Les meilleurs commentaires seront publiés dans le journal !

Keyword - Jean-Paul Bret

Fil des billets - Fil des commentaires

29fév.

En attendant François

Un meeting de François Hollande, sans François Hollande on ne pouvait pas rater ça. L’espace Jean Couty était plein. 300 participants selon les capacités de la salle, et 500 selon le comptage de nos confères du Progrès qui ont un peu lâché la cuillère dans le pot.

Lancer la campagne de François Hollande émoustillait les militants socialistes et les ramenait au temps d’un autre François, la plupart étaient d’ailleurs d’époque mitterrandienne. Pas tous. Les premiers rangs étaient agrémentés de jeunes du MJS, reconnaissables à leurs pull-overs incertains et leurs mèches brouillonnes. Et quelques drapeaux lessivés par les manifs.

On prend du retard. Vers 19 h 30 Joëlle Portier tente un faux-départ en criant : « François Président » et en tapant dans ses mains. Bernique. Le temps que tout le monde dise bonjour à tout le monde : Thierry Braillard, Najat Vallaud-Belkacem, Gilles Vesco, Gilbert Chabroux, Jean-Paul Bret... ça y est.

On ouvre le bal par un film qui retrace les grandes heures du PS, images en noir et blanc, d’un François à l’autre, les grandes conquêtes de la gauche, la retraite à 60 ans, aujourd’hui subclaquante, les 35 heures, à l’agonie..., mais le François nouveau est arrivé et tout peut recommencer. Même les affiches se ressemblent, le même petit matin, la même campagne qu’en 1981, on a juste viré l’église. Le candidat lance à l’écran un vibrant appel : « Je vous donne rendez-vous avec la République ». Jusque là, tout va bien. « C’est une rose encore fragile que tient François Hollande », commence Jacky Darne et il énumère toutes les raisons d’y croire. Sandrine Frih, pour les radicaux : « vous pouvez compter sur les militants du PRG pour les deux campagnes ». On va compter sur les doigts, ça devrait suffire. « Au printemps nous ferons refleurir l’espérance », clame Queyranne. Il a interrompu une plénière du conseil régional pour livrer cette métaphore jardinière.

Le public est content. Vidéo. Toutes les huiles locales du PS viennent célébrer leur soutien en image : « le changement, c’est maintenant ». Heureusement, ils oublient de refaire cette drôle de chorégraphie popularisée par le web, en forme de signe « égal », une sorte de haka socialiste, un « yaka ». Les occasions de se rendre ridicule viendront toutes seules, il n’est pas nécessaire d’aller les chercher.

Gérard Collomb. Il s’avance résolument vers le pupitre. « Pas plus de dix minutes », crie une voix ironique. Merci, camarade. Collomb s’en fout, il dira ce qu’il veut. Pour une fois, c’est une exercice libre, il n’est pas obligé de saluer la moitié de la salle, et le préfet et les élus, et les corps constitués. Oui, il faut faire du porte à porte, mais sûrement pas en arrivant « l’évangile à la main », les 60 propositions. Non, « il faut d’abord écouter ce que les gens ont à vous dire ». Mais pourquoi, puisque le programme est déjà rédigé ? Et bien pour rien. Il faut le faire, c’est tout. La tâche sera rude. « François Hollande devra redresser la France. C’est un peu ce que nous avons fait à Lyon ».

Finalement si on pouvait étendre la communauté urbaine aux 101 départements français, on aurait déjà fait un grand pas en avant. Collomb parle. Il convoque Aristote, dans L’Ethique à Nicomaque qui déjà fustigeait l’accumulation de l’argent pour l’argent. Et bien, aujourd’hui François Hollande ne dit pas autre chose et Nicomaque n’a qu’à bien se tenir. Il faut changer la vie. Une nouvelle fois. Pas seulement gagner mais réussir, pour regagner en 2017 et ainsi de suite.

Le comité de campagne vient saluer. Rideau. Ou plutôt : buvette tenue par le MJS... Mais qu’est-ce que c’est ? Un vague vin blanc en cubi, de la charcuterie industrielle ? La prochaine fois il faudra confier tout ça aux radicaux. Eux ont une réputation à défendre en gastronomie. Gagner les élections, si c’est pour bouffer comme à la cantine...

Timéo Danaos

08nov.

Najat, de Ségolène à François, en passant par Arnaud

Orpheline de sa candidate Ségolène Royal, Najat Vallaud-Belkacem n’a pas mis longtemps à se ranger derrière le vainqueur de la primaire citoyenne. Jeudi dernier, France Inter annonçait sa nomination au titre de porte-parole de François Hollande, preuve que le futur adversaire de Nicolas Sarkozy sait laisser quelques places de choix à celles et à ceux qui ont soutenu son ex-compagne.

Bien sûr, Najat Vallaud-Belkacem aurait préféré la victoire de sa championne. Certains la voyaient déjà décrocher un maroquin en cas d’installation de Ségolène à l’Elysée. Aujourd’hui, elle ne se fait plus guère d’illusions. Son espoir réside beaucoup plus dans la possibilité de décrocher une bonne circonscription pour les futures législatives. Comme l’ont raconté Les Potins, elle a un moment lorgné sur Villeurbanne où la députée sortante Pascale Crozon était prête à jeter l’éponge. Le maire Jean-Paul Bret s’y est formellement opposé. Pour être sûr de ne pas voir débarquer sur ses terres cette proche de Gérard Collomb, il a même convaincu Pascale Crozon de repartir au combat.

Autre hypothèse un temps caressée par Najat, une candidature dans la circonscription de Jean-Jack Queyranne. Le président du conseil régional sera concerné par les règles du PS sur le non-cumul des mandats. Il va devoir choisir entre la présidence de la Région et son siège de député. Mais, même s’il abandonne le Parlement, la bataille est loin d’être gagnée d’avance pour Najat ; elle devrait d’abord convaincre les militants socialistes de la préférer à Annie Guillemot. La mairesse de Bron l’a officiellement annoncé ; elle se verrait bien elle aussi briguer la succession de Queyranne.

Il existe toujours une possible candidature dans la quatrième circonscription du Rhône. C’est-à-dire dans celle dont Dominique Perben est le député et qui passe pour être ingagnable par la gauche. En 2007, Najat y a déjà tenté sa chance. Malgré ce qui a été alors considéré comme un excellent score, elle avait été largement battue (56,5% contre 43,5%) par l’ancien ministre des Transports.

Selon certaines confidences, Najat regarderait du côté de la Saône-et-Loire. Elle se verrait suppléante d’Arnaud Montebourg, persuadée qu’il fera son entrée au gouvernement en cas de victoire aux présidentielles. Elle y gagnerait son billet pour l’Assemblée nationale.

Un élément plaide en faveur de cette hypothèse : Najat entretient grâce à son mari Boris Vallaud d’excellentes relations avec Montebourg. Celui-ci n’est autre que le directeur général des services du conseil général de Saône-et-Loire que préside Montebourg.

Gérard Angel

23mar.

Quand Montebourg descend en Ville(urbanne), c'est plat

« Il est grand hein ? Et puis qu'est-ce qu'il est beau !  » Les pom-pom mamies étaient en folie, hier, à Villeurbanne, pour la venue d'Arnaud Montebourg dans le Rhône. Le « secrétaire national à la rénovation du Parti socialiste » avait quitté son atelier pour venir soutenir les candidats socialistes des trois cantons villeurbannais, dans une ambiance digne d'une apparition de Franck Michaël dans un club de scrabble.

Lire la suite

11fév.

Les 40 ans de Claude Bernard

Vendredi 28 janvier, l’Amphithéâtre de la Cité Internationale n’avait jamais si bien porté son nom. Il accueillait les 40 ans de l’Université Claude Bernard - Lyon 1. Près de 1 500 personnes garnissaient les gradins. Sur la scène, les personnalités étaient  logées dans des fauteuils-tulipes dont elles formaient le pistil : le maire de Villeurbanne, le président du Grand Lyon, celui de la région Rhône-Alpes, le recteur d’Académie  et Chancelier des Universités. Et Thierry Philip, dont les mérites n’étaient sans doute pas moindres, mais dont la contribution s’est bornée à garder le silence.

Lionel Collet, président de l’Université,  remonte les pendules de l’Histoire jusqu’à 1761 avec la création de la première école vétérinaire du monde à Lyon, 1928 la construction de la fac de médecine grâce à une subvention de la famille Rockefeller, et 1971 la fondation  de l’université  de sciences et de médecine, celle d’aujourd’hui, qui compte, affirme-t-il, 33 000 étudiants.

Jean-Paul Bret lui succède. Il est « très heureux d’être ici » et cela ne se voit pas du tout. Il salue les étudiants du campus qui sont d’après lui 23 000. Il enquille les prêts-à-mâcher des discours officiels : « associer l’essor de l’université au rayonnement de l’agglomération » (remplacez « université », par « industrie pharmaceutique », « bicyclette en ville », « patinage artistique » ou « blanquette de veau », ça marche aussi bien). Et qu’importe, cela fera toujours « une brique de plus dans la construction d’une métropole confrontée aux grands enjeux du monde ». Il a dû jouer au Lego quand il était petit. Collomb se souvient de ses années d’étudiant ; il était de gauche ; le recteur le jugeant trop trublion s’était débarrassé de lui en le nommant prof à Pont-de-Vaux.

Leçon retenue, Collomb lui-même n’ayant pas hésité à exiler ses adjoints indésirables dans des déserts caillouteux. Enfin, il se félicite de sa bonne santé, et de celle des autres sexagénaires du podium, laissant entendre qu’il ne sont pas près de décrocher.

En face de lui, les jeunes gens qui préparent leur avenir sont au désespoir. Enfin, le recteur Debbasch, au nom du gouvernement, ramasse la mise. Il félicite tout le monde et ses pairs, et principalement les étudiants qui sont devenus maintenant 36 000. Heureusement que ces gens-là ne font pas dans les sciences exactes.

Moment culturel, avec un mini-concert des chœurs de l’IUFM et la soliste en robe fuchsia « demi-Bachelot ». Egrenage de tout le programme de l’année d’anniversaire par deux étudiants en maîtres de cérémonie : « Que fais-tu de tes déchets ? ». Des fringues apparemment. Une sorte de retour du grunge. Le 8 juin ce sera « Mode et développement durable ». Buffet. Il est tard et la partie abstraite de la soirée a suffisamment duré. Le traiteur a su rester anonyme, il n’a inscrit son nom ni sur les serviettes ni sur les tenues des extras. Il a tort.

Qu’est-ce que ça grignote, des scientifiques de haut niveau, un soir de fête ? La même chose que le vulgum pecus, mais en tenant des propos totalement farfelus ou complètement incompréhensibles. On s’en fout, on a du métier maintenant, on fait semblant de comprendre et on sourit. Il y a là un troglodyte, plein de barbe et de cheveux, en arrêt devant des assiettes de carpaccio. Un Monsieur Rouflaquettes qui darde un œil de Sherlock Holmes sur de mystérieuses petites cassolettes noires. Deux jeunes gens qui chassent en meute, en avance sur le printemps et bien décidés à ne pas dormir sur la béquille.

Il est plus de 22 heures quand le gâteau à quatre étages fait son apparition. Lionel Collet le découpe avec la dextérité d’un d’Artagnan de la pelle à gâteau. Une coupe de champagne plus tard, on salue la flamme du traiteur inconnu ; elle vient de s’éteindre sous un reste de blanquette de veau. Et on rentre retrouver l’austérité du trolley C1.

Timéo Danaos



Editions Ventotene SA au capital de 149 000 euros. Directeur de la publication Gérard Angel 38 rue thomassin 69002 Lyon 04 78 42 57 97 Fax 04 78 92 82 74