Il a quand même une drôle de conception de l’émancipation des masses laborieuses le camarade Collomb.

Quand on le lit dans Le Monde, il nous tirerait presque une larme devant le sort des vice-présidents de la communauté urbaine qui émargent à 1 800 euros nets de charges et d’impôts.

Quand on l’entend sur LCI, on se demande qui a bien pu accorder « autour de 1 800, 2 000 euros » par mois aux agents des TCL. De vrais traders à désigner à la vindicte populaire, ceux-là. Quel scandale ! Et en plus ils se permettent de faire grève (c’est à dire qu’en une journée ils perdent plus que d’autres) alors que certains gagnent moins qu’eux. Quelle honte !

Flexibilité, travail le soir et le week-end, jours de repos consécutifs : l’idée de la grève par procuration où, en se battant pour leurs acquis, ceux qui le peuvent défendent les droits de tous a manifestement vécu à gauche. Tout comme celle de tirer tout le monde vers le haut plutôt que l’inverse.

De toute façon, si l’on suit le raisonnement de Gérard Collomb, il va y avoir de sérieuses restrictions au droit de grève. Car si tout conflit pénalisant une personne « plus mal lotie » que le gréviste doit s’arrêter, ce moyen d’action va bientôt être réservé aux rmistes. Et encore. En attendant une harmonisation européenne sur ce point.

On s’étonne d’ailleurs que le sénateur Collomb n’ait pas encore déposé une proposition de loi visant à interdire à tout salarié n’étant pas le « plus mal loti » de faire grève. Ça « réglerait » beaucoup de conflits. Faut faire attention, il pourrait même trouver du monde au Parlement pour signer son texte.