Sauf imprévu mais cher payé

Ambiance cool mais prix élevés : Félix Gagnaire a encore du pain sur la planche

Etre ou ne pas être… le fils de ? Pour Félix Gagnaire, la question est par moment un vrai casse-tête. Son père est bardé d’étoiles tout autour du ventre, et du monde. Le fiston est pâtissier de métier. Il a cumulé les petits boulots, en cuisine ou ailleurs, tout en jouant de la batterie dans un groupe de rock. En octobre 2014, il a plongé dans la marmite en ouvrant son restaurant rue Pierre Corneille. « Avoir un père célèbre, c’est bien sûr un atout, mais parfois aussi un handicap. D’autres pensent que grâce à mon père, tout est facile pour moi. Mais je vous rassure, je vis tout ça très bien!» affirme ce grand gaillard rigolard et hirsute, plus proche du rocker que du chef d’entreprise.

Il en est bien un, pourtant. Sauf imprévu lui appartient, il le fait tourner et a embauché un cuisinier pour faire le job aux fourneaux : Vytautas Jankunas, un Lithuanien rencontré au Passage. Félix, lui, préfère la salle pour le contact avec les clients « et parce que j’aime bien bavarder ». Et sans doute aussi pour éviter toute comparaison avec son père.

Sauf imprévu s’en tient à une cuisine simple dans une ambiance décontractée. La carte se limite à trois entrées, trois plats et trois desserts, plus la suggestion du jour. On a aimé le velouté de chou-fleur au gorgonzola, le pavé de merlu, gnocchi et beurre blanc au thym et la pluma ibérique. Beaucoup moins les champignons à la grecque, haddock et maïs : une préparation peu gouteuse qui trempe dans un jus de poireau froid. C’est pas la joie. Bonne pioche au dessert avec la tarte bourdaloue (poires et crème d’amande), glace à la fève de tonka et orange. Cela dit, 26 € le menu, c’est assez cher payé. Le Bib Gourmand accordé par le Michelin paraît bien généreux… A ce prix-là, on trouve facilement des tables d’un niveau nettement supérieur.

« Deux ans et demi après un démarrage difficile, on a trouvé notre identité » estime Félix Gagnaire. Il faut dire que l’idée de départ était de créer un bistrot de copains et d’étudiants. En choisissant le 6è arrondissement, il accueille une clientèle plutôt âgée et assez peu rock’n roll. Ce qui ne l’empêchera pas de refaire du rock : ouvrir cinq jours à midi et un seul soir laisse du temps pour les répètes. Pierre Gagnaire, lui, s’arrête parfois à Lyon pour donner un conseil en cuisine. Ça ne peut pas faire de mal.

Harry Covert

harrycovert.lyon@gmail.com

Du lundi au vendredi et lundi soir. Formule 22 €, menu 26 €. 40 rue Pierre Corneille 6è. Tel 04 78 52 16 35

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