Max Bird est un escogriffe

Moitié oiseau, moitié dinosaure, moitié conférencier déjanté

Au Complexe du Rire il a fait le plein pour sa première soirée. Il demande : “Y’a-t-il des oisillons dans la salle ?” Beaucoup de mains se lèvent. Alors il leur répond “Cui-cui”. C’est un code entre eux. Entre lui et ceux qui le suivent sur sa chaîne Youtube. Sur scène, un paper-board tourné vers le public. Car on va assister à un “encyclo-spectacle”. On apprend des choses tout en déconnant dessus. Ca l’énerve, Max Bird, qu’on puisse confondre un pingouin et un manchot, alors que ça n’a rien à voir, non mais ! Il montre sur le dessin. Le pingouin vole et le manchot non, ce n’est pas compliqué. Ou bien un marsouin et un dauphin ? Le dauphin est un psychopathe, il a l’air gentil comme ça, mais non. Son comportement vis à vis des femelles relève d’un manque de circonstances atténuantes horrifiant, surtout quand il est en groupe.

 

Max Bird explique. Les dinosaures. Il adore les dinosaures. Il a deux passions dans la vie : les dinosaures et...(on n’a pas bien compris la deuxième). Surtout quand ils ont des noms à mi-chemin entre le cycliste et la tractopelle comme : Vélociraptor. Max Bird n’imite pas le dinosaure, il EST le dinosaure. Il ramène ses petites pattes avant vers lui, se déhanche sur ses grande pattes arrière, roule ses yeux de fou  préhistorique un peu dans tous les sens pour chercher une proie et s’avance vers le public. Le public prend aussitôt un air végétal car le vélociraptor n’est que carnivore.

 

On apprend plein de choses. Comment l’alcool se métabolise, au début tout doucement, mais très vite il  déborde le foie, remonte les toxines jusqu’au cerveau et c’est ce qui rend un peu con, du coup. Le public opine, il connaît ça. On aime beaucoup le mythe d’Isis et Osiris raconté en version accélérée et remastérisée où il apparaît qu’un “ zob en terre cuite” tient une place tout à fait considérable dans le dénouement, si l’on peut dire.

 

On aime aussi l’explication du prof sur la sélection naturelle, celle qui allonge le cou de la girafe tout en affublant le pauvre iguane des Galapagos d’un zizi-parapluie-harpon, sans doute compliqué à articuler mais déterminant pour assurer sa descendance. On saura tout sur des sujets auxquels on n’avait pas pensé avant et auxquels on évitera de repenser ensuite. La légende d’Oedipe prend avec lui un sens beaucoup plus percutant que chez Freud, surtout quand le Sphinx se met à parler avec la voix de Jean-Pierre Foucaud.

 

Un spectacle étrange, déroutant, original, avec un comédien qui joue comme dans un cartoon ou  dans un film d’animation. Une curiosité à se mettre sous la dent. Et pourquoi s’appelle-t-il Max Bird ? La réponse est dans le spectacle. Il y est question de harpie féroce, mais ça, on ne peut pas le raconter, il faut le lui laisser.  

 

Timeo Danaosaure

 

Relance

Le public prend un air végétal car le vélociraptor est carnivore.

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