27déc. 2009
Si Ferney m'était conté: Episode 3, Le médecin Coligny a vengé l’honneur de son illustre famille
18:40 - Par gérard Lespotinsdangele - la lettre de Ferney - aucun commentaire
C'est toujours Noël avec Les Potins. Aujourd'hui dans la galerie de
portraits de Ferney, un brillant professeur de médecine qui reprend le flambeau familial: le médecin Coligny, frêre de l'autre.
L'un est aussi glouton que l’autre réservé ; l’aîné qui règne aujourd’hui sur les universités de Montpellier jure fidélité au Roy pendant que le cadet connu pour ses talents de médecin s’est enrôlé avec les Amis du Peuple. A première vue, les deux frères Coligny n’ont rien de commun, hormis peut-être leur fidélité à la religion réformée. Mais que l’on ne s’y trompe pas. Il est au moins un combat qui les rapproche, celui qu’ils mènent tous les deux contre Alexandre Piron.
L’ancien ministre des routes et des chemins a cru pouvoir impunément piquer à l’aîné son fauteuil de parlementaire. Mal lui en a pris. Le médecin Coligny a profité du renouvellement du Conseil de Lyon pour venger l’honneur de son illustre famille. Il l’a fait de belle façon. Il a proprement ridiculisé Piron qui continue aujourd’hui encore à baisser les yeux lorsque d’aventure il va traîner ses guêtres du côté de la Part-Dieu ou de Montchat.
On aurait toutefois tort de croire que le médecin Coligny ne compte que des amis chez les Amis du Peuple. Son insatiable appétit de titres et d’honneurs lui vaut de solides inimitiés. Que ce soit au Conseil provincial à Charbonnières ou au Conseil de Lyon, il n’est guère du genre patient. En toutes circonstances, le voilà qui agit en homme pressé. Il bouscule tout le monde pour occuper le devant de la scène. On imagine la tête de ses camarades qui depuis des décennies suent dans l’ombre de leur parti. Ils n’apprécient guère de se voir supplantés par un nouveau venu.
Sous ses airs d’humaniste dévoué, le médecin Coligny manque toutefois de bonté. En se lançant comme il l’a fait dans la gestion des affaires de la ville et de la province, il n’a plus guère de temps à consacrer à ses malades. Quel dommage ! Quelle ingratitude. De l’avis unanime, Coligny n’a pas son pareil pour apporter le secours de la médecine aux malheureux qui souffrent d’inflammation de leurs humeurs ou même de phtisie galopante.
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