Interrogations autour de la présidence de la Métropole

Cet article a été publie dans le N°536. Pour lire le numéro de cette semaine, accès payant ici

Gérard Collomb cèdera-t-il aux sirènes parisiennes qui le voient déjà ministre en cas de victoire de son protégé Emmanuel Macron ? Difficile de faire un pronostic.

Ce serait effectivement une belle revanche pour celui qui, malgré une incontestable réussite lyonnaise, n’est jamais parvenu à se faire reconnaître nationalement par ses amis politiques. Il est toutefois probable que lui-même n’a pas encore pris de décisions définitives. Pour que la question se pose, encore faut-il que le candidat qui s’est
mis En Marche arrive à bon port du côté du Faubourg Saint-Honoré. Encore faut-il aussi que le poste qu’on lui proposerait éventuellement soit au moins aussi prestigieux que celui qu’occupe son ancienne collaboratrice Najat Vallaud-Belkacem. Laquelle, rappelons-le, est numéro 3 de l’actuel gouvernement. Quoi qu’il en soit, s’asseoir à la table du Conseil des ministres obligerait Collomb à quitter ses fonctions de maire et de président de la Métropole. À l’Hôtel de ville de Lyon, sa succession ne devrait pas poser trop de problèmes. Avec l’appui de Collomb, David Kimelfeld obtiendrait sans problème un vote majoritaire. Nul n’est aujourd’hui en mesure de s’y opposer, pas plus l’actuel premier adjoint Georges Képénékian qu’un autre. Il en irait en revanche bien diffé-remment à la Métropole où la majorité est éclatée en une dizaine de groupes. Pas sûr qu’un autre que Collomb obtiendrait leur soutien s’il fallait demain élire un nouveau président. On peut imaginer que les onze élus villeurbannais qui sont regroupés au sein d’un groupe spécifique mettraient des conditions à leur soutien. Rien ne dit par exemple que les 30 membres de Synergie resteraient unis derrière un autre candidat marqué à gauche. Si certains « petits » maires ont publiquement pris position en faveur d’Emmanuel Macron, le groupe a tenu à rappeler son indépendance. Nombre de ses membres s’inquiètent du projet macronien de supprimer la taxe d’habitation. Un retournement d’alliance ne peut être exclu. D’autant qu’avec 40 élus (plus les six centristes réunis autour de Christophe Geourjon), les Républicains représentent le groupe le plus important. Si d’aventure Synergie choisissait de se ranger derrière Philippe Cochet, il ne serait pas très loin d’obtenir la majorité absolue (83) qui permettrait à la droite de récupérer la Métropole. On l’imagine aisément, une telle perspective est de nature à faire réfléchir deux fois Collomb avant qu’il puisse décider de laisser sa place.

Gérard Angel

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