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Keyword - Jean-Jack Queyranne

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08nov.

Najat, de Ségolène à François, en passant par Arnaud

Orpheline de sa candidate Ségolène Royal, Najat Vallaud-Belkacem n’a pas mis longtemps à se ranger derrière le vainqueur de la primaire citoyenne. Jeudi dernier, France Inter annonçait sa nomination au titre de porte-parole de François Hollande, preuve que le futur adversaire de Nicolas Sarkozy sait laisser quelques places de choix à celles et à ceux qui ont soutenu son ex-compagne.

Bien sûr, Najat Vallaud-Belkacem aurait préféré la victoire de sa championne. Certains la voyaient déjà décrocher un maroquin en cas d’installation de Ségolène à l’Elysée. Aujourd’hui, elle ne se fait plus guère d’illusions. Son espoir réside beaucoup plus dans la possibilité de décrocher une bonne circonscription pour les futures législatives. Comme l’ont raconté Les Potins, elle a un moment lorgné sur Villeurbanne où la députée sortante Pascale Crozon était prête à jeter l’éponge. Le maire Jean-Paul Bret s’y est formellement opposé. Pour être sûr de ne pas voir débarquer sur ses terres cette proche de Gérard Collomb, il a même convaincu Pascale Crozon de repartir au combat.

Autre hypothèse un temps caressée par Najat, une candidature dans la circonscription de Jean-Jack Queyranne. Le président du conseil régional sera concerné par les règles du PS sur le non-cumul des mandats. Il va devoir choisir entre la présidence de la Région et son siège de député. Mais, même s’il abandonne le Parlement, la bataille est loin d’être gagnée d’avance pour Najat ; elle devrait d’abord convaincre les militants socialistes de la préférer à Annie Guillemot. La mairesse de Bron l’a officiellement annoncé ; elle se verrait bien elle aussi briguer la succession de Queyranne.

Il existe toujours une possible candidature dans la quatrième circonscription du Rhône. C’est-à-dire dans celle dont Dominique Perben est le député et qui passe pour être ingagnable par la gauche. En 2007, Najat y a déjà tenté sa chance. Malgré ce qui a été alors considéré comme un excellent score, elle avait été largement battue (56,5% contre 43,5%) par l’ancien ministre des Transports.

Selon certaines confidences, Najat regarderait du côté de la Saône-et-Loire. Elle se verrait suppléante d’Arnaud Montebourg, persuadée qu’il fera son entrée au gouvernement en cas de victoire aux présidentielles. Elle y gagnerait son billet pour l’Assemblée nationale.

Un élément plaide en faveur de cette hypothèse : Najat entretient grâce à son mari Boris Vallaud d’excellentes relations avec Montebourg. Celui-ci n’est autre que le directeur général des services du conseil général de Saône-et-Loire que préside Montebourg.

Gérard Angel

20oct.

Les Gérards du cinéma

Samedi, c’était soirée people à l’Amphithéâtre de la Cité Internationale. Tout ce que Lyon compte de notables qui comptent les uns sur les autres voulait être vu, pour avoir l’impression d’être pour quelque chose dans la remise du prix Lumière à Gérard Depardieu, le Falstaff du cinéma français.

On use de stratagèmes honteux pour se retrouver pas trop mal placé, dans les premiers gradins, de manière à pouvoir surveiller tout ce qui se passe. Les invités de marque arrivent par la porte de droite, leur image est immédiatement retransmise sur écran géant, sauf quand le cadreur ne les connaît pas, notamment quand il s’agit de hautes personnalités lyonnaises dont la notoriété n’a pas dépassé le bout de leurs chaussures, là pas d’images, raté!

Mais Clovis Cornillac est chaleureusement applaudi, Laurent Gerra aussi, Albert Dupontel, Edouard Baer... Sitôt entrés, des confrères se précipitent pour faire semblant de les interviewer. Edouard Baer et Benoît Delepine sont tout heureux de se retrouver, ils font mine de se rouler un patin pour la plus grande joie des photographes.

Depardieu arrive, monumental, coiffé à la d’Artagnan, corpulent comme Porthos, gascon comme Athos et séducteur comme Aramis. Un trois mousquetaires à lui tout seul. Le public se lève et l’acclame debout. Alors lui se met aussi à adresser des petits signes de la main et finit par applaudir le public. Il est accompagné de Fanny Ardant et immédiatement toutes les femmes la détestent. Malgré les années qui ont passé, elle arbore toujours une silhouette impeccable, souple comme une liane, serrés dans une jupe fourreau verte et un bustier noir, une coiffure casque très 60’s revival, un port de reine. Enervante.

Thierry Frémaux lance le film de promotion du festival du film. Puis Depardieu dit quelques mots. Oh, il ne va pas faire de discours « je ne prépare jamais de discours, on me donne des lignes et je les lis » (il y en a d’autres qui les sniffent). Mais là, le texte est de lui, il improvise au fur et à mesure.

Rendez-vous après le grand film : La femme d’à côté, de François Truffaut, où Fanny Ardant fit ses début en 1981 (...) Ca y est, c’est la cérémonie. Tout le beau monde est monté sur scène. Une vingtaine d’artistes et de réalisateurs, plus Gérard Collomb et Jean-Jack Queyranne. Pour une fois, les élus sont tombés sur plus bavards qu’eux, Thierry Frémaux ne lâche pas le micro, les officiels font de la figuration. Bertrand Tavernier rend hommage à Depardieu « des personnages qui écorchent l’écran ». Mais aussi d’autres plus inattendus, plus fragiles, dans lesquels « il se glisse par surprise (...) avec la légèreté d’une dentellière ». Une dentellière qui a un sérieux coup de fourchette.

Public debout. Depardieu est ému, même s’il fait semblant de faire le malin, tant d’hommages « ça sent le sapin », qu’il plaisante. Il remercie. Lyon, le prix, le public « c’est extraordinaire, le métier que vous faites en regardant les films ». Alors Collomb veut dire quelque chose.

Depuis que les deux Gérard sont côte à côte, on n’arrête pas de penser à Astérix et Obélix. Le petit malin prend donc la parole. « J’ai vu que dans votre jeunesse vous aimiez Eddy Cochran »... Et lui aussi. A quoi pense-t-il à la veille du premier tour des primaires socialistes ? C’mon everybody ? Ou alors Nervous Breakdown ?

Timéo Danaos

05oct.

Un Ministre presque parfait

On l’a appris par sa participation à l’émission Un dîner presque parfait, le ministre de la Culture l’est également de la gastronomie. Ben : pas de la mode masculine ! Frédéric Mitterrand à Lyon, c’est vintage 50’s, un costume qu’il a du emprunter à Vincent Auriol, une chemise de chef de bureau à la SNCF. Il était très attendu à l’inauguration de la Biennale d’art contemporain, ce mercredi à la Sucrière. Et très photographié. On l’aurait surpris rajustant le nœud de cravate d’un officiel pour la photo, avec un doigté qui dénote une longue expérience.

Frédéric Mitterrand est cool. A son aise dans un aréopage composé de cultureux, reconnaissables à leurs lunettes aux formes compliquées, leurs écharpes chamarrées même en plein soleil, et chez certains hommes, ces curieuses coiffures en oreilles de cocker.

Ca y est, la tribune aux palabres s’éclaire. Gérard Collomb s’avance vers le lutrin en plexiglas. Sans notes. Et peu importe, le roi  du hors sujet dit toujours à peu près la même chose. Il commence par les projets de la Confluence et finit par la réhabilitation de l’usine Tase. Si le ministre s’en bat l’œil, il se débrouille pour que ça ne se voit pas. Il cligne les paupières.

Jean-Jack Queyranne lui succède. Il dépose devant lui un petit bristol, c’est qu’il ne sera pas long. « Une biennale belle et terrible est née ! », clame-t-il en paraphrasant le titre. On le sent prêt à se jeter dans la tragédie grecque, et puis non, il fait un détour par la grotte Chauvet, il y croise le cinéaste Werner Herzog qui vient d’y tourner un film 3D. Ah ! l’art est bien le seul qui se dresse face au chaos, le seul qui vienne « fourailler aux entrailles des choses ». Fin de bristol. Magnifique.

Et le voilà, le Frédo, avec son costume de conservateur de la Culture. Il est accompagné d’une liasse de huit feuillets. On n’y échappera pas. Il salue chacun par son titre : « Monsieur le maire » aussitôt suivi d’une adresse plus familière, « Cher Gérard Collomb ». Il semble sincèrement heureux d’être là, comme soulagé d’échapper un instant au microcosme. Bah, plus que huit mois ! Il part en free style sur la biennale, puis sur l’accueil lyonnais, avant de revenir au discours tracé par les fonctionnaires de la Culture, où il ne manque pas un bouton de guêtre. Un petit mot de Thierry Raspail  pour finir ? Oups, on est placé trop près, on voit des choses qu’on ne devrait pas (quand même, il aurait pu faire ses racines).

Voici le moment de remettre le Prix de l’artiste francophone avec la Maison de la Francophonie. Mais là, au lieu de tendre la cuillère à Erick Roux de Bézieux, Frédéric Mitterrand repasse le plat à Gérard Collomb. Bon, le maire ne renonce jamais à parler même s’il n’a rien à dire. Il se met à lire ce qu’il a trouvé devant lui : la liste des membres du jury. Sinon il y avait aussi l’étiquette de sa cravate : soie naturelle, ne pas laver, dégraissage only. Et donc le gagnant est... Dominique Petitgand. Il est là. Il monte sur scène. Il ne comprend pas très bien ce qu’il y fait : « j’aimerais bien connaître les raisons de ce choix ». Panique à bord, personne ne sait. Sauf : Erick Roux de Bézieux, vous voyez bien qu’il fallait lui donner la parole. Le président de la Maison de la Francophonie explique : le travail avec les mots, une langue ouverte qui fait dialoguer en permanence le français avec l’anglais. En l’écoutant ébahi, l’artiste arrive à se convaincre que oui, c’est bien lui qui a fait tout ça. Il accepte le prix. Qu’il en soit remercié.

On va pouvoir se jeter sur le buffet. Faudra faire vite. En dehors d’une excellente bière Duvel, on ne trouvera guère à croquer que des tranches de pains aux noix, avec deux grains de raisin.

Haguenauer et Gelas sont habituées à mieux. Elles vont noyer leur désespoir un peu plus loin emportant au passage un exemplaire du Progrès. Si c’était pour les pages saumon, il fallait prendre Le Figaro.

Timéo Danaos

18sept.

Speed dating post mortem

Cinq minutes par personne. Tout le monde voulait se faire entendre à l’inauguration de la Maison des Deux Rives, à la Confluence, ce lundi. Rendez-vous à 18 heures au Monolithe, ce cube de béton doré de la rue Denuzière. Une maison-relais pour personnes en déshérence.

Tout le monde non, car un certain nombre de personnalités étaient au contraire venues là pour se taire, ce qui mérite le respect. Michel Havard, qui n’en pense pas moins. Et le préfet Carenco, celui qui ressemble à John Cleese des Monthy Python, un préfet nommé Wanda.

Mais Daniel Saillant parle. Il est le président d’Habitat et Humanisme Rhône, maison fondée en 1985 par Bernard Devert pour fonder des maisons. Et par Jacques Moulinier, disparu en 2010. « Il est là-haut, il nous regarde, il est content ». On aimerait bien qu’il n’en profite pas pour jouer avec les nuages, on est dans la cour.

Raphaël Appert, du Crédit Agricole, lui succède au micro. Certes, avec tout ce chahut boursier « ce n’est pas facile en ce moment de prendre la parole pour un banquier ». Il la prend quand même et il n’a pas l’intention de démissionner non plus. Bien au contraire. « Longue vie au projet ! ». La banque continue.

Denis Broliquier compte 33 logements là où une vingtaine seulement ont suffi aux autres, mais les autres n’ont pas besoin de se faire élire dans cet arrondissement, lui si. On n’a jamais trop d’électeurs. Il se souvient de Jacques Moulinier à l’époque où ils étaient tous les deux centristes. Comme le temps passe.

Puis c’est le tour de Philippe Barbarin : oui Jacques Moulinier est avec nous ce soir, et aussi Mère Térésa, « car c’est l’anniversaire de sa mort en ce 5 septembre ». Décidément le ciel commence à être chargé !

Gérard Collomb s’avance. Il salue le catholicisme social, grande tradition de la ville, il cite Henri Lacordaire, rend un hommage vibrant à Jacques Moulinier, mais n’en doutons pas, la politique menée en ce moment par la ville de Lyon se situe exactement dans la droite ligne des convictions défendues par Jacques Mouliner à son époque. Au centre droit, donc.

Ah, reprend Jean-Jack Queyranne, on peut dire que Jacques Moulinier était passionnément Lyonnais. C’est grâce à des gens comme lui qu’au cœur de la Confluence aujourd’hui, « il n’y a pas que des bâtiments prestigieux, du commercial et des immeubles de standing », il y a aussi... (euh... l’immeuble du Progrès ?). Non ! Il y a aussi « du logement pour tous, le droit au logement effectif ». Effectivement.

Allez Michel ! Le Garde des Sceaux va fermer le banc. Il se souvient de Jacques Moulinier et de tout le parcours politique qu’ils ont suivi ensemble sur les chemins du centre : « Jacques avec qui nous avons mené des combats politiques et nous en avons perdus autant que nous en avons menés ». Toute une carrière. Quand on pense à tous les combats que Michel Mercier va maintenant devoir perdre tout seul !

Coupons le ruban avant que ça ne refroidisse. Le coup de ciseau inaugural sonne le tocsin pour les bouchons de champagne qui dépotent un peu partout. Du moins : du crémant de Bourgogne, le même que Michel Mercier sert à sa table du Département, ça sent le déstockage massif.

Une ambiance très cathosphère. Dress code : s’habiller de couleur terne et toujours donner l’impression de s’ennuyer un peu, mais pas trop.

Si d’aventure on croque un canapé (ceux au fromage de chèvre par exemple) le faire comme par inadvertance et en ne donnant  pas l’impression d’y prendre du plaisir. Manquerait plus que ça !

Timéo Danaos

12juil.

La Région accouche par le siège

Jeudi soir on inaugurait le nouveau siège de la région Rhône-Alpes à la Confluence. Le hall est immense. Il plonge en pente douce jusqu’à la salle du conseil. Au sol, des marquages indiquent le chemin. Des pas, pied gauche, pied droit, l’un bleu, l’autre jaune. D’après l’espacement entre eux, l’homme qui a servi de modèle doit mesurer dans les 3,40 mètres. On est heureux de ne pas l’avoir croisé.

Pour l’heure Gérard Collomb, Jean-Jack Queyranne et François Turcas sont installés sur une sorte de rampe de lancement qui leur sert de promontoire. On crachote un peu dans le micro et le maire prend la parole. Ah la Confluence ! La « fluidité du nouveau quartier ». Les 45 000 m² du Marché Gare qui vont prochainement servir de bac à sable des architectes Herzog et de Meuron. Le pôle de loisirs avec ses restaurants que les élus régionaux vont bientôt pouvoir découvrir, en espérant qu’ils n’en profitent pas pour « passer trois heures à table » (on espère surtout que la présence de Turcas n’est pour rien dans cette insinuation malveillante).

Rendez-vous à 18 h 30 dans la salle du conseil, JJQ fera un discours. Chic ! A l’heure dite, on lance une vidéo. L’architecte Christian de Portzamparc, accoudé sur un mange-debout, dans un hall encore désert, regarde refroidir une tasse de café. « Ce bâtiment est un serpent, explique-t-il. Et sous ce serpent, il y a la salle du conseil ». La salle des sornettes, quoi.

Ensuite, le président monte à la tribune, flanqué de part et d’autre d’une trentaine d’élus qui jouent les glaïeuls : « Charbonnières ne répondait plus aux besoins de notre temps ». Mais ce nouveau bâtiment oui , car c’est « un grand vaisseau arrimé à la Darse ».

Un vaisseau ? Qu’a-t-il fait du serpent ? « Nous voulions du beau, pas du toc », et donc « la façade est en terre cuite ». Un peu comme une cruche. Victor Hugo ne disait-il pas : « l’architecture est le grand livre de l’humanité » ? Alors que Daniel Pennac déclarait : « l’architecture est l’art de la suggestion ». En attendant qu’ils se mettent d’accord on pourrait peut-être ouvrir le buffet ? L’hôtel de région est « une vitrine et un outil ». En cas d’urgence, brisez la glace !

« Bienvenue à tous et à toutes. Les buffets sont à votre disposition, avec des spécialités de la région ». Bravo. Pour qui doit installer des tables sur un pan incliné, les choses ne sont pas faciles. Toutefois, le traiteur s’appelle La Potinière, il bénéfice dans ce journal d’un préjugé favorable.

On croise Denis Broliquier, en repérage, Roland Bernard, en voisin, Etienne Tête, en conciliabule, Jean-François Debat, en grande pompe. Ainsi qu’une Miss 2e Dauphine Le Progrès ondoyant sur ses talons.

Suivant les consignes du président, on entreprend de se régaler de spécialités régionales : du saumon fumé (de Grenoble ?), de la feta (de Valence ?), des verrines de Saint-Jacques (de Miribel ?) et puis du foie gras, du rouget, des feuilles de vignes, du chorizo. Certes, si on n’était pas d’une totale mauvaise foi, on aurait souligné aussi la charcuterie lyonnaise ou les petites quenelles. Mais voilà, on l’est.

« Monsieur est un tentateur ! », glousse une dame à un jeune serveur qui lui présente un plateau de sucré. Ne nous emballons, pas, il s’agit seulement de pâtisseries, pas de fruits de la passion !

« Il y a aussi des buffets à l’intérieur ». Et c’est vrai, on les voit à travers la vitre. Déserts. Avec trois pauvres maîtres d’hôtel perdus comme trois poissons dans un aquarium trop grand. Ce n’est pas qu’on ne voudrait pas y aller, mais personne n’a réussi à trouver l’entrée !

Avant de partir, une touchante attention. On remet à chaque invité une mallette toute en carton et ficelle, pour faire développement durable. Elle contient une mine de renseignements sur la région, ses compétences, ses réalisations, le travail des élus. Bref tout ce qu’ils auraient dû savoir avant de se présenter aux élections. Une bien belle soirée.

Timéo Danaos

18mai

Quinzaine internationale, on liquide et on s’en va

Les patrons ne ratent jamais une occasion de se congratuler. Jeudi soir, ils clôturaient la grande quinzaine de l’international. Ca dure quinze jours, on y tutoie le monde, on s’y rencontre : 1 157 participants, 700 entreprises, plus de 100 rendez-vous professionnels assurés pour... et bien, pour décider de se revoir au plus vite. Car on ne plante pas une petite graine dans le jardin du voisin aussi facilement que ça, surtout si c’est un jardin anglais.

On arrive à la Chambre régionale de commerce au moment où le président Mauduy semble en avoir terminé avec le speech de bienvenue. Croit-on. Pierre Berat prend la relève : « Oui, le commerce extérieur régional se redresse ». Les chiffres sont bons, c’est le rebond. Les tableaux de résultats se succèdent : 1,84 milliard d’excédent régional, l’Asie, le Brésil, l’Allemagne, l’Europe. Que le printemps est doux. Alors Mauduy réinvente l’ubiquité. Il est à la fois ici et ici. Il lance la diffusion d’un film vidéo qui consiste en une interview de lui-même, quasiment par lui-même, une sorte d’autologie illustrée. Tout, vous saurez tout sur la quinzaine internationale, sur le « qui fait quoi ? » qui doit être le cousin du « vivre ensemble ».

Au son de sa voix, les images défilent : un TGV, un truc qui tourne, quatre pélos en réunion, des boxes de rendez-vous, une salle de colloque, une tribune où l’on retrouve Mauduy, bien entouré. Retour sur scène où on retrouve Mauduy, bien entouré. Le vrai. Il congratule maintenant les présidents des CCI locales, qui ne sont pas venus, mais qui ont envoyé des représentants, qu’il congratule aussi car ce sont de « vrais entrepreneurs » ! Et sur l’écran défile alors un diaporama qui reprend les mêmes images que la vidéo mais en fixe : un TGV, un truc qui ne tourne pas, quatre pélos figés sur une table de réunion, des boxes de rendez-vous immobiles, une salle de colloque silencieuse... Dans la Loire, tout s’est bien passé. Dans le Nord Isère aussi, Villefranche de même, et là et là itou.

Intermède vidéo : Mauduy II. Le film commence par une nouvelle autologie présidentielle sur le thème :  « c’est tous ensemble que nous ferons avancer notre région Rhône-Alpes ». Appuyée sur des images d’illustrations aléatoires. Propos que confirment en vidéo Jean-Jack Queyranne, Daniel Gouffé, François Turcas, qui ne sont pas venus non plus. On commence à comprendre pourquoi.

Qu’importe, cette quinzaine 2011 restera une bonne année, aujourd’hui plus qu’hier et bien moins que demain. Mauduy reprend la parole. En fait, il ne l’a jamais vraiment lâchée. « Cette suite de discours, ça fait très long », reconnaît-il comme s’il n’y était pour rien. Il refile quand même le crachoir à Jean-Louis Gagnaire, vice-président PS de la Région chargé du développement économique, tout en se défendant : « moi je ne fais pas de politique ». « Moi si, répond Gagnaire. De temps en temps je passe devant les électeurs, c’est la seule contrainte ». Heureusement, le reste du temps, les électeurs, on s’en cogne.

Enfin le secrétaire général aux affaires régionales vient représenter à la fois le préfet, le ministre, et finalement toute la République, en tous cas celle qui n’est pas assez haut gradée pour avoir pu se défiler. « Bravo encore et bon courage », conclut-il. Il lui en faut aussi. « Nunc est bibendum », déclare alors Mauduy, avec l’autorité du chef de gare qui siffle le départ du train. Le buffet est frais et gourmand. Car on est toujours bien reçu chez les patrons de la région, quand on n’y va pas pour demander une augmentation de salaire. Ils savent mettre les petits plats dans les grands et les moyens dans le buffet. Le champagne a la fraîcheur d’une eau de source. On s’étendrait bien à l’ombre des lauriers qu’on vient de tresser pour entendre chanter les oiseaux.

Timéo Danaos

 

27avr.

Quand Giordano se prend à rêver d’un fauteuil de député

Les yeux fixés sur les performances des écolos lors des dernières élections européennes, régionales et cantonales, Alain Giordano se voit déjà un destin national. Son analyse est simple, pour ne pas dire simpliste. Si un accord national intervient entre le Parti socialiste et EELV (Europe Ecologie Les Verts), la formation que dirige Cécile Duflot peut espérer décrocher deux candidatures dans le Rhône.

Les écolos pourraient tout à fait jeter leur dévolu sur deux circonscriptions : celle de Villeurbanne où Béatrice Vessiller vient de brillamment se faire élire conseillère générale et une circonscription sur Lyon.

Sur le papier, c’est évidemment dans la seconde circonscription, notamment du côté de la Croix-Rousse, que les écolos obtiennent leurs meilleurs scores. Aux dernières régionales, la liste EELV a même devancé de près de deux points la liste menée par Jean-Jack Queyranne dans le 1er arrondissement. Pas sûr toutefois que le PS acceptera demain de sacrifier l’un des siens - le très actif député Pierre-Alain Muet - pour laisser le champ libre à un candidat écolo. Le maire du 9e ne l’ignore pas, lui dont l’arrondissement est à cheval sur deux circonscriptions. Du coup, le voilà qui lorgne sur la première, celle que détient l’UMP Michel Havard. Ce n’est certainement pas un hasard s’il a choisi la première circonscription pour organiser la semaine dernière une réunion avec quelques responsables d’associations locales.

Pour employer un euphémisme, on dira que son activisme actuel n’est pas vraiment du goût des élus socialistes du 9e arrondissement. Voilà des mois que les relations sont mauvaises. Elles ont encore empiré ces dernières semaines. La preuve ? Les élus socialistes, le 1er adjoint Bernard Brochard en tête, refusent désormais de participer aux réunions hebdomadaires qu’organise le maire avec sa majorité. Ils justifient leur bouderie par la décision de Giordano d’associer des fonctionnaires à ces réunions qui sont théoriquement politiques.

En délicatesse avec les socialistes, Alain Giordano devra également compter avec les ambitions d’un autre partenaire des socialistes : le radical Thierry Braillard. Au terme d’un accord national, c’est déjà lui qui, aux dernières législatives, a représenté l’ensemble de la gauche dans cette première circonscription. Il n’avait d’ailleurs été battu que d’une courte tête par Michel Havard. On l’imagine aisément, Braillard va tout faire pour être à nouveau en piste l’année prochaine. Pour se donner un maximum de chance, il vient de se faire élire vice-présdient du PRG, en charge des… élections. Comme quoi, on n’est jamais si bien servi que par soi-même.

Gérard Angel

11mar.

Avec les socialistes la fête de la femme est maigre pour un mardi-gras.

La journée de la femme n'est décidément pas comme les autres. Surtout quand sa date de commémoration – le 8 mars – tombe en plein Mardi-gras... Au PS du Rhône, on a donc décidé de mettre les bouchées doubles pour cet événement exceptionnel : un repas, garanti sans cholestérol ; et un débat non-participatif, sur la « place des femmes en politiques ». Un cadre fédérateur et grégaire a également été choisi. Il s'agit d'un restaurant huppé de Craponne, ville à laquelle, hélas ! tous les bus ne mènent pas...

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21janv.

L’impatience des jeunes socialistes



« Au PS, à 40 ans t’attends ; à 50 ans tu désespères ; à 60 ans, tu as tes chances ! ». Celui qui s’exprime de la sorte sait de quoi il parle. A tout juste 40 ans, le secrétaire fédéral aux élections Jean-Christophe Vincent constate qu’il ne fait pas bon aujourd’hui être jeune au Parti socialiste. C’est vrai au niveau national où les Arnaud Montebourg, Vincent Peillon, Manuel Valls et autres Pierre Moscovici sont d’ores et déjà les grands perdants de la prochaine présidentielle. A 50 ans, ils sont déjà plus âgés que nombre de dirigeants de grandes démocraties. Las ! En France, ils sont priés de patienter quelques d’années. Leur heure n’est pas encore arrivée. En 2012, les vraies vedettes s’appellent Dominique Strauss-Kahn (61 ans), Martine Aubry (60 ans), Ségolène Royal (57 ans) ou François Hollande (56 ans).

Le constat n’est guère différent dans le Rhône où les deux principaux élus ont largement dépassé les 60 ans. Le maire de Lyon Gérard Collomb a 63 ans ; son camarade Jean-Jack Queyranne, président du conseil régional, en a deux de plus. L’un et l’autre sont pourtant bien placés pour comprendre l’impatience des jeunes générations. Collomb n’avait que 34 ans lorsqu’il a été élu député. Quant à Queyranne, il était devenu premier adjoint de Villeurbanne à 32 ans et député à 36 ans.

C’était l’époque où le Parti socialiste du Rhône misait clairement sur la jeunesse. Quand il devient premier secrétaire fédéral, Roland Bernard a tout juste 35 ans. Voilà deux ans qu’il est maire d’Oullins. Il sera député à 37 ans et sénateur à 42 ans.

En 1979, Yvon Deschamps prend les rênes de la fédération du Rhône. Il a 36 ans. Il restera en poste jusqu’en 1993. C’est alors la jeune Sylvie Guillaume qui lui succède. Elle a tout juste 31 ans. Ensuite, c’est adieu la jeunesse, bonjour l’expérience. Christiane Demontès approche la cinquantaine quand elle succède à Sylvie Guillaume. Elle-même sera remplacée en 2008 par Jacky Darne alors âgé de 65 ans.

On se gardera d’évoquer l’âge des parlementaires socialistes actuels. Dans le Rhône, tous ont plus de 60 ans ; y compris ceux qui, comme Pierre-Alain Muet et Jean-Louis Touraine, se verraient bien repartir pour un second mandat en 2012. Ils auront alors 67 ans.

A Lyon, Gérard Collomb semble bien décidé à tenter la passe de trois. En 2014, il n’aura effectivement que 67 ans. A tout juste 50 ans, le « jeune » David Kimelfeld, qui fait aujourd’hui figure de possible successeur, est prié de patienter. Avec un peu d’espoir, il peut espérer s’asseoir dans le fauteuil de maire avant d’atteindre l’âge légal de la retraite.

Gérard Angel

02déc.

Hiltonnant beaujolais

Que se passe-t-il lorsque les affiches lyonnaises invitent à fêter le beaujolais nouveau au Hilton ? Rien. Ou presque. Et ce n’est pas plus mal. Pas de majorettes faisant sauter le bouchon, d’échassières volantes aux ailes de tulle, de ballerines lâchées dans les grappes. Mais surtout : pas de discours !

La vigne était représentée par un quarteron de compagnons du beaujolais, en tablier roide et chapeau plat. Ceux qui s’attendaient à les voir se lancer dans un quadrille à la gloire de Bacchus en sont pour leurs frais. Nos austères pépères ont su conserver toute leur dignité, leur tastevin passé autour du cou, l’instrument indispensable de leur fonction, toujours à portée de main. Un peu comme si les politiques se promenaient avec une écumoire à sottises, ce qu’ils ne font pas, car nul ne saurait être forcé de s’écumer soi-même.

Avant que les grandes portes du temple de la boustiffaille ne s’ouvrent, on aura tout de même pris le temps, sur les parvis, de  tremper les lèvres dans le divin breuvage. Sans retrouver la foi, il faut bien le dire. Et de feuilleter les pages saumon du journal Les Petites Affiches Lyonnaises, seule concession faite à la poissonnerie. Car le buffet est lyonnais, résolument lyonnais, terriblement lyonnais. Il y a même dans un coin un  stand de nems et de brochettes au curry, spécialités incontournables de la Guillotière. Des charcuteries crues et cuites. De l’andouille. Bon, cela n’a rien d’exceptionnel dans un cocktail, mais d’habitudes elles sont en tenue de soirée, celles-là sont découpées en tranches fines. Du gras double, des tripes à la lyonnaise. Chacun se ressert abondamment. Une mémé morfale traverse la salle de part en part, cramponnée à son assiette comme un martien à sa soucoupe. Car si le beaujolais est de l’année, la clientèle pour sa part est plutôt millésimée. A part une petite catwoman toute en bottes et en jambes, quelques jeunes gens égarés venus se rendre compte par eux-mêmes à quoi s’amusent leurs parents quand ils disent qu’il vont à une fête, il faut bien reconnaître que le carnet d’adresse des Petites Affiches Lyonnaises n’est pas celui des Inrockuptibles.

Mario court partout. Lui qui est habitué à photographier les stars se retrouve un peu en jachère. Qu’importe. Il prend tout ce qui passe. « Regardez-moi, attendez, bordel ! ». Il y a deux minutes, les « amoureux » ne savaient pas encore qu’ils l’étaient, les voilà presque mariés pour la photo : « un bisou ! ». Gérard Collomb vient d’arriver et ça n’a rien à voir. Il aura à peine croisé Jean-Jack Queyranne. On le veut sur la photo, aux côtés de Benoît Soury, le candidat-président à la Chambre de commerce. Collomb se fait un peu prier : « ce n’est pas une campagne électorale au moins ? ». Mais non, mais non. Il finira par y consentir avec un sourire si large qu’on ne saura plus lequel des deux est candidat. De toutes façons, à force de se faire tirer le portrait avec tout le monde il va forcément tomber sur le futur vainqueur.

Le maire n’est pas venu pour rien. On lui remet un tablier. Certes, ce n’est pas la première fois. Mais celui-ci porte une étoile flamboyante qui n’a rien de réglementaire et qui symbolise Les Petites Affiches Lyonnaises. Pour des raisons qui demeurent obscures. Et rien, il ne se passe rien. La « fête » brouhahate gentiment, à petits pas glissés, à petites bouchées, à petites gorgées. Tout le monde se fait des sourires en faisant semblant de se connaître. Des chargés de com’ passent leur temps à se glisser des cartes de visite dans les poches les uns des autres. Même Alain Bideau semble là par devoir. Semblant regretter qu’on lui ait rédimé ses frais de bouche, et qu’il en soit réduit à se contenter des  invitations des autres.

Timéo Danaos



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