C'était une de ces soirées prestigieuses dont Lyon a le secret. « Secret » bien gardé car, en dehors de la ville, personne n’en entend parler. Les lions du sport 2011 étaient décernés lundi 16 au Transbordeur. L’équivalent de la remise des Césars, nous avait-on assuré, mais pour le sport. Et à Lyon. Ça relativise.
Une foule rectiligne faisait la queue le long des barrières du Transbo, piaffant d’impatience et aussi un peu de froid. A l’intérieur le carré VIP avait été alphabétisé, une lettre pour chaque rang. Une scène inondée d’une lumière verte, façon laser. Disposée comme un plateau TV, car TLM allait retransmettre en direct.
En attendant, Christian d’Aubarède pour Tonic FM et Philippe Montanay pour TLM s’emploient à chauffer la salle, mais à la lyonnaise, c’est à dire pas trop, avec modération, tout en retenue. Il ne manquerait plus qu’on s’amuse !
Puis Marc Feuillet et Thierry Braillard échangent des amabilités : « tu sais ce que je te souhaite... ». Si l’on comprend bien il espère le voir pulvériser Philippe Meirieu au premier tour des législatives de juin, en toute confraternité de gauche.
D’Aubarède a pour tâche de jongler entre les remises de prix et le passage de musiciens invités dont le Lyonnais Mickael Miro avec son fameux Damdamdéo, et une toute nouvelle chanson : La Scandaleuse, qu’il aurait pu oublier de chanter sans qu’on lui en veuille.
Ça y est, la cérémonie des 10es lions du sport va commencer. L’huissier de service Me Di Fazio vient expliquer les règles du scrutin, il est peut-être le seul à y avoir compris quelque chose, mais tant que l’huissier a saisi !
Commençons par les espoirs. Qui succédera à Alexandre Lacazette, Espoir 2010 ? Suspense... ce sera Alexandre Lacazette. Ainsi les espoirs sont comme les promesses électorales, on peut les reconduire, on n’est pas obligé de les tenir.
Puis un trophée d’honneur pour Hacine Cherifi et surtout Fabrice Tiozzo. Apparition du people-surprise : Thierry Roland himself, venu spécialement pour lui faire donner une standing ovation : « le plus grand palmarès de la boxe française ».
Revenons aux lions. On décerne le bronze en premier. Tiens ! Pourquoi les appelle-t-on des lions alors que ça n’y ressemble pas du tout ? En tous cas pas à une tête de lion. Peut-être une patte ? Un bout de queue ? L’objet doit être lourd et peut-être même contondant, il est enveloppé d’un linge protecteur. Le lion de bronze sera ex aequo Corinne Maîtrejean et Eugène N’Zi. Une patte pour deux.
Puis l’argent. Philippe Montanay fait monter sur scène « Angélique Castillo, Miss Rhône-Alpes », annonce-t-il. Euh... pas tout à fait. « C’est Miss Rhône », reprend la demoiselle qui n’a pas envie de se faire régionaliser. Vainqueur : le gymnaste Cyril Tommasone. Il s’entraîne déjà pour les JO. « On votera pour vous à Londres », l’assure Philippe Montanay. Il doit confondre avec l’Eurovision.
Pour le lion d’or, on passe à la vitesse supérieure. Pas moins que Gérard Collomb pour remettre le prix et... le lion est une lionne, Camille Abily, footballeuse de l’OL. On la congratule, on l’embrasse, tout le monde veut être sur la photo. Jean-Michel Aulas, à qui on n’avait rien demandé, monte sur scène d’autorité. Il semble se souvenir tout d’un coup qu’il a plus de succès avec les fenottes qu’avec les gones. Elles font moins d’histoires pour remporter des championnats et des coupes d’Europe. Ah que la victoire est jolie !
Pendant que la foule commence à s’égailler vers les buffets, Christian d’Aubarède fait les moulinets avec les bras : revenez, le concert continue ! Le groupe Boulevard des Airs vient de remonter sur scène pour un dernier morceau : El cielo no puede hacer nada... Le ciel ne peut rien y faire. Tant qu’il ne nous tombe pas sur la tête.
Timéo Danaos
Keyword - Philippe Meirieu
05fév.
Un lion sinon rien
21:09 - Par gérard Lespotinsdangele - Souvenirs souvenirs - aucun commentaire
23sept.
Danse avec les peoples
09:20 - Par gérard Lespotinsdangele - Souvenirs souvenirs - aucun commentaire
Et ce fut la quatorzième et dernière biennale de Guy Darmet. Tout ce que Lyon compte de peoples auto-proclamés ne pouvait rater l’évènement, Les Potins non plus, attirés par le gratin autant que par les gratons. Jeudi soir, 19 h 30, le carré VIP se remplit doucement de carrés Hermès. Les happy fews patientent nonchalamment, une coupe de champagne au poing et le sourire aux dents. Belles dames et beaux messieurs, en grande tenue de soirée. Il manque un aboyeur à l’entrée pour saluer leur arrivée par un tonitruant : « Monsieur le vice-conseiller régional délégué à l’écologie des feuilles mortes, et Madame ! ».
Queyranne est là, Collomb aussi, avec leurs épouses respectives et réciproques. Michel Mercier s’est déplacé, au nom du département du Rhône, de l’Aménagement du territoire, de l’Espace rural, du Grand Paris... et de son avenir incertain. Belle brochette de chefs d’entreprise, des mécènes ont investi dans le chausson : Monsieur Toupargel, Monsieur Partouche, Monsieur GL Events, Monsieur April Assurances. Le bronzage tient encore, ou alors c’est du fond de teint. Tous sont venus vérifier où était passé leur argent. Il danse, messieurs, il danse. D’ailleurs on voit passer deux houpettes en tulle qui ondulent entre les invités. Des fleurs de tutus fuchsia en collants blancs. Elles saluent avec grâce, c’est La Vie en Rose, le thème du défilé.
Dans la salle, Guy Darmet est ému, il s’est mis à parler en plusieurs langues. Il salue tous les partenaires de la biennale, c’est à dire presque toute l’assistance. Il lance un défi à Collomb : chiche de construire une nouvelle Maison de la Danse à la Confluence, comme promis ? Il présente sa successeure, Dominique Hervieu, qui dirait bien quelque chose mais qui n’a pas de micro.
Place aux ballets de Monte-Carlo. La reconstitution du Sacre du Printemps version 1913 par Nijinski, sur la musique de Stravinski. Puis un ballet moderne de Jean-Christophe Maillot sur le Magnificat de Monteverdi. Garçons en barboteuses ou en guêpières, filles en pantalons et justaucorps, et inversement. Les costumes de Karl Lagerfeld ne laissent pas indifférent et ringardisent du coup les timides audaces de l’assistance. Car le public s’est tout de même donné du mal. On s’en apercevra lors du cocktail qui suit et qui se déroule sur tous les étages, du balcon à l’orchestre.
Certes, on cherche en vain SAR la princesse de Monaco, promise pourtant sur les cartons d’invitation. Mais on croise tout de même un Prince de Galles en pure laine vierge, du moins le costume. Pas assez audacieux pour partir en quête d’un prince Albert, il aurait fallu fouiller les culottes, et ça, aucun journaliste digne de ce nom ne s’y risquerait, du moins : à jeun.
Magnifique, le smoking en satin rouge qui traverse la salle tel une fusée de détresse, s’il se perd dans un champ de luzerne, ça guidera les chiens. Etonnant, ce faux François-Marie Bannier, avec cette écharpe impossible emberlificotée autour de son cou. Le style bobo, ça se travaille.
Le buffet est assuré par Serge Magner, qui a des jours avec et des jours sans. La quiche est effondrée au fond du plat, baignant dans ses larmes. Quand la quiche est ratée, cela vient des œufs. Il ne fallait pas choisir des poules d’eau ! On se rabat sur de petits macarons salés gros comme des boutons de guêtres. Le champagne est frais, on pourra au moins faire danser les bulles. Pour les peoples qu’on a ratés lors du cocktail d’avant-scène, c’est un peu la session de rattrapage : Philippe Meirieu, Georges Verney-Carron, Erick Roux de Bézieux. Le secret d’un cocktail réussi, c’est de faire semblant de connaître tout le monde.
Timéo Danaos
Queyranne est là, Collomb aussi, avec leurs épouses respectives et réciproques. Michel Mercier s’est déplacé, au nom du département du Rhône, de l’Aménagement du territoire, de l’Espace rural, du Grand Paris... et de son avenir incertain. Belle brochette de chefs d’entreprise, des mécènes ont investi dans le chausson : Monsieur Toupargel, Monsieur Partouche, Monsieur GL Events, Monsieur April Assurances. Le bronzage tient encore, ou alors c’est du fond de teint. Tous sont venus vérifier où était passé leur argent. Il danse, messieurs, il danse. D’ailleurs on voit passer deux houpettes en tulle qui ondulent entre les invités. Des fleurs de tutus fuchsia en collants blancs. Elles saluent avec grâce, c’est La Vie en Rose, le thème du défilé.
Dans la salle, Guy Darmet est ému, il s’est mis à parler en plusieurs langues. Il salue tous les partenaires de la biennale, c’est à dire presque toute l’assistance. Il lance un défi à Collomb : chiche de construire une nouvelle Maison de la Danse à la Confluence, comme promis ? Il présente sa successeure, Dominique Hervieu, qui dirait bien quelque chose mais qui n’a pas de micro.
Place aux ballets de Monte-Carlo. La reconstitution du Sacre du Printemps version 1913 par Nijinski, sur la musique de Stravinski. Puis un ballet moderne de Jean-Christophe Maillot sur le Magnificat de Monteverdi. Garçons en barboteuses ou en guêpières, filles en pantalons et justaucorps, et inversement. Les costumes de Karl Lagerfeld ne laissent pas indifférent et ringardisent du coup les timides audaces de l’assistance. Car le public s’est tout de même donné du mal. On s’en apercevra lors du cocktail qui suit et qui se déroule sur tous les étages, du balcon à l’orchestre.
Certes, on cherche en vain SAR la princesse de Monaco, promise pourtant sur les cartons d’invitation. Mais on croise tout de même un Prince de Galles en pure laine vierge, du moins le costume. Pas assez audacieux pour partir en quête d’un prince Albert, il aurait fallu fouiller les culottes, et ça, aucun journaliste digne de ce nom ne s’y risquerait, du moins : à jeun.
Magnifique, le smoking en satin rouge qui traverse la salle tel une fusée de détresse, s’il se perd dans un champ de luzerne, ça guidera les chiens. Etonnant, ce faux François-Marie Bannier, avec cette écharpe impossible emberlificotée autour de son cou. Le style bobo, ça se travaille.
Le buffet est assuré par Serge Magner, qui a des jours avec et des jours sans. La quiche est effondrée au fond du plat, baignant dans ses larmes. Quand la quiche est ratée, cela vient des œufs. Il ne fallait pas choisir des poules d’eau ! On se rabat sur de petits macarons salés gros comme des boutons de guêtres. Le champagne est frais, on pourra au moins faire danser les bulles. Pour les peoples qu’on a ratés lors du cocktail d’avant-scène, c’est un peu la session de rattrapage : Philippe Meirieu, Georges Verney-Carron, Erick Roux de Bézieux. Le secret d’un cocktail réussi, c’est de faire semblant de connaître tout le monde.
Timéo Danaos
