La réunion stéphanoise des présidents de fédération du Modem a beau avoir près d'une semaine, on ne s'en lasse pas. Aux grandes heures de l'URSS, un communiqué émanant du Kremlin devait avoir à peu près la même langue de bois teintée d'une pointe laconique. Les nouvelles pratiques en politique, il est plus facile d'en parler que de les mettre en œuvre. Imaginez donc, "Azouz Begag leur a confirmé sa candidature comme tête de liste pour conduire le Modem aux élections régionales de mars 2010. Ils lui ont apporté un soutien total et enthousiaste". Rien de moins.

Avant de discuter le "bout de gras" entre eux, les présidents en question avaient pris soin de faire sortir les "intrus" de la salle. A commencer par Thomas Rudigoz qui accompagnait Begag. L'élu lyonnais, qui pilote l'ancien ministre, a le tort aux yeux de certains d'avoir été élu sur les listes de Gérard Collomb aux municipales puis avec le soutien du PS aux cantonales. Ce qui fait beaucoup lorsqu'on veut promouvoir une liste autonome au premier tour des régionales.

Le président départemental du Modem Cyrille Isaac-Sibille a beau assuré qu'il n'a pas eu l'impression de tomber dans un traquenard en allant à Saint-Etienne, il n'imaginait pas forcément en repartir avec un tel communiqué. Ce "soutien total et enthousiaste" est donc né avec les engagements de l'impétrant sur le fait de partir quoiqu'il arrive en autonome au premier tour des régionales et sur celui de s'appuyer lors de cette campagne sur les fédérations du Modem plus que sur son "entourage" actuel. Reste que la réunion s'est tenue à huis clos et que ces points ne figurent pas dans le fameux communiqué. Si jamais il y a des Saint-Thomas au Modem, voilà qui risque de doucher "l'enthousiasme" affiché en façade. On sera d'ailleurs curieux de voir si les grands discours de Begag contre le cumul des mandats et des indemnités s'appliqueront avec autant de scélérité à ses colistiers. Ou si cela se terminera comme au PS. Alors, qui se ressemble s'assemble ?