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15mar.

Hollandais oh nice !

Grand meeting de François Hollande au Palais des Sports. Y’aurait-il plus de monde qu’à Holiday on ice ? Allait-on s’y rouler des patins ? En tous cas il fallait y être ce jeudi. Sur la tribune, deux bannières : la France et l’Europe. Dans les gradins des drapeaux « Hollande 2012 » couleur fraise tagada, ou « Vivement Mai », ou Bleu-Blanc-Rouge. Sur le parterre, les jeunes préparent la haie d’honneur qui doit accompagner le candidat, ils répètent leur chorégraphie, il faudra agiter les bras au-dessus de la tête, c’est bon, ça va aller. De chaque côté de la tribune de presse, les carrés VIP sont pleins de notables socialistes ou assimilés, tous sur leur 31, alors qu’on est déjà le 1er.

On entend quelques « Hollande président », la salle se réchauffe doucement. Aurélie Filippetti ouvre le bal. On commence par une archive de Coluche, datant de 1978. Dans un sketch, il annonce « vous verrez quand la gauche passera en 2012 ! ». Si la prédiction ne se réalise pas, il restera toujours les Restos du cœur. Invité surprise, le vrai l’authentique Michel Piccoli, 86 ans aux fraises. Ou au sucre. « J’ai toujours fait de la politique », commence-t-il. Et puis comme il se met à raconter sa vie, on lui fait comprendre qu’il y en a d’autres qui attendent.

Gérard Collomb, par exemple. « Il est urgent de changer », clame-t-il. Ce qui, bien sûr, ne s’applique pas à Lyon. Pour Nicolas Sarkozy, « la messe est dite, les carottes sont cuites ». Il s’emploie à faire huer le président par la salle et ça marche plutôt bien. L’ambiance se réchauffe. Mais voilà qu’il jette un seau d’eau sur le chien. Et qu’il faut « passer d’une économie financière à une économie de production ». Et que « l’emploi ne doit pas être une variable d’ajustement permettant de maximaliser les profits ». Et que « la Bourse joue l’avenir des entreprises à la nanoseconde ». Ceux qui s’accrochent pour essayer de suivre en lâcheraient presque leur drapeaux. Quant aux autres, ils ont mis sur « veille », ils attendent que ça passe. Mais la température est retombée de dix degrés.

« Tatatata-tatatatata-tatata », les jeunes entonnent une musique de corrida, Hollande est dans la place. « La France, notre France », martèle-t-il, a été « affaiblie depuis cinq ans ». Pour ne pas dire : amaigrie. Mais « ce temps là est derrière nous ». Ouf. Désormais « c’est aux dirigeants de montrer l’exemple (...)ils ne pourront plus cumuler les mandats ». On entend des râles d’agonie sur les bancs des élus...

Et il déroule son programme. Bon les 60 propositions on connaît, mais le catéchisme est surtout destiné aux militants. La salle mijote gentiment. 10 000 personnes serrées les unes contre les autres, ça applaudit, ça crie, les gens sont contents. « Je ne ferai aucune promesse que je ne sois pas capable de tenir ». Il n’a pas dit qu’il les tiendrait, mais juste qu’il en serait capable. Tout de même, au bout de deux heures, les drapeaux qui avaient commencé par s’agiter frénétiquement donnent sérieusement de la gîte, ils dodelinent mou. Il est temps que ça se termine. « Le 22 ne vous dispersez pas. Le changement, c’est vous. Le changement, c’est maintenant ! ».

Et maintenant, c’est fini, rentrez chez vous. Sauf que ce n’est pas si simple. Rivalta a eu la bonne idée de ne pas renforcer les lignes de métro. Avec une fréquence de dix minutes, il faut près de deux heures pour évacuer 4 000 personnes. On connaîtra donc une intéressante expérience de lévitation tcéellienne. Propulsé par une foule compacte à l’intérieur d’une rame de métro sans toucher terre. Puis expulsé de la même manière à une station aléatoire parce que la foule veut descendre là, pour prendre la ligne D vu que « le changement, c’est maintenant ».

Timéo Danaos

08nov.

Najat, de Ségolène à François, en passant par Arnaud

Orpheline de sa candidate Ségolène Royal, Najat Vallaud-Belkacem n’a pas mis longtemps à se ranger derrière le vainqueur de la primaire citoyenne. Jeudi dernier, France Inter annonçait sa nomination au titre de porte-parole de François Hollande, preuve que le futur adversaire de Nicolas Sarkozy sait laisser quelques places de choix à celles et à ceux qui ont soutenu son ex-compagne.

Bien sûr, Najat Vallaud-Belkacem aurait préféré la victoire de sa championne. Certains la voyaient déjà décrocher un maroquin en cas d’installation de Ségolène à l’Elysée. Aujourd’hui, elle ne se fait plus guère d’illusions. Son espoir réside beaucoup plus dans la possibilité de décrocher une bonne circonscription pour les futures législatives. Comme l’ont raconté Les Potins, elle a un moment lorgné sur Villeurbanne où la députée sortante Pascale Crozon était prête à jeter l’éponge. Le maire Jean-Paul Bret s’y est formellement opposé. Pour être sûr de ne pas voir débarquer sur ses terres cette proche de Gérard Collomb, il a même convaincu Pascale Crozon de repartir au combat.

Autre hypothèse un temps caressée par Najat, une candidature dans la circonscription de Jean-Jack Queyranne. Le président du conseil régional sera concerné par les règles du PS sur le non-cumul des mandats. Il va devoir choisir entre la présidence de la Région et son siège de député. Mais, même s’il abandonne le Parlement, la bataille est loin d’être gagnée d’avance pour Najat ; elle devrait d’abord convaincre les militants socialistes de la préférer à Annie Guillemot. La mairesse de Bron l’a officiellement annoncé ; elle se verrait bien elle aussi briguer la succession de Queyranne.

Il existe toujours une possible candidature dans la quatrième circonscription du Rhône. C’est-à-dire dans celle dont Dominique Perben est le député et qui passe pour être ingagnable par la gauche. En 2007, Najat y a déjà tenté sa chance. Malgré ce qui a été alors considéré comme un excellent score, elle avait été largement battue (56,5% contre 43,5%) par l’ancien ministre des Transports.

Selon certaines confidences, Najat regarderait du côté de la Saône-et-Loire. Elle se verrait suppléante d’Arnaud Montebourg, persuadée qu’il fera son entrée au gouvernement en cas de victoire aux présidentielles. Elle y gagnerait son billet pour l’Assemblée nationale.

Un élément plaide en faveur de cette hypothèse : Najat entretient grâce à son mari Boris Vallaud d’excellentes relations avec Montebourg. Celui-ci n’est autre que le directeur général des services du conseil général de Saône-et-Loire que préside Montebourg.

Gérard Angel

26fév.

Trois petits fours et puis s’en vont

Vendredi, l’association Oasis Sans Souci fêtait ses vingt-cinq ans. On n’avait pas la moindre idée de qui c’était, mais le nom sonnait bien. On se présente donc dans les salons rouges de l’Hôtel-de-Ville avec un retard raisonnable. Une cinquantaine de personnes sont assemblées en demi-lune face à la cheminée, et au milieu coule la parole de Jean-Michel Daclin : « Il faut croire à son étoile » déclare-t-il comme s’il apportait l’encens et la myrrhe « et l’Oasis y croit ». Après une telle méharée, on s’attendait à ce que les suivants rament un peu sur le sable. Et justement, Najat Vallaud-Belkacem s’empare du micro. Elle complimente  l’Oasis, « une des rares associations conventionnées avec la mairie ». Car, insiste-t-elle, d’habitude on conventionne  celles qui sont « professionnelles et bien structurées ». L’Oasis n’est peut-être ni l’un ni l’autre, mais si les nuits sont fraîches, la voilà habillée pour l’hiver.

La nouvelle présidente doit parler, c’est son tour, elle s’approche du pupitre comme on monte à l’échafaud, elle n’aime pas s’exprimer en public, elle peine. Alors l’ancienne présidente vole à son secours, elle complète, elle développe, un autre participant s’en mêle, puis un autre, tout se termine par une sorte de bavardage collectif, chacun y va de son couplet. Enfin la présidente sonne la fin de la récré, d’un vibrant « Longue vie à l’Oasis ! » et tout le monde applaudit. Côte à côte, Thierry Philip et Pierre Berat n’ont pas moufté, ils dodelinent, ils jouent les palmiers. Ils ont pris un air végétal et se fondent dans le décor. Arrive le gâteau aux trois chocolats, surmonté de deux bougies en forme de 25. Bravo ! Hourra ! Crémant de Bourgogne et mignardises ! Rompez.

Et c’est là qu’une certaine Madame Gambini profite d’un moment d’inattention pour tenter de nous rallier à sa cause : le scrapbooking. Il s’agit de torturer conjointement un album de photos et des images, découper, trouilloter, peinturlurer, coller, mastiquer, rajouter des vrais bouts de réel, des cailloux, une brindille, des coquillages, des bricoles. Ca donne une sorte de nature morte ayant beaucoup souffert. Marie-Dominique Gambini se félicite d’avoir fait connaître cette activité en France grâce au professionnalisme du journal de Jean-Pierre Pernaut. On se dit que jeudi soir Nicolas Sarkozy l’a échappé belle. Heureusement personne n’a osé le couper, ni réussi à le coller. Il aurait pu, finir en Scrap-président.

« Il n’y a pas assez d’hommes », se plaignent les participantes. Et c’est vrai qu’elles représentent près de 90% de l’effectif. Pourtant l’Oasis  propose des activités comme : bridge, couture, point de croix, cuisine, chorale, patchwork. Et scrapbooking. Allez savoir pourquoi les hommes préfèrent le foot et la bière !

Bien sûr Simone André est venue. Elle est ici comme les pyramides d’Egypte, du haut de son chignon quarante siècles contemplent la vie associative lyonnaise. Elle s’approche de la présidente Hanta Barreau pour lui souhaiter : « Tout le meilleur ! Je suis derrière vous, pas devant, pas à côté... » Simone André : GPS intégré.

On s’échange des nouvelles de la famille : « le pauvre est tombé amoureux d’une jeune femme plus jeune que lui, mais elle a déjà un enfant ! ». Il aurait préféré un meuble Ikéa, on peut les monter soi-même...

Une dame arbore un bracelet magique. De ceux qui prétendent vous guérir des maux que vous n’avez pas et vous prémunir contre ceux que vous n’aurez jamais. Celui-ci promet de veiller sur « l’équilibre interne ». Elle n’en aura pas besoin. Personne n’envisage de lui faire danser un rock endiablé ni de tenter de l’arsouiller au crémant de bourgogne. En une heure tout est plié. Une coupe ou deux, trois petits fours et puis s’en vont.

Timéo Danaos



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