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Keyword - Jean-Jacques David

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04juin

Fumer tue gravement la santé

Ah, c’était chic ! Mercredi soir à l’hôtel Reine Astrid, quatre étoiles prestigieux près du parc de la Tête d’Or, du nom de celle qui fut princesse de Suède, puis reine des belges de 1934 à 1935, le temps d’un accident de voiture. Un triple pince-fesse était organisé, pour présenter la nouvelle collection de Pal Zileri, les œuvres sculptées d’Anneli Courtin et les cigares Edito de la Casa de Francia. Allait-il pleuvoir? C’eût été dommage, la fête était installée dans le jardin de l’hôtel.

Quelques gouttes essayaient de tomber de temps à autre sans grande conviction, aussitôt repoussées par le gros son de DJ Sara Costa qui les renvoyait  dans les nuages à coup de basses : boum-boum !

Collomb n’était pas là. Les socialistes essaient d’éviter les hôtels de luxe. Pas Jean-Jacques David, le maire du 6 est ici chez lui et il ne lâche pas un pouce de terrain. Ni Emmanuel Hamelin, il faut bien que la reconquête de Lyon commence quelque part et ici il fait doux. Beaux messieurs en tenues sombre ou en casual de luxe. Belles dames rescapées de bistouris vengeurs, avec un sourire tiré à quatre épingles.

Quatre beaux gosses restent à l’écart, un mal-rasé, un cramé aux UV, un Ken aux yeux bleus, un basketteur black. Ou bien nous assistons à la reconstitution de boys band dissout et pour pas cher (10 sous) ou bien ce sont les cintres bodybuildés prévus pour présenter la collection Zileri dans un instant.

Bingo ! Quelques minutes plus tard on les retrouve sur le podium, dans un salon de l’hôtel, pour un torture-test qui les  plonge brutalement dans la réalité du réchauffement climatique. Il doit faire 40° C sous les projecteurs. Vestes profondes de pure laine vierge, pantalons de flanelle épaisse, les quatre gaillards sont saisis à vif. Trois petits tours et puis s’en vont... avant de revenir à feu doux : manteaux double épaisseur, col roulé, doudoune boréale. Ça chauffe. Il ne manque que la tototte pour faire cocotte-minute. Heureusement que les défilés de garçons ne se terminent pas par une robe de mariée, la meringue aurait fondu sur place.

Ce n’est pas tout. Le directeur Ali Afshar lance la tombola, comme chez les pauvres. Sauf qu’ici on ne gagne pas une volaille vivante, il suffirait de se servir sur place. Non, le numéro tiré au sort repart avec un séjour de quatre jours pour deux personnes en Tunisie. Ou le contraire. En tous cas, il jubile. Le second gagne un panier garni dont on ne voit pas le contenu. Il jubile plus prudemment.

La fête reprend son cours, comme la Bourse il est à la hausse. DJ Sara Costa est toujours là : boum-boum. La Casa de Francia ouvre boutique. Le seul fabricant de cigares français attire beaucoup les messieurs. Et les messieurs à cigares attirent beaucoup les dames. Au bout d’un moment elles s’y mettent aussi, parfois avec une délectation qui frise l’attentat à la pudeur. Bientôt la cour s’est emplie d’une épais brouillard, comme Londres au cœur de la City, quand les affaires reprennent.

On boit du rosé de Bandol, on fait la queue pour des saint-jacques poêlées, on se rafraîchit avec des rivières de glaçons. On picore des grignotises.

Anneli Courtin fait un break. Elle a déserté pour un temps l’étal où elle présentait ses sculptures, des portraits malmenés par la vie, des visages marqués comme s’ils portaient sur eux les traces des tourments intérieurs. Elle s’est assise sur un muret. Tout autour les invités s’agitent.

Elle qui vient de Boulogne, on a l’impression qu’elle regarde ces mondanités lyonnaises avec une certaine malice. Ce sens de l’entre-soi, la peopolisation discrète et feutrée de ceux qui se reconnaissent entre eux parce qu’ils ont pris l’habitude de venir s’ennuyer dans les mêmes endroits. Mais la soirée est douce.

Timéo Danaos

08avr.

Dimanche l’abstention était au buffet

Pour un pince-fesse, au début, ça pince mou et ne fesse pas grand chose, mais ça va changer. Jusqu’à 20 h 15, il ne se passe rien à la préfecture en cette soirée électorale de second tour.

Des journalistes errent au hasard comme des chiens sans croquettes. Certains portent une oreillette à  l’oreille, mais même à l’oreille il ne se passe rien. Aucune puce, rien. Le préfet a installé des panneaux d’affichage dans la grande salle pour fixer les résultats au fur et à mesure qu’ils tombent. Rien à faire, le fur se fait attendre et la mesure reste désespérément vide.

Un jeune socialiste en service commandé photographie les quelques résultats ruraux pour les envoyer au siège du PS qui s’en bat la rose. Même le buffet des journalistes fait la gueule. On y trouve de pauvres sandwichs triangulaires, on dirait un pique-nique de francs-maçons pendant un débat sur la mixité. On se console avec la mousse au chocolat et la crème caramel, les valeurs refuges. Les préfets passent et elles demeurent. Les deux piliers du Département. Un peu comme Mercier et Jamet mais en plus roboratif.

Tiens Mercier ! Il vient d’arriver dans la salle du trône auréolé de journalistes, il fait semblant de scruter les affichages pour que les caméras aient quelque chose a filmer. Il n’a rien à déclarer. Jean-Jack Queyrannne non plus mais cela ne l’empêche pas d’être interviewé  sur France 3.

Les invités arrivent de plus en plus avec de la pluie sur les épaules. Des bruits commencent à courir. Perben aurait été battu... Rah ! Personne ne s’effondre en larmes ! Les chiffres tombent. C’est vrai pour Perben mais aussi pour Bolliet, le maire du 4. Renversé sur le plateau par une écolo, il en est encore plus vert qu’elle. Et Richard Llung à Villeurbanne qui perd le match retour contre Béatrice Vessiller. Certains voudraient bien fêter ça au buffet, d’autres noyer leur chagrin. Bernique. Il faudra se contenter de Perrier (même pas Jouët), de jus d’orange en pichet et de Coca light. La République Weight Watcher. On va finir au pain sec et à l’eau.

Jean-Jacques David apparaît dans le grand salon, sous une véritable standing ovation. En même temps, c’est facile, tout le monde est déjà debout. Il est cornaqué par un Denis Broliquier plus radieux que Bernadette Soubirous quand elle a vu la Vierge. Il croit entendre l’horloge de l’Hôtel-de-Ville carillonner à ses oreilles.

Puis c’est au tour de Raymonde Poncet de faire son entrée. Les écolos lui ont orchestré un véritable triomphe. Ils sont sortis de la salle pour mieux rentrer avec elle et l’acclamer « Hourra ! bravo ! Hasta Siempre, Belle des Champs ». Elle porte encore au cou le foulard vert qui étouffa son adversaire. Elle avance bras dessus bras dessous avec Béatrice Vessiller, l’autre tatie flingueuse, la Calamity Jane de Villeurbanne. Tout le monde tombe dans les bras de tout le monde et réciproquement.

Emporté par cette explosion d’exubérance printanière, Jacky Darne lui-même, qu’on a connu plus taciturne, embrasse Béatrice Vessiller comme on embrasse une carrière d’expert comptable : « Je te félicite ». « Merci, ça me touche beaucoup », répond la dame étonnée que le Grand Pardon tombe en mars. Et à quelques pas de là, dans une discrétion toute relative, selon son habitude Michel Mercier serre plus de louches qu’il n’y a de soupe. Ce n’est pas parce qu’il tourne en rond qu’il perd le nord. Il fait des grâces aux nouveaux élus, minaude. Il n’a pas oublié que ce jeudi sera choisi le nouveau président du Département. Et qu’il s’en faudra de peu - aide-toi, le ciel t’aidera - pour qu’il ressemble à l’ancien.

Timéo Danaos



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