On ne l’a pas assez dit ! La victoire de François Hollande, c’est bien lui, Gérard Collomb, qui en a été l’un des principaux artisans. Avec une modestie à faire pâlir d’envie Alain Bideau, le maire de Lyon s’est précipité dimanche soir pour se réjouir. « L’appel que j’ai lancé sur Lyon a été entendu » nous a-t-il expliqué. Quelle influence ! Quelle autorité ! Nous en restons sans voix… On aurait tort de penser que l’appel de Collomb n’a été entendu qu’entre Saône et Rhône. Bien au contraire. Son organe porte loin, très loin. Disons même qu’il porte de mieux en mieux à mesure que l’on s’éloigne de la place Bellecour et de l’Hôtel-de-Ville. A Lyon même, Hollande n’a séduit qu’un peu plus de 51% des électeurs. Sur l’ensemble du département du Rhône, le score s’améliore avec 54%. Et il frise les 57% pour l’ensemble du territoire.
Décidément, Collomb a raison de se pousser du col et de jouer les fiers-à-bras. Seuls les jaloux, les aigris et les potes de Michel Havard refuseront de reconnaître l’influence politique de la parole collombienne.
Bien sûr, ce deuxième tour des primaires vient confirmer le constat médical inquiétant déjà fait la semaine précédente : nombre de Lyonnais souffrent d’une forme aiguë de surdité profonde. Certains arrondissements sont plus touchés que d’autres par cette épidémie qu’il conviendrait de soigner rapidement. C’est principalement le cas dans le 1er arrondissement où l’électeur de gauche pourtant de bonne volonté n’a visiblement pas entendu l’appel de Collomb. Sur les terres de la mairesse Nathalie Perrin-Gilbert, Martine Aubry s’impose avec plus de 60% des suffrages. Il en va de même sur le plateau de la Croix-Rousse et même dans le 7e arrondissement. Comble de malheur, la maladie n’épargne pas plus le fief historique de Collomb. L’appel lancé par le maire n’a guère réveillé les électeurs. Le 9e est demeuré l’un des arrondissements où l’on a proportionnellement le moins voté pour ces primaires.
Cette surdité qui frappe Lyon pourrait être vite oubliée si elle ne risquait pas demain d’entraîner quelques conséquences politiques. Si François Hollande remporte la prochaine élection présidentielle, il ne manquera pas de remercier le maire de Lyon pour l’aide qu’il lui a apportée. Et comment mieux le remercier qu’en le laissant éloigné du gouvernement, histoire de lui éviter d’être touché par le désamour qui risque fort de s’abattre sur nos futurs dirigeants lorsque, après les promesses de la campagne, ils seront confrontés aux réalités et n’auront d’autres solutions que d’imposer la rigueur au pays ?
Gérard Angel




