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09juin

Mercier pourrait avoir une Ares en travers de la gorge

Vous connaissez Arès ? Attention, ne nous trompons pas. On ne parle pas ici du dieu grec de la guerre, celui-là même que les Romains honoraient sous le nom de Mars. L’Ares dont il est ici question, c’est plus prosaïquement l’Alliance Républicaine, Ecologique et Sociale, le parti que Jean-Louis Borloo s’apprête à porter sur les fonts baptismaux d’ici la fin de ce mois.

Du côté du Rhône, on serait curieux de voir qui va rejoindre l’Alliance. La conseillère régionale radicale Fabienne Lévy se veut optimiste. Outre ses camarades valoisiens, les membres du Nouveau centre et ceux de la Gauche moderne, elle verrait bien le maire du 2e arrondissement Denis Broliquier et ses amis de Lyon Divers Droite pointer le bout de leur nez. Et d’expliquer que « comme Broliquier est fondamentalement anti-UMP, il peut parfaitement être fondamentalement pour l’Alliance ». Pas sûr toutefois que les choses soient si simples localement ; les amis de Borloo vont devoir compter avec Michel Mercier. Bien malin qui pourrait dire ce que va faire le très centriste (mais néanmoins sarkozyste) président du conseil général. Deux de ses proches sont dans l’expectative. Christophe Geourjon semble tout disposé à rejoindre l’Alliance. Tandis que Marc Augoyard a déjà franchi le pas. Faut-il en déduire que l’actuel Garde des Sceaux est prêt à se rallier à Borloo ? Quand on connaît Mercier, on le sait tout à fait capable de laisser certains de ses proches intégrer l’Alliance, histoire éventuellement de la torpiller de l’intérieur si cela s’avérait utile à son intérêt.

En attendant de connaître le nom de celui (ou de celle) qui prendra localement la présidence de l’Alliance, Fabienne Lévy imagine déjà que le siège historique des radicaux rue d’Algérie pourrait fort bien accueillir l’Ares. On voit mal pourquoi le président départemental Nouveau centre, le député Raymond Durand, s’y opposerait.

Posséder un local ne suffit pas pour exister sur la scène politique. Encore convient-il de trouver des candidats susceptibles de se lancer aux élections législatives. C’est loin d’être gagné. Bien sûr, Fabienne Lévy est toute prête à partir à l’assaut de la 2e circonscription face au socialiste Pierre-Alain Muet. Ailleurs, c’est nettement plus difficile. On évoque parfois les noms de Thomas Ravier dans le Beaujolais ou de Baptiste Dumas à Villeurbanne. En attendant, ce sont les jeunes qui montrent l’exemple. Sans se soucier des tergiversations de ses aînés,
a déjà commencé à réunir les jeunes qui se reconnaissent dans la mouvance centriste et radicale. Un premier rassemblement s’est tenu ce mardi, histoire de créer une dynamique unitaire et de prouver aux élus concernés que la relève est prête.

Gérard Angel

15avr.

« Lyon au Centre » d’un « sondage » contestable

Dans la petite salle, beaucoup de chaises pour un groupe n’ayant que trois élus municipaux. On en déduit donc qu’il y aura beaucoup de journalistes. Non, non. Juste beaucoup d’intervenants… « Lyon au Centre » et le groupe municipal « Centristes et Démocrates pour Lyon » mené par Christophe Geourjon accueillent, avec le sourire, la presse ce jeudi.

Après quelques formalités de rigueur, léquipe distribue à lassistance un petit dossier : une enquête (à retrouver ici) conduite par une militante, Céline Bos, à laquelle ont répondu environ 200 personnes, de novembre à décembre 2010. Une sorte de bilan du mi-mandat de Gérard Collomb fait par les Lyonnais. On veut innover à « Lyon au Centre » sauf que… Petit (ou gros) bémol : lenquête nen est pas une.

Céline Bos a lhonnêteté de le déclarer et de lécrire noir sur blanc « Même si cette enquête nest pas parfaite, elle nous permet dapporter un peu de la parole des Lyonnais ». Pas parfaite, certes. Quand on lit : « je ne vis pas à Lyon » dans les réponses rapportées, là ce n’est plus une enquête. C’est plutôt un questionnaire, dont on s’est contenté de collecter et de mettre en forme toutes les réponses. Sans panel, sans tri. Un « sondage » sans les moyens d’un sondage quoi.

Pourtant, la forme est jolie. Il y a de la couleur, des petits camemberts, et même des smileys qui sourient ou qui ronchonnent, selon les avis des répondants. Mais tout ceci n’est pas suffisant pour être convaincant, surtout lorsque l‘on se plonge sérieusement dedans. Le nombre de réponses recueillies (200), alors que la population intramuros de Lyon est de 445 274 habitants, montre déjà les limites de cette enquête. Même si la diversité de l’âge est bien représentée (de 21 ans à plus de 70 ans, c’est presque le refrain de « la maladie d’amour »), rien n’indique qu’elle soit représentative de la population lyonnaise. Idem pour la catégorie socioprofessionnelle et la répartition par arrondissement. Il y a donc encore du boulot.

« Lyon au Centre » a voulu garder les réponses brutes : « Par soucis de transparence aucune modification n’a été apportée aux propos des répondants ni sur la forme ni bien évidemment sur le fond ». Sauf que cela rend le « sondage » désinvolte. Limite enquête de quartier. Le résultat n’est donc pas celui escompté. Et pour preuve, dans les réponses, on trouve des phrases plutôt cocasses comme « C‘est insifisant », On est sûr que le correcteur d‘orthographe l‘a souligné celui-là. « […] petit Casino, Monprix», au lieu de Monoprix. « L‘arrêt des terrasses en surfaces», ça c’est le genre d’information que seul « Lyon au Centre » est capable de comprendre. Ou encore « Lyon est très sale, même auprès des hôpitaux, le 7e une horreur !!!!!!!!!!!!!!!!!  ». On se croirait presque au beau milieu d’une discussion de bistrot.

Niveau questions, elles sont plutôt orientées : « A Lyon, l’accompagnement des seniors vous semble-il…», « A Lyon, l’offre d’activités sportives vous semble-t-elle… », ou encore « l’utilisation de vos impôts à Lyon vous semble-t-elle… ». Qui a déjà entendu un Français dire que ses impôts sont bien utilisés et qu’il n’en paye pas assez ? Pour poser les bases de son programme politique, on a connu mieux.

Bref, « Lyon au Centre » a voulu effectuer une enquête pour avoir l’avis des Lyonnais sur le mandat de Gérard Collomb. Bonne initiative. Sauf que ce « sondage » est à leur image : il a la fraîcheur et la bonne volonté d’élus qui accomplissent leur tout premier mandat. Mais aussi le manque de moyens d’un groupe qui ne compte que trois élus municipaux.

Céleste Bonneau



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