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11mar.

Verni soit qui mal y pense

Chaque semaine Les Potins d’Angèle refont le portrait des personnalités lyonnaises, et pour beaucoup moins cher que la chirurgie esthétique : 2 euros.

De la même manière, le résultat est parfois déconcertant, mais tant que les victimes s’efforcent, dans la vraie vie, de ressembler à leur caricature, tout va bien. On finirait même par se dire qu’ils sont pires en vrai.

Lundi soir au Cintra (à lire ici et à voir ), Les Potins avaient convié les élus lyonnais à un auto pince-fesse en forme de vernissage. Les dessins de Castillon et Fiche ornaient les murs, les vrais gens passaient devant. Il s’agissait de déterminer qui de la caricature ou du modèle était le plus ressemblant.

Castillon était aux anges. Pour une fois il avait toutes ses cibles préférées à portée de main. Armé de son carnet à dessins il croquait tout ce qui passait, avec la gourmandise d’un François Turcas devant un buffet de Pignol.

Très à son aise, Gérard Collomb avait l’air de s’inaugurer lui-même, un peu comme s’il était ses propres berges du Rhône. Il en profita pour souhaiter vingt ans de bonheur aux Potins, ainsi qu’à lui même à la tête de la ville. Au grand désespoir de Nora Berra, effondrée.

Queyranne, en pleine biennale d’art contemplatif, se découvrait en « Président des Brosses » et philosophait sur Pierre Desproges qui n’avait pourtant jamais vu un peigne.

Nora Berra, de plus en plus dame du monde, voulait se concilier les faveurs d’Angel Boss en lui offrant un portrait de lui-même, mi-ange, mi-démon. Angel Boss, patelin complimentait tout le monde mais, même quand il fait patte de velours, le matou garde ses griffes.

Tout le monde était venu. La droite, la gauche et la plupart des centres. On aperçût Michel Havard, sous un feuillage, près d’une plante en pot et de beaucoup d’autres qui croyaient ne pas l’être.

Le fan-club parisien de Nora Berra, découvrant le microcosme lyonnais avec l’air d’un énarque parachuté par erreur au milieu de la Ferme Célébrités.

Emmanuel Hamelin remontant la foule comme un saumon en période de frai... trop tard, les listes sont faites.

Richard Brumm, satisfait que le cocktail ne coûtât rien au contribuable renonçant  du coup à compter les cacahuètes. Roland Bernard, passant de bras en bras, comme s’il n’en finissait pas de fêter sa légion d’honneur. Jean-Yves Sécheresse, en loden de gauche, tenue de rigueur des festivaliers d’hiver. Fabienne Lévy, en manteau lamé argent, prête à servir de porte anti-feu en cas d’embrasement généralisé. Aucun risque.

Au bar, le patron Jean-Michel Muller avait respecté scrupuleusement les équilibres politiques de cette ville raisonnable : 50/50, les kirs à droite, les communards à gauche. Et bien sûr, selon la stratégie dite du cross-over, la droite se jetait sur le communard pendant que la gauche se tapait le kir.

Tout le monde embrassait tout le monde, dans une grande papouillerie chaleureuse qui aurait presque fait oublier la distribution de ramponneaux au conseil municipal une heure plus tôt.

Tout le monde ? Non. Un petit îlot de centrisme résistait encore et toujours aux convenances : Azouz Begag n’était pas venu. La réincarnation facétieuse d’Edouard Herriot reculant devant le mâchon ! Et en plus au Cintra ! Il est vrai que cette respectable maison n’a jamais vu passer un tabouret Ikea. Mais après avoir vu et revu tous les dessins, dans un grand élan d’hypocrisie consensuelle, chacun déclarait trouver très drôle le clown qui lui ressemblait et se consolait en se disant qu’il existe une chose bien pire que d’être caricaturé. C’est de ne pas l’être.

Timéo Danaos

19fév.

Chacun sa messe

Dis-moi comment se passent les réunions publiques et je te dirai quel est le parti. Chez Europe Ecologie, c'est bonne ambiance avec le ring au milieu de l'arène. Et pourtant, mardi près de la moitié des huit cents participants étaient debout, faute de place. Qu'est-ce que ça aurait été si les écolos avaient tenu meeting dans une salle plus accessible que celle de Francheville et par un temps plus clément !

La scène avait beau ressemblé à un ring, les coups ont - cette fois - été plutôt retenus. On était loin de la réunion publique sur le logement de Villeurbanne où ressortait en filigrane qu'aujourd'hui les élus en place ne faisaient rien en la matière. Mardi, l'adresse aux socialistes pouvait se résumer dans ce bon mot de Noël Mamère, reconverti en GO: "N'ayez pas peur" (des écolos). Impression confirmée par Daniel Cohn-Bendit qui, réaliste, préfère regarder le poids et l'influence d'Europe Ecologie au soir du premier tour que le nombre de régions qu'elle pourrait (peut-être) diriger. Ou une Cécile Duflot dont le discours apporte indubitablement un peu de fraîcheur à la classe politique.

Etait-ce la présence du maire socialiste de Francheville René Lambert ? L'édile est non seulement venu (après tout l'entrée est libre) mais on lui a également donné la parole. Ça n'a pas empêché Philippe Meirieu, arpentant la scène avec sa démarche syncopée, de donner quelques coups de griffes au PS. On ne refait pas le pédagogue, à fond dans sa démarche d'éducation pour offrir d'autres valeurs que celles de la consommation à tout crin aux jeunes.

On était évidemment à mille lieues du classicisme de l'UMP pour son lancement de campagne. Après tout, pourquoi changer ? C'est le premier parti de France. Le truc, c'est que pour galvaniser les foules, il faut donner l'impression d'y croire. Bernard Accoyer peut terminer son discours par un magistral: "pour la France", ça n'efface l'impression bizarre que laissent les candidats ardéchois en se plaçant dans la perspective d'une défaite avec une vice-présidence pour leur concurrent socialiste Hervé Saulignac. Ou le bide monumental parmi les militants de la conseillère élyséenne Sophie Dion qui conclut même en parlant des "belles têtes de gondole" de l'UMP pour ces régionales. Derrière Philippe Meunier a choisi de ratisser large en saluant à la fois le travail de Charles Millon... et celui d'Anne-Marie Comparini à la Région. La droite n'était pas aussi œcuménique en 1998. Il en fallait manifestement plus pour mobiliser les troupes. Les Jeunes populaires ont eu beau se lever, applaudir, hurler à l'arrivée au micro de Françoise Grossetête, ils ne représentaient qu'un quart de la salle. L'autre partie est sagement restée assise...

Au moins la députée européenne a-t-elle laissé la parole à se colistiers. En présentant les siens lundi dernier, Azouz Begag a - malgré ses promesses - monopolisé le micro dans un freestyle qu'il affectionne tant. A bon escient ? Derrière lui, à part Richard Morales qui tentait de faire bonne figure, Anne-Sophie Condemine et Anne Pellet donnaient parfois le sentiment d'être atterrées. Juste une impression sans doute. On attend avec impatience le premier "meeting" du Modem, lundi place Bellecour sur un tabouret.

29janv.

Lyon recherche adjoint(e)

Chic ! Le Modem n'est décidément pas avare pour ces régionales. Le couplet sur le cumul des mandats, ce n'était pas de belles paroles en l'air. Dans sa grande mansuétude, Azouz Begag a décidé de nous offrir un échantillon test de ses promesses en la personne d'Anne-Sophie Condemine. Vu les relations entre nos deux centristes - qui peinent à se dire bonjour - il fallait oser. Quelle belle preuve de confiance de la part de l'ancien ministre.

L'adjointe au  maire de Lyon va nous permettre de passer à l'épreuve des faits la croisade lancée par Begag contre le cumul des mandats. Même avec toutes les restrictions apportées par ses colistiers. L'élue du 7e pourrait se retrouver dans LE cas proscrit: conseillère régionale ET membre d'un exécutif municipal (la ville de Lyon, une paille...).

Autant prendre les devants. Même si les listes du Modem ne seront ratifiées que la semaine prochaine, Gérard Collomb peut donc commencer à réfléchir au nom de la personne qui sera 8e adjoint(e) à Lyon. Nul doute qu'à peine élue, le 22 mars au matin, Anne-Sophie Condemine va présenter sa démission du poste qu'elle occupe.

On sait, c'est si le Modem fait plus de 10% ou s'il fait plus 5% et qu'il fusionne et si l'adjointe lyonnaise fait partie des repêchés, avec des si...

Voilà qui va permettre de voir s'il n'y a que la campagne de Azouz Begag qui est "décalée" ou si ses engagements le sont aussi... avec la réalité. Tout ceux qui verraient là-dedans de mauvaises manières faites à Anne-Sophie Condemine auraient vraiment mauvais esprit.

18janv.

Si Ferney m'était conté: Episode 8, Algarotti se sait supérieur au commun des mortels

Homme de lettres, ministre du Roy, la galerie de portraits de Ferney est complètée par un illustre personnage. Les Potins vous content les zigs-zags de Francesco Algarotti, éminent rival du président des Brosses pour le conseil provincial.

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19oct.

Régionales: au Modem, objectif primaire(s)

C'est parti ! Après quelques semaines d'atermoiements et de "on dit", les choses se décantent en vue du conseil national du Modem de samedi. Il y a quinze jours on avait eu la réunion des présidents de fédération du parti à Saint-Etienne (lire ici) pour soutenir la candidature d'Azouz Begag comme tête de liste aux régionales. Ce week-end, il y a eu la prise de position d'une vingtaine d'élus centristes de la Région intitulée "Le Mouvement démocrate peut et doit être ambitieux pour les élections régionales". "Indépendance", "nouvelles pratiques politiques" (pour l'instant ça reste à démontrer), "message électoral clair" pour "un projet audible", "nouvelle gouvernance pour la Région": ce texte qui est, semble-t-il, le fruit de plusieurs mois d'échanges porte un message déjà entendu. A croire que le candidat déclaré à la tête de liste ne le porte pas actuellement...

Surtout, au milieu des premiers signataires classés par ordre alphabétique, figure le vice-président du Modem du Rhône Eric Lafond. Or ce dernier doit annoncer mercredi, comme cela se susurre depuis quelques temps, sa candidature à la tête de liste régionale. De là à voir derrière le texte de ce week-end un embryon de comité de soutien...

Si la question des primaires au sein du Modem ne se posait pas avec une candidature unique, il va maintenant en être différemment. A moins bien sûr que François Bayrou estime, en grand démocrate, que c'est à lui de trancher seul. Ou alors qu'Azouz Begag, comme il l'a déjà expliqué à Tribune de Lyon, refuse des primaires. Et lâche ses soutiens en rase-campagne comme lors des municipales à Lyon.

14oct.

Le Modem au pays des Bisounours

La réunion stéphanoise des présidents de fédération du Modem a beau avoir près d'une semaine, on ne s'en lasse pas. Aux grandes heures de l'URSS, un communiqué émanant du Kremlin devait avoir à peu près la même langue de bois teintée d'une pointe laconique. Les nouvelles pratiques en politique, il est plus facile d'en parler que de les mettre en œuvre. Imaginez donc, "Azouz Begag leur a confirmé sa candidature comme tête de liste pour conduire le Modem aux élections régionales de mars 2010. Ils lui ont apporté un soutien total et enthousiaste". Rien de moins.

Avant de discuter le "bout de gras" entre eux, les présidents en question avaient pris soin de faire sortir les "intrus" de la salle. A commencer par Thomas Rudigoz qui accompagnait Begag. L'élu lyonnais, qui pilote l'ancien ministre, a le tort aux yeux de certains d'avoir été élu sur les listes de Gérard Collomb aux municipales puis avec le soutien du PS aux cantonales. Ce qui fait beaucoup lorsqu'on veut promouvoir une liste autonome au premier tour des régionales.

Le président départemental du Modem Cyrille Isaac-Sibille a beau assuré qu'il n'a pas eu l'impression de tomber dans un traquenard en allant à Saint-Etienne, il n'imaginait pas forcément en repartir avec un tel communiqué. Ce "soutien total et enthousiaste" est donc né avec les engagements de l'impétrant sur le fait de partir quoiqu'il arrive en autonome au premier tour des régionales et sur celui de s'appuyer lors de cette campagne sur les fédérations du Modem plus que sur son "entourage" actuel. Reste que la réunion s'est tenue à huis clos et que ces points ne figurent pas dans le fameux communiqué. Si jamais il y a des Saint-Thomas au Modem, voilà qui risque de doucher "l'enthousiasme" affiché en façade. On sera d'ailleurs curieux de voir si les grands discours de Begag contre le cumul des mandats et des indemnités s'appliqueront avec autant de scélérité à ses colistiers. Ou si cela se terminera comme au PS. Alors, qui se ressemble s'assemble ?

08sept.

(Be)gag de rentrée

Ah la bonne nouvelle ! Le retour d’Azouz Begag vient éclairer cette rentrée ; il nous ferait presque oublier la méchante grippe A qui, si l’on en croit la presse, nous menace à tous les coins de rue. Azouz Begag, c’est l’assurance de quelques bons moments de franche rigolade. D’ici les élections de mars prochain, on peut compter sur lui pour animer à sa façon la campagne des régionales. En six mois, il a largement le temps de se (re)fâcher avec François Bayrou ou de lâcher ses plus fervents supporters au milieu du gué en s’embarquant pour les Amériques.

Une bonne nouvelle pour les écolos, il ne sera pas nécessaire de gaspiller beaucoup de papier pour imprimer son programme. Ce n’est effectivement pas lui qui risque de proposer la moindre idée susceptible de changer la vie des Rhônalpins. Souvenez-vous. Pendant les 22 mois qu’il a passés au ministère pour la Promotion de l’égalité des chances, Azouz Begag nous a montré toute l’étendue de son talent. Il a réussi l’exploit de ne strictement rien faire. Pas la moindre décision, pas la plus petite action, pas la plus infirme initiative. Rien. En dehors de quelques escapades au soleil, il a surtout occupé ses journées à tirer à vue sur Nicolas Sakozy.

Une chose est sûre : le retour d’Azouz constitue une véritable chance pour le Modem du Rhône. Ils ont désormais une excuse toute trouvée pour justifier les guéguerres internes qui minent leur fédération.



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