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29mar.

Les ouvriers du 25e pont

Poser la première pierre d’une passerelle métallique, quelle drôle d’idée ! On attendait avec impatience de voir comment ils allaient s’y prendre, nos élus. Rendez-vous 10 h 30 lundi sur les berges du Rhône, au pied de la Cité internationale. Le maire du 6 était là, et aussi celui de Caluire, les vice-présidents chargés de tout ce qui se rapporte aux ponts (Gilles Buna), de tout ce qui passe dessus (Gilles Vesco), de tout ce qui passe dessous (Roland Bernard) et quelques autres dont l‘importance n’est pas moindre. Une passerelle ça s’arrose, elle sera le 25e pont de Lyon sur le Rhône.

Après quelques mots aimables, on trouve Gérard Collomb avec un gant de travailleur manuel, en  train de visser un boulon sur une capsule cylindrique qui préfigure un début de bout de pont. « Ici est enfermée pour l’éternité la charte qui nous unit à la ville de Caluire », proclame-t-il. Et du haut de cette quincaillerie, quarante siècles nous contemplent, avec quelques poissons.

Tout le monde veut en être. Chacun y va de son boulon, Philippe Cochet visse le sien, puis Gilles Vesco, puis Gilles Buna. Certains d’entre eux manient couramment la truelle, mais manifestement la clé anglaise, ce n’est pas leur truc. Enfin, tout ce qui devait être verrouillé finit par l’être, comme toujours en politique.

Collomb satisfait à ses obligations médiatiques, de TV, et surtout de radios, car elles sont venus nombreuses. Il faut dire qu’un pont qui n’existe pas encore, c’est un sujet très radiophonique, pas besoin d’images. Une mère tient absolument à faire photographier son enfant avec Collomb. « Il ne savait pas qui était le maire », explique-t-elle. Voilà un bambin qui va enfin pouvoir retrouver le sommeil.

Allez ouste, tout le monde sous le barnum, à deux cents mètres, il ne manquerait plus qu’on s’en tire sans discours ! Philippe Cochet commence. Il est content, le maire de Caluire, au point qu’il en oublierait presque d’être le président de l’UMP locale. Car cette passerelle va permettre de redynamiser le quartier Saint-Clair, de l’autre côté du fleuve. Du coup il remercie tout le monde, on ne fait pas plus consensuel.

Puis Gilles Buna. Bon, il ne va pas se re-taper la liste des remerciements, Cochet s’en est chargé, il fait confiance. D’autant qu’il n’a rien préparé. « Je n’avais pas prévu d’intervenir », s’excuse-t-il. Et comme il n’a pas grand chose à dire, le maire le fera aussi bien que lui, il lui repasse le micro.

Gérard Collomb s’est mis à l’écologie. Maintenant, il recycle désormais une partie de ses discours. Il cite à nouveau Albert Einstein : « Les hommes construisent trop souvent des murs, il faut savoir construire des ponts ». Exactement la même phrase qu’à l’occasion de l’inauguration du Pont Raymond Barre.

Cette passerelle sera dédiée aux modes doux, les piétons (parce qu’ils sont doux) et les vélos (parce qu’ils sont à la mode). Elle sera belle, grâce au talent des architectes Dietmar et Feichtinger, les mêmes qui ont twisté du métal à Paris devant la Bibliothèque François Mitterrand, pour créer ce curieux viaduc appelé Simone de Beauvoir.

A Lyon la passerelle virtuelle devra patienter encore dix-huit mois et regarder l’eau couler sous les pont en attendant son tour. Dans l’immédiat, s’il pouvait couler aussi un peu de champagne... buffet.

Le traiteur Serge Magnier donne toujours dans l’œuvre au noir. Il torture des cannellonis en les enfermant dans un carré de jambon cru serré avec une pince à linge. Délivrons-les !

Timéo Danaos

23juin

Et au milieu coule une rivière

Que s’est-il passé jeudi dernier au Parti socialiste, à la mairie de Lyon ou à la communauté urbaine ? En tous cas, Collomb était d’humeur massacrante. Un bus attendait une trentaine de journalistes rue du Lac, vers 11 h 15. Les élus étaient venus accompagner leur président : Gilles Buna, Nadine Gelas, Gérard Claisse. La visite des futurs chantiers des bords de Saône s’annonçait sous les auspices d’un déjeuner sur l’herbe.

Oui mais voilà, Collomb était de mauvais poil quand il entra dans le bus. On nous l’avait contrarié. Un défenseur de l’Hôtel-Dieu ? Un adversaire du Grand stade ? Un opposant politique ? Pire : un ami ? Un proche collaborateur pas encore remercié ? En tous cas la presse lyonnaise ne lui dit pas merci.

Finalement on était trop en retard, au lieu de faire le tour complet en commençant par la Confluence pour remonter jusqu’à l’Île Barbe et redescendre jusqu’aux Sub’*, on fila direct aux Sub’*, arrêt-pipi, tout le monde descend. C’est dans ce petit coin de verdure... bon pour l’instant on voit surtout un quai caillouteux, mais bientôt une plage de 13 mètres de large, des méridiennes, des planches en bois. Nicolas Magalon explique.

Scrongneugneu, ça énerve Collomb, il lui pique le micro : « Je vais faire une présentation globale, si on commence par les pointillés, on ne va rien comprendre ». Il repart de la Confluence et remonte la rivière, tel le saumon en période de frai. Le parking Saint-Antoine, qui sera démoli lors du prochain mandat (avant, il ne faudra pas oublier de démolir l’adversaire qui se présentera aux municipales en 2014), la nouvelle esplanade devant le Palais de Justice, le Pont Schuman. Et l’intervention tout au long du parcours de l’artiste japonais Tadashi Kawamata, dont le nom est une nouvelle épreuve pour le maire. Il finit par refiler le crachottoir à Nicolas Magalon. Pour les pointillés.

Ainsi les nouvelles berges vont se construire autour d’un ruban bleu, d’un ruban vert et d’un fil rouge, une sorte de scoubidou urbain tricoté avec de la nature, du minéral et de l’artistique. Ici des jardins aquatiques, là des planches, comme à Deauville, et là « on va habiller la niche ».

Collomb commence à se détendre. Il se fait photographier au bord de l’eau, nonchalamment assis sur une rambarde, très « sirène de Copenhague ». Il a retrouvé son « sourire Gégé » qui fait la joie des dentifrices. Il donne des interviews aux TV et aux radios. Pendant ce temps là on a installé sur des murets, de larges photographies de ce que devraient devenir ces lieux, et les journalistes présents les mitraillent abondamment. On se dit qu’il ne doit rien y avoir de plus idiot que de photographier des photographies, mais si. Car les confères de France 3 s’approchent pour les filmer !

Le reste sera présenté pendant le déjeuner, allez ouste ! Direction : le restaurant des Sub’. Pendant que les convives se lèvent pour aller remplir leurs assiettes au buffet (tiens le concombre est revenu !), les présentateurs se succèdent au micro. De grands panneaux photographiques sont montrés l’un après l’autre sur des chevalets et, il faut bien le reconnaître, c’est la première fois qu’on assiste à un diaporama en dur.

Ici, il y aura 13 marelles « et le sol sera antidérapant ! », se félicite le présentateur. Une marelle antidérapante ? C’est un coup à se casser la figure. Et là « un arbre à poissons réalisé par Gentil Garçon ». Tiens. Un ami de Gentil Gana et Gentil Beri ?

Vers 14 h 20, Collomb est obligé de s’arracher pour passer l’après-midi avec Rivalta au Sytral. VDM ! On est déjà rendu à Rochetaillée, il va falloir penser à conclure, on ne va pas remonter jusqu’à la source ! Si on pouvait finir avant la nuit...

Timéo Danaos

 

* Contrairement à une idée répandue, “Sub” n’est pas l’abréviation de subventions mais de Subsistances.



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