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22avr.

Coeur d’archi show

Jeudi dernier, dans les salons rouges de l’Hôtel-de-Ville, le Prix de la Jeune architecture couronnait de lauriers les élèves de l’Ensal, venus de Vaulx-en-Velin tête nue.

A l’entrée, on remettait un catalogue carré, lourd comme un gigot d’agneau avec os. Papier glacé, photos, croquis, quadrichromie, l’Ecole nationale supérieure d’architecture de Lyon avait fait les choses en grand et en vert. Un recueil de projets quelques fois délirants comme celui de tours jumelles dans le cœur de Vaulx-en-Velin avec discothèque au sommet. Ou d’exaspérations verbales comme cette citation de Pierre Restany « c’est la réalité sociologique toute entière, le bien commun de l’activité des hommes, la grande république de nos échanges sociaux, de notre commerce en société, qui est assignée à comparaître ». Ça ne doit pas aider à trouver l’entrée de l’immeuble !

Par bonheur, Gilles Buna n’avait pas lu Restany. C’est lui qui officiait au nom de la Ville de Lyon comme figure tutélaire. Il jouait le rôle de Sainte Barbe, patronne des architectes, bien qu’il ait rasé la sienne. Disert, selon son habitude, il commence toutes ses phrases par « je dirais » et il le dit. Buna parle en colimaçon - ce n’est pas une nouvelle obédience - il improvise, tourne en rond, revient sur ses pas. Il fi nit par s’en rendre compte : « je suis en train de broder ». Il passe donc le napperon à la directrice de l’Ecole pour qu’elle termine l’ouvrage.

Nathalie Mezureaux s’empare du pupitre, pose dessus une liasse de papiers. On sent qu’on n’y échappera pas, elle lira jusqu’au bout. Tout le monde sera remercié et il saura pourquoi. Enfin les lauréats sont graciés. Elise Duriez, pour une « promenade séquencée villeparc » sur le campus de la Doua. Laurie Mercusot pour une « redéfinition des espaces résiduels existants », sur le campus de Vaulx-en-Velin. Sixte Dousseau de Bazignan pour une « colline artificielle » derrière la gare Saint-Paul. Luc Lefèvre, pour une école de musique visant à « insinuer des porosités entre l’art et l’architecture ». Et Elena Mass pour des « îlots de végétation spontanée », jouant le rôle de « mur-filtre » en abritant des « maisons d’été locatives » sur la pointe de la Confluence.

Aucun de ces projets ne devrait jamais voir le jour, Collomb peut dormir tranquille. Ou plutôt se contenter de ses insomnies habituelles faites d’OL Land, d’Hôtel-Dieu, de berges de Saône et d’Etienne Tête. Et puis tout le monde rejoint les buffets. Un protocole tacite fait que les professionnels installés, en col Mao ou veste de velours, croisent peu les étudiants habillés en étudiants, c'est-à-dire souvent en n’importe quoi.

On entrevoit Pierre Franceschini, l’architecte des Bâtiments de France, le Raminagrobis de la profession, moustache drue, lunettes carrées, le genre de matou qu’on ne risque pas de confondre avec un chat de gouttière. Dans un coin, une séance photo s’est improvisée. On a collé les cinq lauréats contre le mur et le défi lé des i-phones commence. Tout cela finira sur Facebook.

Le buffet propose du kir, des bouteilles de vin blanc plongées dans des bassines de glace, du jus de pêches de vigne. Et du Perrier, mais cette fois-ci « à petites bulles ». Encore un petit métier ignoré du grand public et qu’on a peine à imaginer : trieur de bulles chez Perrier !

Une jeune fi lle se débat avec un drôle d’amuse-gueule qui mérite bien son nom : une quenouille formée d’un spaghetti qu’elle essaie en vain de dérouler de sa brochette. Nous nous réfugions sur des valeurs sûres composées uniquement de denrées connues. Un catalogue, un kir, des congratulations, et voilà. Une centaine de nouveaux architectes vient d’être expédiée dans le vaste monde. Pour le meilleur et pour le pire.

Timéo Danaos

24fév.

Si Ferney m'était conté: Episode 11, Thibouville connait mieux que personne les arrêts de nos Parlements

Alors que les élections au conseil provincial approchent, la galerie de portraits de Ferney s'enrichit d'un de ses plus fins limiers, toujours près à brandir un code pénal, que Choiseul vient de libérer de ses obligations à la Ville de Lyon: Thibouville.


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05nov.

Collomb, leçons, piège à cons

C'est quand même ballot de faire exactement ce que l'on reproche aux autres. Lundi dernier, lors du conseil communautaire, Gérard Collomb s'est payé dans les grandes largeurs son adjoint lyonnais Etienne Tête (revoir la scène ici). Chacun notera au passage l'élégance qui consiste à s'en prendre à quelqu'un de manière très explicite (Euronews, l'Opéra, la tribune dans la presse, les recours promis contre le Grand Stade...) sans le nommer et de le faire au surplus dans une instance où l'intéressé ne siège pas. A vaincre sans péril...

Horreur suprême, sa Tête de Turc du jour a publié la veille dans Le Monde un point de vue "en utilisant d'ailleurs des titres d'adjoint pour lesquels ils n'ont aucune vocation parce que cela ne reflète pas le point de vue qu'ils écrivent en leur nom personnel". Certes, ce texte tombe à un moment de forte crispation autour de l'OL land, mais il se trouve qu'il a été envoyé au quotidien... en juin dernier.

Après tout, cela permet une bonne coïncidence puisque Gérard Collomb a lui publié une tribune hier dans Libération sur l'identité nationale. Et devinez comment elle est signée... "Gérard Collomb, sénateur et maire de Lyon (et président du Grand Lyon sur le site de Libé)". "L'identité nationale ne se réduit pas à convoquer l'histoire", c'était dans son programme électoral à l'instar de "construire le stade au Grand Montout" (sic) ? Il a demandé l'avis de sa majorité municipale et communautaire (qui compte des UMP) avant d'envoyer ce texte ? Ou alors c'est un point de vue personnel qui n'a rien à voir avec les titres dont il se pare ?

Facile de donner des leçons sur l'air du "Faites ce que je dis, pas ce que je fais". Le mieux est peut-être qu'il laisse chacun s'exprimer comme il l'entend. Il n'a quand même pas attendu dimanche dernier pour découvrir que les Verts étaient contre le Grand Stade. On attend avec impatience qu'en sa qualité de grand humaniste, Collomb - tel Voltaire - lance à Tête : "je ne suis pas d'accord avec ce que vous dites, mais je me battrai pour que vous ayez le droit de le dire".



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