L’achat par la Région à l’étranger de trousses fait tousser dans les lycées

(Cet article a été publie dans un N° ancien. Pour lire les infos de la semaine, accès payant ici )

Emmanuel Macron n’est peut-être pas le seul à rencontrer quelques difficultés avec la géographie. Le gagnant du premier tour de la présidentielle pourra toujours se consoler d’avoir assimilé la Guyane à une île grâce à Laurent Wauquiez. Pour le président du Conseil régional, la Tunisie c’est encore la France...Bien sûr, Les Potins exagèrent un (tout) petit peu sur ce coup-là. Wauquiez n’a jamais  vraiment confondu Carthage et le Puy-en-Velay. Il n’en reste pas moins que c’est bien de l’autre côté de la Méditerranée qu’ont été produites les trousses aux couleurs de la Région et qui ont été généreusement offertes aux agents des lycées. Quand on observe les objets, on a beau les retourner sous toutes les coutures, on ne trouve pas la plus petite mention de leur pays d’origine. À croire que Wauquiez a honte de leur provenance. Il est vrai qu’en s’installant dans le fauteuil de Jean-Jack Queyranne, il avait durement critiqué ses prédécesseurs coupables d’acheter à l’étranger les objets publicitaires. La situation s’est semble-t-il améliorée. Selon le service de presse que nous avons interrogé, 75 % des objets sont aujourd’hui produits en France, contre 10 à 15 % sou la précédente mandature. On ne sait si les quelques milliers de trousses tunisiennes vont venir détériorer ce pourcentage.
Bien sûr, l’affaire est anecdotique. Il faudrait être de mauvaise foi pour réduire l’action de Wauquiez à cette seule histoire de trousses. Depuis l’arrivée de la nouvelle majorité, l’heure est aux économies. Des subventions ont été rabotées, au grand dam des socialistes qui dénoncent quelque 1 500 emplois déjà supprimés à travers ce qu’ils appellent un « plan social caché » : « La politique de Laurent Wauquiez a détruit pas moins de 500 postes dans le seul domaine de la formation professionnelle et près de 580 emplois dans le secteur associatif totalement décimé. »
Président du groupe des élus Républicains, Patrice Verchère assume totalement les choix qui ont été faits. Il reconnaît que certaines associations peuvent effectivement rencontrer des difficultés mais note que « d’autres ont été confortées et on pu créer des emplois ».
« On est pour des emplois productifs pas pour des emplois assistés », renchérit le maire de Feurs, Jean-Pierre Taite, avant de conclure sur la nécessité de « se serrer la ceinture partout ». Il oublie que côté rigueur, tout le monde n’est pas logé à la même enseigne, à commencer par le syndicat étudiant UNI dont on peine à comprendre à quoi ont vraiment servi les 50 000 euros de subvention dont il a hérité (voir Les Potins n° 528 du 23 février).

En attendant, comme on pouvait s’y attendre, les syndicats tentent de surfer sur le mécontentement d’une partie du personnel. La mobilisation est loin de répondre à leurs espoirs. La dernière grève n’a pas remporté un franc succès avec « seulement » 50 % des agents des lycées qui ont suivi le mouvement. Au siège, les agents n’ont guère été plus de 15 à 25 % à cesser le travail. Voilà qui ne peut que conforter Wauquiez dans sa volonté de réduire le nombre de postes suite à la fusion des deux régions Auvergne et Rhône-Alpes. Certains avancent le nombre de 400 postes (CDD, vacataires) qui pourraient ainsi disparaître.
Du côté de l’exécutif, on refuse de confirmer ce chiffre « qui ne repose sur rien ». Quoi qu’il en soit, sur un effectif total de 9 000 personnes, on peut effectivement imaginer qu’il soit possible à terme d’en supprimer quelques centaines.
Au-delà de la question des effectifs, les syndicats dénoncent aussi l’absence de négociations sur les moyens du comité des œuvres sociales qui ne sont pas les mêmes entre l’Auvergne et Rhône-Alpes. Ils réclament aussi une augmentation du prix du ticket restaurant (actuellement 7,10 euros) qui est resté inchangé depuis de nombreuses années. Ils n’ont pas apprécié que Laurent Wauquiez refuse de les recevoir depuis sa prise de fonction, au motif qu’il attendait le résultat des élections syndicales. Ils voudraient bien notamment aborder le délicat problème du temps de travail et du nombre de jours de RTT susceptibles de compenser les heures supplémentaires effectuées.

Enfin, les revendications portent aussi sur le rôle que joue un homme comme Ange Sitbon. Officiellement chef de service et donc hiérarchiquement sous les ordres d’un directeur, il occupe dans les faits une place à part. Il est d’ailleurs installé au 5e étage, au même niveau que le cabinet du président, quand la direction des relations avec les élus dont il dépend théoriquement se trouve, elle, au 2e étage.
Cherchez l’erreur...

G.O. Graffie

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