24juin 2010
OnlyLyon, des trophées et des truffes
07:08 - Par gérard Lespotinsdangele - Souvenirs souvenirs - aucun commentaire
On était venu admirer les avions qui ne volent pas, un Falcon d’un côté, un coucou de l’autre. Ainsi que les politiques qui n’arrivent pas à décoller. Les ambassadeurs d’OnlyLyon tenaient leur jamboree annuelle dans le Hall 8 de l’aéroport de Lyon devenu pour un temps le Docks 40 des pince-fesses aériens, avant d’être rendu à la navigation.
Hangar de Bron, ça vaut bien Hangar du Nord ou Hangar de Perrache, mais ce n’est pas desservi par les trains. Sur 4 500 ambassadeurs, 1 600 privilégiés cheminaient donc à pied, le long des parkings P1, P2, P3, P4, P5, pendant un bon kilomètre, réduisant un peu leur empreinte carbone, en creusant leur empreinte poussière.
Ouverture de la cérémonie par Mademoiselle Claire, nouvelle mannequeen de Lyon depuis qu’elle a posé pour la pub d’OnlyLyon, en robe de soie rouge Max Chaoul, négligemment accoudée sur un pont sur la Saône qui n’existe pas, une rose à la main. Incarnant le charme, « l’âme » de la ville, son côté « glamour » (d’après Jean-Michel Daclin). Et son authenticité entièrement recomposée d’après l’original.
En Monsieur Loyal, Jacques de Chilly. Il parle sans note avec micro cravate. Tout dans la tête ou dans l’oreillette. Il appelle sous les projecteurs le « premier ambassadeur de la ville » Gérard Collomb soi-même. Celui-ci ne le lui fait pas dire. Il revient à l’instant de Suède et d’Allemagne et repart sur le champ dans la Silicon valley étudier, non pas les implants mammaires, mais les green tech et les plantes grasses. La force de Lyon ? Les liens qui se tissent entre la ville et ses habitants. L’éternel coup du bistanclac.
Pas de concélébration sans concélébrés. OnlyLyon remet cinq awards de meilleur ambassadeur : Doméo, CTILyon, Euronews, Pollutec et une chercheuse qui a fini par se trouver, Nancy Wilkomm. Les trophées arrivent par les moyens les plus extravagants. Un Vélo’v remonte la travée centrale au milieu de la foule, puis un coursier en costume d’aviateur tombé du ciel, un cyclopousse conduit par un faucheur de marguerites. D’énormes gerbes de roses sont distribuées aux récipiendaires et un peu partout. Collomb les destinait peut-être à Ségolène Royal... et puis on change.
On note les apparitions sur scène de Jean-Claude Lassalle, le Kojak de la presse lyonnaise, bondissant comme un tirage exceptionnel. De Grégory Cuilleron, vainqueur l’émission d’ M6 Un Dîner presque Parfait, presque aussi souriant et facétieux que Michael Peters, le dg d’Euronews. Annie Guillemot, maire de Bron, qui ne rate jamais une occasion de ré-inaugurer ce hangar. Benoît Soury, de La Vie Claire, qui représente de plus en plus souvent la CCI au point qu’on se demande s’il ne va pas finir par la représenter complètement.
On croise de tout dans les cocktails. Il y a toujours un militaire, on ne sait pas pourquoi. Il manque un évêque, mais leur royaume céleste n’est pas de ce monde. Des femmes en robe de soirée avec escarpins à pointe fine, très élégants, mais du genre pas pratique du tout pour crapahuter jusqu’au parking dans les graviers. Des rézotteurs professionnels venus remettre à jour leurs fiches : Olivier Luisetti, Alain Favre. Et quelques verres de rosé plus tard, ce pauvre groupe lyonnais PM’S Better continue de jouer de la pop rock à l’autre bout du hangar, là où il n’y a personne. Il ne se sera jamais produit devant une salle aussi vide où il y a autant de monde. Tous sont près du buffet, et dehors sur le tarmac. Quelques grignotages sur budget de crise. Heureusement, pour réveiller les ardeurs des ambassadeurs, les fameux chocolats en forme de rocher, sans lesquels aucune « réception » ne saurait être réussie. On a les rochers qu’on peut, on n’est pas à Monaco.
Timéo Danaos

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