A Lyon comme partout en France, les strauss-kahniens sont KO debout. Ceux qui connaissent le directeur du FMI, qui ont eu l’occasion de le côtoyer de près toutes ces dernières années ont du mal à l’imaginer en violeur du Sofitel.

Bien sûr, ils n’ignorent rien de son goût prononcé pour les femmes, de sa propension à draguer lourdement tout jupon qui passe à sa portée.

Plusieurs élues et militantes lyonnaises pourraient en attester qui ont eu droit aux avances très directes et souvent publiques de Dominique Strauss-Kahn. Certaines ont accepté de leur plein gré une relation d’un soir. D’autres ont préféré remettre vertement à sa place l’intéressé. Ce fut le cas, par exemple, de l’épouse d’un ancien collaborateur de Gérard Collomb. Aucune n’a toutefois jamais subi la moindre violence. D’où la stupéfaction face aux événements qui se sont déroulés à New-York.

Ce n’est certainement pas à nous de nous prononcer sur la réalité des faits qui ont valu son incarcération à DSK. On comprend la prudence et la retenue de ses camarades socialistes. Reste que certaines réactions sont pour le moins surprenantes. Ainsi, Ségolène Royal affirme que ses pensées vont « à sa famille, à ses proches et aussi à l’homme qui traverse cette épreuve ». Pas un mot de compassion pour la malheureuse femme de chambre qui, jusqu’à preuve du contraire, est bel et bien la première victime de cette sinistre affaire. Pas un mot pour se scandaliser de l’insupportable violence faite à une femme. Voilà qui montre s’il en était besoin que l’adage « selon que vous serez puissant ou misérable » reste une vérité pour nombre de nos dirigeants.

A Lyon, les strauss-kahniens ont une autre raison de se désespérer. Ils se souviennent des déclarations sans ambiguïté de Gérard Collomb. Dans son livre Et si la France s’éveillait… le maire de Lyon promet d’être lui-même candidat pour porter son discours si d’aventure DSK ne l’était pas.

On voit mal aujourd’hui comment le directeur général du FMI pourrait encore briguer l’Elysée. D’où l’inquiétude des socialistes lyonnais.

Ils s’inquiètent d’une possible candidature de Collomb que sa petite cour risque fort d’inciter à se lancer dans la bataille. « Ca foutrait le bordel à Lyon où les élus et responsables se retrouveraient dans la position d’être pour ou contre lui », lâche ce militant qui se souvient des tensions d’il y a cinq ans, lorsque Collomb avait lâché DSK pour rejoindre Ségolène Royal.

A l’époque, tous ceux qui avaient refusé de l’imiter en tournant leur veste avaient été rangé au rang des adversaires. Presque des ennemis.

Gérard Angel