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14avr.

Une soirée de soutien en DSK-timini

Ni champagne ni bal-musette, on a fait dans l’austérité grecque, hier soir, pour apporter à Dominique Strauss-Kahn tout le soutien nécessaire… à son éventuelle candidature aux présidentielles. Dans une salle Jean Couty (9e) remplie d’environ 150 personnes, les camarades socialistes ont rendu un vibrant hommage au patron du FMI sans douter, à un seul moment, qu’il « se déclare bientôt » pour 2012. Alea jacta est.

Pour cette soirée pas comme les autres, Christiane Demontès, sénatrice du Rhône, Gérard Collomb, écrivain, Sylvie Guillaume, députée européenne, et Farida Boudaoud, vice-présidente à la culture du conseil régional, jouent les cireurs de pompes au milieu d’une salle reconvertie en hémicycle. « Il n’y a pas de leader ce soir », assure la sénatrice Demontès, « c’est pourquoi on n’est pas sur l’estrade mais ici, parmi vous, pour dialoguer avec vous ». Reçu 5 sur 5, mon capitaine ! Seul l’élu du 7e Romain Blachier, adossé nonchalamment à l’estrade avant de finir dessus assis en tailleur, boude ostensiblement la consigne.

Le temps, pour Les Potins, de vérifier que le sosie de Michel Forissier présent en tribune soit effectivement un faux du vrai, et c’est déjà l’heure de tirer sur la diligence. « DSK a l’envergure d’un chef d’Etat et il est le seul à pouvoir redresser la France », estime, sûre de son fait, Christiane Demontès, avant de préciser : « Enfin, pas tout seul, ce n’est pas le messie. Même si Messi marque beaucoup de buts… [Murmures] Eh oui ! je connais un peu le foot. Et je ne vous ai pas dit qu’il était au Real Madrid ». Tant mieux, Christiane, puisqu’il il évolue au FC Barcelone…

Un qui ne la joue pas goléador, c’est Gérard Collomb. Le maire de Lyon rit jaune quand un militant invite chacun à ne pas réitérer la « connerie de 2007 », à savoir : « ne pas voter DSK aux primaires ». Une chose que Gégé promet de ne pas recommencer, parce que la « situation aujourd’hui est extrêmement plus compliquée » et que sa favorite de l’époque, Ségolène Royal, ne semble pas en mesure non plus de la simplifier. Et puis, il faut que « nous renouions avec la croissance » sermonne-t-il, les fameux 2,5% que promet le Parti socialiste, même si Le Canard enchainé du jour rappelle que la croissance française ne dépasse plus les 1,8% depuis dix ans…

Mais le graal n’est pas encore complètement plein. L’ « extraterrestre » militant de la « section Lyon 2e », Jean-Baptiste, s’en persuade : « DSK, c’est Churchill ». On va bientôt nous promettre « du sang et des larmes ». Pour l’instant, ce sera juste « paire de rois et tapis ». Le poker, au PS, c’est moins dangereux que la guerre. Sarah, une militante du 7e arrondissement, va encore plus loin. « J’ai appris que 30% des électeurs en France étaient prêts à participer aux primaires socialistes… Franchement, si on fait ça, c’est génial ». Pourvu tout de même qu’ils n’aillent pas voter Hollande

Hélas, la soirée avance. Le départ prématuré de Gérard Collomb pour une manifestation gymnique fait au moins un heureux : son directeur de cabinet, condamné à manier le diable et à porter les chaises. On n’ira pas jusqu’aux 22 h 30 initiales. Si le public commence « hélas » à s’en aller, Christiane Demontès, elle, reste. « La barque passe, le quai reste », comme on dit au Cambodge. Ce soir, beaucoup de gens ont eu droit à la parole, ce qui est assez remarquable dans un débat politique. Mais la plupart n’ont pas eu de réponses, ce qui est tout aussi remarquable. Reste désormais à « convaincre » que DSK soit le « meilleur candidat pour la gauche et pour la France », et à en « parler autour de vous ». Messi est bientôt de retour…

Braise de Rusty

21janv.

L’impatience des jeunes socialistes



« Au PS, à 40 ans t’attends ; à 50 ans tu désespères ; à 60 ans, tu as tes chances ! ». Celui qui s’exprime de la sorte sait de quoi il parle. A tout juste 40 ans, le secrétaire fédéral aux élections Jean-Christophe Vincent constate qu’il ne fait pas bon aujourd’hui être jeune au Parti socialiste. C’est vrai au niveau national où les Arnaud Montebourg, Vincent Peillon, Manuel Valls et autres Pierre Moscovici sont d’ores et déjà les grands perdants de la prochaine présidentielle. A 50 ans, ils sont déjà plus âgés que nombre de dirigeants de grandes démocraties. Las ! En France, ils sont priés de patienter quelques d’années. Leur heure n’est pas encore arrivée. En 2012, les vraies vedettes s’appellent Dominique Strauss-Kahn (61 ans), Martine Aubry (60 ans), Ségolène Royal (57 ans) ou François Hollande (56 ans).

Le constat n’est guère différent dans le Rhône où les deux principaux élus ont largement dépassé les 60 ans. Le maire de Lyon Gérard Collomb a 63 ans ; son camarade Jean-Jack Queyranne, président du conseil régional, en a deux de plus. L’un et l’autre sont pourtant bien placés pour comprendre l’impatience des jeunes générations. Collomb n’avait que 34 ans lorsqu’il a été élu député. Quant à Queyranne, il était devenu premier adjoint de Villeurbanne à 32 ans et député à 36 ans.

C’était l’époque où le Parti socialiste du Rhône misait clairement sur la jeunesse. Quand il devient premier secrétaire fédéral, Roland Bernard a tout juste 35 ans. Voilà deux ans qu’il est maire d’Oullins. Il sera député à 37 ans et sénateur à 42 ans.

En 1979, Yvon Deschamps prend les rênes de la fédération du Rhône. Il a 36 ans. Il restera en poste jusqu’en 1993. C’est alors la jeune Sylvie Guillaume qui lui succède. Elle a tout juste 31 ans. Ensuite, c’est adieu la jeunesse, bonjour l’expérience. Christiane Demontès approche la cinquantaine quand elle succède à Sylvie Guillaume. Elle-même sera remplacée en 2008 par Jacky Darne alors âgé de 65 ans.

On se gardera d’évoquer l’âge des parlementaires socialistes actuels. Dans le Rhône, tous ont plus de 60 ans ; y compris ceux qui, comme Pierre-Alain Muet et Jean-Louis Touraine, se verraient bien repartir pour un second mandat en 2012. Ils auront alors 67 ans.

A Lyon, Gérard Collomb semble bien décidé à tenter la passe de trois. En 2014, il n’aura effectivement que 67 ans. A tout juste 50 ans, le « jeune » David Kimelfeld, qui fait aujourd’hui figure de possible successeur, est prié de patienter. Avec un peu d’espoir, il peut espérer s’asseoir dans le fauteuil de maire avant d’atteindre l’âge légal de la retraite.

Gérard Angel



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