Au moment où les parachutes dorés font scandale, ça commence sérieusement à grogner dans les allées de la Chambre de commerce de Lyon. En cause, la confortable prime de départ que la CCI s’apprête à octroyer à son directeur général Yves Guyon ; lequel doit quitter ses fonctions le 1er septembre prochain (voir ci-contre le mail interne du président Guy Mathiolon).
Sans être démesurée, la prime versée à cette occasion est loin d’être négligeable : 280 000 euros.
En fait, c’est beaucoup moins le montant que l’opportunité de cette prime qui est mise en cause.
Rassurons-nous pour lui, Yves Guyon n’est pas dans la situation des dizaines de milliers de salariés qui perdent chaque mois leur emploi et prennent la direction de l’ANPE. Il ne perd rien dans l’affaire.
Il va désormais se consacrer totalement à ses fonctions de président du directoire de la société anonyme des aéroports de Lyon. Celle qui, l’espace d’une polémique (voir nos précédentes éditions), a été rebaptisée Lyon Airports. Dans ce nouveau poste, il conserve exactement le même salaire qui était le sien à la Chambre.
Voilà tout juste deux ans qu’Yves Guyon cumule les deux fonctions de directeur général de la CCI et président du directoire de la société des aéroports de Lyon.
D’où une question toute simple : pourquoi cette évolution soudaine ? En fait, il existe une incompatibilité juridique entre les deux fonctions. On ne peut être à la fois directeur général d’un établissement public comme la Chambre de commerce et président du directoire d’une société anonyme de droit privé. Une dérogation avait été accordée lors de la création de la société aéroportuaire. C’est le ministre des Transports de l’époque - en l’occurrence Dominique Perben - qui avait avalisé cette situation. Aujourd’hui, l’Etat considère qu’il est opportun de sortir de cette situation anormale. D’où le départ d’Yves Guyon de la direction générale de la CCI.
Du coup, certains s’interrogent sur l’opportunité de verser une prime de départ à quelqu’un qui ne perd rien dans l’affaire. Le statut du personnel des chambres de commerces prévoit effectivement le versement d’une indemnité conséquente en cas de licenciement ou de départ à la retraite. La somme varie en fonction de l’ancienneté de l’intéressé. Pour sa part, Yves Guyon qui a rejoint la Chambre de commerce voici une douzaine d’années en a été nommé directeur général en 2005.
Son départ de la CCI n’est motivé ni par une mise à la retraite - il a tout juste 60 ans - ni bien sûr par un licenciement.
On ne peut oublier que la CCI est, après l’Etat, le principal actionnaire de la société des Aéroports de Lyon.

D. Prime
Les Potins n°168 (2/04/09)