31déc. 2009
Si Ferney m'était conté: Episode 5, En musique, le duc de Gontaut est resté fidèle à l’aieul espagnol
18:24 - Par gérard Lespotinsdangele - la lettre de Ferney - 2 commentaires
Pour le réveillon, quoi de mieux que quelques menuets ? Aujourd'hui dans la galerie de portraits de Ferney, Les Potins vous content la trajectoire du représentant local du Roy, le duc de Gontaut.
Le duc de Gontaut est un homme fort sage. Ce n’est pas un hasard si Sa Majesté lui porte estime et amitié et lui a confié la très lourde tâche de le représenter comme lieutenant général dans notre belle province. Les esprits taquins s’amusent à brocarder le duc dans sa manie d’imiter le Roy. Comme lui, Gontaut porte des pompons sur ses souliers vernis. Comme lui, il hausse l’épaule droite pour appuyer ses démonstrations. Comme lui, il ne peut rester inactif et entreprend chaque jour que Dieu fait mille chantiers nouveaux. Comme lui enfin, il aime les gazetiers et multiplie les occasions de leur faire sa cour. On souvient même qu’en courtisan zélé, le duc avait choisi la musique d’un compositeur espagnol pour accueillir les visiteurs en son Palais. Les esprits éclairés n’avaient point manqué de remarquer que l’Espagnol n’était autre qu’un lointain parent de la Reine d’alors. Las ! On sait ce qu’il en est advenu des amours de Sa Majesté. Les mélomanes se sont vite rassurés : la musique n’a pas déserté Versailles. Seul, le style a changé. A Lyon, Gontaut est resté fidèle à l’aïeul espagnol.
Ne nous trompons pas. Derrière son activisme forcené et sa soif de plaire à son maître, le duc ne dédaigne pas de s’occuper des pauvres, des miséreux et des sans grade. S’il est motivé pour trouver de quoi gagner sa pitance, un jeune désoeuvré sait qu’il ne fera pas appel à lui en vain. Dans son souci de secourir le faible, Gontaut n’hésite pas à faire le siège de ses puissants amis manufacturiers ou fabricants. C’est une façon tout à fait honorable de pratiquer la charité chrétienne. Lorsqu’il n’est point dans son bureau à rédiger quelque mémoire, lorsqu’il ne parcourt pas les chemins de la Province, notre duc se plaît en compagnie des montagnards. On murmure qu’il a récemment gravi les pentes abruptes de ce joli Mont Blanc qui domine nos Savoies. Voilà qui montre que l’homme a de l’énergie à revendre.
2 commentaires
là pour le coup j'arrive pas à situer qui c'est!
@ lecteur perplexe: Ah, pourtant Les Potins ont rappelé l'histoire de la musique d'attente du standard de... la préfecture dans leur numéro 200. Vous pouvez d'ailleurs retrouver cet article dans la rubrique Souvenirs. Le dictionnaire de Ferney est également disponible dans la rubrique La Lettre de Ferney en cas de trou de mémoire.