Quelle
honte ! Quelle horreur ! Réduire brutalement les dépenses en fermant
des écoles isolées ou des résidences pour personnes âgées, ne pas investir
assez pour anticiper la demande dans les cantines scolaires, supprimer un poste
de directeur sur deux dans les établissements d’hébergement pour les aînés,
mettre en place un plan d’austérité qui aboutit à la fermeture de trois restaurants
de l’UGFRL (Union de gestion des foyers restaurants lyonnais)... Sans parler du
plan d’économies au sein de l’administration.
Non, non, il ne s’agit pas d’une énième harangue du Parti socialiste contre la politique de rigueur du gouvernement Fillon. Mais du bilan de la mi-mandat de Gérard Collomb dressé par l’opposition de droite, Michel Havard en tête. Le député UMP a beau assurer que lui tient le même discours à Paris et à Lyon, il est délicieux de l’écouter dénoncer la « situation sociale dégradée » à la Ville de Lyon et se mettre résolument du côté des agents dans le malaise ambiant. Toute ressemblance avec ce que l’on peut entendre vis-à-vis du chef de l’Etat dans l’Education nationale, à l’hôpital public ou chez les magistrats ne serait que pure coïncidence. Idem quand il s’agit de pointer les cadeaux faits au privé dans « le scandale immobilier avec la rue Grôlée » ou « le scandale historique avec l’Hôtel-Dieu ». Sans compter le « scandale financier avec la Sacvl ». Si l’on écoutait l’UMP, on réhabiliterait illico l’investissement public dès lors qu’il s’agit de l’intérêt général.
C’est pourtant simple : tout est question de méthode, de savoir-faire, d’anticipation et de concertation. Car de l’argent, il y en a. Pour les transports, par exemple, Havard l’assure : il y a des « budgets non captés » par le Sytral au niveau national. Ceux qui croyaient François Fillon à la tête d’un Etat en faillite en seront... pour leurs frais. Puisque c’est l’UMP qui vous le dit.
Seule constante : la non augmentation des impôts vaut aussi bien au plan national qu’au niveau local. Mais alors, qu’aurait fait Havard à la place de Collomb ? Réponse... en 2014. Lorsqu’il sera candidat. Pas question de débuter le festival avant l’heure cette fois. Des municipales de 2008, le chef de file de l’UMP a gardé quelques cuisants souvenirs. L’un d’entre eux fut l’idée lancée très tôt d’un évènement autour du cinéma... reprise avec le succès que l’on sait par Gérard Collomb. Ainsi naquit le festival Lumière.
Havard ne rejouera donc pas la même scène et préfère « prendre le risque d’attendre 2014 pour dévoiler mes projets, que ce soit autour d’un éco-quartier ou d’autre chose ». D’ailleurs, pas un mot sur ce qu’il propose dans le document qu’il s’apprête à diffuser à quelque 8 000 exemplaires. Seulement l’annonce de sa candidature aux Lyonnais. Si Michel Havard tient ses promesses, ça risque de finir par être long trois ans de campagne sans propositions.
Alexandre Buisine
