Akim Omiri dans sa tournée de bonjours

La dernière fois qu’on a eu affaire à un Akim, il portait un slip panthère et assommait les tigres à coups de poings, en pleine jungle. Celui-ci a l’air plus tranquille, tenue de ville, tunique artistiquement déchirée, pantalon molletonné couleur sable. Certains artistes en sont à leur tournée d’adieux, parfois depuis des décennies, mais  Akim Omiri entame sa tournée de bonjours. Il rôde son premier one man show devant le micro à Gerson. La salle est bien pleine. Il faut dire que le garçon s’est un peu fait connaître  grâce aux vidéos de Golden Moustache qui affichent facilement trois ou quatre millions de vues sur Youtube. Il raconte. Il est né au Havre. “Bon, ça casse l’ambiance”. Il sent bien que ça n’intéresse pas le public. Le public est cruel, il s’en fout du Havre. Et bien plus il explique pourquoi c’est bien quand même, Le Havre, et plus le public reste cruel et continue de s’en foutre.

 

Il a vraiment fait de la boxe, Akim. Pas contre des tigres bien sûr ! Sa mère aurait préféré qu’il fasse du judo. Mais c’est pas un sport de combat, le judo, y’a que les mères pour le croire. La boxe oui. Le difficile c’est de taper sur quelqu’un qui ne vous a rien fait, au moins au début. Il raconte ses années collège. Les premiers émois qui ne sont pas forcément réciproques ni d’un côté ni de l’autre. Sa première nuit avec une mexicaine (oui, pas une brésilienne, une fille). Et puis  ses début dans le cinéma. Grâce à sa forme physique exceptionnelle, il décroche un rôle d’agent du RAID dans un film d’action. Dix jours de tournage, la gloire. Ou presque. Car le personnage porte une cagoule pendant tout le film, personne ne l’a reconnu.

 

Des questions ? Oui, parce que le spectacle se termine par une série de questions-réponses, comme une conférence. Ca part vite en free style, le public a envie de déconner. Le petit air malicieux d’Akim Omiri l’y encourage. “Tu écris tout seul ? “demande une fille. “Ben oui, parce que c’est ma vie” et vu qu’il est le seul à la connaître.  C’est vrai qu’on a tendance à oublier que tout ça lui est arrivé pour de vrai. Peut-être pas à ce point là. On ne sait pas s’il avait une copine dépressive au collège qui voulait se suicider parce qu’elle n’avait pas été prise à Pop Star. On ne sait pas si la mexicaine l’a vraiment mangé tout cru. Ou s’il a semé à ce point là le bordel pendant les mois qu’il a passé à l’hôpital. Mais Akim Omiri n’est pas quelqu’un de tranquille. Avec lui n’importe quelle situation part en vrille immédiatement. Pour un premier essai sur scène, c’est largement prometteur, le stand up est vraiment fait pour lui.

 

Timéo Danaos

 

 

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