Ceux qui se faisaient encore quelques illusions sont aujourd’hui édifiés. Jean-Michel Aulas préfère la Bourse au sport, le fric à l’aventure et au spectacle. En vendant le joueur emblématique de son club, Jean-Michel Aulas montre qu’il n’a rien à cirer des supporters de l’OL ; seuls comptent les millions d’euros qu’il encaisse avec le départ de Karim Benzema.
Bien sûr, on n’a pas attendu cet événement pour découvrir que le foot professionnel est gangrèné par l’argent. L’entrée en Bourse de l’Olympique lyonnais en a été la preuve la plus éclatante.
Reste que même en ce domaine, les pratiques d’Aulas sont pour le moins contestables. Souvenons-nous. En début d’année, il évaluait Benzema à 100 millions d’euros. Moins de six mois plus tard, on connaît le prix réel : 35 millions d’euros. Trois fois moins qu’annoncé. Aulas a roulé ses actionnaires dans la farine, il leur a communiqué sciemment de fausses informations, ce qui est pour le moins gênant quand il s’agit d’une société cotée en Bourse.
On pourrait s’étonner du silence de l’AMF (l’Autorité des marchés financiers) qui ne trouve rien à redire de ces mensonges qui peuvent avoir des conséquences sur les cours de la Bourse. Il est vrai que la même AMF a laissé Aulas impunément raconter n’importe quoi dans la note financière distribuée au moment de l’introduction en Bourse. Pour séduire les actionnaires qui ont perdu depuis les trois quarts de leur mise, Aulas leur avait en effet promis une mise en service du Grand stade « au plus tard en début de saison 2010-2011 ». Et tant pis pour les gogos qui ont pris ces gros mensonges pour argent comptant.