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07mai

Fiançailles multisexe à Chiroubles

Pour réussir des fiançailles, il faut deux partenaires, si possible de sexe différent. Mais pas forcément. En Beaujolais, on ne s’embarrasse pas des convenances. On le fait volontiers à trois et même dix fois d’un coup. Samedi s’ouvrait à Chiroubles la dixième Fête des Crus. On y célébrait les fiançailles entre la belle bouffe, le vin et la ville. Pour la belle bouffe, dix toques blanches emmenées par Christophe Marguin. Pour la politique, on pouvait trouver dix toqués, Les Potins se seraient fait un plaisir de donner des noms. On préféra inviter les maires des neuf arrondissements, et la mairie centrale. Enfin les vignerons. Dix de chaque, pour les dix crus. Il s’agit de faire revenir le Beaujolais à Lyon. Le « troisième fleuve », si l’on en croit la tradition qui veut qu’il y coule aussi dru que le Rhône et aussi tendre que la Saône (d’ici à ce que Collomb veuille en aménager les berges !).

10 h 30, les officiels ne sont pas encore là. A la Maison des Vignerons tout est en place, un long bar elliptique, toutes les bouteilles rangées sur leurs rayons, certaines ouvertes et déjà bien vérifiées. Il fait frais comme dans une cave, et les vignerons en grande tenue insistent pour qu’on se joigne à eux aussi sec, afin de commencer la dégustation. Comme on a la mémoire des traquenards, et qu’on ne veut pas confondre « fêtes des crus » et « prendre une cuite », on joue l’esquive. Les premiers officiels arrivent. Les maires d’arrondissement portent une boîte carrée ornée d’un joli ruban : le cadeau de fiançailles. Bague en brillants ? Jarretière ? Sextoy ? Mais qu’y a-t-il donc dans ces boîtes ? Il faudra attendre la fi n de la cérémonie pour en avoir le coeur net.

Tout le cortège rejoint la Maison des Vignerons où la température grimpe d’un coup. Dix crus à déguster, chacun en une vingtaine de variétés, ça fait plus de deux cents bouteilles. Les plus avisés recrachent au fur et à mesure le divin breuvage. Et à cet exercice, les politiques sont imbattables, nul ne sait mieux qu’eux tenir le crachoir. Déjeuner VIP. Cinq cents personnes sur des bancs en bois. Mercier vient d’arriver attiré par l’odeur de cuisine. Pour lui et Jean-Michel Daclin une cérémonie émouvante va se dérouler. Ils vont être intronisés « Damoiselles de Chiroubles ». Ils prêtent serment la main sur le coeur de toujours chanter les mérites de la robe de rubis. On leur remet une médaille dorée, lourde comme un couvercle de cocotte-minute. On leur épargne le petit tailleur blanc à bordure violette qui va avec. Officiellement, ils ne sont que chevaliers des Damoiselles. Dommage, la photo aurait déjà fait le tour du web.

Enfin les fiançailles commencent. Remise de cadeaux, les chefs offrent un livre sur l’histoire des toques blanches, les vignerons deux de leurs meilleures bouteilles, et les maires la mystérieuse boîte carré avec le ruban croisé. Qui cache quoi ? Un diable lubrique ? Une langue de belle-mère ? Un kama-sutra en 3D ? Que peut-on bien offrir un jour de fiançailles ?

Broliquier a oublié sa boîte, le temps d’aller la chercher et le 2e arrondissement se retrouve derrière le 4e. Fiancé avec le Brouilly après s’être brouillé avec l’UMP. Le Chenas avec le 1er, le Chiroubles avec le 3e, le Juliénas avec le 4e, le Côte de Brouilly avec le 5e, le Morgon avec le 6e, le Fleurie avec le 7e, le Moulin à Vent avec le 8e, comme ça tombe bien ! Et le Saint-Amour avec le 9e, « pourvu que ça dure... », semble se dire Alain Giordano.

Quant à la mairie centrale elle hérite du dernier des crus, considérant que Collomb est appelé à Régnié encore pendant quelques temps. Et chacun repart avec ses cadeaux sans ôter le ruban. Mais qu’est-ce qu’il pouvait bien y avoir dans ces boîtes carrées ? On ne le saura jamais*.

Timéo Danaos

* La réponse est dissimulée dans le journal.

22avr.

Coeur d’archi show

Jeudi dernier, dans les salons rouges de l’Hôtel-de-Ville, le Prix de la Jeune architecture couronnait de lauriers les élèves de l’Ensal, venus de Vaulx-en-Velin tête nue.

A l’entrée, on remettait un catalogue carré, lourd comme un gigot d’agneau avec os. Papier glacé, photos, croquis, quadrichromie, l’Ecole nationale supérieure d’architecture de Lyon avait fait les choses en grand et en vert. Un recueil de projets quelques fois délirants comme celui de tours jumelles dans le cœur de Vaulx-en-Velin avec discothèque au sommet. Ou d’exaspérations verbales comme cette citation de Pierre Restany « c’est la réalité sociologique toute entière, le bien commun de l’activité des hommes, la grande république de nos échanges sociaux, de notre commerce en société, qui est assignée à comparaître ». Ça ne doit pas aider à trouver l’entrée de l’immeuble !

Par bonheur, Gilles Buna n’avait pas lu Restany. C’est lui qui officiait au nom de la Ville de Lyon comme figure tutélaire. Il jouait le rôle de Sainte Barbe, patronne des architectes, bien qu’il ait rasé la sienne. Disert, selon son habitude, il commence toutes ses phrases par « je dirais » et il le dit. Buna parle en colimaçon - ce n’est pas une nouvelle obédience - il improvise, tourne en rond, revient sur ses pas. Il fi nit par s’en rendre compte : « je suis en train de broder ». Il passe donc le napperon à la directrice de l’Ecole pour qu’elle termine l’ouvrage.

Nathalie Mezureaux s’empare du pupitre, pose dessus une liasse de papiers. On sent qu’on n’y échappera pas, elle lira jusqu’au bout. Tout le monde sera remercié et il saura pourquoi. Enfin les lauréats sont graciés. Elise Duriez, pour une « promenade séquencée villeparc » sur le campus de la Doua. Laurie Mercusot pour une « redéfinition des espaces résiduels existants », sur le campus de Vaulx-en-Velin. Sixte Dousseau de Bazignan pour une « colline artificielle » derrière la gare Saint-Paul. Luc Lefèvre, pour une école de musique visant à « insinuer des porosités entre l’art et l’architecture ». Et Elena Mass pour des « îlots de végétation spontanée », jouant le rôle de « mur-filtre » en abritant des « maisons d’été locatives » sur la pointe de la Confluence.

Aucun de ces projets ne devrait jamais voir le jour, Collomb peut dormir tranquille. Ou plutôt se contenter de ses insomnies habituelles faites d’OL Land, d’Hôtel-Dieu, de berges de Saône et d’Etienne Tête. Et puis tout le monde rejoint les buffets. Un protocole tacite fait que les professionnels installés, en col Mao ou veste de velours, croisent peu les étudiants habillés en étudiants, c'est-à-dire souvent en n’importe quoi.

On entrevoit Pierre Franceschini, l’architecte des Bâtiments de France, le Raminagrobis de la profession, moustache drue, lunettes carrées, le genre de matou qu’on ne risque pas de confondre avec un chat de gouttière. Dans un coin, une séance photo s’est improvisée. On a collé les cinq lauréats contre le mur et le défi lé des i-phones commence. Tout cela finira sur Facebook.

Le buffet propose du kir, des bouteilles de vin blanc plongées dans des bassines de glace, du jus de pêches de vigne. Et du Perrier, mais cette fois-ci « à petites bulles ». Encore un petit métier ignoré du grand public et qu’on a peine à imaginer : trieur de bulles chez Perrier !

Une jeune fi lle se débat avec un drôle d’amuse-gueule qui mérite bien son nom : une quenouille formée d’un spaghetti qu’elle essaie en vain de dérouler de sa brochette. Nous nous réfugions sur des valeurs sûres composées uniquement de denrées connues. Un catalogue, un kir, des congratulations, et voilà. Une centaine de nouveaux architectes vient d’être expédiée dans le vaste monde. Pour le meilleur et pour le pire.

Timéo Danaos

16avr.

Collomb joue les fils de l’air

On se doutait que Collomb se sentait pousser des ailes, on en est sûr maintenant. Pas des ailes d’ange, ce n’est pas avec ça qu’on fait une carrière politique. Des ailes de coucou ou de Falcon, c’est selon. Vendredi, il concélébrait l’inauguration d’une extension de l’aéroport de Bron, celui réservé à l’aviation d’affaires.

Le Hall 8 déjà, il fallait trouver. Nous le cherchions benoîtement entre le 7 et le 9, mais non. A moins qu’il soit rendu invisible aux moldus, comme chez Harry Potter. Selon une mystérieuse arithmétique, le Hall 8 a été construit juste avant le Hall 1, au pied de la tour de contrôle, à une main de l’aérogare. Un indice a fini par nous guider : des voitures de fonction, des flics en faction, un tapis rouge et surtout un camion de traiteur.

Dans un hangar fait pour abriter neuf avions, une estrade et des sièges avaient été montés. Et sur l’estrade : Yves Guyon. « Discrétion et efficacité », sont les deux mamelles de l’aviation d’affaires proclame-t-il en substance. Mamelles qui devraient être multipliées par trois, si tout va bien, dans les années à venir. Oui, confirme Guy Mathiolon, car il y a bien un « s » à Aéroports de Lyon.

Puis Gérard Collomb s’empare du pupitre et prend son envol : « Quand nous rentrons d’un match avec Michel Mercier... ». L’OL donne des ailes. Voilà qu’il plane au-dessus de l’Est lyonnais, « des territoires d’avenir », et fait défiler le panorama de ses projets urbains, OL Land compris.

L’assistance, composée de managers de la région, s’en tamponne imperceptiblement le coquillard. Mais Collomb s’envole vers un avenir où le ciel de Lyon deviendrait la deuxième porte d’entrée du territoire français et lui-même serait porté par on ne sait quel nuage.

Sur le plancher des vaches Michel Mercier s’impatiente. Son tour arrive. L’ex-sénateur, toujours-président, enfin-ministre commence par observer que tout a déjà été dit. Il en faut davantage pour arrêter un Mercier qui a envie de parler. Il parle, donc. Nul ne saurait se souvenir de ce qu’il a dit, mais c’était fort sympathique. Mercier conclu, on lance un film tonitruant avec une musique à 120 décibels, le bruit d’un Airbus au décollage. Pour fêter les cent ans de l’aviation lyonnaise, on se projette en 2050, l’aéroport compte quatre pistes au lieu de deux, et 25 millions de passagers au lieu de huit. Personne n’a encore rien bu, mais déjà l’inauguration monte à la tête.

Le buffet se tient sous un chapiteau en plastique transparent, sorte de tente à oxygène pour crise économique au bord de l’asphyxie. On y sert des bulles, du vrai champagne. Michel Forissier s’extasie devant le jambon cru tranché en direct, de quoi vous réconcilier avec les inaugurations prestigieuses. Des messieurs en complet « executive » se congratulent conjointement et réciproquement, une flûte à la main. En flûtes aussi, une Arielle Dombasle à longues jambes se donne des airs de Barbarella de cuir noir. Une autre chouchoute dans ses bras un caniche renifleur qui lui sert aussi de goûteur et un peu d’essuie-tout. L’animal ne sait plus où donner de la truffe, lui non plus.

Voilà qu’on apporte l’attraction finale : une fontaine de chocolat dans laquelle on vient  tremper une brochette de fruits. Amusant mais délicat. On s’en met un peu partout au point d’être obligé de s’en lécher les doigts. On croit avoir entendu une dame proposer son aide pour cette délicate opération. On a sûrement mal compris. Visiblement les transports aériens rapprochent les personnes. De l’autre côté du hangar, Gérard Collomb est interviewé devant un jet privé, un zinc capable de vous expédier à l’autre bout du monde et de vous ramener avant le prochain remaniement ministériel, comme dirait Alain Joyandet. Pour peu qu’on trouve un courant porteur.

Timéo Danaos

08avr.

Il était beau, mon légionnaire...

« La légion d’honneur, ça ne sert à rien de la refuser, il faut se débrouiller pour ne pas la mériter ». Selon cette maxime de Maurice Maréchal*, Robert Batailly a tout faux. Après avoir été fait chevalier puis officier, il était cravaté lundi « commandeur de la légion d’honneur ». Ruban rouge autour du cou avec l’étoile à cinq rayons doubles, le roi n’était pas son cousin, l’Empereur, si. Tout le Musée Grévin des notables lyonnais était venu l’acclamer, qui des entreprises, qui de la politique, de l’armée, du clergé, de la gauche, de la droite, et aussi de la franc-maçonnerie, tant l’homme est connu pour porter le tablier.

A droite de l’estrade, dans le grand salon doré de la préfecture, il y a quelques rangées de chaises pour les invités vintage. Ses conscrits ne sont plus de la première jeunesse, il est né en 1934. Et les discours allaient être longs, très longs. La salle comptait au moins autant de rosettes que le Parc de la Tête d’Or, quelques rubans bleus du Mérite, des épinglettes du Rotary, et même des distinctions plus énigmatiques, comme des crocodiles brodés sur des polos. Vu l’âge des participants, leurs coiffeurs respectifs nous offraient un festival de couleurs qui n’existent pas dans la nature, mais qu’on trouve couramment au rayon des jouets, sur la tête des poupées. Des champs de blés, des vieilles souches, des pruniers, des acajous, des écureuils, des flamboyances acryliques, des hérissons en nylon noir, et même une curieuse choucroute qui a dû rester coincée sur son crâne, depuis la période Bardot. Si Louis la Brocante passait par là, il aurait raflé le lot.

Mercier parle. Il salue Batailly qui est un « pays ». Comme lui, il vient de Bourg-de-Thizy où sa mère tenait le bistrot de l’Hôtel-de-Ville. Est-ce là qu’a germé l’idée de s’inscrire au Parti radical ? Il paraît que la politique s’y faisait à table. Aujourd’hui, c’est plutôt dans l’arrière cuisine. Mercier retrace toute la carrière de Batailly, commencée sous Doudou terminée sous Gégé, à la ville et au département. A ses côtés Nora Berra, chargé des aînés et donc en plein repérage. C’en est assez, tu l’a bien mérité, dit en substance Mercier avant de le cravater fermement.

Puis viennent les remerciements. Batailly lit un véritable annuaire téléphonique de tous ceux qui ont joué un rôle dans sa carrière. La liste est aussi longue qu’un comité de soutien à Queyranne, en comptant ceux qui n’ont rien demandé. On comprend pourquoi les mamies s’étaient dépêchées de squatter un siège. Elles en profitent pour hiberner en attendant la fin de la sonnerie aux vivants.

Enfin, c’est le cocktail et tout le monde s’achemine précautionneusement vers les buffets sur un plancher tout de même ciré. C’est la fête. Sauf pour Robert Batailly pour qui le disneyland continue. Tout le monde veut le congratuler à commencer par Queyranne et Collomb. Embrassades, accolades fraternelles, chacun veut se faire photographier avec lui. On se croit commandeur de la Légion d’honneur et on se retrouve Père Noël aux Galeries Lafayette.

Le crémant de bourgogne est de retour, avec son compatriote le cassis. Dans un coin, un ecclésiastique broute une carotte accompagnée d’un jus de pêche de vigne. Deux mamies passent d’un buffet à l‘autre et réciproquement avec une gourmandise persévérante. Il y a aussi du beaujolais, du kir et du cognac. Bon-bon-bon. Ce n’est pas parce qu’on est l’invité d’un franc-maçon. Mais il s’agit tout de même de garder le compas dans l’œil et de rentrer d’équerre.

Timéo Danaos

 

* Maurice Maréchal, fondateur du Canard Enchaîné.

25mar.

Pince Monseigneur

C'est sur ses domaines que l’archevêque de Lyon devait inaugurer une rétrospective du peintre lyonnais Jean Couty. Tout d’abord il fallut gravir les pentes de Fourvière à la ficelle, entouré d’un agglomérat de Chinois ébahis et moyennement rassurés.

Devant le Musée d’art religieux, le hasard de la queue nous place juste derrière une silhouette grise, vêtue d’un vieux pardessus et d’une casquette populaire, qu’on aurait prise pour Krazucki de dos, tant les voies de Dieu sont impénétrables. C’est Philippe Barbarin. Il ne restait plus qu’à prendre un air chanoine et à s’infiltrer à sa suite pour parvenir rapidement jusqu’au sain dessein : vernir cette exposition. La cérémonie allait se dérouler sous un marabout, au milieu de la cour. Un marabout en terres catholiques, décidément l’Eglise n’est pas sectaire !

Plus de cinq cents personnes se pressent ici, d’à peu près tous les âges à partir de soixante ans. Un manteau en fausse panthère d’acrylique côtoie d’autres fourrures plus européennes et surtout plus authentiques. Seule Alexandrine Pesson nous béatifie d’un long manteau violet d’un ton rigoureusement épiscopal.

Il semble que chacun ait quelque chose à confier à son évêque et Barbarin passe de bouche à oreille, comme une absolution. Tout d’un coup quelqu’un crie « chuut ! ». Et tout le monde se tait. Mais une autre voix proteste : « mais non, vous pouvez parler ». Et tout le monde reparle. Ça se passe comme ça, sur la colline qui prie. Les ouailles s’affolent pour rien.

« Place, place ! » La foule est trop dense. Les organisateurs se rendent compte que le maire de Lyon ne pourra pas passer. Ils font donc dégager un couloir de 1,5 m de large. Un Collomb équilatéral d’1,5 m, l’auraient-ils confondu avec Raymond Barre ? Collomb parle. Quand il était jeune, il rendait visite à Jean Couty dans sa maison de l’Ile Barbe. Ils buvaient du champagne et Madame apportait des gâteaux. Couty  croyait en Dieu et Collomb croyait en son destin.

Puis Barbarin parle. Quand il était enfant, lui sautait sur les genoux d’une nonne capucine qui s’est révélée être la sœur du peintre. Le monde est petit. Du moins le petit monde de Don Camillo. Barbarin minaude, saute d’une anecdote à l’autre, grimpe dans les aiguës pour ces envolées dont il a le secret, replonge dans les graves, plus confidentielles, et se raccroche toujours aux saintes écritures.

Puis le carré VIP part en procession à l’intérieur de l’exposition. Bernard Gouttenoire, l’homme au cou en écharpe, s’est mis en tête de transformer la visite en chemin de croix. A chaque station, une anecdote, une analyse savante... une pénitence. Ça n’en finira jamais ! Toutes les église peintes par Jean Couty y passent et il y a là la moitié de la chrétienté. On croise le portrait de Pie XII, celui que Benoît voudrait canoniser, quand d’autres préféreraient le voir carboniser. Collomb et Barbarin devisent comme deux compères.

Enfin Gouttenoire nous libère et on s’esquive jusqu’au buffet, protégé par un barrièrage humain improvisé par les bénévoles de la Fondation Fourvière. A l’intérieur on ripaille saintement, c’est à dire frugalement. Des jus de fruits et du très païen Coca-Cola. Un officiant se saisit d’une bouteille d’un crémant pétillant comme un séminariste. Il sert dans des gobelets en plastique de vraies rasades de mécréant. On s’offre des tranches de pâté en croûte coupées en deux, façon manteau de Saint-Martin. On savoure le plaisir malicieux de bouffer du jésus en tranches sous l’œil attendri d’authentiques grenouilles de bénitier.

Timéo Danaos

18mar.

Pince-femmes à l’Hôtel-de-Ville

Peut-on se moquer du jour de la femme le jour de la femme ? Non. Mais trois jours après, au moment de la sortie du journal...
Lundi à l’Hôtel-de-Ville, deux manifestations étaient prévues, l’une par un club de boulistes, l’autre par quatre organisations de femmes d’entreprise. Dans deux salons du premier étage : à droite les boules, à gauche les femmes.
Sous le haut patronage monté sur une estrade de Gérard Collomb, le colloque « Supplément Dame » s’ouvrait donc dans le plus grand, le salon Bling-Bling. « On est tous des femmes », comme devait dire plus tard Marie-Claire pédégère de TNT Express. Il y a bien quelques hommes disséminés ici ou là, mais leur présence paraît aussi incongrue qu’une tâche suspecte sur la soutane du pape.
D’ailleurs, Collomb passe dessus sans les voir et ouvre son allocution d’un tonitruant : « Mesdames ». Et il enchaîne : « Nous avons besoin de la créativité des femmes ». Juste avant de glisser sur sa propre peau de banane, voulant témoigner à quel point « le regard des femmes sur la fonctionnalité d’une ville est quelques fois intéressant ». Quelques fois ? Houuu ! Protestations, chahut poli mais ferme... Collomb ramasse son épluchure : « ...est TOUJOURS intéressant ». On l’a échappée belle.
Il termine par une fleur de rhétorique avec tous ses pétales : « vous aurez gagné votre combat quand c’est nous qui seront obligés de demander la parité pour les hommes ». Il aurait pu dire « le jour où nous appliquerons nous-mêmes la parité » mais ça, c’est comme arrêter de fumer : je commence demain. Et demain ce n’est pas le jour de la femme.
Dans la salle, près de cinq cents cheffes d’entreprises. Tailleurs, escarpins, robe de velours marron glacé, un manteau de fourrure qui n’a pas obtenu la permission de vestiaire, du beau linge. Au plafond, des moulures d’hommes nus semblent contempler ce spectacle comme autant de chippendales assagis et désabusés.
Inégalités par ci, plafond de verre par là, toutes les injustices qui frappent les femmes dans le monde du travail y passent. Pourtant, dans la région, les femmes créent 35% des entreprises, contre 26% au niveau national. Et leurs réseaux s’organisent : Action’Elles, HEC Femmes, FCEL (Femmes chef d’entreprise de Lyon). Enfin, Thérèse Rabatel vient rappeler comment l’éducation formate, dès le plus jeunes âge, les détestables petits machos que nous adorons être. Et tout se termine par un cocktail.
On s’attend à quelque chose de light, des brochettes de fruits et légumes frais comme dans les snacks branchés de la Part-Dieu, des petites salades pour lapins comme dans les bistros du centre-ville à midi. Pas du tout, c’est du bon gros cocktail avec canapés de saumon, foie gras, œufs de lompe. Des petits friands, des petites quiches. Et des mignardises sucrées dont les diététiciens ne veulent même pas prononcer le nom.
Qu’importe. L’assistance se jette dessus avec la férocité d’une réunion de Weight Watchers qui tourne au désastre. On ne retient plus rien. Dans les verres, du kir, du vin blanc, et une curieuse mixture rose épaisse... on aurait retrouvé le jus de goyave de Florence Foresti ? Non, de la pêche de vigne, boisson et dessert.
La circulation est rendue difficile par les sacs à main portés sur l’épaule. Dans le salon vert on salue le portrait de Joseph-Marie Jacquard, avec ses faux airs de Didier Barbelivien en fin de carrière se demandant s’il n’aurait pas mieux fait d’apprendre la guitare. Aujourd’hui ce sont les femmes qui font du business, Papy, il n’y en a pas encore d’accrochée au mur, mais ça ne saurait tarder.
Timéo Danaos

11mar.

Verni soit qui mal y pense

Chaque semaine Les Potins d’Angèle refont le portrait des personnalités lyonnaises, et pour beaucoup moins cher que la chirurgie esthétique : 2 euros.

De la même manière, le résultat est parfois déconcertant, mais tant que les victimes s’efforcent, dans la vraie vie, de ressembler à leur caricature, tout va bien. On finirait même par se dire qu’ils sont pires en vrai.

Lundi soir au Cintra (à lire ici et à voir ), Les Potins avaient convié les élus lyonnais à un auto pince-fesse en forme de vernissage. Les dessins de Castillon et Fiche ornaient les murs, les vrais gens passaient devant. Il s’agissait de déterminer qui de la caricature ou du modèle était le plus ressemblant.

Castillon était aux anges. Pour une fois il avait toutes ses cibles préférées à portée de main. Armé de son carnet à dessins il croquait tout ce qui passait, avec la gourmandise d’un François Turcas devant un buffet de Pignol.

Très à son aise, Gérard Collomb avait l’air de s’inaugurer lui-même, un peu comme s’il était ses propres berges du Rhône. Il en profita pour souhaiter vingt ans de bonheur aux Potins, ainsi qu’à lui même à la tête de la ville. Au grand désespoir de Nora Berra, effondrée.

Queyranne, en pleine biennale d’art contemplatif, se découvrait en « Président des Brosses » et philosophait sur Pierre Desproges qui n’avait pourtant jamais vu un peigne.

Nora Berra, de plus en plus dame du monde, voulait se concilier les faveurs d’Angel Boss en lui offrant un portrait de lui-même, mi-ange, mi-démon. Angel Boss, patelin complimentait tout le monde mais, même quand il fait patte de velours, le matou garde ses griffes.

Tout le monde était venu. La droite, la gauche et la plupart des centres. On aperçût Michel Havard, sous un feuillage, près d’une plante en pot et de beaucoup d’autres qui croyaient ne pas l’être.

Le fan-club parisien de Nora Berra, découvrant le microcosme lyonnais avec l’air d’un énarque parachuté par erreur au milieu de la Ferme Célébrités.

Emmanuel Hamelin remontant la foule comme un saumon en période de frai... trop tard, les listes sont faites.

Richard Brumm, satisfait que le cocktail ne coûtât rien au contribuable renonçant  du coup à compter les cacahuètes. Roland Bernard, passant de bras en bras, comme s’il n’en finissait pas de fêter sa légion d’honneur. Jean-Yves Sécheresse, en loden de gauche, tenue de rigueur des festivaliers d’hiver. Fabienne Lévy, en manteau lamé argent, prête à servir de porte anti-feu en cas d’embrasement généralisé. Aucun risque.

Au bar, le patron Jean-Michel Muller avait respecté scrupuleusement les équilibres politiques de cette ville raisonnable : 50/50, les kirs à droite, les communards à gauche. Et bien sûr, selon la stratégie dite du cross-over, la droite se jetait sur le communard pendant que la gauche se tapait le kir.

Tout le monde embrassait tout le monde, dans une grande papouillerie chaleureuse qui aurait presque fait oublier la distribution de ramponneaux au conseil municipal une heure plus tôt.

Tout le monde ? Non. Un petit îlot de centrisme résistait encore et toujours aux convenances : Azouz Begag n’était pas venu. La réincarnation facétieuse d’Edouard Herriot reculant devant le mâchon ! Et en plus au Cintra ! Il est vrai que cette respectable maison n’a jamais vu passer un tabouret Ikea. Mais après avoir vu et revu tous les dessins, dans un grand élan d’hypocrisie consensuelle, chacun déclarait trouver très drôle le clown qui lui ressemblait et se consolait en se disant qu’il existe une chose bien pire que d’être caricaturé. C’est de ne pas l’être.

Timéo Danaos

29janv.

Lyon recherche adjoint(e)

Chic ! Le Modem n'est décidément pas avare pour ces régionales. Le couplet sur le cumul des mandats, ce n'était pas de belles paroles en l'air. Dans sa grande mansuétude, Azouz Begag a décidé de nous offrir un échantillon test de ses promesses en la personne d'Anne-Sophie Condemine. Vu les relations entre nos deux centristes - qui peinent à se dire bonjour - il fallait oser. Quelle belle preuve de confiance de la part de l'ancien ministre.

L'adjointe au  maire de Lyon va nous permettre de passer à l'épreuve des faits la croisade lancée par Begag contre le cumul des mandats. Même avec toutes les restrictions apportées par ses colistiers. L'élue du 7e pourrait se retrouver dans LE cas proscrit: conseillère régionale ET membre d'un exécutif municipal (la ville de Lyon, une paille...).

Autant prendre les devants. Même si les listes du Modem ne seront ratifiées que la semaine prochaine, Gérard Collomb peut donc commencer à réfléchir au nom de la personne qui sera 8e adjoint(e) à Lyon. Nul doute qu'à peine élue, le 22 mars au matin, Anne-Sophie Condemine va présenter sa démission du poste qu'elle occupe.

On sait, c'est si le Modem fait plus de 10% ou s'il fait plus 5% et qu'il fusionne et si l'adjointe lyonnaise fait partie des repêchés, avec des si...

Voilà qui va permettre de voir s'il n'y a que la campagne de Azouz Begag qui est "décalée" ou si ses engagements le sont aussi... avec la réalité. Tout ceux qui verraient là-dedans de mauvaises manières faites à Anne-Sophie Condemine auraient vraiment mauvais esprit.

02janv.

Si Ferney m'était conté: Episode 6, Le langage de la Cour n’a point de secret pour Jean Meslier

En 2010, la galerie de portraits de Ferney se poursuit. Les Potins vous content aujourd'hui les manières du président du Conseil du Rhône Jean Meslier.



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25déc.

Si Ferney m'était conté: Episode 1, Choiseul un puissant sûr de lui et dominateur

Aujourd'hui, c'est Noël ! Les Potins ne chôment pas (trop) en attaquant une série: Si Ferney m'était conté, une galerie de portraits de notre lettre voltairienne hebdomadaire. A tout seigneur, tout honneur: on commence par Choiseul, le Puissant de Lyon.

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12nov.

9e : Embrassons-nous Folleville

Non, il n’y a aucun problème dans le 9e arrondissement. Non, le maire Verts Alain Giordano n’a nulle difficulté relationnelle avec ses adjoints. Non, le 9e n’a pas l’ambition de rivaliser avec le premier au chapitre des bisbilles internes.

Suite à l'article que nous avons publié cette semaine, nous avons eu droit à une avalanche d’appels. Avec l’innocence d’un premier communiant, le bon Giordano tombe des nues et reste persuadé que tout le monde l’aime. Dounia Besson et Abel Gago ont d’ailleurs tenu à voler à son secours.

Les Potins auraient-ils rêvé ? On est tout prêt à l’admettre. Mais dans ce cas, il va falloir que tout ce petit monde nous explique pourquoi Gérard Collomb en personne les a convoqués demain vendredi en mairie centrale. C’est probablement un pur hasard si le maire a bousculé son agenda pour organiser un déjeuner avec les élus du 9e.

En fait, entre la réforme des collectivités locales, le projet du Grande Stade, le débat d’orientation budgétaire lundi au conseil municipal, le débat sur l’identité nationale, Collomb manque cruellement d’occupation et a tendance à s’ennuyer. Du coup, si son chef de cabinet Sylvain Auvray a organisé ce déjeuner, c’est simplement pour parler de la pluie, du beau temps, de la nature des fleurs à bulbe qu’il convient de planter devant la mairie et, si ça veut rigoler, des beaux yeux de Dounia.

05nov.

Collomb, leçons, piège à cons

C'est quand même ballot de faire exactement ce que l'on reproche aux autres. Lundi dernier, lors du conseil communautaire, Gérard Collomb s'est payé dans les grandes largeurs son adjoint lyonnais Etienne Tête (revoir la scène ici). Chacun notera au passage l'élégance qui consiste à s'en prendre à quelqu'un de manière très explicite (Euronews, l'Opéra, la tribune dans la presse, les recours promis contre le Grand Stade...) sans le nommer et de le faire au surplus dans une instance où l'intéressé ne siège pas. A vaincre sans péril...

Horreur suprême, sa Tête de Turc du jour a publié la veille dans Le Monde un point de vue "en utilisant d'ailleurs des titres d'adjoint pour lesquels ils n'ont aucune vocation parce que cela ne reflète pas le point de vue qu'ils écrivent en leur nom personnel". Certes, ce texte tombe à un moment de forte crispation autour de l'OL land, mais il se trouve qu'il a été envoyé au quotidien... en juin dernier.

Après tout, cela permet une bonne coïncidence puisque Gérard Collomb a lui publié une tribune hier dans Libération sur l'identité nationale. Et devinez comment elle est signée... "Gérard Collomb, sénateur et maire de Lyon (et président du Grand Lyon sur le site de Libé)". "L'identité nationale ne se réduit pas à convoquer l'histoire", c'était dans son programme électoral à l'instar de "construire le stade au Grand Montout" (sic) ? Il a demandé l'avis de sa majorité municipale et communautaire (qui compte des UMP) avant d'envoyer ce texte ? Ou alors c'est un point de vue personnel qui n'a rien à voir avec les titres dont il se pare ?

Facile de donner des leçons sur l'air du "Faites ce que je dis, pas ce que je fais". Le mieux est peut-être qu'il laisse chacun s'exprimer comme il l'entend. Il n'a quand même pas attendu dimanche dernier pour découvrir que les Verts étaient contre le Grand Stade. On attend avec impatience qu'en sa qualité de grand humaniste, Collomb - tel Voltaire - lance à Tête : "je ne suis pas d'accord avec ce que vous dites, mais je me battrai pour que vous ayez le droit de le dire".

14oct.

Le Modem au pays des Bisounours

La réunion stéphanoise des présidents de fédération du Modem a beau avoir près d'une semaine, on ne s'en lasse pas. Aux grandes heures de l'URSS, un communiqué émanant du Kremlin devait avoir à peu près la même langue de bois teintée d'une pointe laconique. Les nouvelles pratiques en politique, il est plus facile d'en parler que de les mettre en œuvre. Imaginez donc, "Azouz Begag leur a confirmé sa candidature comme tête de liste pour conduire le Modem aux élections régionales de mars 2010. Ils lui ont apporté un soutien total et enthousiaste". Rien de moins.

Avant de discuter le "bout de gras" entre eux, les présidents en question avaient pris soin de faire sortir les "intrus" de la salle. A commencer par Thomas Rudigoz qui accompagnait Begag. L'élu lyonnais, qui pilote l'ancien ministre, a le tort aux yeux de certains d'avoir été élu sur les listes de Gérard Collomb aux municipales puis avec le soutien du PS aux cantonales. Ce qui fait beaucoup lorsqu'on veut promouvoir une liste autonome au premier tour des régionales.

Le président départemental du Modem Cyrille Isaac-Sibille a beau assuré qu'il n'a pas eu l'impression de tomber dans un traquenard en allant à Saint-Etienne, il n'imaginait pas forcément en repartir avec un tel communiqué. Ce "soutien total et enthousiaste" est donc né avec les engagements de l'impétrant sur le fait de partir quoiqu'il arrive en autonome au premier tour des régionales et sur celui de s'appuyer lors de cette campagne sur les fédérations du Modem plus que sur son "entourage" actuel. Reste que la réunion s'est tenue à huis clos et que ces points ne figurent pas dans le fameux communiqué. Si jamais il y a des Saint-Thomas au Modem, voilà qui risque de doucher "l'enthousiasme" affiché en façade. On sera d'ailleurs curieux de voir si les grands discours de Begag contre le cumul des mandats et des indemnités s'appliqueront avec autant de scélérité à ses colistiers. Ou si cela se terminera comme au PS. Alors, qui se ressemble s'assemble ?

05oct.

Collomb et la vaine sociale

Il a quand même une drôle de conception de l’émancipation des masses laborieuses le camarade Collomb.

Quand on le lit dans Le Monde, il nous tirerait presque une larme devant le sort des vice-présidents de la communauté urbaine qui émargent à 1 800 euros nets de charges et d’impôts.

Quand on l’entend sur LCI, on se demande qui a bien pu accorder « autour de 1 800, 2 000 euros » par mois aux agents des TCL. De vrais traders à désigner à la vindicte populaire, ceux-là. Quel scandale ! Et en plus ils se permettent de faire grève (c’est à dire qu’en une journée ils perdent plus que d’autres) alors que certains gagnent moins qu’eux. Quelle honte !

Flexibilité, travail le soir et le week-end, jours de repos consécutifs : l’idée de la grève par procuration où, en se battant pour leurs acquis, ceux qui le peuvent défendent les droits de tous a manifestement vécu à gauche. Tout comme celle de tirer tout le monde vers le haut plutôt que l’inverse.

De toute façon, si l’on suit le raisonnement de Gérard Collomb, il va y avoir de sérieuses restrictions au droit de grève. Car si tout conflit pénalisant une personne « plus mal lotie » que le gréviste doit s’arrêter, ce moyen d’action va bientôt être réservé aux rmistes. Et encore. En attendant une harmonisation européenne sur ce point.

On s’étonne d’ailleurs que le sénateur Collomb n’ait pas encore déposé une proposition de loi visant à interdire à tout salarié n’étant pas le « plus mal loti » de faire grève. Ça « réglerait » beaucoup de conflits. Faut faire attention, il pourrait même trouver du monde au Parlement pour signer son texte.

30sept.

BibéLyon fait du bidon: les preuves en image


Anastasie ferait-elle encore des ravages avec ses grands ciseaux ? Sous l’enseigne BibéLyon, Sylvie Stefani, Romain Blachier, Stéphane Guilland et Erick Roux de Bézieux sont devenus les blogueurs officiels de Libération le temps du forum organisé par le quotidien il y a dix jours. Le samedi, accompagnés du Modem Stéphane Sacquépée, ils nous ont même assuré que « BibéLyon prend le pouvoir » dans le bureau du maire, photos à l’appui. Reste qu’on n’est pas sûr que nos amis avaient tout le pouvoir, y compris pendant les 30 minutes du putsch. Toiut juste une petite cohabitation. Sur la photo publiée sur le blog d’Erick Roux de Bézieux, on ne voit en effet pas les doigts de Sylvie Stefani. Dur, dur de tenir le logo BibéLyon dans ces conditions. Les Potins ont par contre retrouvé une photo qui ressemble étrangement à la première. A la différence près que notre Trublyonne tient dans sa main... Les Potins. C’est la présence de notre journal dans son bureau où le titre sur « Les manœuvres de Rivalta pour ne pas payer ses dettes » qui a empêché Collomb de donner son imprimatur ?

10juin

Philippe Brunet-Lecomte ou l’élégance du hérisson









La ficelle est un peu grosse. Philippe Brunet-Lecomte pense peut-être me flatter en me gratifiant du même traitement que Philippe Barbarin, Nicolas Sarkozy, Gérard Collomb, Christian Latouche et Jean-Michel Aulas. Le voilà qui me fait le coup du tutoiement dans une de ces lettres dont il a le secret. Le voilà donc qui m’offre la paix des braves et réitère son invitation à déjeuner.

 Ce qui est bien avec le fondateur de Lyon Mag, c’est qu’on connaît la fin du film. Il commence par les insultes, les procès d’intention, les mensonges et la diffamation. Tel un goret tout excité, il ne résiste pas au plaisir de plonger dans la fange. Il est même allé jusqu’à me déguiser en nazi. Bien sûr, son petit jeu s’est retourné contre lui. Comme ont dit dans les cours de récré, « c’est celui qui dit qui y est ».

 Dès que le temps se gâte, changement de stratégie. Il nous fait le coup du tutoiement et de la main tendue. Son plaidoyer larmoyant du chef de l’entrepreneur qui s’est saigné pour faire vivre son magazine a de quoi faire sourire. Il parle modestement de sa « petite bicoque » achetée à crédit. Vous en connaissez beaucoup des « petites bicoques » qui, le 20 juin 2007, ont pu accueillir une soixantaine de convives pour fêter l’anniversaire du maire de Lyon ?

Sortez vos mouchoirs ; et pendant que vous y êtes, pleurez sur ses revenus qui n’ont jamais dépassé 5 000 euros par mois. Au fait ? Philippe Brunet-Lecomte aurait-il oublié l’ampleur de ses notes de frais ? Aurait-il oublié que quelques semaines avant de planter les créanciers de Lyon Mag en laissant un passif de plusieurs millions d’euros, il n’a pas hésité à se faire rembourser 1 360,87 euros  (septembre-octobre 2008) de frais de mission-réception. Sans oublier 673,70 euros d’essence et 516,99 euros de frais de déplacement.

 Un mot sur le récent jugement auquel Brunet-Lecomte fait allusion. Suite à un article paru dans Les Potins (La Lettre de Ferney ci-contre), il avait saisi le tribunal de grande instance. Les magistrats l’ont vertement renvoyé dans ses cordes.

Enfin terminons sur une note humoristique. Le patron de feu Lyon Mag compte sur mon « élégance » pour publier l’intégralité de son courrier. Soit ! Je choisis simplement l’élégance du hérisson… pour son côté piquant bien sûr.

 

Gérard Angel

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