C'est quand même ballot de faire exactement ce que l'on reproche aux autres. Lundi dernier, lors du conseil communautaire, Gérard Collomb s'est payé dans les grandes largeurs son adjoint lyonnais Etienne Tête (revoir la scène ici). Chacun notera au passage l'élégance qui consiste à s'en prendre à quelqu'un de manière très explicite (Euronews, l'Opéra, la tribune dans la presse, les recours promis contre le Grand Stade...) sans le nommer et de le faire au surplus dans une instance où l'intéressé ne siège pas. A vaincre sans péril...

Horreur suprême, sa Tête de Turc du jour a publié la veille dans Le Monde un point de vue "en utilisant d'ailleurs des titres d'adjoint pour lesquels ils n'ont aucune vocation parce que cela ne reflète pas le point de vue qu'ils écrivent en leur nom personnel". Certes, ce texte tombe à un moment de forte crispation autour de l'OL land, mais il se trouve qu'il a été envoyé au quotidien... en juin dernier.

Après tout, cela permet une bonne coïncidence puisque Gérard Collomb a lui publié une tribune hier dans Libération sur l'identité nationale. Et devinez comment elle est signée... "Gérard Collomb, sénateur et maire de Lyon (et président du Grand Lyon sur le site de Libé)". "L'identité nationale ne se réduit pas à convoquer l'histoire", c'était dans son programme électoral à l'instar de "construire le stade au Grand Montout" (sic) ? Il a demandé l'avis de sa majorité municipale et communautaire (qui compte des UMP) avant d'envoyer ce texte ? Ou alors c'est un point de vue personnel qui n'a rien à voir avec les titres dont il se pare ?

Facile de donner des leçons sur l'air du "Faites ce que je dis, pas ce que je fais". Le mieux est peut-être qu'il laisse chacun s'exprimer comme il l'entend. Il n'a quand même pas attendu dimanche dernier pour découvrir que les Verts étaient contre le Grand Stade. On attend avec impatience qu'en sa qualité de grand humaniste, Collomb - tel Voltaire - lance à Tête : "je ne suis pas d'accord avec ce que vous dites, mais je me battrai pour que vous ayez le droit de le dire".