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03juil.

OL: la Bourse ou la vie

Ceux qui se faisaient encore quelques illusions sont aujourd’hui édifiés. Jean-Michel Aulas préfère la Bourse au sport, le fric à l’aventure et au spectacle. En vendant le joueur emblématique de son club, Jean-Michel Aulas montre qu’il n’a rien à cirer des supporters de l’OL ; seuls comptent les millions d’euros qu’il encaisse avec le départ de Karim Benzema.
Bien sûr, on n’a pas attendu cet événement pour découvrir que le foot professionnel est gangrèné par l’argent. L’entrée en Bourse de l’Olympique lyonnais en a été la preuve la plus éclatante.
Reste que même en ce domaine, les pratiques d’Aulas sont pour le moins contestables. Souvenons-nous. En début d’année, il évaluait Benzema à 100 millions d’euros. Moins de six mois plus tard, on connaît le prix réel : 35 millions d’euros. Trois fois moins qu’annoncé. Aulas a roulé ses actionnaires dans la farine, il leur a communiqué sciemment de fausses informations, ce qui est pour le moins gênant quand il s’agit d’une société cotée en Bourse.
On pourrait s’étonner du silence de l’AMF (l’Autorité des marchés financiers) qui ne trouve rien à redire de ces mensonges qui peuvent avoir des conséquences sur les cours de la Bourse. Il est vrai que la même AMF a laissé Aulas impunément raconter n’importe quoi dans la note financière distribuée au moment de l’introduction en Bourse. Pour séduire les actionnaires qui ont perdu depuis les trois quarts de leur mise, Aulas leur avait en effet promis une mise en service du Grand stade « au plus tard en début de saison 2010-2011 ». Et tant pis pour les gogos qui ont pris ces gros mensonges pour argent comptant.

12juin

Le sport et l'argent foo(t)

Haro sur les patrons ! Haro sur les parachutes dorés, les salaires indécents et les stocks-options à faire pâlir de jalousie les gagnants du Loto ! A droite comme à gauche, tout le monde s’accorde pour dénoncer les excès. L’indignation de madame Michu s’accroît fort logiquement lorsque l’Etat est obligé de renflouer les caisses d’une société en difficulté. « Rendez l’argent » hurlent tous ceux qui ont gardé les pieds sur terre.
Malheureusement, la lucidité a des limites. Dès qu’il s’agit de foot, on n’entend plus personne. L’Espagne est en pleine récession. Des millions de chômeurs s’interrogent pour savoir comment ils vont pouvoir simplement nourrir leur famille. Qu’importe ! Le Real de Madrid dépense 93 millions d’euros pour recruter un joueur présenté comme le Jean-Marie Messier ou le Daniel Bouton du ballon rond.
L’Espagne n’a pas le monopole de l’indécence. Lyon n’a rien à envier à Madrid. Quel élu osera dénoncer les salaires de 400 000 euros par mois ? Ou les 100 millions d’euros réclamés par Aulas pour accepter de laisser partir Benzema ?
Et que l’on ne vienne pas nous dire qu’il s’agit d’argent privé. Sans les finances locales qui ont intégralement payé le stade de Gerland, l’OL serait resté un petit club amateur. Sans les subventions des collectivités qui vont devoir couler à flots, l’OL Land de Décines ne pourrait pas voir le jour. N’en déplaise au public et aux élus. L’argent n’est pas plus moral quand il dégueule sur Govou ou Juninho que lorsqu’il tombe dans les fouilles d’Antoine Zacharias qui s’empresse d’aller planquer son fric en Suisse.


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