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Keyword - Pierre-Alain Muet

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16mai

Un camion sinon rien

Rendez-vous dans un garage vendredi matin, 11 rue Antoine Salles. Pour monter un groupe de rock, lancer une start-up, ou apprendre le hip hop ? Rien de tout cela. Le décor est austère, murs en moellons, sol en béton. Pierre-Alain Muet, Jean-Louis Touraine, Jean-Yves Sécheresse sont déjà là. Ils gardent un œil jaloux sur l’invité du jour : un camion rouge et bleu orné d’une marguerite électrique de chez Deret.

Le maire vient d’arriver. Après sa tournée de serrages de louches, la tournée des popotes et des potages, l’inauguration peut commencer. On lui tend un coussin de velours où une paire de ciseaux l’attend, la gueule ouverte. Au nom des pouvoirs qui lui sont conférés par la lame, il tranche dans le vif ; et deux morceaux de ruban tombent de chaque côté.

La plateforme est ouverte. De quoi s’agit-il ? De « regrouper les marchandises en un seul lieu avant de les livrer aux clients finauds (sic) » selon une représentante des Transports Deret. Et « finaud », il fallait l’être pour imaginer ce système astucieux où les palettes arrivent par camions, de Saint-Priest,  aux heures creuses, la nuit par exemple. Et la livraison du dernier kilomètre se fait dès potron-minet avant la grosse circulation, sans CO2 et en silence : camion 100% électrique, voire triporteur, charrette à bras ou pigeon voyageur, comme on voudra.

« C’est un nouvel ELU dans notre ville », s’extasie Jean-Louis Touraine qui se lance dans le jeu de mots approximatif. Espace Logistique Urbain = ELU. 1000 mètres carrés aménagés dans l’ancien Monoprix des Cordeliers et entièrement dédiés à « la mobilité durable ». Ah, ils l’aiment ce mot : « durable », nos élus. Si leur carrière voulait bien en faire autant...

Le protocole appelle ensuite Gérard Collomb. Il trouve cette inauguration « particulièrement importante ». Autant que celles qui l’ont précédées, et pas moins que celles qui vont suivre. Car c’est une révolution. Elle va fluidifier la mobilité des personnes et des marchandises, ou quelque chose comme ça. Et bientôt, annonce-t-il, le Sytral lui-même sera remplacé par un nouveau syndicat métropolitain des transports, sans qu’on sache encore par quoi sera remplacé Rivalta. Et bientôt viendra Optimod, une application téléchargeable sur smartphone et grâce à laquelle chacun pourra « devenir acteur de la composition de la mobilité dans la cité ». N’en jetez plus !

On l’a compris, ça va être bien. Oui, insiste Collomb, nous assistons à la « révolution de la ville intelligente ». Et nul doute qu’une ville intelligente saura voter intelligemment en 2014. Mais il suffit. Assez parlé, des actes. Le chauffeur Fabrice démontre à l’assistance que, grâce au hayon électrique du camion, on peut charger une palette de n’importe quoi, presque sans bruit. Ceci étant fait, il ne lui reste plus qu’à charger Gérard Collomb dans la cabine du camion pour un tour du pâté de maisons.

Pendant ce temps-là les autres charcuteries, « maison » elles aussi, attendent sagement sur les buffets, le retour du maire. Il a l’air content. Tout s’est bien passé. La palette de n’importe quoi rejoint son point de départ et la brochette d’invités s’approche des tables. Ici pas de traiteur emberlificoté, pas de verrines multicolores façon Sephora, de mets aux fumets sauvages façon : la Guerre du Feu. Tout est préparé par le Cintra juste en face : des lyonnaiseries en tous genre, un Viognier et un Côte du Rhône al dente, un personnel aimable, que demander de plus ? Finalement, même sans le camion électrique, on serait venu.

Timéo Danaos

14oct.

A Lyon, inutile de faire tout un fromage de Hollande


Finalement, ce n’était certainement pas un hasard. Les récents scores des écologistes dans le 1er, la victoire de Raymonde Poncet aux cantonales dans le 4e, tout cela s’inscrit dans un mouvement désormais bien enraciné sur le terrain. Le remplacement de Dominique Bolliet par David Kimelfeld n’y aura rien changé. Arnaud Montebourg obtient d’excellents résultats dans ces deux arrondissements où il dépasse allégrement les 20% : 24% dans le 1er, 21% dans le 4e.

Voilà qui semble bien confirmer que les militants et électeurs écolos se sont assez largement mobilisés pour ces primaires citoyennes. Et qu’ils ont majoritairement apporté leurs voix à Monteboug. Et dans une moindre mesure à Martine Aubry. Que François Hollande soit à la peine n’a guère dû contrarier la mairesse du 1er Nathalie Perrin-Gilbert et le député Pierre-Alain Muet. Ils ont toutes les raisons de se féliciter du score de leur candidate qui arrive largement en tête dans ces deux arrondissements en frôlant (à la Croix-Rousse) ou en dépassant dans le 1er la barre des 40%.

Sur l’ensemble de la ville, Aubry devance d’une courte tête un Hollande pourtant soutenu par la très grande majorité des élus. Bien sûr, Collomb pourra toujours se consoler en constatant que son 9e arrondissement a donné la préférence à Hollande. En regardant les résultats de plus près, on constate que le 9e est l’arrondissement où les électeurs ont été proportionnellement les moins nombreux à se déplacer : tout juste 2 000 contre 2 500 dans le 1er où la population est pourtant près de deux fois moins importante. Voilà qui constitue incontestablement un revers pour Collomb.

Autre grand perdant de ces primaires, le Parti radical de gauche ; sur l’ensemble du département, il atteint tout juste 0,5% des suffrages, c’est-à-dire la moitié de son score national. Pire ! Il recueille à peine 350 suffrages (250 sur Lyon). Ces chiffres risquent de peser demain au moment des négociations autour les législatives. L’investiture de Thierry Braillard est loin d’être gagnée dans la 1ère circonscription. Là comme ailleurs, le PRG sera en position de faiblesse lorsque viendra l’heure de discuter de sa place aux futures élections municipales et territoriales. Avec une poignée de suffrages sur la ville, les radicaux seront demain mal placés pour réclamer deux postes de conseillers municipaux à Lyon, dont un adjoint qui est en même temps membre de l’exécutif régional, une vice-présidence du Grand Lyon et un conseiller général.

Enfin, la déroute de Ségolène Royal n’est certainement pas de nature à favoriser la carrière de Najat Vallaud-Belkacem. Vu le résultat de dimanche - dans le Rhône, elle est même devancée par Manuel Valls -, les places laissées aux royalistes ne seront pas nombreuses.

Gérard Angel

27avr.

Quand Giordano se prend à rêver d’un fauteuil de député

Les yeux fixés sur les performances des écolos lors des dernières élections européennes, régionales et cantonales, Alain Giordano se voit déjà un destin national. Son analyse est simple, pour ne pas dire simpliste. Si un accord national intervient entre le Parti socialiste et EELV (Europe Ecologie Les Verts), la formation que dirige Cécile Duflot peut espérer décrocher deux candidatures dans le Rhône.

Les écolos pourraient tout à fait jeter leur dévolu sur deux circonscriptions : celle de Villeurbanne où Béatrice Vessiller vient de brillamment se faire élire conseillère générale et une circonscription sur Lyon.

Sur le papier, c’est évidemment dans la seconde circonscription, notamment du côté de la Croix-Rousse, que les écolos obtiennent leurs meilleurs scores. Aux dernières régionales, la liste EELV a même devancé de près de deux points la liste menée par Jean-Jack Queyranne dans le 1er arrondissement. Pas sûr toutefois que le PS acceptera demain de sacrifier l’un des siens - le très actif député Pierre-Alain Muet - pour laisser le champ libre à un candidat écolo. Le maire du 9e ne l’ignore pas, lui dont l’arrondissement est à cheval sur deux circonscriptions. Du coup, le voilà qui lorgne sur la première, celle que détient l’UMP Michel Havard. Ce n’est certainement pas un hasard s’il a choisi la première circonscription pour organiser la semaine dernière une réunion avec quelques responsables d’associations locales.

Pour employer un euphémisme, on dira que son activisme actuel n’est pas vraiment du goût des élus socialistes du 9e arrondissement. Voilà des mois que les relations sont mauvaises. Elles ont encore empiré ces dernières semaines. La preuve ? Les élus socialistes, le 1er adjoint Bernard Brochard en tête, refusent désormais de participer aux réunions hebdomadaires qu’organise le maire avec sa majorité. Ils justifient leur bouderie par la décision de Giordano d’associer des fonctionnaires à ces réunions qui sont théoriquement politiques.

En délicatesse avec les socialistes, Alain Giordano devra également compter avec les ambitions d’un autre partenaire des socialistes : le radical Thierry Braillard. Au terme d’un accord national, c’est déjà lui qui, aux dernières législatives, a représenté l’ensemble de la gauche dans cette première circonscription. Il n’avait d’ailleurs été battu que d’une courte tête par Michel Havard. On l’imagine aisément, Braillard va tout faire pour être à nouveau en piste l’année prochaine. Pour se donner un maximum de chance, il vient de se faire élire vice-présdient du PRG, en charge des… élections. Comme quoi, on n’est jamais si bien servi que par soi-même.

Gérard Angel

21janv.

L’impatience des jeunes socialistes



« Au PS, à 40 ans t’attends ; à 50 ans tu désespères ; à 60 ans, tu as tes chances ! ». Celui qui s’exprime de la sorte sait de quoi il parle. A tout juste 40 ans, le secrétaire fédéral aux élections Jean-Christophe Vincent constate qu’il ne fait pas bon aujourd’hui être jeune au Parti socialiste. C’est vrai au niveau national où les Arnaud Montebourg, Vincent Peillon, Manuel Valls et autres Pierre Moscovici sont d’ores et déjà les grands perdants de la prochaine présidentielle. A 50 ans, ils sont déjà plus âgés que nombre de dirigeants de grandes démocraties. Las ! En France, ils sont priés de patienter quelques d’années. Leur heure n’est pas encore arrivée. En 2012, les vraies vedettes s’appellent Dominique Strauss-Kahn (61 ans), Martine Aubry (60 ans), Ségolène Royal (57 ans) ou François Hollande (56 ans).

Le constat n’est guère différent dans le Rhône où les deux principaux élus ont largement dépassé les 60 ans. Le maire de Lyon Gérard Collomb a 63 ans ; son camarade Jean-Jack Queyranne, président du conseil régional, en a deux de plus. L’un et l’autre sont pourtant bien placés pour comprendre l’impatience des jeunes générations. Collomb n’avait que 34 ans lorsqu’il a été élu député. Quant à Queyranne, il était devenu premier adjoint de Villeurbanne à 32 ans et député à 36 ans.

C’était l’époque où le Parti socialiste du Rhône misait clairement sur la jeunesse. Quand il devient premier secrétaire fédéral, Roland Bernard a tout juste 35 ans. Voilà deux ans qu’il est maire d’Oullins. Il sera député à 37 ans et sénateur à 42 ans.

En 1979, Yvon Deschamps prend les rênes de la fédération du Rhône. Il a 36 ans. Il restera en poste jusqu’en 1993. C’est alors la jeune Sylvie Guillaume qui lui succède. Elle a tout juste 31 ans. Ensuite, c’est adieu la jeunesse, bonjour l’expérience. Christiane Demontès approche la cinquantaine quand elle succède à Sylvie Guillaume. Elle-même sera remplacée en 2008 par Jacky Darne alors âgé de 65 ans.

On se gardera d’évoquer l’âge des parlementaires socialistes actuels. Dans le Rhône, tous ont plus de 60 ans ; y compris ceux qui, comme Pierre-Alain Muet et Jean-Louis Touraine, se verraient bien repartir pour un second mandat en 2012. Ils auront alors 67 ans.

A Lyon, Gérard Collomb semble bien décidé à tenter la passe de trois. En 2014, il n’aura effectivement que 67 ans. A tout juste 50 ans, le « jeune » David Kimelfeld, qui fait aujourd’hui figure de possible successeur, est prié de patienter. Avec un peu d’espoir, il peut espérer s’asseoir dans le fauteuil de maire avant d’atteindre l’âge légal de la retraite.

Gérard Angel



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