En voilà une question qu’elle est bonne comme aurait dit Coluche. On a glosé sur les interrogations électorales de Bernard Kouchner, mais on pourrait tout autant le faire à propos de Michel Mercier. A la différence du ministre des Affaires étrangères, lorsqu’il se trouve dans l’embarras, le président du conseil général du Rhône sait se faire discret afin de garder toutes ses ambiguïtés.
Le 30 mai, plutôt que de venir à la grand réunion publique avec François Bayrou à Lyon, il avait mieux à faire à Thizy. D’ailleurs, qui l’a vu faire campagne à l’occasion de ces européennes ? Personne. A l’instar de Bernard Kouchner, il était peut-être trop occupé à lire les programmes électoraux pour choisir son bulletin de vote... UMP. Qui sait ?
Tout cela ne l’empêche pas de demeurer trésorier national du Modem. Un pied dedans et un pied pas loin du gouvernement. Il ne faut pas mettre tous ses œufs dans le même panier. Si près du maroquin, ce serait ballot de braquer le Chef de l’Etat en affichant son soutien au parti dont on vient. D’un autre côté, au Modem la critique demeure mezza voce puisque le patron du groupe centriste au Sénat n’a pas (encore) quitté le parti. A ce niveau d’ambiguïté sarko-centro-compatible, voilà notre élu en liberté... (très) surveillée.
Il y a quand même une différence entre Bernard Kouchner et Michel Mercier. L’un est déjà rentré au gouvernement et l’autre pas (encore ?). Que tout cela ne vous empêche pas d’aller voter le cœur léger. Soyez rassurés : la politique est affaire de convictions.
