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23juin

Et au milieu coule une rivière

Que s’est-il passé jeudi dernier au Parti socialiste, à la mairie de Lyon ou à la communauté urbaine ? En tous cas, Collomb était d’humeur massacrante. Un bus attendait une trentaine de journalistes rue du Lac, vers 11 h 15. Les élus étaient venus accompagner leur président : Gilles Buna, Nadine Gelas, Gérard Claisse. La visite des futurs chantiers des bords de Saône s’annonçait sous les auspices d’un déjeuner sur l’herbe.

Oui mais voilà, Collomb était de mauvais poil quand il entra dans le bus. On nous l’avait contrarié. Un défenseur de l’Hôtel-Dieu ? Un adversaire du Grand stade ? Un opposant politique ? Pire : un ami ? Un proche collaborateur pas encore remercié ? En tous cas la presse lyonnaise ne lui dit pas merci.

Finalement on était trop en retard, au lieu de faire le tour complet en commençant par la Confluence pour remonter jusqu’à l’Île Barbe et redescendre jusqu’aux Sub’*, on fila direct aux Sub’*, arrêt-pipi, tout le monde descend. C’est dans ce petit coin de verdure... bon pour l’instant on voit surtout un quai caillouteux, mais bientôt une plage de 13 mètres de large, des méridiennes, des planches en bois. Nicolas Magalon explique.

Scrongneugneu, ça énerve Collomb, il lui pique le micro : « Je vais faire une présentation globale, si on commence par les pointillés, on ne va rien comprendre ». Il repart de la Confluence et remonte la rivière, tel le saumon en période de frai. Le parking Saint-Antoine, qui sera démoli lors du prochain mandat (avant, il ne faudra pas oublier de démolir l’adversaire qui se présentera aux municipales en 2014), la nouvelle esplanade devant le Palais de Justice, le Pont Schuman. Et l’intervention tout au long du parcours de l’artiste japonais Tadashi Kawamata, dont le nom est une nouvelle épreuve pour le maire. Il finit par refiler le crachottoir à Nicolas Magalon. Pour les pointillés.

Ainsi les nouvelles berges vont se construire autour d’un ruban bleu, d’un ruban vert et d’un fil rouge, une sorte de scoubidou urbain tricoté avec de la nature, du minéral et de l’artistique. Ici des jardins aquatiques, là des planches, comme à Deauville, et là « on va habiller la niche ».

Collomb commence à se détendre. Il se fait photographier au bord de l’eau, nonchalamment assis sur une rambarde, très « sirène de Copenhague ». Il a retrouvé son « sourire Gégé » qui fait la joie des dentifrices. Il donne des interviews aux TV et aux radios. Pendant ce temps là on a installé sur des murets, de larges photographies de ce que devraient devenir ces lieux, et les journalistes présents les mitraillent abondamment. On se dit qu’il ne doit rien y avoir de plus idiot que de photographier des photographies, mais si. Car les confères de France 3 s’approchent pour les filmer !

Le reste sera présenté pendant le déjeuner, allez ouste ! Direction : le restaurant des Sub’. Pendant que les convives se lèvent pour aller remplir leurs assiettes au buffet (tiens le concombre est revenu !), les présentateurs se succèdent au micro. De grands panneaux photographiques sont montrés l’un après l’autre sur des chevalets et, il faut bien le reconnaître, c’est la première fois qu’on assiste à un diaporama en dur.

Ici, il y aura 13 marelles « et le sol sera antidérapant ! », se félicite le présentateur. Une marelle antidérapante ? C’est un coup à se casser la figure. Et là « un arbre à poissons réalisé par Gentil Garçon ». Tiens. Un ami de Gentil Gana et Gentil Beri ?

Vers 14 h 20, Collomb est obligé de s’arracher pour passer l’après-midi avec Rivalta au Sytral. VDM ! On est déjà rendu à Rochetaillée, il va falloir penser à conclure, on ne va pas remonter jusqu’à la source ! Si on pouvait finir avant la nuit...

Timéo Danaos

 

* Contrairement à une idée répandue, “Sub” n’est pas l’abréviation de subventions mais de Subsistances.

27mai

Le développement durable, c’est long, surtout vers la fin

On allait porter en triomphe les héros du développement durable, nus sur un bouclier en rotin, vêtus d’une simple feuille de vigne non sulfatée, couverts de pétales de tournesol qui se dressent délicatement vers la lumière. Les premiers « Trophées » ouvraient à la Cité internationale, patronnés par Le Progrès et le Barreau de Lyon, qui n’y connaît rien non plus.

La réalité fut plus austère. On arrive à 17 heures dans l’atelier 3 « se déplacer en ville ». Le vert est plus qu’à moitié vide : 30 personnes éparpillées dans une salle de 300. Josiane Beaud, de la SNCF, a sa tête des mauvais jours. Elle porte un costume couleur mayonnaise, qui n’arrive même pas à égayer la salade. Le directeur des services départementaux se lance dans un joyeux plaidoyer pour le covoiturage « qui ne coûte presque rien aux finances publiques ».

Seul Bernard Rivalta se montre d’humeur guillerette. Il n’arrête pas de plaisanter aux dépens (si l’on ose dire) de Queyranne : « quand je dis qu’il me doit des sous, il me doit des sous ». On imagine une petite fée du Sytral qui lui glisserait à l’oreille : « Et toi, mes 161 000 euros, quand est-ce que tu me les rends ? ». Mais ce n’est pas le moment de la ramener. Bernard l’Artiche n’est pas tendre avec la profession « contrairement à ce qu’ont expliqué certains journalistes imbéciles, on n’est pas dans le mur ». On n’est pas dans la dentelle non plus. Et voilà qu’un quidam fait remarquer que sur les invitations à cette « journée du développement durable », on mentionnait bien les deux parkings P1 et P2, mais nullement les trois lignes de bus. Personne ne semblait s’en être aperçu, donc tout le monde est venu en voiture. CQFD.

La grande cérémonie des trophées était annoncée à 19 h 30, retransmise « en direct sur TLM ». Elle démarre vers 20 h 15. Les téléspectateurs se sont-ils tapés des écrans de pubs pour patienter ? Ils ont dû en manger, de la salle de bains Yves Perdosa !

Coté cour un salon, fait de fauteuils en rotin (ah, quand même !). Coté jardin, un bar décoré de feuillages en nylon et de faux palmiers en plastique. Une jeune hôtesse joue les utilités, habillée en feuille. Artificielle, bien sûr. Sandrine Audin (TLM) et François Guttin-Lombard (Le Progrès) présentent les lauréats un par un. Ou plutôt un parrain. Une entreprise couve de son aile chaque trophée, ce qui lui permet de diffuser un film à sa gloire sur les antennes de Tout-Lyon-tout-le-temps. Puis elle se soumet aux questions incisives des deux journalistes : « Etes-vous concerné par le développement durable ? » ou « Est-ce que vous pensez que votre entreprise doit montrer l’exemple ? ».

Le buffet devait sonner comme une délivrance. Erreur. On a voulu bien faire les choses. Contre un mur, un étal de marché propose des choux-fleurs, des poireaux, des carottes, des poivrons. Ce sera tout pour les grosses légumes. Collomb a ouvert la séance ce matin, il parait qu’il y avait un peu de monde. Mais la moitié du public est partie avec lui. Même Rivalta a dû se tirer avec les radis.

Il règne une ambiance aussi joyeuse que lors du premier enterrement de Grand-Mère, dans ce hangar à cocktail. On a fait dans le naturel pourtant. Des jus de fruits d’agriculture raisonnée, des brochettes d’ananas. Au milieu des eaux minérales avec et sans bulles, trône une monstrueuse bouteille de Coca Cola, insolente, hérétique, mais fermée. On se rabat sur le beaujolais bio. On a failli le confondre avec un verre de jus de groseille, mais l’instinct du cocktailophile veillait. Finalement, on s’amuse plus chez les écolos. Mais là, il n’y en avait pas.

Timéo Danaos

27janv.

Si Ferney m'était conté: Episode 10, Ruffec ou l’art de ne jamais puiser dans sa propre cassette



A la veille de la réunion du conseil du service des chaises et porteurs de la ville, la galerie de portraits de Ferney s'enrichit de son président: Ruffec.


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15sept.

En avant-première du prochain numéro: les manoeuvres de Rivalta et Barriol pour ne pas payer leur dette au Sytral

Les citoyens Rivalta et Barriol ont déposé un recours contre les actes des élus Barriol et Rivalta. La suite ici.



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