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23juil.

A chacun ses congés d’été


Jacky qui rit, Phiphi qui pleure. Oh, on caricature à peine. Ce n’est pas notre genre. N’empêche que dans le package de la rénovation socialiste qui vient d’être adopté, l’info est un peu passée inaperçue. Pour laisser place à la grande primaire à gauche que nous promet le PS, le parti ne tiendra pas de congrès ordinaire l’an prochain, contrairement à ce qui était prévu au départ.

Le calendrier se calque désormais sur la présidentielle : un congrès à l’automne 2012 et le suivant, trois ans après, à mi-quinquennat. Au passage, la première secrétaire mais également les « premiers fédéraux » comme Jacky Darne et tous les secrétaires de section récupèrent ainsi un an de rab. Ce sera toujours une occasion de moins de se chicaner en au sein de la famille socialiste.

Si tant est que son avenir puisse causer du soucis au patron du PS du Rhône, il va pouvoir partir en vacances tranquille.

Pas de répit par contre pour son alter ego de l’UMP Philippe Cochet. Le président de la fédération du Rhône doit repasser devant les militants à l’automne. Pas sûr pourtant qu’il passe son été à bûcher vu le suspens qu’il y a.

A l’UMP, l’élection des délégués de circonscription qui va suivre sera plus intéressante. On se tire déjà la bourre ici où là, notamment dans le Beaujolais où à la Croix-Rousse. Des rivalités qui ne vont peut-être pas favoriser la cohésion en vue des cantonales de l’an prochain, quand  certaines plaies risquent de ne pas être totalement cicatrisées. Le parti présidentiel sera toutefois en ordre de bataille pour préparer la mère de toutes les élections et les législatives qui vont suivre. Afin « d’assurer le coup », les postulants pour (re)partir à l’Assemblée ont ainsi tout intérêt à être dans les petits papiers du délégué de circonscription, à défaut de l’être eux-mêmes.

Même si ce changement de pied concernant le congrès fait partie du package rénovation au PS, pas sûr que celle-ci gagne aux changes. Dans la perspective des législatives, il est évident que des premiers fédéraux parfois mal élus dans les tangages du congrès de Reims, en fin de mandat et de légitimité, vont avoir du mal à imposer la rénovation dans les candidatures à leurs troupes. Les barons locaux ne manqueront pas de tirer, une nouvelle fois, les marrons du feu. Une perspective « prometteuse » vu l’âge moyen (65 ans passés) des députés socialistes du Rhône. De quoi méditer durant la trêve estivale.

Alexandre Buisine

 

A la lumière de ces perspectives (réjouissantes ?), Les Potins ont décidé de faire un break pour les méditer. Ils seront de retour en kiosques le 9 septembre. Bonnes vacances à tous.

03juin

L'UMP un peu vieux jeu(ne)

Que les pontes chenus de la droite se rassurent. Quand le trépas assurera enfin une retraite aux Charles Pasqua ou autres Serge Dassault, Michel Forissier, secrétaire départemental de l'UMP, et Jean-Paul Regnault, candidat aux cantonales de Villeurbanne ce week-end, veilleront à donner une seconde jeunesse au parti présidentiel. Les deux adolescents rhônalpins, âgés respectivement de 67 et 62 ans, étaient réunis mercredi soir dans« café-débat » de l’UMP pour parler de l’ « engagement jeune en politique » à Villeurbanne, et faire un point sur l’élection partielle. Coup de semonce aux Jeunes populaires ou coup de bluff à l’éternelle jeunesse ? Les Potins mènent l’enquête.

18 heures. Arrivée tambour battant à l’étage du Ninkasi, ce bar de plus en plus neuf à mesure qu’il vieillit, façon Catherine Deneuve. Pas besoin de me présenter, la section recrutement me fait la bise et m’invite à exposer mon état-civil. « Journaliste ». Pas de bol, ça ne rentre pas dans les cases. D’un statut de possible recrue, je passe à celui d’un suspect rebut. L’hôtesse me toise. « J’espère que vous irez voir aussi les MJS… ». « Pourquoi, eux aussi ils ont un président sulfureux ? ». Benjamin Lancar est annoncé voie B. Sans alcool. Le président des Jeunes populaires revient tout juste de Mayotte où il confesse avoir « mobilisé les jeunes UMP ». Sûrement en vue de sa réélection.

Question de protocole (de com’), Jean-Paul Regnault et Emmanuelle Haziza, les deux candidats aux cantonales de Villeurbanne, se font photographier avec des « jeunes » comme on n'en fait plus ; chics, classieux, peignés, des vrais portraits à la Rembrandt. Cardiaque comme pas deux, mon stylo rend l’âme devant un tel tableau. Juste au moment où Michel Forissier allait parler de... Meyzieu. Vite ! Retour express à la casbah… puis au Ninkasi, crayon en main. Ouf !  Rien n’a bougé, à en croire le sourire toujours figé d’Haziza. On annonce alors une tragique nouvelle : « Yves Cochet ne sera pas là ce soir ». Pratique, le député Verts n’était pas prévu au programme. Rectification faite, c’est bien « Philippe Cochet, président de la fédération UMP du Rhône, [qui] est retenu par des obligations à Paris ».

Du coup, Michel Forissier prend la tête (d’affiche), et s’exclame : « Vous, les jeunes populaires, représentez l’avenir. De toute façon, un jour, il faudra passer la main ». Pas tout de suite quand même.  Le maire de Meyzieu étant candidat aux cantonales l'an prochain. « Ce soir, on est nombreux, on est peut-être trop nombreux » souligne-t-on dans l’équipe organisatrice. Pourtant, le militant est une espèce en voie de disparition à l’UMP (Le Point révèle que les Jeunes populaires ne sont plus que 11 000 aujourd’hui contre 30 000 en 2007). Qu’importe, on ne pourra pas faire pire que lors de la « venue de Benoit Hamon, où il y avait seulement quatre MJS pour l’accueillir ». Avec 40 jeunots plus quelques parents d’élèves pour soutenir Jean-Paul Regnault, c’est sûr, on table sur un record de mobilisation.

Le café-débat rivalise très vite avec un bilan de campagne, sans café ni débat. On fête déjà une victoire « promise, logique et méritée » les 6 et 13 juin prochains. On se félicite, on se congratule, et on s’exhorte à ne pas se « soumettre à la fatalité », quand on sait que Villeurbanne est un bastion de gauche depuis un siècle. Le micro lâche devant tant d’assurance. Après une heure, alors que des suspicions de sieste pèsent sur Jean-Paul Regnault, ce dernier se lève enfin pour remercier « tous les jeunes qui ont été omniprésents dans cette campagne », et rappeler à tous qu’il « fait de la politique depuis 1977. » Et ? « Ça fait un bail ». Jeunes populaires, il vous reste à vieillir avant de prendre la relève à l’UMP.

Alvaro Canyon

25fév.

Pince-fesse: vernissage de campagne à l’UMP

L'enseigne ressemble à une vieille chanson d’Alain Barrière : Mavi. Un gros « tube » à l’époque, un bon tuyau aujourd’hui. Un magasin de sapes en faillite récupéré pour l’occasion. Du prêt-à-porter, parfait pour faire de la politique. « La mode à petit prix », ça tombe bien, il n’est pas question d’augmenter les impôts. La devanture est rose, un peu comme si les socialistes avaient savonné la planche.
Inauguration prévue samedi vers midi. Gling ! Nora Berra pousse la porte, elle embrasse tout le monde, Françoise Grossetête sourit, tout se passe bien on arrive des Halles de Lyon, ça met en appétit. L’ambiance est classe, on est loin de l’élégance approximative des socialistes. Gros défilé de manteaux de prix, il ne fait pas chaud. Du pied de poule, du pied de coq... du pied de grue aussi, dans un coin, accoudé au comptoir, Philippe Cochet veille au grain. Les femmes portent la coupe au carré, blonde si possible, et des écharpes aux mille couleurs chamarrées. Sauf Fabienne Lévy qui s’enguirlande elle-même d’une superbe écharpe vert-sapin. Les hommes ont des coiffures plus sages, accommodés avec les restes, plus ou moins broussailleux selon le degré de calvitie qui rationne les ressources capillaires.
On ne s’entasse pas ici comme dans le métro. On reste dans une mondanité convenable, on se voussoie, on se papote. Ca ressemble moins à une réunion politique qu’à un vernissage. Rendez-vous le 21 mars pour savoir qui aura été verni. Tout d’un coup Françoise Grossetête rassemble ses troupes : « nous n’avons pas de micro », avertit-elle. Et pas beaucoup de chauffage non plus, les convecteurs ont l’air en RTT. Il y aura pourtant deux pannes d’électricité en dix minutes, deux pétages de plombs, dans une réunion aussi bien élevée !
« C’est parti, tout le monde est dans les starting blocks », clame Françoise Grossetête. Car, elle en est sûre, la dynamique du premier tour entraînera la victoire du second. Voire du troisième ou du prochain.
Philippe Meunier fustige Jean-Jack Queyranne, qui a « laissé partir l’EPR », cette nouvelle génération de centrale nucléaire. Tout doux, ce n’est quand même pas lui qui est responsable des deux pannes de courant. « Sabre au clair (..) nous allons remettre cette région sur les rails », insiste Meunier qui a une conception un peu hussarde des transports ferroviaires. « Ne regardons pas le passé mais l’avenir, battons-nous ». Sinon ce seront nos adversaires qui le feront. Nora Berra n’est pas moins enthousiaste : « Des talents, on n’en manque pas, on n’a pas eu besoin de people ». Ca, c’est pour Gwendal Peizerat. Maintenant que les liste sont faites, il n’est plus temps de rouler des patins. Buffet. Quand on s’appelle « populaire » on fait dans les produits du terroir : charcuterie, jambon de poulet, Brouilly, Côteaux du Lyonnais, Chignin. Les tables de pique-nique  sont vite nettoyées.
Dans un coin, une curiosité rarement vue dans une permanence électorale : des cabines d’essayage. Françoise Grossetête avait pourtant indiqué que son programme était « reconnu comme étant un très bon projet pour la région Rhône-Alpes », on ne pensait tout de même pas qu’on puisse l’essayer sur place. Espérons seulement que les candidats n’ont pas été sélectionnés de la même manière. Décidément l’équipe de campagne a su profiter de tous les équipements du magasin de vêtements. Les vestes ont été accrochées sur des cintres à des porte-manteaux. Les candidats n’auront pas besoin de se baisser pour les ramasser.
Timéo Danaos



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