15janv. 2010
Si Ferney m'était conté: Episode 7, en matière d’écus, l’abbé Philippe Ancian est insatiable
09:59 - Par gérard Lespotinsdangele - la lettre de Ferney - aucun commentaire
La galerie de portraits de Ferney se poursuit. Les Potins vous content aujourd'hui l'épopée d'un grand adepte de balle au pied, l'abbé Philippe Ancian, qui préside aux destinées du club lyonnais.
Il faudrait être bien aveugle ou avoir force mauvaise foi pour ne point célébrer les talents de l’abbé Philippe Ancian. Même ses ennemis admirent la façon dont il a su faire fortune en créant puis développant sa fabrique. Il en va de même avec le club lyonnais de balle au pied. Lorsqu’il prend en mains ses destinées, voici quelque deux décennies, le club est souffreteux ; il ne fait rêver personne. Les joueurs sont inconnus ; ils poussent bien rarement le ballon dans le camp de leurs adversaires. En quelques années, Philippe Ancian va transformer l’équipe. Il y met tout autant son énergie que ses écus. Les sceptiques se gaussent et moquent un riche bourgeois qui vient s’encanailler en perdant une partie de sa fortune. Ils n’ont rien compris. L’abbé ne fait jamais rien gratuitement. C’est sa qualité ou son défaut. Tout dépend du point de vue où l’on se place. Quoi qu’il en soit, l’affaire s’avérera vite rentable pour l’abbé et ses associés. Les Lyonnais se passionnent pour le jeu de balle au pied. Leur équipe progresse et domine même le royaume pendant sept longues années.
D’autres se seraient contentés de cette brillante réussite. Pas Philippe Ancian. Il en veut toujours plus ; toujours plus d’écus, toujours plus de gloire. Il aime à se faire appeler président, à regarder les pauvres, les manants et les rustres se ruiner pour venir voir l’équipe lyonnaise. Il ne se lasse pas du spectacle des puissants venant se prosterner à ses pieds dans l’espoir de récupérer un peu de la gloire qui retombe sur l’abbé.
L’abbé en veut plus. Toujours plus. Dès qu’il s’agit d’écus, il est insatiable. Il a su convaincre Choiseul de dépenser l’argent de la ville pour l’aider à bâtir un nouveau stade. Qu’importe les oppositions légitimes. Qu’importe les difficultés financières du peuple. L’abbé n’en a que faire. Il pense déjà au jour où il pourra arrondir encore sa fortune en cédant son équipe pour un joli tas d’or.
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