Campagne présidentielle d’Emmanuel Macron : le fabuleux destin du jeune Lyonnais Jean-Marie Girier

(Cet article a été publie dans un N° ancien. Pour lire les infos de la semaine, accès payant ici )

De simple stagiaire à la fédération du Parti Socialiste, à directeur de campagne d’Emmanuel Macron, l’ancien chef de cabinet de Collomb a fait du chemin

Si Emmanuel Macron est élu dimanche Président de la République, il le devra en partie à celui qui, dans l’ombre, a dirigé avec compétence et efficacité sa campagne. Et dont on aperçoit parfois la silhouette discrète dans le sillage de Macron sur les écrans de télévision. À Lyon, on le connaît bien ; il a été jusqu’à l’automne dernier chef de cabinet de Gérard Collomb à la Métropole.
Jean-Marie Girier puisque c’est de lui dont il s’agit suivra-t-il son boss à l’Élysée ? C’est probable même si, prudence ou superstition, Macron n’a pour le moment rien promis à personne ; rien dit des postes qu’il envisage de proposer à ceux qui ont mené la campagne à ses côtés.
En 2007, c’était déjà une proche de Gérard Collomb -Najat Vallaud-Belkacem- qui avait endossé le tailleur de porte-parole de la candidate Ségolène Royal. Elle a depuis fait son chemin. Cette fois, le maire de Lyon a franchi un palier et fait nettement plus fort. En tant que directeur de campagne, son protégé a été l’un des pivots essentiels de la marche En Avant, le seul qui dans l’entourage du candidat avait déjà une (petite) expérience d’une telle aventure.
« Quo non ascendet ? », peut-on se demander quand on jette un coup d’œil au parcours de Girier. À tout juste 32 ans, il a déjà une solide expérience de la politique et de ses petits secrets lyonnais. Voilà une dizaine d’années qu’on le croise dans les allées du pouvoir local. Tout jeune diplômé de Sciences-Po, et après un séjour canadien, il décroche un stage à la fédération du Parti Socialiste alors dirigée par Christiane Demontès. Il rejoint ensuite le service de presse du Conseil régional à l’époque animé par Sylvie Blès-Gagnaire. Dans le même temps, il devient secrétaire de la section socialiste du 9e arrondissement. À la surprise générale, le nouveau maire écologiste Alain Giordano le recrute en 2008 comme directeur de cabinet. Les relations entre les deux hommes ne tarderont pas à se refroidir. Girier rejoint alors le cabinet de Gérard Collomb à la mairie de Lyon.
En 2010, le départ de Sylvain Auvray (dir cab historique et omniprésent de Collomb) change la donne. La politique est comme la nature. Elle a horreur du vide. Collomb s’appuie alors de plus en plus sur Girier ; il sait se rendre indispensable en faisant preuve d’efficacité. En outre, sa fidélité n’est jamais prise en défaut ce qui est aux yeux de Collomb la qualité suprême. On le vérifiera pour la campagne présidentielle de 2012. Privés de leur champion qui a glissé sur une savonnette newyorkaise, les strausskahniens traînent les pieds pour faire la campagne de François Hollande. Du coup, à la demande de Collomb, c’est Girier qui s’y colle. Il en tirera une expérience utile. Deux ans plus tard, il sera l’un des animateurs de la campagne municipale de Collomb. Lequel le propulse chef de son cabinet à la Métropole. À charge pour lui de jouer les courroies de transmission auprès des instances fédérales du Paris Socialiste ce qui ne lui vaudra pas que des amis auprès de ses chers camarades.
Qu’importe ! Dès qu’il s’engage auprès de Macron, Collomb note que l’entourage de l’ancien ministre est constitué de diplômés ultra compétents à qui il manque toutefois l’expérience du terrain. Très vite, Jean-Marie Girier rejoint la troupe, tout en conservant dans un premier temps ses fonctions à la Métropole. À ce moment-là, on pense encore qu’une fois l’aventure terminée, il reviendra à Lyon. Mais les costumes de Fillon et le Penelope Gate ont changé la donne. Macron s’est retrouvé favori d’une course que l’on n’imaginait pas gagnable au départ.
Jean Restbaba

Laisser un commentaire