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08juin

Le Modem fait Faure

Voilà qui évitera les atermoiements. Les Potins (n°175) évoquaient récemment le ticket Fabienne Faure - Azouz Begag dont rêvaient certains au Modem pour les régionales de l’an prochain. En fait, ce sont surtout les amis de l’ancien ministre de Villepin qui imaginaient ça. L’actuelle présidente du groupe Modem à la Région n’était pas vraiment demandeuse. D’autant que Fabienne Faure est une militante convaincue du mandat unique, ajoutaient les opposants à ce ticket. Et comme elle va être élue députée européenne... adieu le conseil régional et Begag, ricanaient-ils.

Ce matin, Fabienne Faure est libérée de ce dilemme. Même en étant deuxième de liste juste derrière Jean-Luc Bennahmias, elle n’a pas été élue hier. Heureusement que le Modem avait (bien imprudemment) proclamé il y a quelques semaines être le seul parti à faire campagne dans le Rhône... Si les autres formations politiques s’y étaient mis, les Oranges seraient définitivement au (fin) fond du panier.

Le Rhône, terre centriste, c’est aujourd’hui bon pour les livres d’histoire. En récoltant péniblement 36 233 voix dans le département, Jean-Luc Bennahmias retrouve son propre score de 2004... lorsqu’il était chez les Verts. Soit 22 000 voix de moins que la tête de liste UDF de l’époque, Thierry Cornillet. Le bide est du même ordre à Lyon. Ici, la greffe écolo-centriste n’a pas pris. Car quand on voit que le Modem fait encore moins bien dans la circonscription qu’en France, ça confine à l’erreur de casting.

Ce matin, Michel Mercier, le président du conseil général, doit se dire qu’il a bien fait de commencer à sauter du train orange (qui n’a plus rien des premiers TGV) en marche.

05juin

Y va voter quoi Mercier dimanche ?

En voilà une question qu’elle est bonne comme aurait dit Coluche. On a glosé sur les interrogations électorales de Bernard Kouchner, mais on pourrait tout autant le faire à propos de Michel Mercier. A la différence du ministre des Affaires étrangères, lorsqu’il se trouve dans l’embarras, le président du conseil général du Rhône sait se faire discret afin de garder toutes ses ambiguïtés.

Le 30 mai, plutôt que de venir à la grand réunion publique avec François Bayrou à Lyon, il avait mieux à faire à Thizy. D’ailleurs, qui l’a vu faire campagne à l’occasion de ces européennes ? Personne. A l’instar de Bernard Kouchner, il était peut-être trop occupé à lire les programmes électoraux pour choisir son bulletin de vote... UMP. Qui sait ?

Tout cela ne l’empêche pas de demeurer trésorier national du Modem. Un pied dedans et un pied pas loin du gouvernement. Il ne faut pas mettre tous ses œufs dans le même panier. Si près du maroquin, ce serait ballot de braquer le Chef de l’Etat en affichant son soutien au parti dont on vient. D’un autre côté, au Modem la critique demeure mezza voce puisque le patron du groupe centriste au Sénat n’a pas (encore) quitté le parti. A ce niveau d’ambiguïté sarko-centro-compatible, voilà notre élu en liberté... (très) surveillée.

Il y a quand même une différence entre Bernard Kouchner et Michel Mercier. L’un est déjà rentré au gouvernement et l’autre pas (encore ?). Que tout cela ne vous empêche pas d’aller voter le cœur léger. Soyez rassurés : la politique est affaire de convictions.



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