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26oct.

Collomb s’égosille mais les Lyonnais restent sourds


On ne l’a pas assez dit ! La victoire de François Hollande, c’est bien lui, Gérard Collomb, qui en a été l’un des principaux artisans. Avec une modestie à faire pâlir d’envie Alain Bideau, le maire de Lyon s’est précipité dimanche soir pour se réjouir. « L’appel que j’ai lancé sur Lyon a été entendu » nous a-t-il expliqué. Quelle influence ! Quelle autorité ! Nous en restons sans voix… On aurait tort de penser que l’appel de Collomb n’a été entendu qu’entre Saône et Rhône. Bien au contraire. Son organe porte loin, très loin. Disons même qu’il porte de mieux en mieux à mesure que l’on s’éloigne de la place Bellecour et de l’Hôtel-de-Ville. A Lyon même, Hollande n’a séduit qu’un peu plus de 51% des électeurs. Sur l’ensemble du département du Rhône, le score s’améliore avec 54%. Et il frise les 57% pour l’ensemble du territoire.

Décidément, Collomb a raison de se pousser du col et de jouer les fiers-à-bras. Seuls les jaloux, les aigris et les potes de Michel Havard refuseront de reconnaître l’influence politique de la parole collombienne.

Bien sûr, ce deuxième tour des primaires vient confirmer le constat médical inquiétant déjà fait la semaine précédente : nombre de Lyonnais souffrent d’une forme aiguë de surdité profonde. Certains arrondissements sont plus touchés que d’autres par cette épidémie qu’il conviendrait de soigner rapidement. C’est principalement le cas dans le 1er arrondissement où l’électeur de gauche pourtant de bonne volonté n’a visiblement pas entendu l’appel de Collomb. Sur les terres de la mairesse Nathalie Perrin-Gilbert, Martine Aubry s’impose avec plus de 60% des suffrages. Il en va de même sur le plateau de la Croix-Rousse et même dans le 7e arrondissement. Comble de malheur, la maladie n’épargne pas plus le fief historique de Collomb. L’appel lancé par le maire n’a guère réveillé les électeurs. Le 9e est demeuré l’un des arrondissements où l’on a proportionnellement le moins voté pour ces primaires.

Cette surdité qui frappe Lyon pourrait être vite oubliée si elle ne risquait pas demain d’entraîner quelques conséquences politiques. Si François Hollande remporte la prochaine élection présidentielle, il ne manquera pas de remercier le maire de Lyon pour l’aide qu’il lui a apportée. Et comment mieux le remercier qu’en le laissant éloigné du gouvernement, histoire de lui éviter d’être touché par le désamour qui risque fort de s’abattre sur nos futurs dirigeants lorsque, après les promesses de la campagne, ils seront confrontés aux réalités et n’auront d’autres solutions que d’imposer la rigueur au pays ?

Gérard Angel

14oct.

A Lyon, inutile de faire tout un fromage de Hollande


Finalement, ce n’était certainement pas un hasard. Les récents scores des écologistes dans le 1er, la victoire de Raymonde Poncet aux cantonales dans le 4e, tout cela s’inscrit dans un mouvement désormais bien enraciné sur le terrain. Le remplacement de Dominique Bolliet par David Kimelfeld n’y aura rien changé. Arnaud Montebourg obtient d’excellents résultats dans ces deux arrondissements où il dépasse allégrement les 20% : 24% dans le 1er, 21% dans le 4e.

Voilà qui semble bien confirmer que les militants et électeurs écolos se sont assez largement mobilisés pour ces primaires citoyennes. Et qu’ils ont majoritairement apporté leurs voix à Monteboug. Et dans une moindre mesure à Martine Aubry. Que François Hollande soit à la peine n’a guère dû contrarier la mairesse du 1er Nathalie Perrin-Gilbert et le député Pierre-Alain Muet. Ils ont toutes les raisons de se féliciter du score de leur candidate qui arrive largement en tête dans ces deux arrondissements en frôlant (à la Croix-Rousse) ou en dépassant dans le 1er la barre des 40%.

Sur l’ensemble de la ville, Aubry devance d’une courte tête un Hollande pourtant soutenu par la très grande majorité des élus. Bien sûr, Collomb pourra toujours se consoler en constatant que son 9e arrondissement a donné la préférence à Hollande. En regardant les résultats de plus près, on constate que le 9e est l’arrondissement où les électeurs ont été proportionnellement les moins nombreux à se déplacer : tout juste 2 000 contre 2 500 dans le 1er où la population est pourtant près de deux fois moins importante. Voilà qui constitue incontestablement un revers pour Collomb.

Autre grand perdant de ces primaires, le Parti radical de gauche ; sur l’ensemble du département, il atteint tout juste 0,5% des suffrages, c’est-à-dire la moitié de son score national. Pire ! Il recueille à peine 350 suffrages (250 sur Lyon). Ces chiffres risquent de peser demain au moment des négociations autour les législatives. L’investiture de Thierry Braillard est loin d’être gagnée dans la 1ère circonscription. Là comme ailleurs, le PRG sera en position de faiblesse lorsque viendra l’heure de discuter de sa place aux futures élections municipales et territoriales. Avec une poignée de suffrages sur la ville, les radicaux seront demain mal placés pour réclamer deux postes de conseillers municipaux à Lyon, dont un adjoint qui est en même temps membre de l’exécutif régional, une vice-présidence du Grand Lyon et un conseiller général.

Enfin, la déroute de Ségolène Royal n’est certainement pas de nature à favoriser la carrière de Najat Vallaud-Belkacem. Vu le résultat de dimanche - dans le Rhône, elle est même devancée par Manuel Valls -, les places laissées aux royalistes ne seront pas nombreuses.

Gérard Angel

23mar.

Quand Montebourg descend en Ville(urbanne), c'est plat

« Il est grand hein ? Et puis qu'est-ce qu'il est beau !  » Les pom-pom mamies étaient en folie, hier, à Villeurbanne, pour la venue d'Arnaud Montebourg dans le Rhône. Le « secrétaire national à la rénovation du Parti socialiste » avait quitté son atelier pour venir soutenir les candidats socialistes des trois cantons villeurbannais, dans une ambiance digne d'une apparition de Franck Michaël dans un club de scrabble.

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21janv.

L’impatience des jeunes socialistes



« Au PS, à 40 ans t’attends ; à 50 ans tu désespères ; à 60 ans, tu as tes chances ! ». Celui qui s’exprime de la sorte sait de quoi il parle. A tout juste 40 ans, le secrétaire fédéral aux élections Jean-Christophe Vincent constate qu’il ne fait pas bon aujourd’hui être jeune au Parti socialiste. C’est vrai au niveau national où les Arnaud Montebourg, Vincent Peillon, Manuel Valls et autres Pierre Moscovici sont d’ores et déjà les grands perdants de la prochaine présidentielle. A 50 ans, ils sont déjà plus âgés que nombre de dirigeants de grandes démocraties. Las ! En France, ils sont priés de patienter quelques d’années. Leur heure n’est pas encore arrivée. En 2012, les vraies vedettes s’appellent Dominique Strauss-Kahn (61 ans), Martine Aubry (60 ans), Ségolène Royal (57 ans) ou François Hollande (56 ans).

Le constat n’est guère différent dans le Rhône où les deux principaux élus ont largement dépassé les 60 ans. Le maire de Lyon Gérard Collomb a 63 ans ; son camarade Jean-Jack Queyranne, président du conseil régional, en a deux de plus. L’un et l’autre sont pourtant bien placés pour comprendre l’impatience des jeunes générations. Collomb n’avait que 34 ans lorsqu’il a été élu député. Quant à Queyranne, il était devenu premier adjoint de Villeurbanne à 32 ans et député à 36 ans.

C’était l’époque où le Parti socialiste du Rhône misait clairement sur la jeunesse. Quand il devient premier secrétaire fédéral, Roland Bernard a tout juste 35 ans. Voilà deux ans qu’il est maire d’Oullins. Il sera député à 37 ans et sénateur à 42 ans.

En 1979, Yvon Deschamps prend les rênes de la fédération du Rhône. Il a 36 ans. Il restera en poste jusqu’en 1993. C’est alors la jeune Sylvie Guillaume qui lui succède. Elle a tout juste 31 ans. Ensuite, c’est adieu la jeunesse, bonjour l’expérience. Christiane Demontès approche la cinquantaine quand elle succède à Sylvie Guillaume. Elle-même sera remplacée en 2008 par Jacky Darne alors âgé de 65 ans.

On se gardera d’évoquer l’âge des parlementaires socialistes actuels. Dans le Rhône, tous ont plus de 60 ans ; y compris ceux qui, comme Pierre-Alain Muet et Jean-Louis Touraine, se verraient bien repartir pour un second mandat en 2012. Ils auront alors 67 ans.

A Lyon, Gérard Collomb semble bien décidé à tenter la passe de trois. En 2014, il n’aura effectivement que 67 ans. A tout juste 50 ans, le « jeune » David Kimelfeld, qui fait aujourd’hui figure de possible successeur, est prié de patienter. Avec un peu d’espoir, il peut espérer s’asseoir dans le fauteuil de maire avant d’atteindre l’âge légal de la retraite.

Gérard Angel

06janv.

A la Merci(er) des cantonales

Pour la première fois, les projecteurs nationaux vont être braqués sur le Rhône lors des élections cantonales de mars prochain. Deux raisons à cet intérêt : la première tient à l’incertitude du résultat. Il est loin le temps où l’UDF disposait à elle seule de la majorité absolue au sein du conseil général. Tel était effectivement le cas lorsque Michel Mercier a été élu président voici une vingtaine d’années. Au fil du temps, on a assisté au reflux centriste, d’abord au profit du RPR, puis de la gauche qui a réalisé une belle percée lors des deux derniers scrutins départementaux. La droite ne compte plus aujourd’hui qu’un petit siège d’avance sur l’opposition. Qu’elle vienne à perdre un canton supplémentaire et c’en est fait de sa majorité. Et donc de la présidence de Michel Mercier.

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