à la Une

Le Très Haut Débit, un réseau à très haut crédit

(Cet article a été publie dans un N° ancien. Pour lire les infos de la semaine, accès payant ici )
Le voilà bien emberlificoté avec le plan numérique Très Haut Débit ! Laurent Wauquiez hérite du dossier et ne sait pas par quel bout le prendre. Il aurait bien voulu le confier à Juliette Jarry, vice-présidente régionale chargée des « infrastructures de l’économie et des usages numériques », mais elle n’y connaît pas grand chose non plus. Son truc à elle, c’est l’entreprise. Ou alors Sophie Rognon, directrice du développement numérique à la Région, elle sait de quoi elle parle, c’est une ancienne de chez Orange. Mais bizarrement, elle préfère faire répondre par quelqu’un d’autre.
-
De quoi s’agit-il ? Le Plan France Très Haut Débit lancé par François Hollande en février 2013 prévoyait de booster le THD en France en installant des liaisons internet puissantes dans tout le pays. À cette époque Free et SFR étaient déjà capables de proposer des débits jusqu’à 1 Gigabit en réception et jusqu’à 200 Mégabits en émission. Contre 30 Mégabits pour les liaisons actuelles (ADSL). Le secret : la fibre optique bien sûr. À la clef, il s’agissait d’améliorer les échanges de données, surtout pour les entreprises, de développer les activités à distance, le télétravail, de remailler le territoire en permettant à des initiatives de se développer en zones rurales. À conditions que le réseau soit étendu équitablement. Le plan devait y parvenir d’ici 2022, avec un budget d’investissement de 20 milliards d’euros et des retombées attendues qui font rêver : + 0,75 point de PIB, 100 000 emplois à la clef.
-
Parmi les acteurs, d’un côté les opérateurs du réseau : Orange, SFR, Bouygues et leurs cache-sexes. De l’autre : les communes, regroupements de communes, départements, agglomérations, un peu la région, bref : beaucoup le bazar. Et ce qu’on pouvait attendre s’est produit : le résultat montre un développement de la fibre optique anarchique, des secteurs absolument pas couverts, les opérateurs se ruant sur les zones les plus rentables et délaissant les territoires éloignés, des montages juridiques d’équilibristes et des coûts de mise en place difficilement explicables. En Auvergne par exemple, avant le rattachement, on a opté pour un partenariat public-privé avec Orange. Les problèmes semblent se multiplier : un surcoût que certains estiment à près de 200 millions, un tarif de location du réseau surévalué de 35 à 50 % et un verrouillage qui permettrait à l’opérateur Orange  d’empêcher ses concurrents de passer. Or, c’est complètement contraire aux dispositions de l’ARCEP, l’autorité de régulation des communication, les réseau doivent être ouverts à la concurrence.
-
Si au moins ça marchait. Mais les remontés de terrain montrent qu’on est loin des débits attendus, loin des 1 et même 10 Gigabits promis. Plus étrange encore, il semble qu’Orange ne se soit pas contenté d’installer le réseau, c’est aussi lui qui a joué le rôle de banque du projet en avançant l’argent. La Région aurait tout intérêt à fourrer son nez dans le dossier, d’autant qu’il y a des subventions en cours et que les concurrents mécontents pourraient bien attaquer en justice. Mais l’affaire est délicate le président de la Haute-Loire Jean-Pierre Marcon et le président du Cantal Vincent Descoeur sont des amis LR.
 -
En Savoie on bondit d’étonnement en étonnement. D’abord par le temps qu’il a fallu pour mettre en place la délégation de service public : sept ans. Ensuite par le coût de l’opération. Bien sûr, c’est un territoire montagneux avec de grandes difficultés d’accès et des communes éloignées situées en zone rurale. Exactement comme en Isère. Et bien justement, on ne s’explique pas trop pourquoi le coût d’installation de la prise de raccordement est de 1 477 euros en Savoie contre 800 euros seulement en Isère. Des associations comme Anticor s’interrogent sur les circuits financiers qui ont abouti à cette méganote et sur la légalité de la délégation de service public. L’opérateur en cause est Axione, un cache-sexe de Bouygues. Là encore, on aurait intérêt à examiner de près le dossier. En marchant sur des œufs. Le président de la Savoie n’est autre qu’Hervé Gaymard, un ami. Raison de plus d’être prudent : Madame Gaymard Claire est administratrice de Bouygues, ce qui ne veut pas dire qu’elle y connaisse quelque chose non plus.
-
 La Région est sur le coup. Officiellement elle lance une étude pour mieux comprendre ce qui se passe. Pas « un audit », juste une étude. Ensuite on verra. « Ensuite » ce sera de toutes façons après les élections. Et il faudra bien que ça se fasse. Car dans quelques années le réseau co-axial (les câbles en cuivre) va disparaître. Les nouveaux usages d’internet sont gourmands en débit et les territoires qui ne sont pas raccordés à la fibre vont se retrouver dans le noir. Étienne Blanc est alerté sur le caractère explosif du problème, Juliette Jarry aussi. Mais ils n’ont pas encore trouvé le temps de consulter ceux qui auraient pu les aider à y comprendre quelque chose comme REZOPOLE, le gestionnaire de LyonIX, une sorte de « ring » lyonnais qui permet à des opérateurs professionnels de se raccorder au très haut débit dans la métropole.

Pierre Gandonnière

Cliquez ici pour répondre au message ou le transférer
à la Une

Campagne présidentielle d’Emmanuel Macron : le fabuleux destin du jeune Lyonnais Jean-Marie Girier

(Cet article a été publie dans un N° ancien. Pour lire les infos de la semaine, accès payant ici )

De simple stagiaire à la fédération du Parti Socialiste, à directeur de campagne d’Emmanuel Macron, l’ancien chef de cabinet de Collomb a fait du chemin

Si Emmanuel Macron est élu dimanche Président de la République, il le devra en partie à celui qui, dans l’ombre, a dirigé avec compétence et efficacité sa campagne. Et dont on aperçoit parfois la silhouette discrète dans le sillage de Macron sur les écrans de télévision. À Lyon, on le connaît bien ; il a été jusqu’à l’automne dernier chef de cabinet de Gérard Collomb à la Métropole.
Jean-Marie Girier puisque c’est de lui dont il s’agit suivra-t-il son boss à l’Élysée ? C’est probable même si, prudence ou superstition, Macron n’a pour le moment rien promis à personne ; rien dit des postes qu’il envisage de proposer à ceux qui ont mené la campagne à ses côtés.
En 2007, c’était déjà une proche de Gérard Collomb -Najat Vallaud-Belkacem- qui avait endossé le tailleur de porte-parole de la candidate Ségolène Royal. Elle a depuis fait son chemin. Cette fois, le maire de Lyon a franchi un palier et fait nettement plus fort. En tant que directeur de campagne, son protégé a été l’un des pivots essentiels de la marche En Avant, le seul qui dans l’entourage du candidat avait déjà une (petite) expérience d’une telle aventure.
« Quo non ascendet ? », peut-on se demander quand on jette un coup d’œil au parcours de Girier. À tout juste 32 ans, il a déjà une solide expérience de la politique et de ses petits secrets lyonnais. Voilà une dizaine d’années qu’on le croise dans les allées du pouvoir local. Tout jeune diplômé de Sciences-Po, et après un séjour canadien, il décroche un stage à la fédération du Parti Socialiste alors dirigée par Christiane Demontès. Il rejoint ensuite le service de presse du Conseil régional à l’époque animé par Sylvie Blès-Gagnaire. Dans le même temps, il devient secrétaire de la section socialiste du 9e arrondissement. À la surprise générale, le nouveau maire écologiste Alain Giordano le recrute en 2008 comme directeur de cabinet. Les relations entre les deux hommes ne tarderont pas à se refroidir. Girier rejoint alors le cabinet de Gérard Collomb à la mairie de Lyon.
En 2010, le départ de Sylvain Auvray (dir cab historique et omniprésent de Collomb) change la donne. La politique est comme la nature. Elle a horreur du vide. Collomb s’appuie alors de plus en plus sur Girier ; il sait se rendre indispensable en faisant preuve d’efficacité. En outre, sa fidélité n’est jamais prise en défaut ce qui est aux yeux de Collomb la qualité suprême. On le vérifiera pour la campagne présidentielle de 2012. Privés de leur champion qui a glissé sur une savonnette newyorkaise, les strausskahniens traînent les pieds pour faire la campagne de François Hollande. Du coup, à la demande de Collomb, c’est Girier qui s’y colle. Il en tirera une expérience utile. Deux ans plus tard, il sera l’un des animateurs de la campagne municipale de Collomb. Lequel le propulse chef de son cabinet à la Métropole. À charge pour lui de jouer les courroies de transmission auprès des instances fédérales du Paris Socialiste ce qui ne lui vaudra pas que des amis auprès de ses chers camarades.
Qu’importe ! Dès qu’il s’engage auprès de Macron, Collomb note que l’entourage de l’ancien ministre est constitué de diplômés ultra compétents à qui il manque toutefois l’expérience du terrain. Très vite, Jean-Marie Girier rejoint la troupe, tout en conservant dans un premier temps ses fonctions à la Métropole. À ce moment-là, on pense encore qu’une fois l’aventure terminée, il reviendra à Lyon. Mais les costumes de Fillon et le Penelope Gate ont changé la donne. Macron s’est retrouvé favori d’une course que l’on n’imaginait pas gagnable au départ.
Jean Restbaba

à la Une

L’achat par la Région à l’étranger de trousses fait tousser dans les lycées

(Cet article a été publie dans un N° ancien. Pour lire les infos de la semaine, accès payant ici )

Emmanuel Macron n’est peut-être pas le seul à rencontrer quelques difficultés avec la géographie. Le gagnant du premier tour de la présidentielle pourra toujours se consoler d’avoir assimilé la Guyane à une île grâce à Laurent Wauquiez. Pour le président du Conseil régional, la Tunisie c’est encore la France...
Bien sûr, Les Potins exagèrent un (tout) petit peu sur ce coup-là. Wauquiez n’a jamais  vraiment confondu Carthage et le Puy-en-Velay. Il n’en reste pas moins que c’est bien de l’autre côté de la Méditerranée qu’ont été produites les trousses aux couleurs de la Région et qui ont été généreusement offertes aux agents des lycées. Quand on observe les objets, on a beau les retourner sous toutes les coutures, on ne trouve pas la plus petite mention de leur pays d’origine. À croire que Wauquiez a honte de leur provenance. Il est vrai qu’en s’installant dans le fauteuil de Jean-Jack Queyranne, il avait durement critiqué ses prédécesseurs coupables d’acheter à l’étranger les objets publicitaires. La situation s’est semble-t-il améliorée. Selon le service de presse que nous avons interrogé, 75 % des objets sont aujourd’hui produits en France, contre 10 à 15 % sou la précédente mandature. On ne sait si les quelques milliers de trousses tunisiennes vont venir détériorer ce pourcentage.
Bien sûr, l’affaire est anecdotique. Il faudrait être de mauvaise foi pour réduire l’action de Wauquiez à cette seule histoire de trousses. Depuis l’arrivée de la nouvelle majorité, l’heure est aux économies. Des subventions ont été rabotées, au grand dam des socialistes qui dénoncent quelque 1 500 emplois déjà supprimés à travers ce qu’ils appellent un « plan social caché » : « La politique de Laurent Wauquiez a détruit pas moins de 500 postes dans le seul domaine de la formation professionnelle et près de 580 emplois dans le secteur associatif totalement décimé. »
Président du groupe des élus Républicains, Patrice Verchère assume totalement les choix qui ont été faits. Il reconnaît que certaines associations peuvent effectivement rencontrer des difficultés mais note que « d’autres ont été confortées et on pu créer des emplois ».
« On est pour des emplois productifs pas pour des emplois assistés », renchérit le maire de Feurs, Jean-Pierre Taite, avant de conclure sur la nécessité de « se serrer la ceinture partout ». Il oublie que côté rigueur, tout le monde n’est pas logé à la même enseigne, à commencer par le syndicat étudiant UNI dont on peine à comprendre à quoi ont vraiment servi les 50 000 euros de subvention dont il a hérité (voir Les Potins n° 528 du 23 février).

En attendant, comme on pouvait s’y attendre, les syndicats tentent de surfer sur le mécontentement d’une partie du personnel. La mobilisation est loin de répondre à leurs espoirs. La dernière grève n’a pas remporté un franc succès avec « seulement » 50 % des agents des lycées qui ont suivi le mouvement. Au siège, les agents n’ont guère été plus de 15 à 25 % à cesser le travail. Voilà qui ne peut que conforter Wauquiez dans sa volonté de réduire le nombre de postes suite à la fusion des deux régions Auvergne et Rhône-Alpes. Certains avancent le nombre de 400 postes (CDD, vacataires) qui pourraient ainsi disparaître.
Du côté de l’exécutif, on refuse de confirmer ce chiffre « qui ne repose sur rien ». Quoi qu’il en soit, sur un effectif total de 9 000 personnes, on peut effectivement imaginer qu’il soit possible à terme d’en supprimer quelques centaines.
Au-delà de la question des effectifs, les syndicats dénoncent aussi l’absence de négociations sur les moyens du comité des œuvres sociales qui ne sont pas les mêmes entre l’Auvergne et Rhône-Alpes. Ils réclament aussi une augmentation du prix du ticket restaurant (actuellement 7,10 euros) qui est resté inchangé depuis de nombreuses années. Ils n’ont pas apprécié que Laurent Wauquiez refuse de les recevoir depuis sa prise de fonction, au motif qu’il attendait le résultat des élections syndicales. Ils voudraient bien notamment aborder le délicat problème du temps de travail et du nombre de jours de RTT susceptibles de compenser les heures supplémentaires effectuées.

Enfin, les revendications portent aussi sur le rôle que joue un homme comme Ange Sitbon. Officiellement chef de service et donc hiérarchiquement sous les ordres d’un directeur, il occupe dans les faits une place à part. Il est d’ailleurs installé au 5e étage, au même niveau que le cabinet du président, quand la direction des relations avec les élus dont il dépend théoriquement se trouve, elle, au 2e étage.
Cherchez l’erreur...

G.O. Graffie

à la Une

Chez Pôle Emploi, c’est « open bar » pour les annonces bidon

La CGT dénonce 61% d’offres d’emploi non conformes dans la métropole

Le 18 avril dernier la CGT a présenté au directeur territorial de Pôle Emploi Philippe Hillarion les résultats d’une étude. Selon le syndicat, 61 % des offres d’emploi présentes sur le site de l’agence nationale dans la métropole lyonnaise seraient illégales. Ce chiffre est supérieur de plus de dix points à la moyenne nationale : 50,3 %. Durée de contrats non précisées, emplois situés hors zone, faux CDI transformés en CDD, durée de missions non conforme aux annonces et, pire encore, de fausses propositions d’emploi qui sont en fait de vraies annonces pour racheter des fonds de commerce, à des prix sans rapport avec les indemnités de chômage : de 400 à 900 000 euros. Les secteurs les plus touchés sont le commerce avec 96,67 % de carambouilles ; suivi de près par l’aide à la personne 88,89 %; puis l’hôtellerie-restauration 87,04 % et l’industrie 78,57 %. Puis joli tir groupé de l’industrie, le secrétariat et divers commerces non alimentaires.

On relève au passage quelques « pépites ». Comme cette reprise de gérance qui sonne un peu « escrocs bienvenus ». Pour 400 000 euros, l’heureux bénéficiaire reprendrait la gestion d’un café restaurant en plein centre-ville avec terrasse. On lui précise pour le motiver « le patron ne travaille pas sur place et n’est pas du métier, donc facilement développable ». On doit pouvoir le plumer sans trop de difficulté. Et cette autre qui cherche à motiver les candidats en encourageant l’alcoolisme : « 120 bouteilles de vodka, 230 hectolitres de bière ! » De quoi fêter dignement le changement de direction. L’annonceur précise : « clientèle jeune donc facile à gérer ». Ça doit faire un moment qu’il n’en a pas vu, des jeunes !

On trouve aussi des interprétations très souples des définitions de poste : la mission marketing se transforme en une distribution de tracts sur la voie publique (street marketing). Le catalogue pourrait prêter à rire s’il n’y avait pas des enjeux de chiffrage qui conditionnent des politiques publiques. Pôle Emploi revendique 600 000 offres disponibles sur son site. Or si l’on applique le ratio de 50 % d’offres non conformes, le nombre d’emplois réellement offerts serait de moitié inférieur. Beaucoup plus difficile dans ces conditions de faire pression sur les chômeurs autour de la notion d’offres « raisonnables ».

Pourtant, le Code du Travail précise dans son Article L5331-3 : « Il est interdit de faire publier dans un journal, revue ou écrit périodique ou de diffuser par tout autre moyen de communication accessible au public une insertion d’offres d’emploi ou d’offres de travaux à domicile comportant des allégations fausses ou susceptibles d’induire en erreur et portant en particulier sur un ou plusieurs éléments suivants : 1° L’existence, le caractère effectivement disponible, l’origine, la nature et la description de l’emploi ou du travail à domicile offert ; 2° La rémunération et les avantages annexes proposés ; 3° Le lieu du travail. »

En théorie, Pôle Emploi est supposé vérifier la conformité des offres avant édition sur son site. En réalité, d’après la CGT, un contrôle est bien effectué lors de la première publication, mais ensuite c’est open bar pour toutes les autres. Du coup, comme on peut le vérifier en allant sur le site de Pôle Emploi, l’espace « Offres » est truffé de propositions émanant de « partenaires » qui sont en fait des sites commerciaux comme Nutrixo, Guy Hoquet Entreprises, Fed Business. Pire encore, certains comme Jobijoba seraient spécialistes des offres qui n’existent pas. Ce qui n’empêche pas les unes et les autres d’attirer des flux sur leur propre espace et de vendre de la publicité. Ni Pôle Emploi de gonfler artificiellement son nombre d’offres. Tout le monde est gagnant. Sauf les chômeurs, peut-être.

PG

à la Une

Interrogations autour de la présidence de la Métropole

Cet article a été publie dans le N°536. Pour lire le numéro de cette semaine, accès payant ici

Gérard Collomb cèdera-t-il aux sirènes parisiennes qui le voient déjà ministre en cas de victoire de son protégé Emmanuel Macron ? Difficile de faire un pronostic. Ce serait effectivement une belle revanche pour celui qui, malgré une incontestable réussite lyonnaise, n’est jamais parvenu à se faire reconnaître nationalement par ses amis politiques. Il est toutefois probable que lui-même n’a pas encore pris de décisions définitives. Pour que la question se pose, encore faut-il que le candidat qui s’est
mis En Marche arrive à bon port du côté du Faubourg Saint-Honoré. Encore faut-il aussi que le poste qu’on lui proposerait éventuellement soit au moins aussi prestigieux que celui qu’occupe son ancienne collaboratrice Najat Vallaud-Belkacem. Laquelle, rappelons-le, est numéro 3 de l’actuel gouvernement. Quoi qu’il en soit, s’asseoir à la table du Conseil des ministres obligerait Collomb à quitter ses fonctions de maire et de président de la Métropole. À l’Hôtel de ville de Lyon, sa succession ne devrait pas poser trop de problèmes. Avec l’appui de Collomb, David Kimelfeld obtiendrait sans problème un vote majoritaire. Nul n’est aujourd’hui en mesure de s’y opposer, pas plus l’actuel premier adjoint Georges Képénékian qu’un autre. Il en irait en revanche bien diffé-remment à la Métropole où la majorité est éclatée en une dizaine de groupes. Pas sûr qu’un autre que Collomb obtiendrait leur soutien s’il fallait demain élire un nouveau président. On peut imaginer que les onze élus villeurbannais qui sont regroupés au sein d’un groupe spécifique mettraient des conditions à leur soutien. Rien ne dit par exemple que les 30 membres de Synergie resteraient unis derrière un autre candidat marqué à gauche. Si certains « petits » maires ont publiquement pris position en faveur d’Emmanuel Macron, le groupe a tenu à rappeler son indépendance. Nombre de ses membres s’inquiètent du projet macronien de supprimer la taxe d’habitation. Un retournement d’alliance ne peut être exclu. D’autant qu’avec 40 élus (plus les six centristes réunis autour de Christophe Geourjon), les Républicains représentent le groupe le plus important. Si d’aventure Synergie choisissait de se ranger derrière Philippe Cochet, il ne serait pas très loin d’obtenir la majorité absolue (83) qui permettrait à la droite de récupérer la Métropole. On l’imagine aisément, une telle perspective est de nature à faire réfléchir deux fois Collomb avant qu’il puisse décider de laisser sa place.

Gérard Angel