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Keyword - Michel Mercier

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23sept.

Mercier veut passer la main à Longin


Et si Michel Mercier n’allait pas au terme de son mandat et laissait la présidence du conseil général avant 2014 ? L’hypothèse est loin d’être absurde. D’autant que notre Garde des Sceaux est désormais persuadé qu’il a trouvé le candidat idéal pour lui succéder en la personne de Denis Longin.

Elu pour la première fois en 2004, le représentant du canton de Lamure-sur-Azergues a su se faire apprécier par ses collègues et par son président. Ce n’était pourtant pas gagné d’avance. A l’inverse de la plupart des centristes, Longin n’est pas historiquement un homme de Mercier. Celui-ci s’était d’ailleurs bien gardé de le soutenir lors des élections de 2004 ; notamment lors du premier tour qui avait vu s’empoigner pas moins de sept candidats se réclamant de la majorité départementale.

Sous des dehors de gros nounours, Denis Longin est un homme qui connaît parfaitement ses dossiers comme le prouve chacune de ses interventions. Tout le monde s’accorde pour reconnaître qu’il est un gros bosseur. Il a abandonné toute autre activité et consacre l’essentiel de son énergie à son mandat. Aux dernières élections cantonales, il a pris du grade. Mercier l’a fait élire vice-président du conseil général ; il lui a confié deux secteurs clé, les transports (hors agglomération) et l’agriculture. Bien sûr, certains doutent que Michel Mercier ne se représente pas en 2014. Ce n’est pas la première fois qu’il annonce son retrait. Déjà, en 2004, il avait pris cet engagement. A l’époque, il était sincère. Il avait prévu de passer le flambeau à son fidèle vice-président François Baraduc. Les problèmes de santé ont fait que l’élu de L’Arbresle a renoncé à cette fonction.

Cette année, Mercier n’a, dit-on, pas voulu prendre le risque de voir le conseil général du Rhône tomber à gauche. C’est la seule raison qui l’aurait poussé à oublier sa promesse de retrait. On murmure qu’il n’en est pas moins décidé à passer le relais à Denis Longin avant la fin du mandat. Si tel est le cas, cela rappellera quelques souvenirs à certains. En 1990, le président d’alors Jean Palluy avait démissionné pour laisser la place au jeune Mercier ; celui n’avait alors que 43 ans. En 2013, Denis Longin aura exactement le même âge. Voilà qui constituerait un joli bégaiement de l’histoire. Quant à ceux dont les souvenirs sont encore plus anciens, ils ne manqueront pas de noter que le canton de Lamure-sur-Azegues dont est issu Longin était celui d’un certain Laurent Bonnevay qui, avant d’être un boulevard urbain, fut président du conseil général jusqu’à sa mort, en 1957.

Gérard Angel

18sept.

Speed dating post mortem

Cinq minutes par personne. Tout le monde voulait se faire entendre à l’inauguration de la Maison des Deux Rives, à la Confluence, ce lundi. Rendez-vous à 18 heures au Monolithe, ce cube de béton doré de la rue Denuzière. Une maison-relais pour personnes en déshérence.

Tout le monde non, car un certain nombre de personnalités étaient au contraire venues là pour se taire, ce qui mérite le respect. Michel Havard, qui n’en pense pas moins. Et le préfet Carenco, celui qui ressemble à John Cleese des Monthy Python, un préfet nommé Wanda.

Mais Daniel Saillant parle. Il est le président d’Habitat et Humanisme Rhône, maison fondée en 1985 par Bernard Devert pour fonder des maisons. Et par Jacques Moulinier, disparu en 2010. « Il est là-haut, il nous regarde, il est content ». On aimerait bien qu’il n’en profite pas pour jouer avec les nuages, on est dans la cour.

Raphaël Appert, du Crédit Agricole, lui succède au micro. Certes, avec tout ce chahut boursier « ce n’est pas facile en ce moment de prendre la parole pour un banquier ». Il la prend quand même et il n’a pas l’intention de démissionner non plus. Bien au contraire. « Longue vie au projet ! ». La banque continue.

Denis Broliquier compte 33 logements là où une vingtaine seulement ont suffi aux autres, mais les autres n’ont pas besoin de se faire élire dans cet arrondissement, lui si. On n’a jamais trop d’électeurs. Il se souvient de Jacques Moulinier à l’époque où ils étaient tous les deux centristes. Comme le temps passe.

Puis c’est le tour de Philippe Barbarin : oui Jacques Moulinier est avec nous ce soir, et aussi Mère Térésa, « car c’est l’anniversaire de sa mort en ce 5 septembre ». Décidément le ciel commence à être chargé !

Gérard Collomb s’avance. Il salue le catholicisme social, grande tradition de la ville, il cite Henri Lacordaire, rend un hommage vibrant à Jacques Moulinier, mais n’en doutons pas, la politique menée en ce moment par la ville de Lyon se situe exactement dans la droite ligne des convictions défendues par Jacques Mouliner à son époque. Au centre droit, donc.

Ah, reprend Jean-Jack Queyranne, on peut dire que Jacques Moulinier était passionnément Lyonnais. C’est grâce à des gens comme lui qu’au cœur de la Confluence aujourd’hui, « il n’y a pas que des bâtiments prestigieux, du commercial et des immeubles de standing », il y a aussi... (euh... l’immeuble du Progrès ?). Non ! Il y a aussi « du logement pour tous, le droit au logement effectif ». Effectivement.

Allez Michel ! Le Garde des Sceaux va fermer le banc. Il se souvient de Jacques Moulinier et de tout le parcours politique qu’ils ont suivi ensemble sur les chemins du centre : « Jacques avec qui nous avons mené des combats politiques et nous en avons perdus autant que nous en avons menés ». Toute une carrière. Quand on pense à tous les combats que Michel Mercier va maintenant devoir perdre tout seul !

Coupons le ruban avant que ça ne refroidisse. Le coup de ciseau inaugural sonne le tocsin pour les bouchons de champagne qui dépotent un peu partout. Du moins : du crémant de Bourgogne, le même que Michel Mercier sert à sa table du Département, ça sent le déstockage massif.

Une ambiance très cathosphère. Dress code : s’habiller de couleur terne et toujours donner l’impression de s’ennuyer un peu, mais pas trop.

Si d’aventure on croque un canapé (ceux au fromage de chèvre par exemple) le faire comme par inadvertance et en ne donnant  pas l’impression d’y prendre du plaisir. Manquerait plus que ça !

Timéo Danaos

09juin

Mercier pourrait avoir une Ares en travers de la gorge

Vous connaissez Arès ? Attention, ne nous trompons pas. On ne parle pas ici du dieu grec de la guerre, celui-là même que les Romains honoraient sous le nom de Mars. L’Ares dont il est ici question, c’est plus prosaïquement l’Alliance Républicaine, Ecologique et Sociale, le parti que Jean-Louis Borloo s’apprête à porter sur les fonts baptismaux d’ici la fin de ce mois.

Du côté du Rhône, on serait curieux de voir qui va rejoindre l’Alliance. La conseillère régionale radicale Fabienne Lévy se veut optimiste. Outre ses camarades valoisiens, les membres du Nouveau centre et ceux de la Gauche moderne, elle verrait bien le maire du 2e arrondissement Denis Broliquier et ses amis de Lyon Divers Droite pointer le bout de leur nez. Et d’expliquer que « comme Broliquier est fondamentalement anti-UMP, il peut parfaitement être fondamentalement pour l’Alliance ». Pas sûr toutefois que les choses soient si simples localement ; les amis de Borloo vont devoir compter avec Michel Mercier. Bien malin qui pourrait dire ce que va faire le très centriste (mais néanmoins sarkozyste) président du conseil général. Deux de ses proches sont dans l’expectative. Christophe Geourjon semble tout disposé à rejoindre l’Alliance. Tandis que Marc Augoyard a déjà franchi le pas. Faut-il en déduire que l’actuel Garde des Sceaux est prêt à se rallier à Borloo ? Quand on connaît Mercier, on le sait tout à fait capable de laisser certains de ses proches intégrer l’Alliance, histoire éventuellement de la torpiller de l’intérieur si cela s’avérait utile à son intérêt.

En attendant de connaître le nom de celui (ou de celle) qui prendra localement la présidence de l’Alliance, Fabienne Lévy imagine déjà que le siège historique des radicaux rue d’Algérie pourrait fort bien accueillir l’Ares. On voit mal pourquoi le président départemental Nouveau centre, le député Raymond Durand, s’y opposerait.

Posséder un local ne suffit pas pour exister sur la scène politique. Encore convient-il de trouver des candidats susceptibles de se lancer aux élections législatives. C’est loin d’être gagné. Bien sûr, Fabienne Lévy est toute prête à partir à l’assaut de la 2e circonscription face au socialiste Pierre-Alain Muet. Ailleurs, c’est nettement plus difficile. On évoque parfois les noms de Thomas Ravier dans le Beaujolais ou de Baptiste Dumas à Villeurbanne. En attendant, ce sont les jeunes qui montrent l’exemple. Sans se soucier des tergiversations de ses aînés,
a déjà commencé à réunir les jeunes qui se reconnaissent dans la mouvance centriste et radicale. Un premier rassemblement s’est tenu ce mardi, histoire de créer une dynamique unitaire et de prouver aux élus concernés que la relève est prête.

Gérard Angel

06janv.

A la Merci(er) des cantonales

Pour la première fois, les projecteurs nationaux vont être braqués sur le Rhône lors des élections cantonales de mars prochain. Deux raisons à cet intérêt : la première tient à l’incertitude du résultat. Il est loin le temps où l’UDF disposait à elle seule de la majorité absolue au sein du conseil général. Tel était effectivement le cas lorsque Michel Mercier a été élu président voici une vingtaine d’années. Au fil du temps, on a assisté au reflux centriste, d’abord au profit du RPR, puis de la gauche qui a réalisé une belle percée lors des deux derniers scrutins départementaux. La droite ne compte plus aujourd’hui qu’un petit siège d’avance sur l’opposition. Qu’elle vienne à perdre un canton supplémentaire et c’en est fait de sa majorité. Et donc de la présidence de Michel Mercier.

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23sept.

Danse avec les peoples

Et ce fut la quatorzième et dernière biennale de Guy Darmet. Tout ce que Lyon compte de peoples auto-proclamés ne pouvait rater l’évènement, Les Potins non plus, attirés par le gratin autant que par les gratons. Jeudi soir, 19 h 30, le carré VIP se remplit doucement de carrés Hermès. Les happy fews patientent nonchalamment, une coupe de champagne au poing et le sourire aux dents. Belles dames et beaux messieurs, en grande tenue de soirée. Il manque un aboyeur à l’entrée pour saluer leur arrivée par un tonitruant : « Monsieur le vice-conseiller régional délégué à l’écologie des feuilles mortes, et Madame ! ».
Queyranne est là, Collomb aussi, avec leurs épouses respectives et réciproques. Michel Mercier s’est déplacé, au nom  du département du Rhône, de l’Aménagement du territoire, de l’Espace rural, du Grand Paris... et de son avenir incertain. Belle brochette de chefs d’entreprise, des mécènes ont investi dans le chausson : Monsieur Toupargel, Monsieur Partouche, Monsieur GL Events, Monsieur April Assurances. Le bronzage tient encore, ou alors c’est du fond de teint. Tous sont venus vérifier où était passé leur argent. Il danse, messieurs, il danse. D’ailleurs on voit passer deux houpettes en tulle qui ondulent entre les invités. Des fleurs de tutus fuchsia en collants blancs. Elles saluent avec grâce, c’est La Vie en Rose, le thème du défilé.
Dans la salle, Guy Darmet est ému, il s’est mis à parler en plusieurs langues. Il salue tous les partenaires de la biennale, c’est à dire presque toute l’assistance. Il lance un défi à Collomb : chiche de construire une nouvelle Maison de la Danse à la Confluence, comme promis ? Il présente sa successeure, Dominique Hervieu, qui dirait bien quelque chose mais qui n’a pas de micro.
Place aux ballets de Monte-Carlo. La reconstitution du Sacre du Printemps version 1913 par Nijinski, sur la musique de Stravinski. Puis un ballet moderne de Jean-Christophe Maillot sur le Magnificat de Monteverdi. Garçons en barboteuses ou en guêpières, filles en pantalons et justaucorps, et inversement. Les costumes de Karl Lagerfeld ne laissent pas indifférent et ringardisent du coup les timides audaces de l’assistance. Car le public s’est tout de même donné du mal. On s’en apercevra lors du cocktail qui suit et qui se déroule sur tous les étages, du balcon à l’orchestre.
Certes, on cherche en vain SAR la princesse de Monaco, promise pourtant sur les cartons d’invitation. Mais on croise tout de même un Prince de Galles en pure laine vierge, du moins le costume. Pas assez audacieux pour partir en quête d’un prince Albert, il aurait fallu fouiller les culottes, et ça, aucun journaliste digne de ce nom ne s’y risquerait, du moins : à jeun.
Magnifique, le smoking en satin rouge qui traverse la salle tel une fusée de détresse, s’il se perd dans un champ de luzerne, ça guidera les chiens. Etonnant, ce faux François-Marie Bannier, avec cette écharpe impossible emberlificotée autour de son cou. Le style bobo, ça se travaille.
Le buffet est assuré par Serge Magner, qui a des jours avec et des jours sans. La quiche est effondrée au fond du plat, baignant dans ses larmes. Quand la quiche est ratée, cela vient des œufs. Il ne fallait pas choisir des poules d’eau ! On se rabat sur de petits macarons salés gros comme des boutons de guêtres. Le champagne est frais, on pourra au moins faire danser les bulles. Pour les peoples qu’on a ratés lors du cocktail d’avant-scène, c’est un peu la session de rattrapage : Philippe Meirieu, Georges Verney-Carron, Erick Roux de Bézieux. Le secret d’un cocktail réussi, c’est de faire semblant de connaître tout le monde.
Timéo Danaos



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