Vous connaissez Arès ? Attention, ne nous trompons pas. On ne parle pas ici du dieu grec de la guerre, celui-là même que les Romains honoraient sous le nom de Mars. L’Ares dont il est ici question, c’est plus prosaïquement l’Alliance Républicaine, Ecologique et Sociale, le parti que Jean-Louis Borloo s’apprête à porter sur les fonts baptismaux d’ici la fin de ce mois.

Du côté du Rhône, on serait curieux de voir qui va rejoindre l’Alliance. La conseillère régionale radicale Fabienne Lévy se veut optimiste. Outre ses camarades valoisiens, les membres du Nouveau centre et ceux de la Gauche moderne, elle verrait bien le maire du 2e arrondissement Denis Broliquier et ses amis de Lyon Divers Droite pointer le bout de leur nez. Et d’expliquer que « comme Broliquier est fondamentalement anti-UMP, il peut parfaitement être fondamentalement pour l’Alliance ». Pas sûr toutefois que les choses soient si simples localement ; les amis de Borloo vont devoir compter avec Michel Mercier. Bien malin qui pourrait dire ce que va faire le très centriste (mais néanmoins sarkozyste) président du conseil général. Deux de ses proches sont dans l’expectative. Christophe Geourjon semble tout disposé à rejoindre l’Alliance. Tandis que Marc Augoyard a déjà franchi le pas. Faut-il en déduire que l’actuel Garde des Sceaux est prêt à se rallier à Borloo ? Quand on connaît Mercier, on le sait tout à fait capable de laisser certains de ses proches intégrer l’Alliance, histoire éventuellement de la torpiller de l’intérieur si cela s’avérait utile à son intérêt.

En attendant de connaître le nom de celui (ou de celle) qui prendra localement la présidence de l’Alliance, Fabienne Lévy imagine déjà que le siège historique des radicaux rue d’Algérie pourrait fort bien accueillir l’Ares. On voit mal pourquoi le président départemental Nouveau centre, le député Raymond Durand, s’y opposerait.

Posséder un local ne suffit pas pour exister sur la scène politique. Encore convient-il de trouver des candidats susceptibles de se lancer aux élections législatives. C’est loin d’être gagné. Bien sûr, Fabienne Lévy est toute prête à partir à l’assaut de la 2e circonscription face au socialiste Pierre-Alain Muet. Ailleurs, c’est nettement plus difficile. On évoque parfois les noms de Thomas Ravier dans le Beaujolais ou de Baptiste Dumas à Villeurbanne. En attendant, ce sont les jeunes qui montrent l’exemple. Sans se soucier des tergiversations de ses aînés,
a déjà commencé à réunir les jeunes qui se reconnaissent dans la mouvance centriste et radicale. Un premier rassemblement s’est tenu ce mardi, histoire de créer une dynamique unitaire et de prouver aux élus concernés que la relève est prête.

Gérard Angel