Dis-moi comment se passent les réunions publiques et je te dirai quel est le parti. Chez Europe Ecologie, c'est bonne ambiance avec le ring au milieu de l'arène. Et pourtant, mardi près de la moitié des huit cents participants étaient debout, faute de place. Qu'est-ce que ça aurait été si les écolos avaient tenu meeting dans une salle plus accessible que celle de Francheville et par un temps plus clément !

La scène avait beau ressemblé à un ring, les coups ont - cette fois - été plutôt retenus. On était loin de la réunion publique sur le logement de Villeurbanne où ressortait en filigrane qu'aujourd'hui les élus en place ne faisaient rien en la matière. Mardi, l'adresse aux socialistes pouvait se résumer dans ce bon mot de Noël Mamère, reconverti en GO: "N'ayez pas peur" (des écolos). Impression confirmée par Daniel Cohn-Bendit qui, réaliste, préfère regarder le poids et l'influence d'Europe Ecologie au soir du premier tour que le nombre de régions qu'elle pourrait (peut-être) diriger. Ou une Cécile Duflot dont le discours apporte indubitablement un peu de fraîcheur à la classe politique.

Etait-ce la présence du maire socialiste de Francheville René Lambert ? L'édile est non seulement venu (après tout l'entrée est libre) mais on lui a également donné la parole. Ça n'a pas empêché Philippe Meirieu, arpentant la scène avec sa démarche syncopée, de donner quelques coups de griffes au PS. On ne refait pas le pédagogue, à fond dans sa démarche d'éducation pour offrir d'autres valeurs que celles de la consommation à tout crin aux jeunes.

On était évidemment à mille lieues du classicisme de l'UMP pour son lancement de campagne. Après tout, pourquoi changer ? C'est le premier parti de France. Le truc, c'est que pour galvaniser les foules, il faut donner l'impression d'y croire. Bernard Accoyer peut terminer son discours par un magistral: "pour la France", ça n'efface l'impression bizarre que laissent les candidats ardéchois en se plaçant dans la perspective d'une défaite avec une vice-présidence pour leur concurrent socialiste Hervé Saulignac. Ou le bide monumental parmi les militants de la conseillère élyséenne Sophie Dion qui conclut même en parlant des "belles têtes de gondole" de l'UMP pour ces régionales. Derrière Philippe Meunier a choisi de ratisser large en saluant à la fois le travail de Charles Millon... et celui d'Anne-Marie Comparini à la Région. La droite n'était pas aussi œcuménique en 1998. Il en fallait manifestement plus pour mobiliser les troupes. Les Jeunes populaires ont eu beau se lever, applaudir, hurler à l'arrivée au micro de Françoise Grossetête, ils ne représentaient qu'un quart de la salle. L'autre partie est sagement restée assise...

Au moins la députée européenne a-t-elle laissé la parole à se colistiers. En présentant les siens lundi dernier, Azouz Begag a - malgré ses promesses - monopolisé le micro dans un freestyle qu'il affectionne tant. A bon escient ? Derrière lui, à part Richard Morales qui tentait de faire bonne figure, Anne-Sophie Condemine et Anne Pellet donnaient parfois le sentiment d'être atterrées. Juste une impression sans doute. On attend avec impatience le premier "meeting" du Modem, lundi place Bellecour sur un tabouret.