soit l’ensemble ne « bénéficiera » que d’un chiffrage global et donc vague.
Là, toutes les interprétations budgétaires seront possibles. Notamment sur les engagements de campagne qui pourront être tenus.

D. Reeve et D. Rapage
Les Potins n°134 (26/6/08)

19juin

Affaire Guyot : à Lyon 3, la faim (de l’épouse) justifie les moyens

A Lyon 3, c’est motus et bouche cousue. Personne ne sait rien. Enfin, officiellement. Car il s’agit de tout faire pour ne pas ébruiter une affaire qui confine en effet au ridicule. Pourtant, la vie d’une femme a (très brièvement) été en jeu. Les Potins ont donc refusé de laisser s’installer l’omerta.
Vous l’avez certainement lu, mardi 10 juin, la section disciplinaire du Conseil national de l’enseignement supérieur et de la recherche (Cneser) a mis à la retraite d’office l’ancien président de l’université, Gilles Guyot (1997-2002). Celui qui dirige encore l’Institut d’administration des entreprises (IAE) se voit sanctionné suite à sa condamnation par la cour d’appel de Lyon en février dernier. Il lui était alors reproché d’avoir illégalement embauché sa sœur et omis de passer un appel d’offres pour des frais de réception. Bien qu’il se soit pourvu en cassation, cette condamnation pour favoritisme et prise illégale d’intérêt est à l’origine de la sanction disciplinaire.
Dans cette histoire de famille, c’en était trop pour sa femme, Nadine Girard, elle aussi en poste à l’IAE. Mercredi dernier, au lendemain de la sanction touchant son mari, elle s’est enfermée dans son bureau de l’université en affichant ce petit mot sur la porte : « Pour une justice équitable, en grève de la faim ». Si, si, vous avez bien lu. Vous trouvez le geste quelque peu disproportionné ? Insensible que vous êtes devant l’amour d’une épouse pour son mari. Tout comme les perfides qui trouvent que faire une grève de la faim pour défendre un époux sanctionné pour ses frais de bouche, ça ne manque pas... de sel.
Rassurez-vous, notre gréviste de Lyon 3 a bien vite été secourue. « On a certainement dû lui poser une flûte de champagne et des petits fours devant la porte pour qu’elle retrouve ses esprits et consente à sortir », persifle une mauvaise langue. Détrompez-vous. Le service de sécurité de la fac a été obligé d’enfoncer la porte pour libérer la « forcenée alimentaire ». Bilan de cette mise à la retraite d’office : une serrure fracturée.
Pendant ce temps-là, les manifestations de sympathie à l’égard du banni se poursuivent. Même si l’on n’a pas encore vu fleurir les t-shirts de soutien que ses fidèles ont promis à Gilles Guyot. Ça faisait peut-être un peu beaucoup pour des fonctionnaires soumis au devoir de réserve.
En revanche, mardi, certains n’ont pas hésité à venir serrer la main (ou poser la leur sur l’épaule) du retraité, présent à la Manufacture des Tabacs, qui siège au conseil d’administration de la fac depuis sa création en 1973. C’est la fin d’une époque. « On aurait dit un parrain, s’il avait eu un anneau, ils l’auraient baisé », ricane un étudiant qui a vu les mêmes faire allégeance au nouveau président de l’université, Hugues Fulchiron, qui appliquera « scrupuleusement » la sanction. Avant d’ajouter goguenard : « c’est bien simple, quand j’ai vu tout ce monde devant la Manu, j’ai cru que c’était le comité de soutien de Guyot ». Il s’agissait en fait du départ de la manif intersyndicale pour les 35 heures... et les retraites.

A.B.
Les Potins n°133 (19/06/08)

06déc.

Pas de peau pour Sarko

Jouez hautbois, résonnez musette ! L’ordre est venu de l’Elysée. Le déplacement de Sarkozy à Lyon ce vendredi a un objectif prioritaire. Il doit permettre de prouver que les nouvelles mesures concernant les heures supplémentaires constituent une grande avancée sociale. Qu’elles s’inscrivent parfaitement dans ce souci de filer un coup de pouce au pouvoir d’achat. Du coup, voilà le préfet Jacques Gérault en quête d’une petite entreprise (les conseillers du Président y tiennent) où les nouvelles dispositions sont déjà entrées en vigueur.
On imagine d’ici les belles images que pourraient diffuser les chaînes de télé sur le bonheur de ces salariés tout heureux de travailler plus pour gagner plus. « On veut une société de moins de 20 salariés », ont fait savoir les hommes de l’Elysée.
Pour eux, la chose est entendue. Le public se sentira d’autant plus concerné que le président ira visiter une de ces PME qui, à l’inverse des grands groupes, ont à cœur de maintenir - et souvent même d’accroître - leurs effectifs.
Pendant quinze jours, Jacques Gérault a vainement cherché l’oiseau rare susceptible de plaire à son pote Sarko. Il lui a fallu se rendre à l’évidence : il n’existe dans l’agglomération aucune société de moins de 20 salariés où l’on applique les nouvelles dispositions concernant l’exonération de charges pour les heures supplémentaires.
La raison ? La circulaire du ministre du Travail fait près de 30 pages. Pour reprendre l’expression du patron de la CGPME, c’est une véritable « usine à gaz ».
Pour appliquer les nouvelles dispositions, il faut faire appel à des cabinets spécialisés. Lesquels reconnaissent en privé qu’ils se sont littéralement arraché les cheveux à décortiquer le texte « sorti tout droit de la tête d’une armée d’énarques dépressifs ».
Les plus petites entreprises n’ont en réalité aucun intérêt à tenter de bénéficier de ces nouveaux avantages. Pour gagner quelques dizaines d’euros par mois et par salarié, il faut commencer par ouvrir tout grand le porte-monnaie et dépenser plusieurs milliers d’euros au minimum. Il convient en effet changer le logiciel de paie, sans parler des honoraires qu’il faudra payer à son expert-comptable pour mettre la machine en route.
Au final, pour le chef d’entreprise, c’est travailler plus pour gagner moins.

O. Bouleau
Les Potins n°107 (6/12/07)

27sept.

Le préfet Gérault joue la sérénade à Cécilia Sarkozy

Inutile de vouloir rivaliser. A Lyon, la médaille d’or de lèche sarkozyenne revient sans discussion à Jacques Gérault. Le nouveau préfet de Région n’a pas son pareil pour montrer sa dévotion au couple présidentiel. Disons même que pour cirer les pompes, il connaît la musique.
Point d’inquiétude donc. Les chaussures de Nicolas et les escarpins de Cécilia ne risquent pas de manquer de cirage. Pour preuve, le choix de la nouvelle musique d’attente que Gérault vient d’imposer au standard de la préfecture. Il suffit d’avoir un peu d’oreille (et quelques connaissances) pour reconnaître que le morceau choisi est l’œuvre du grand Isaac Albéniz.
En mélomane averti, notre préfet connaît bien évidemment ce compositeur espagnol de la fin du XIXe siècle. On lui doit notamment une suite espagnole dont est tiré le morceau Asturias (1) qui régale désormais nos oreilles à la préfecture. Une autre caractéristique d’Isaac Albéniz (probablement la plus importante pour Gérault) est d’être un aïeul de Cécilia Sarkozy. Il serait, selon les uns, son arrière-grand-père, selon les autres, simplement son arrière-grand-oncle. Qu’importe ! L’homme avait du talent et du succès.
Depuis que sa musique a été jouée à l’Elysée lors de la cérémonie d’intronisation de Nicolas Sarkozy, les courtisans savent ce qu’ils doivent faire pour plaire à Cécilia. Une fois de plus, Jacques Gérault a tiré le premier, preuve s’il en était besoin qu’il était bien digne de décrocher la casquette de préfet de Rhône-Alpes.
Un conseil à ceux qui voudraient l’imiter : il existe un enregistrement de ce morceau aux éditions Lyrinx. Petit détail qui ne gâche rien : on le doit à un artiste lyonnais, en l’occurrence le pianiste Hervé Brillaut. Cet éminent professeur au conservatoire régional de Lyon est également directeur fondateur des Rendez-vous de Rochebonne, un festival qui se tient du 28 au 30 septembre à Theizé-en-Beaujolais. 1) Les puristes savent que cette pièce écrite pour le piano a malheureusement été galvaudée à la guitare.

Les Potins n°97 (27/09/07)

22fév.

Ce cachottier de Gégé !

On le croyait féru des parties de golf entre gens de bonnes fortunes. Il n’en était rien. Amateur de cyclisme, Gérard Collomb pratique en fait le cyclotourisme. Mais alors, à défaut de greens, partage-t-il quelques randonnées avec Olivier Ginon et Richard Brumm ? On le pensait abonné au Progrès, il se révèle « fidèle lecteur » du Dauphiné Libéré. Et on croit deviner pourquoi à la lecture de l’édition du 16 février... le quotidien grenoblois lui permet d’aller déguster un « repas gastronomique » à l’œil avec madame qui semble avoir quelque peu changé... Espérons tout de même que, contrairement aux fins limiers des Potins, nos confrères du DL n’aient pas reconnu notre maire et que seule « la chance » lui ait permis de l’emporter. Maintenant, Le Progrès sait ce qu’il lui reste à organiser pour avoir les faveurs du maire.

Les Potins n°70 (22/02/07)

18janv.

Le magistrat lyonnais surfait trop sur des sites pédophiles

Le secret a été bien gardé. Ce qui ne signifie pas, loin s’en faut, que la justice ait couvert cette bien triste affaire. Sitôt informés, les responsables de la magistrature lyonnaise ont réagi. Ils ont écarté des audiences correctionnelles le juge concerné. Celui-ci a en outre été rapidement suspendu par le Conseil supérieur de la magistrature. Dans le même temps, une information judiciaire a été ouverte en région parisienne.
L’histoire remonte à fin septembre. Notre juge, qui siège régulièrement comme assesseur aux audiences correctionnelles de Lyon, donne son ordinateur personnel à réparer dans une grande surface de l’agglomération. Surprise du technicien qui va bidouiller la machine récalcitrante. Il découvre dans sa mémoire que son propriétaire a la mauvaise manie de surfer sur des sites pédophiles. Visiblement, il ne s’agit pas seulement de quelques clics qui auraient pu être faits par inadvertance. Le magistrat est un accro des images pornographiques mettant en scène des enfants.
Le réparateur est choqué. On le serait à moins. Surtout lorsque l’auteur d’un tel comportement exerce la fonction de magistrat et condamne régulièrement des automobilistes un peu trop portés sur l’alcool.
Comme la loi l’y oblige désormais, ce technicien décide de signaler les faits au procureur de la République. La réaction ne se fera pas attendre. Soutenu par toute sa hiérarchie, le président du Tribunal de grande instance Pierre Garbit décide de relever aussitôt le juge indigne de ses fonctions.
Le dossier est transmis au CSM qui prononce sa suspension en attendant que l’affaire ait été jugée. La machine judiciaire s’est mise en route. Une information est ouverte dans la région parisienne où le juge lyonnais a d’ailleurs été mis en examen.
Pendant ce temps, les langues commencent à se délier au Palais de Justice. Ce n’est effectivement pas la première fois que ce magistrat adopte un comportement qui sied mal à ses fonctions. En délicatesse profonde avec l’alcool, notre homme s’était déjà illustré voici quelques années en soulageant sa vessie en pleine audience correctionnelle.

C. S.-M.
Les Potins n°65 (18/01/07)

01juin

Sarko avait bien choisi ses petits protégés

Le directeur de l’école supérieure de police de Saint-Cyr-au-Mont-d’Or Patrick Joubert mérite au moins une statue. Et peut-être même une canonisation de son vivant.
Jugez-en plutôt. Dans le cadre de la discrimination positive qui lui est si chère, Nicolas Sarkozy a voulu créer une classe spéciale de préparation au concours de commissaire de police où l’on accueille des jeunes issus des quartiers difficiles. Il s’agit de la classe préparatoire intégrée abritée dans les locaux de l’école de Saint-Cyr. Nos plus fidèles lecteurs se souviennent probablement que nous en avons déjà parlé (Les Potins n° 25 du 2 mars 2006).
Malgré les promesses du ministre de l’Intérieur, personne n’a été dupe. La nouvelle filière avait pour but de donner un sacré coup de piston (pardon de pouce) à des jeunes susceptibles d’illustrer la discrimination positive. Et montrer que grâce à Sarkozy, le métier de commissaire n’est plus réservé aux seuls fils de bonne famille.
Avouons-le : les résultats dépassent de très loin tous les espoirs les plus optimistes.
Cette année, 991 jeunes se sont inscrits au concours permettant d’intégrer l’école des commissaires de police de Saint-Cyr. Parmi eux, 456 ont répondu présent pour passer les épreuves. Au final, 60 ont été déclarés admissibles aux épreuves de l’oral. Soit entre 6 et 13% selon le chiffre que l’on retient.
Si l’on observe en revanche les résultats obtenus par la classe préparatoire intégrée, les chiffres explosent littéralement. Avec 6 admissibles sur un total de 13 élèves, on frise les 50% ; très exactement 46%.
L’exploit est d’autant plus méritoire que ces jeunes n’ont eu réellement que trois mois pour préparer le concours. Voilà bien qui va dans le sens du génie de Patrick Joubert. Obtenir en si peu de temps des résultats bien meilleurs que ceux des écoles prestigieuses qui accueillent les élèves pendant un an, voilà qui constitue un exploit dont on imagine volontiers qu’il est source de légitime fierté pour l’intéressé lui-même.

P. Gie
Les Potins n°38 (1/06/06)

30mar.

France 2 piégée par Thierry Erhmann

L’histoire commence à faire grand bruit dans les couloirs de France 2. Les syndicats s’interrogent. Le médiateur de la chaîne est saisi. En cause, un reportage diffusé le 23 février dernier dans Envoyé Spécial.
Ce soir-là, quelque cinq millions de téléspectateurs ont pu découvrir Thierry Ehrmann et sa demeure du Chaos. Ils ont cru de bonne foi regarder le travail de journalistes indépendants. Ils ne pouvaient pas savoir que le héros du reportage est également l’actionnaire et l’un des plus importants annonceurs de la société qui a réalisé le reportage.
En soi, l’appellation « Envoyé Spécial : le magazine de la rédaction » laisse à désirer. La totalité des sujets présentés n’émane pas des journalistes maison.
France 2 fait régulièrement appel à des sociétés de production extérieures pour réaliser certains de ses reportages. Cela ne retire rien à la qualité du travail présenté sur ses ondes. Il faut montrer, et c’est normal, patte blanche et références professionnelles pour travailler pour la chaîne publique. C’est d’ailleurs une société avec laquelle elle travaille régulièrement - Noon Productions - qui lui a vendu clés en mains le sujet sur Ehrmann. L’homme et sa demeure du Chaos ne manquent pas d’intérêt. Dommage toutefois que les responsables d’Envoyé Spécial ne se soient pas montrés un peu curieux.
Ils auraient découvert que Noon n’est pour rien dans ce reportage. Qu’ils ont simplement servi d’intermédiaire à Lyon Mag qui est le producteur de ce reportage. Philippe Brunet-Lecomte ne s’en cache pas. Il le reconnaît bien volontiers dans son dernier éditorial : « Un documentaire exceptionnel bien sûr, puisqu’il a été produit par LM Production, la filiale image de Lyon Mag ! ». Et de nous expliquer qu’il aime bien Ehrmann, qu’il faut le soutenir, que le magistrat qui l’a condamné est un « imbécile ».
Pendant qu’il y était, il aurait pu aussi nous révéler quel est le rôle financier que joue son ami Ehrmann dans sa société.
Du côté de France 2, on a nettement l’impression de s’être fait piéger.
Certains journalistes plaident même pour que des excuses soient présentées aux téléspectateurs qui ont été les victimes d’un tour de passe-passe qui n’a pas vraiment grand chose à voir avec la déontologie journalistique.
En attendant, on n’est probablement pas près de revoir des reportages signés LM Production sur France 2. Ni sur une autre chaîne d’ailleurs.

Gérard Angel
Les Potins n°29 (30/03/06)

19janv.

Barbarin veut des magistrats «béni-oui-oui»

Diable ! Un siècle après la loi sur la laïcité, la Justice lyonnaise est en passe de rallumer la guerre entre tenants de la calotte et adversaires de la mitre. En cause, « la Messe de rentrée du monde judiciaire » que va célébrer le cardinal Barbarin le lundi 30 janvier 2006 à la Primatiale Saint-Jean.
Comme l’a révélé Le Canard Enchaîné, tous les magistrats lyonnais ont reçu, via le réseau intranet de la Justice, une invitation à participer à cette célébration.
Depuis, c’est à qui dénoncera cette entorse grave à la laïcité. Tel juge explique ainsi avoir été « choqué par le fait que le secrétariat de la première présidence prenne le relais de l’invitation » du cardinal et lui donne de la sorte « un aspect quelque peu officiel ».
La section régionale du Syndicat de la magistrature saute sur l’occasion pour regretter que « la hiérarchie relaie une manifestation confessionnelle » et rappelle son attachement à la séparation de l’Eglise et de l’Etat. « Je croyais assez naïvement qu’un magistrat devait dans sa vie professionnelle laisser ses convictions personnelles de côté », renchérit un autre homme en robe tandis qu’un dernier se demande ce que « ce barbazar » vient faire dans le monde de la Justice.
Tel un petit délinquant pris la main dans le sac et qui jure que c’est pas lui, Claude Consigny, secrétaire général de la première présidence, tente bien maladroitement de se justifier : « La première présidence n’est strictement pour rien dans l’invitation du cardinal Barbarin. Elle s’est contentée de diffuser l’information et aurait agi exactement de même si elle avait été lancée par tout autre ministre du culte protestant, israélite, musulman, bouddhiste, etc. » Et ce conseiller de préciser, comme si cela n’allait pas de soi : « Chacun étant évidemment libre d’agir selon ses convictions personnelles ».
On aurait tort effectivement d’imaginer un instant que l’avancement de nos juges puisse dépendre de leur assiduité à participer aux réceptions du cardinal.
Cette affaire aura au moins permis de découvrir que certains magistrats ne manquent pas d’humour. C’est du moins ce qui ressort de ce message émanant du « Comité des Lucifériens », lequel sous la plume du juge Jean-Louis Cor, invite les magistrats à participer « à la messe noire traditionnelle de rentrée ». Et de conclure qu’en raison « des difficultés liées à la grippe aviaire, le comité prie chacun de remplacer l’apport de sang de poulet par du sang de bœuf, ou mieux, par de la bière fraîche ».
A défaut d’être très catholiques, ces divers messages ont beaucoup fait jaser dans les couloirs du Palais de Justice. Au point que le président du tribunal de grande instance Pierre Garbit a été obligé de siffler la fin de la récréation. Il rappelle « que le réseau justice mis à la disposition de chacun des magistrats et fonctionnaires du ministère de la Justice ne doit pas être utilisé comme liste de discussion mais comme instrument d’information objectif et respectueux ».
Si l’on ne craignait pas de heurter certaines sensibilités, on proposerait bien de jeter un voile sur toute cette affaire…

Urbain Le Mécréant
Les Potins N°19 (19/01/06)

24nov.

Le patron de Centrale avait bidouillé son CV

Ne cherchez pas à joindre le directeur de l’Ecole Centrale de Lyon. Il a discrètement fait ses valises la semaine dernière. Ce départ est d’autant plus surprenant que Jacques Labeyrie avait été nommé récemment. Très exactement le 7 février dernier.
A l’époque, l’école n’était pas peu fière de son nouveau directeur. Il avait été élu à l’unanimité par le conseil d’administration ce qui, pour reprendre les termes exacts du communiqué de presse de l’époque «témoigne du soutien des milieux académiques, des entreprises et des collectivités territoriale».
Tout le monde en était persuadé, le directeur était là pour de nombreuses années. A 51 ans, il avait du travail sur la planche. Cela ne devait pas poser de problèmes à un homme dont le CV pour le moins impressionnant était long comme une semaine sans Potins d’Angèle.
Neuf mois plus tard, point de communiqué pour annoncer que l’ère Labeyrie est déjà terminée. Officiellement, l’intéressé a démissionné. En réalité, il n’aurait fait qu’anticiper une décision que s’apprêtait à prendre le conseil d’administration. En cause : monsieur le directeur avait tout simplement bidonné son CV comme un vulgaire étudiant raté. Ce qui n’est pas du meilleur goût dans une école aussi prestigieuse.
Se présentant comme normalien, Jacques Labeyrie laissait ainsi entendre qu’il était un ancien de la grande Ecole Normale Supérieure dont sont issus tant de beaux cerveaux. Renseignements pris, c’est beaucoup plus modestement les bancs de l’école normale d’instituteurs (aujourd’hui IUFM, Institut universitaire de formation des maîtres) qu’il avait fréquentés. Il affirmait également être titulaire d’une agrégation et d’un doctorat de mathématiques.
Or, là encore, il se serait sérieusement poussé du col et n’aurait eu au mieux que l’un des deux diplômes. Mauvaise pioche également à propos des responsabilités qu’il prétend avoir exercées à Ifremer.
S’il a effectivement travaillé dans cet organisme, c’est en réalité comme simple cadre de recherche. « Il n’a exercé aucune responsabilité particulière » précise encore le service du personnel. On l’imagine aisément, l’affaire fait grand bruit dans les milieux universitaires où l’on cultive le culte des diplômes. Du coup, certains se retournent aujourd’hui vers le recteur Alain Morvan qui est aussi chancelier des universités. C’est à lui que revient la charge de vérifier les titres universitaires des enseignants. Pour Jacques Labeyrie, c’est raté.

Jean Delion
Les Potins n°12 (24/11/05)


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