L'enseigne ressemble à une vieille chanson d’Alain Barrière : Mavi. Un gros « tube » à l’époque, un bon tuyau aujourd’hui. Un magasin de sapes en faillite récupéré pour l’occasion. Du prêt-à-porter, parfait pour faire de la politique. « La mode à petit prix », ça tombe bien, il n’est pas question d’augmenter les impôts. La devanture est rose, un peu comme si les socialistes avaient savonné la planche.
Inauguration prévue samedi vers midi. Gling ! Nora Berra pousse la porte, elle embrasse tout le monde, Françoise Grossetête sourit, tout se passe bien on arrive des Halles de Lyon, ça met en appétit. L’ambiance est classe, on est loin de l’élégance approximative des socialistes. Gros défilé de manteaux de prix, il ne fait pas chaud. Du pied de poule, du pied de coq... du pied de grue aussi, dans un coin, accoudé au comptoir, Philippe Cochet veille au grain. Les femmes portent la coupe au carré, blonde si possible, et des écharpes aux mille couleurs chamarrées. Sauf Fabienne Lévy qui s’enguirlande elle-même d’une superbe écharpe vert-sapin. Les hommes ont des coiffures plus sages, accommodés avec les restes, plus ou moins broussailleux selon le degré de calvitie qui rationne les ressources capillaires.
On ne s’entasse pas ici comme dans le métro. On reste dans une mondanité convenable, on se voussoie, on se papote. Ca ressemble moins à une réunion politique qu’à un vernissage. Rendez-vous le 21 mars pour savoir qui aura été verni. Tout d’un coup Françoise Grossetête rassemble ses troupes : « nous n’avons pas de micro », avertit-elle. Et pas beaucoup de chauffage non plus, les convecteurs ont l’air en RTT. Il y aura pourtant deux pannes d’électricité en dix minutes, deux pétages de plombs, dans une réunion aussi bien élevée !
« C’est parti, tout le monde est dans les starting blocks », clame Françoise Grossetête. Car, elle en est sûre, la dynamique du premier tour entraînera la victoire du second. Voire du troisième ou du prochain.
Philippe Meunier fustige Jean-Jack Queyranne, qui a « laissé partir l’EPR », cette nouvelle génération de centrale nucléaire. Tout doux, ce n’est quand même pas lui qui est responsable des deux pannes de courant. « Sabre au clair (..) nous allons remettre cette région sur les rails », insiste Meunier qui a une conception un peu hussarde des transports ferroviaires. « Ne regardons pas le passé mais l’avenir, battons-nous ». Sinon ce seront nos adversaires qui le feront. Nora Berra n’est pas moins enthousiaste : « Des talents, on n’en manque pas, on n’a pas eu besoin de people ». Ca, c’est pour Gwendal Peizerat. Maintenant que les liste sont faites, il n’est plus temps de rouler des patins. Buffet. Quand on s’appelle « populaire » on fait dans les produits du terroir : charcuterie, jambon de poulet, Brouilly, Côteaux du Lyonnais, Chignin. Les tables de pique-nique sont vite nettoyées.
Dans un coin, une curiosité rarement vue dans une permanence électorale : des cabines d’essayage. Françoise Grossetête avait pourtant indiqué que son programme était « reconnu comme étant un très bon projet pour la région Rhône-Alpes », on ne pensait tout de même pas qu’on puisse l’essayer sur place. Espérons seulement que les candidats n’ont pas été sélectionnés de la même manière. Décidément l’équipe de campagne a su profiter de tous les équipements du magasin de vêtements. Les vestes ont été accrochées sur des cintres à des porte-manteaux. Les candidats n’auront pas besoin de se baisser pour les ramasser.
Timéo Danaos
Keyword - Grossetête
25fév.
Pince-fesse: vernissage de campagne à l’UMP
18:49 - Par gérard Lespotinsdangele - Souvenirs souvenirs - 6 commentaires
19fév.
Chacun sa messe
09:09 - Par gérard Lespotinsdangele - Blog des potins - aucun commentaire
Dis-moi comment se passent les réunions publiques et je te dirai quel est le parti. Chez Europe Ecologie, c'est bonne ambiance avec le ring au milieu de l'arène. Et pourtant, mardi près de la moitié des huit cents participants étaient debout, faute de place. Qu'est-ce que ça aurait été si les écolos avaient tenu meeting dans une salle plus accessible que celle de Francheville et par un temps plus clément !
La scène avait beau ressemblé à un ring, les coups ont - cette fois - été plutôt retenus. On était loin de la réunion publique sur le logement de Villeurbanne où ressortait en filigrane qu'aujourd'hui les élus en place ne faisaient rien en la matière. Mardi, l'adresse aux socialistes pouvait se résumer dans ce bon mot de Noël Mamère, reconverti en GO: "N'ayez pas peur" (des écolos). Impression confirmée par Daniel Cohn-Bendit qui, réaliste, préfère regarder le poids et l'influence d'Europe Ecologie au soir du premier tour que le nombre de régions qu'elle pourrait (peut-être) diriger. Ou une Cécile Duflot dont le discours apporte indubitablement un peu de fraîcheur à la classe politique.
Etait-ce la présence du maire socialiste de Francheville René Lambert ? L'édile est non seulement venu (après tout l'entrée est libre) mais on lui a également donné la parole. Ça n'a pas empêché Philippe Meirieu, arpentant la scène avec sa démarche syncopée, de donner quelques coups de griffes au PS. On ne refait pas le pédagogue, à fond dans sa démarche d'éducation pour offrir d'autres valeurs que celles de la consommation à tout crin aux jeunes.
On était évidemment à mille lieues du classicisme de l'UMP pour son lancement de campagne. Après tout, pourquoi changer ? C'est le premier parti de France. Le truc, c'est que pour galvaniser les foules, il faut donner l'impression d'y croire. Bernard Accoyer peut terminer son discours par un magistral: "pour la France", ça n'efface l'impression bizarre que laissent les candidats ardéchois en se plaçant dans la perspective d'une défaite avec une vice-présidence pour leur concurrent socialiste Hervé Saulignac. Ou le bide monumental parmi les militants de la conseillère élyséenne Sophie Dion qui conclut même en parlant des "belles têtes de gondole" de l'UMP pour ces régionales. Derrière Philippe Meunier a choisi de ratisser large en saluant à la fois le travail de Charles Millon... et celui d'Anne-Marie Comparini à la Région. La droite n'était pas aussi œcuménique en 1998. Il en fallait manifestement plus pour mobiliser les troupes. Les Jeunes populaires ont eu beau se lever, applaudir, hurler à l'arrivée au micro de Françoise Grossetête, ils ne représentaient qu'un quart de la salle. L'autre partie est sagement restée assise...
Au moins la députée européenne a-t-elle laissé la parole à se colistiers. En présentant les siens lundi dernier, Azouz Begag a - malgré ses promesses - monopolisé le micro dans un freestyle qu'il affectionne tant. A bon escient ? Derrière lui, à part Richard Morales qui tentait de faire bonne figure, Anne-Sophie Condemine et Anne Pellet donnaient parfois le sentiment d'être atterrées. Juste une impression sans doute. On attend avec impatience le premier "meeting" du Modem, lundi place Bellecour sur un tabouret.
07janv.
Les jeunes socialistes jouent les supplétifs de la police
12:31 - Par gérard Lespotinsdangele - Blog des potins - 27 commentaires
Qu'on ne compte pas sur nous pour cautionner L'Art qui tarte et ses "actions subversives, presque directes, au service des causes perdues". On serait plutôt du côté de ceux qui trouvent indigne voire... tarte, l'entartage de Jean-Jack Queyranne mercredi soir à l'issue du débat sur les régionales organisé par Lyon-Capitale. Par contre, les jeunes socialistes ont montré à cette occasion qu'il y avait encore une marge entre leurs discours et leurs actes. Ils ont tout à fait le droit de dénoncer la politique sarkozyste du tout sécuritaire. Ca ne les empêche pas de se muer promptement en supplétifs des forces de police sans en avoir la légitimité.
Mercredi soir rue Sergent Michel Berthet, à proximité de l'amphithéâtre René Cassin où se tenait le débat, juste après l'attentat patissier dont a été victime JJQ, un groupe d'une dizaine de jeunes militants PS se lance à la poursuite des deux "terroristes" vite repérés dans une rue quasi déserte. Ils les encerclent et entament un interrogatoire plutôt musclé émaillé d'un langage fleuri. Les jeunes socialistes ont déjà repéré un "gêneur" avec une écharpe bleue qui ne laisse aucun doute quant au fait qu'il soit venu soutenir Françoise Grossetête. Julien Smati, qui est militant UMP de la 7e circonscription (celle de Queyranne...) intervient quand la "police socialiste" entame une fouille des entarteurs, certainement à la recherche d'images de "l'attentat". Mal lui en prend. Pas forcément imposant physiquement, le voilà à son tour molesté et avec une paire de mains autour du cou. Sympa. L'intervention d'un militant UMP plus costaud leur permet de s'échapper promptement.
Ironie de l'histoire, cette violence a été inutile puisque la vidéo de l'entartage s'est rapidement retrouvée en ligne sur lepost.fr. C'est minable mais bien fait pour eux.
