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14oct.

A Lyon, inutile de faire tout un fromage de Hollande


Finalement, ce n’était certainement pas un hasard. Les récents scores des écologistes dans le 1er, la victoire de Raymonde Poncet aux cantonales dans le 4e, tout cela s’inscrit dans un mouvement désormais bien enraciné sur le terrain. Le remplacement de Dominique Bolliet par David Kimelfeld n’y aura rien changé. Arnaud Montebourg obtient d’excellents résultats dans ces deux arrondissements où il dépasse allégrement les 20% : 24% dans le 1er, 21% dans le 4e.

Voilà qui semble bien confirmer que les militants et électeurs écolos se sont assez largement mobilisés pour ces primaires citoyennes. Et qu’ils ont majoritairement apporté leurs voix à Monteboug. Et dans une moindre mesure à Martine Aubry. Que François Hollande soit à la peine n’a guère dû contrarier la mairesse du 1er Nathalie Perrin-Gilbert et le député Pierre-Alain Muet. Ils ont toutes les raisons de se féliciter du score de leur candidate qui arrive largement en tête dans ces deux arrondissements en frôlant (à la Croix-Rousse) ou en dépassant dans le 1er la barre des 40%.

Sur l’ensemble de la ville, Aubry devance d’une courte tête un Hollande pourtant soutenu par la très grande majorité des élus. Bien sûr, Collomb pourra toujours se consoler en constatant que son 9e arrondissement a donné la préférence à Hollande. En regardant les résultats de plus près, on constate que le 9e est l’arrondissement où les électeurs ont été proportionnellement les moins nombreux à se déplacer : tout juste 2 000 contre 2 500 dans le 1er où la population est pourtant près de deux fois moins importante. Voilà qui constitue incontestablement un revers pour Collomb.

Autre grand perdant de ces primaires, le Parti radical de gauche ; sur l’ensemble du département, il atteint tout juste 0,5% des suffrages, c’est-à-dire la moitié de son score national. Pire ! Il recueille à peine 350 suffrages (250 sur Lyon). Ces chiffres risquent de peser demain au moment des négociations autour les législatives. L’investiture de Thierry Braillard est loin d’être gagnée dans la 1ère circonscription. Là comme ailleurs, le PRG sera en position de faiblesse lorsque viendra l’heure de discuter de sa place aux futures élections municipales et territoriales. Avec une poignée de suffrages sur la ville, les radicaux seront demain mal placés pour réclamer deux postes de conseillers municipaux à Lyon, dont un adjoint qui est en même temps membre de l’exécutif régional, une vice-présidence du Grand Lyon et un conseiller général.

Enfin, la déroute de Ségolène Royal n’est certainement pas de nature à favoriser la carrière de Najat Vallaud-Belkacem. Vu le résultat de dimanche - dans le Rhône, elle est même devancée par Manuel Valls -, les places laissées aux royalistes ne seront pas nombreuses.

Gérard Angel

08avr.

Dimanche l’abstention était au buffet

Pour un pince-fesse, au début, ça pince mou et ne fesse pas grand chose, mais ça va changer. Jusqu’à 20 h 15, il ne se passe rien à la préfecture en cette soirée électorale de second tour.

Des journalistes errent au hasard comme des chiens sans croquettes. Certains portent une oreillette à  l’oreille, mais même à l’oreille il ne se passe rien. Aucune puce, rien. Le préfet a installé des panneaux d’affichage dans la grande salle pour fixer les résultats au fur et à mesure qu’ils tombent. Rien à faire, le fur se fait attendre et la mesure reste désespérément vide.

Un jeune socialiste en service commandé photographie les quelques résultats ruraux pour les envoyer au siège du PS qui s’en bat la rose. Même le buffet des journalistes fait la gueule. On y trouve de pauvres sandwichs triangulaires, on dirait un pique-nique de francs-maçons pendant un débat sur la mixité. On se console avec la mousse au chocolat et la crème caramel, les valeurs refuges. Les préfets passent et elles demeurent. Les deux piliers du Département. Un peu comme Mercier et Jamet mais en plus roboratif.

Tiens Mercier ! Il vient d’arriver dans la salle du trône auréolé de journalistes, il fait semblant de scruter les affichages pour que les caméras aient quelque chose a filmer. Il n’a rien à déclarer. Jean-Jack Queyrannne non plus mais cela ne l’empêche pas d’être interviewé  sur France 3.

Les invités arrivent de plus en plus avec de la pluie sur les épaules. Des bruits commencent à courir. Perben aurait été battu... Rah ! Personne ne s’effondre en larmes ! Les chiffres tombent. C’est vrai pour Perben mais aussi pour Bolliet, le maire du 4. Renversé sur le plateau par une écolo, il en est encore plus vert qu’elle. Et Richard Llung à Villeurbanne qui perd le match retour contre Béatrice Vessiller. Certains voudraient bien fêter ça au buffet, d’autres noyer leur chagrin. Bernique. Il faudra se contenter de Perrier (même pas Jouët), de jus d’orange en pichet et de Coca light. La République Weight Watcher. On va finir au pain sec et à l’eau.

Jean-Jacques David apparaît dans le grand salon, sous une véritable standing ovation. En même temps, c’est facile, tout le monde est déjà debout. Il est cornaqué par un Denis Broliquier plus radieux que Bernadette Soubirous quand elle a vu la Vierge. Il croit entendre l’horloge de l’Hôtel-de-Ville carillonner à ses oreilles.

Puis c’est au tour de Raymonde Poncet de faire son entrée. Les écolos lui ont orchestré un véritable triomphe. Ils sont sortis de la salle pour mieux rentrer avec elle et l’acclamer « Hourra ! bravo ! Hasta Siempre, Belle des Champs ». Elle porte encore au cou le foulard vert qui étouffa son adversaire. Elle avance bras dessus bras dessous avec Béatrice Vessiller, l’autre tatie flingueuse, la Calamity Jane de Villeurbanne. Tout le monde tombe dans les bras de tout le monde et réciproquement.

Emporté par cette explosion d’exubérance printanière, Jacky Darne lui-même, qu’on a connu plus taciturne, embrasse Béatrice Vessiller comme on embrasse une carrière d’expert comptable : « Je te félicite ». « Merci, ça me touche beaucoup », répond la dame étonnée que le Grand Pardon tombe en mars. Et à quelques pas de là, dans une discrétion toute relative, selon son habitude Michel Mercier serre plus de louches qu’il n’y a de soupe. Ce n’est pas parce qu’il tourne en rond qu’il perd le nord. Il fait des grâces aux nouveaux élus, minaude. Il n’a pas oublié que ce jeudi sera choisi le nouveau président du Département. Et qu’il s’en faudra de peu - aide-toi, le ciel t’aidera - pour qu’il ressemble à l’ancien.

Timéo Danaos



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