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27avr.

Quand Giordano se prend à rêver d’un fauteuil de député

Les yeux fixés sur les performances des écolos lors des dernières élections européennes, régionales et cantonales, Alain Giordano se voit déjà un destin national. Son analyse est simple, pour ne pas dire simpliste. Si un accord national intervient entre le Parti socialiste et EELV (Europe Ecologie Les Verts), la formation que dirige Cécile Duflot peut espérer décrocher deux candidatures dans le Rhône.

Les écolos pourraient tout à fait jeter leur dévolu sur deux circonscriptions : celle de Villeurbanne où Béatrice Vessiller vient de brillamment se faire élire conseillère générale et une circonscription sur Lyon.

Sur le papier, c’est évidemment dans la seconde circonscription, notamment du côté de la Croix-Rousse, que les écolos obtiennent leurs meilleurs scores. Aux dernières régionales, la liste EELV a même devancé de près de deux points la liste menée par Jean-Jack Queyranne dans le 1er arrondissement. Pas sûr toutefois que le PS acceptera demain de sacrifier l’un des siens - le très actif député Pierre-Alain Muet - pour laisser le champ libre à un candidat écolo. Le maire du 9e ne l’ignore pas, lui dont l’arrondissement est à cheval sur deux circonscriptions. Du coup, le voilà qui lorgne sur la première, celle que détient l’UMP Michel Havard. Ce n’est certainement pas un hasard s’il a choisi la première circonscription pour organiser la semaine dernière une réunion avec quelques responsables d’associations locales.

Pour employer un euphémisme, on dira que son activisme actuel n’est pas vraiment du goût des élus socialistes du 9e arrondissement. Voilà des mois que les relations sont mauvaises. Elles ont encore empiré ces dernières semaines. La preuve ? Les élus socialistes, le 1er adjoint Bernard Brochard en tête, refusent désormais de participer aux réunions hebdomadaires qu’organise le maire avec sa majorité. Ils justifient leur bouderie par la décision de Giordano d’associer des fonctionnaires à ces réunions qui sont théoriquement politiques.

En délicatesse avec les socialistes, Alain Giordano devra également compter avec les ambitions d’un autre partenaire des socialistes : le radical Thierry Braillard. Au terme d’un accord national, c’est déjà lui qui, aux dernières législatives, a représenté l’ensemble de la gauche dans cette première circonscription. Il n’avait d’ailleurs été battu que d’une courte tête par Michel Havard. On l’imagine aisément, Braillard va tout faire pour être à nouveau en piste l’année prochaine. Pour se donner un maximum de chance, il vient de se faire élire vice-présdient du PRG, en charge des… élections. Comme quoi, on n’est jamais si bien servi que par soi-même.

Gérard Angel

08avr.

Dimanche l’abstention était au buffet

Pour un pince-fesse, au début, ça pince mou et ne fesse pas grand chose, mais ça va changer. Jusqu’à 20 h 15, il ne se passe rien à la préfecture en cette soirée électorale de second tour.

Des journalistes errent au hasard comme des chiens sans croquettes. Certains portent une oreillette à  l’oreille, mais même à l’oreille il ne se passe rien. Aucune puce, rien. Le préfet a installé des panneaux d’affichage dans la grande salle pour fixer les résultats au fur et à mesure qu’ils tombent. Rien à faire, le fur se fait attendre et la mesure reste désespérément vide.

Un jeune socialiste en service commandé photographie les quelques résultats ruraux pour les envoyer au siège du PS qui s’en bat la rose. Même le buffet des journalistes fait la gueule. On y trouve de pauvres sandwichs triangulaires, on dirait un pique-nique de francs-maçons pendant un débat sur la mixité. On se console avec la mousse au chocolat et la crème caramel, les valeurs refuges. Les préfets passent et elles demeurent. Les deux piliers du Département. Un peu comme Mercier et Jamet mais en plus roboratif.

Tiens Mercier ! Il vient d’arriver dans la salle du trône auréolé de journalistes, il fait semblant de scruter les affichages pour que les caméras aient quelque chose a filmer. Il n’a rien à déclarer. Jean-Jack Queyrannne non plus mais cela ne l’empêche pas d’être interviewé  sur France 3.

Les invités arrivent de plus en plus avec de la pluie sur les épaules. Des bruits commencent à courir. Perben aurait été battu... Rah ! Personne ne s’effondre en larmes ! Les chiffres tombent. C’est vrai pour Perben mais aussi pour Bolliet, le maire du 4. Renversé sur le plateau par une écolo, il en est encore plus vert qu’elle. Et Richard Llung à Villeurbanne qui perd le match retour contre Béatrice Vessiller. Certains voudraient bien fêter ça au buffet, d’autres noyer leur chagrin. Bernique. Il faudra se contenter de Perrier (même pas Jouët), de jus d’orange en pichet et de Coca light. La République Weight Watcher. On va finir au pain sec et à l’eau.

Jean-Jacques David apparaît dans le grand salon, sous une véritable standing ovation. En même temps, c’est facile, tout le monde est déjà debout. Il est cornaqué par un Denis Broliquier plus radieux que Bernadette Soubirous quand elle a vu la Vierge. Il croit entendre l’horloge de l’Hôtel-de-Ville carillonner à ses oreilles.

Puis c’est au tour de Raymonde Poncet de faire son entrée. Les écolos lui ont orchestré un véritable triomphe. Ils sont sortis de la salle pour mieux rentrer avec elle et l’acclamer « Hourra ! bravo ! Hasta Siempre, Belle des Champs ». Elle porte encore au cou le foulard vert qui étouffa son adversaire. Elle avance bras dessus bras dessous avec Béatrice Vessiller, l’autre tatie flingueuse, la Calamity Jane de Villeurbanne. Tout le monde tombe dans les bras de tout le monde et réciproquement.

Emporté par cette explosion d’exubérance printanière, Jacky Darne lui-même, qu’on a connu plus taciturne, embrasse Béatrice Vessiller comme on embrasse une carrière d’expert comptable : « Je te félicite ». « Merci, ça me touche beaucoup », répond la dame étonnée que le Grand Pardon tombe en mars. Et à quelques pas de là, dans une discrétion toute relative, selon son habitude Michel Mercier serre plus de louches qu’il n’y a de soupe. Ce n’est pas parce qu’il tourne en rond qu’il perd le nord. Il fait des grâces aux nouveaux élus, minaude. Il n’a pas oublié que ce jeudi sera choisi le nouveau président du Département. Et qu’il s’en faudra de peu - aide-toi, le ciel t’aidera - pour qu’il ressemble à l’ancien.

Timéo Danaos



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