Et si Michel Mercier n’allait pas au terme de son mandat et laissait la présidence du conseil général avant 2014 ? L’hypothèse est loin d’être absurde. D’autant que notre Garde des Sceaux est désormais persuadé qu’il a trouvé le candidat idéal pour lui succéder en la personne de Denis Longin.
Elu pour la première fois en 2004, le représentant du canton de Lamure-sur-Azergues a su se faire apprécier par ses collègues et par son président. Ce n’était pourtant pas gagné d’avance. A l’inverse de la plupart des centristes, Longin n’est pas historiquement un homme de Mercier. Celui-ci s’était d’ailleurs bien gardé de le soutenir lors des élections de 2004 ; notamment lors du premier tour qui avait vu s’empoigner pas moins de sept candidats se réclamant de la majorité départementale.
Sous des dehors de gros nounours, Denis Longin est un homme qui connaît parfaitement ses dossiers comme le prouve chacune de ses interventions. Tout le monde s’accorde pour reconnaître qu’il est un gros bosseur. Il a abandonné toute autre activité et consacre l’essentiel de son énergie à son mandat. Aux dernières élections cantonales, il a pris du grade. Mercier l’a fait élire vice-président du conseil général ; il lui a confié deux secteurs clé, les transports (hors agglomération) et l’agriculture. Bien sûr, certains doutent que Michel Mercier ne se représente pas en 2014. Ce n’est pas la première fois qu’il annonce son retrait. Déjà, en 2004, il avait pris cet engagement. A l’époque, il était sincère. Il avait prévu de passer le flambeau à son fidèle vice-président François Baraduc. Les problèmes de santé ont fait que l’élu de L’Arbresle a renoncé à cette fonction.
Cette année, Mercier n’a, dit-on, pas voulu prendre le risque de voir le conseil général du Rhône tomber à gauche. C’est la seule raison qui l’aurait poussé à oublier sa promesse de retrait. On murmure qu’il n’en est pas moins décidé à passer le relais à Denis Longin avant la fin du mandat. Si tel est le cas, cela rappellera quelques souvenirs à certains. En 1990, le président d’alors Jean Palluy avait démissionné pour laisser la place au jeune Mercier ; celui n’avait alors que 43 ans. En 2013, Denis Longin aura exactement le même âge. Voilà qui constituerait un joli bégaiement de l’histoire. Quant à ceux dont les souvenirs sont encore plus anciens, ils ne manqueront pas de noter que le canton de Lamure-sur-Azegues dont est issu Longin était celui d’un certain Laurent Bonnevay qui, avant d’être un boulevard urbain, fut président du conseil général jusqu’à sa mort, en 1957.
Gérard Angel

