Qu'on ne compte pas sur nous pour cautionner L'Art qui tarte et ses "actions subversives, presque directes, au service des causes perdues". On serait plutôt du côté de ceux qui trouvent indigne voire... tarte, l'entartage de Jean-Jack Queyranne mercredi soir à l'issue du débat sur les régionales organisé par Lyon-Capitale. Par contre, les jeunes socialistes ont montré à cette occasion qu'il y avait encore une marge entre leurs discours et leurs actes. Ils ont tout à fait le droit de dénoncer la politique sarkozyste du tout sécuritaire. Ca ne les empêche pas de se muer promptement en supplétifs des forces de police sans en avoir la légitimité.
Mercredi soir rue Sergent Michel Berthet, à proximité de l'amphithéâtre René Cassin où se tenait le débat, juste après l'attentat patissier dont a été victime JJQ, un groupe d'une dizaine de jeunes militants PS se lance à la poursuite des deux "terroristes" vite repérés dans une rue quasi déserte. Ils les encerclent et entament un interrogatoire plutôt musclé émaillé d'un langage fleuri. Les jeunes socialistes ont déjà repéré un "gêneur" avec une écharpe bleue qui ne laisse aucun doute quant au fait qu'il soit venu soutenir Françoise Grossetête. Julien Smati, qui est militant UMP de la 7e circonscription (celle de Queyranne...) intervient quand la "police socialiste" entame une fouille des entarteurs, certainement à la recherche d'images de "l'attentat". Mal lui en prend. Pas forcément imposant physiquement, le voilà à son tour molesté et avec une paire de mains autour du cou. Sympa. L'intervention d'un militant UMP plus costaud leur permet de s'échapper promptement.
Ironie de l'histoire, cette violence a été inutile puisque la vidéo de l'entartage s'est rapidement retrouvée en ligne sur lepost.fr. C'est minable mais bien fait pour eux.
