Ni champagne ni bal-musette, on a fait dans l’austérité grecque, hier soir, pour apporter à Dominique Strauss-Kahn tout le soutien nécessaire… à son éventuelle candidature aux présidentielles. Dans une salle Jean Couty (9e) remplie d’environ 150 personnes, les camarades socialistes ont rendu un vibrant hommage au patron du FMI sans douter, à un seul moment, qu’il « se déclare bientôt » pour 2012. Alea jacta est.
Pour cette soirée pas comme les autres, Christiane Demontès, sénatrice du Rhône, Gérard Collomb, écrivain, Sylvie Guillaume, députée européenne, et Farida Boudaoud, vice-présidente à la culture du conseil régional, jouent les cireurs de pompes au milieu d’une salle reconvertie en hémicycle. « Il n’y a pas de leader ce soir », assure la sénatrice Demontès, « c’est pourquoi on n’est pas sur l’estrade mais ici, parmi vous, pour dialoguer avec vous ». Reçu 5 sur 5, mon capitaine ! Seul l’élu du 7e Romain Blachier, adossé nonchalamment à l’estrade avant de finir dessus assis en tailleur, boude ostensiblement la consigne.
Le temps, pour Les Potins, de vérifier que le sosie de Michel Forissier présent en tribune soit effectivement un faux du vrai, et c’est déjà l’heure de tirer sur la diligence. « DSK a l’envergure d’un chef d’Etat et il est le seul à pouvoir redresser la France », estime, sûre de son fait, Christiane Demontès, avant de préciser : « Enfin, pas tout seul, ce n’est pas le messie. Même si Messi marque beaucoup de buts… [Murmures] Eh oui ! je connais un peu le foot. Et je ne vous ai pas dit qu’il était au Real Madrid ». Tant mieux, Christiane, puisqu’il il évolue au FC Barcelone…
Un qui ne la joue pas goléador, c’est Gérard Collomb. Le maire de Lyon rit jaune quand un militant invite chacun à ne pas réitérer la « connerie de 2007 », à savoir : « ne pas voter DSK aux primaires ». Une chose que Gégé promet de ne pas recommencer, parce que la « situation aujourd’hui est extrêmement plus compliquée » et que sa favorite de l’époque, Ségolène Royal, ne semble pas en mesure non plus de la simplifier. Et puis, il faut que « nous renouions avec la croissance » sermonne-t-il, les fameux 2,5% que promet le Parti socialiste, même si Le Canard enchainé du jour rappelle que la croissance française ne dépasse plus les 1,8% depuis dix ans…
Mais le graal n’est pas encore complètement plein. L’ « extraterrestre » militant de la « section Lyon 2e », Jean-Baptiste, s’en persuade : « DSK, c’est Churchill ». On va bientôt nous promettre « du sang et des larmes ». Pour l’instant, ce sera juste « paire de rois et tapis ». Le poker, au PS, c’est moins dangereux que la guerre. Sarah, une militante du 7e arrondissement, va encore plus loin. « J’ai appris que 30% des électeurs en France étaient prêts à participer aux primaires socialistes… Franchement, si on fait ça, c’est génial ». Pourvu tout de même qu’ils n’aillent pas voter Hollande…
Hélas, la soirée avance. Le départ prématuré de Gérard Collomb pour une manifestation gymnique fait au moins un heureux : son directeur de cabinet, condamné à manier le diable et à porter les chaises. On n’ira pas jusqu’aux 22 h 30 initiales. Si le public commence « hélas » à s’en aller, Christiane Demontès, elle, reste. « La barque passe, le quai reste », comme on dit au Cambodge. Ce soir, beaucoup de gens ont eu droit à la parole, ce qui est assez remarquable dans un débat politique. Mais la plupart n’ont pas eu de réponses, ce qui est tout aussi remarquable. Reste désormais à « convaincre » que DSK soit le « meilleur candidat pour la gauche et pour la France », et à en « parler autour de vous ». Messi est bientôt de retour…
Braise de Rusty

