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24nov.

Mamie Opac et les nonante balais

C'est la fête au village pour les 90 ans de la Grand-Mère. Elle est née en 1920, des œuvres de Laurent Bonnevay, elle a réuni tous ses enfants, petits enfants, ainsi que des filles et des gars collatéraux. Il y en a près de 900.

A défaut de souffler les bougies, le plus ancien office HLM de la ville fait briller les lumières, au Double Mixte, ce jeudi soir. Les stands sont éparpillés aux quatre coins de la salle, au milieu et sur les côtés. Un orchestre nous abreuve de soul, on est encore au jus d’orange, ça ne risque pas de monter à la tête. Les buffets ne sont pas ouverts, pas question d’en pousser les feux avant que les huiles n’arrivent. Or on attend toujours Mercier. Le multiministre a bien trouvé le temps de se départementaliser, mais pas avant 19 h 15. On peut toujours patienter en peinturlurant des fleurs sur un mur de plastique, en construisant des maisons avec des Lego, ou en contemplant les tours de ficelle d’un magicien à la veste pailletée comme une boîte à bijoux.

A côté de l’estrade, un portique et un trapèze. On annonce Cathy Baldini, des Folies du Lac. On lance la musique. Rien, la belle ne vient pas. Problème technique. On lance, on lance et finalement c’est Mercier qui arrive. Va-t-il monter sur le trapèze ? Se balancer au-dessus du vide dans la position dite du cochon pendu ? Nous régaler d’exercices de haute voltige dont il a le secret ? Que nenni. Il reste sur le plancher des vaches et de nous autres. S’il tient vraiment à se ramasser dans la sciure, il se contentera du prochain remaniement ministériel. Il parle. Des 80 000 personnes logées par l’Opac. De cette vénérable institution de HLM, créée par Laurent Bonnevay à l’époque où le métro n’arrivait pas jusqu’à lui. A ses côtés le préfet Gérault et le DG Philippe de Mester ne disent rien et n’en pensent pas beaucoup plus. Ils se contentent d’opiner du bonnet qu’ils doivent avoir blanc et blanc.

Les buffets s’ouvrent enfin et cela fait comme un appel d’air. Pas le temps d’attraper une crevette échouée sur un canapé, qu’on se fait accrocher par un « sticker ». Il est intarissable sur la vie de Laurent Bonnevay, né à Saint-Didier-au-Mont-d’Or, qui fut député, et qui fit voter la première loi sur le logement social en 1912, ce qui prouve qu’il était de droite, mais  pensait à gauche. Le voilà donc pardonné. Il devient urgent de s’inventer une casserole de lait sur le feu pour taper l’esquive.

Passent des élus tous plus ou moins vice-présidents : Maurice Charrier, Louis Pelaez. Albéric de Lavernée, plus gentleman farmer que jamais, on dirait toujours qu’il sort d’un club anglais. Et Christian Barthélémy, tiens il doit y avoir quelque chose à comptabiliser. Mais oui, bien sûr, les deux tickets de boisson distribués parcimonieusement au personnel. « Pas du tout, proteste Sophie Descroix, Ce n’est pas de la radinerie. C’est la responsabilité légale de l’employeur ». Si un salarié prenait le volant après avoir outragé la limite d’alcoolémie, l’employeur pourrait être inquiété. Aux Potins, ce risque n’existe pas : il y a peu de chance que le chauffeur du bus nous laisse le volant. On pourra donc profiter du cordon rouge et se venger du crémant de bourgogne.

A 20 h 50 pétantes, le gâteau d’anniversaire fait son entrée, bardé de fusées étincelantes et les représentant légaux de la grand-mère la félicitent pour ses 90 ans. Cathy Baldini a retrouvé son trapèze et son numéro de ruban où elle termine enroulé comme dans une chrysalide. On sera passé entre les mains d’un caricaturiste à la chaîne. Excellent exercice d’humilité qu’on ne saurait trop recommander à certains confrères. On repartira même avec un cadeau. Un thermos aux lignes sobres et élégantes. Qui n’est pas sans rappeler une urne funéraire... de camping. En ces temps de Toussaint, ça permet de garder Grand-Père au chaud.

Timéo Danaos

16juin

Sous les parapluies, la sècheresse

Il y a comme un microclimat à la préfecture du Rhône. Un microclimat qui  « chasse les nuages et fait briller le soleil ». Le communiqué de presse émanant du cabinet du préfet Jacques Gérault, ce 16 juin 2010, n’a pourtant rien d’une chanson de la Compagnie créole. Avec un incomparable sens de l'à propos, il nous met en garde contre... le niveau « relativement bas pour la saison des nappes phréatiques », et prend tout à la fois des « mesures de restriction » et « d’interdiction », pour « économiser l’eau ».

Il est vrai que la météo capricieuse de ces derniers temps (orages et torrents de boue à Givors) laisse à penser que l’eau n’est plus en odeur de sainteté dans le Rhône, quand bien même les parapluies sont de sortie. On pourrait même craindre une vague de noyades dans la population amphibie… Qu’importe ! Pour les usages domestiques, il est désormais interdit « d’arroser les jardins, espaces verts, espaces sportifs ». Dommage : sous le déluge, cela aurait pu être cocasse.

Au moins, une autre mesure coule de source : « l’interdiction 24h/24 de remplir les piscines »... Eh quoi ! Météo France nous promet de l’eau pendant encore plusieurs jours ? Jacques Gérault prévoit déjà son plan canicule ! Or, comme chacun le sait, deux précautions valent mieux qu’une. La préfecture peut réduire sa consommation de Contrex et menacer le réchauffement climatique, elle sait de toute façon qu’après la pluie vient un jour ou l’autre le beau temps.

Alvaro Canyon



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