Finalement, ce n’était certainement pas un hasard. Les récents scores des écologistes dans le 1er, la victoire de Raymonde Poncet aux cantonales dans le 4e, tout cela s’inscrit dans un mouvement désormais bien enraciné sur le terrain. Le remplacement de Dominique Bolliet par David Kimelfeld n’y aura rien changé. Arnaud Montebourg obtient d’excellents résultats dans ces deux arrondissements où il dépasse allégrement les 20% : 24% dans le 1er, 21% dans le 4e.

Voilà qui semble bien confirmer que les militants et électeurs écolos se sont assez largement mobilisés pour ces primaires citoyennes. Et qu’ils ont majoritairement apporté leurs voix à Monteboug. Et dans une moindre mesure à Martine Aubry. Que François Hollande soit à la peine n’a guère dû contrarier la mairesse du 1er Nathalie Perrin-Gilbert et le député Pierre-Alain Muet. Ils ont toutes les raisons de se féliciter du score de leur candidate qui arrive largement en tête dans ces deux arrondissements en frôlant (à la Croix-Rousse) ou en dépassant dans le 1er la barre des 40%.

Sur l’ensemble de la ville, Aubry devance d’une courte tête un Hollande pourtant soutenu par la très grande majorité des élus. Bien sûr, Collomb pourra toujours se consoler en constatant que son 9e arrondissement a donné la préférence à Hollande. En regardant les résultats de plus près, on constate que le 9e est l’arrondissement où les électeurs ont été proportionnellement les moins nombreux à se déplacer : tout juste 2 000 contre 2 500 dans le 1er où la population est pourtant près de deux fois moins importante. Voilà qui constitue incontestablement un revers pour Collomb.

Autre grand perdant de ces primaires, le Parti radical de gauche ; sur l’ensemble du département, il atteint tout juste 0,5% des suffrages, c’est-à-dire la moitié de son score national. Pire ! Il recueille à peine 350 suffrages (250 sur Lyon). Ces chiffres risquent de peser demain au moment des négociations autour les législatives. L’investiture de Thierry Braillard est loin d’être gagnée dans la 1ère circonscription. Là comme ailleurs, le PRG sera en position de faiblesse lorsque viendra l’heure de discuter de sa place aux futures élections municipales et territoriales. Avec une poignée de suffrages sur la ville, les radicaux seront demain mal placés pour réclamer deux postes de conseillers municipaux à Lyon, dont un adjoint qui est en même temps membre de l’exécutif régional, une vice-présidence du Grand Lyon et un conseiller général.

Enfin, la déroute de Ségolène Royal n’est certainement pas de nature à favoriser la carrière de Najat Vallaud-Belkacem. Vu le résultat de dimanche - dans le Rhône, elle est même devancée par Manuel Valls -, les places laissées aux royalistes ne seront pas nombreuses.

Gérard Angel