C'est ce qui s'appelle le téléscopage de l'actualité. Alors que nos députés cherchent les moindres possibilités d'économies ou de recettes supplémentaires pour combler (légèrement) le trou de la Sécu, la vaccination contre la grippe A débute dans les hôpitaux. Franchement, est-ce bien raisonnable de dépenser de l'argent pour éviter une pandémie qui résoudrait bien des problèmes ? Ce ne sont pas nos confrères du très sérieux Quotidien du Médecin qui, après avoir flairé le bon filon, nous jetteront la première dose de Tamiflu.
Le 9 septembre dernier dans un article injustement passé inaperçu intitulé "Les défis éthiques face à la pandémie", le journal reprenait des éléments d'un ouvrage on ne peut plus sérieux: Pandémie grippale : l'ordre de mobilisation. On nous explique ainsi que "le rationnement de la réanimation (...) aura une signification: celle d'une mort presque certaine pour le patient dont l'admission sera refusée. Sur quel principe fonder un triage ? Qui en sera responsable ?". Aux Potins, on se demande si - dans la situation actuelle - il ne faudrait pas regarder ceux qui coûtent le plus cher à la Sécu pour choisir.
L'article détaille ensuite: "la réanimation pédiatrique risque, compte tenu du nombre très limité de lits, de se trouver au centre de cruels dilemmes. Par exemple, la prise en charge des grands prématurés serait-elle encore "logique" ?". On présume que la réponse est non. Bah, ça sera toujours ça de moins de dépensé.
Vous tournez de l'œil ? Pourtant, ce n'est pas fini. Question suivante, Doc: "Samu: comment laisser un patient mourir à son domicile ?". Rien de moins. "Quand une équipe ne pourra pas, faute de place, conduire un patient à l'hôpital, que pourra-t-elle proposer sur le terrain ? Laisser quelqu'un mourir à son domicile ne sera certainement pas neutre sur le plan émotionnel". S'ils le disent... Bon, on ne va pas non plus alourdir le bilan carbone des ambulances en réalisant un transport inutile.
Espérons que les professionnels de santé vont rapidement être dotés d'un petit manuel à destination des malchanceux en cas de pandémie. Avec les compliments de la Sécu. A moins que ces informations ne soient pas à mettre entre toutes les mains et qu'il faille être majeur... et vacciné (comme combien de médecins ?) pour les recevoir.
